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24e dimanche : Le fruit de la Miséricorde



24e dimanche ordinaire A :
Matthieu 18, 21-35

je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?

On ne sait pas trop si cet évangile est rassurant, ou si au contraire on tremble après l’avoir entendu… le Christ nous laisse souvent ainsi avec des sortes de chaud et froid.
L’attitude de ce roi qui passe d’une grande miséricorde à une justice impartiale, et de la mansuétude à la colère, nous déroute un peu. Il avait eu pitié une première fois de cet homme dont la dette était absolument insolvable, ne pouvait-il pas lui offrir une seconde chance ? Il s’était laissé saisir de pitié jusqu’à le laisser partir sans plus de procès, et le voilà qu’il fait tomber sur lui le couperet de sa puissance, dans une condamnation qui semble sans appel. Pourtant, on admettra aussi qu’entre ces deux réactions advient un événement pour le moins choquant.
En effet, le comportement du serviteur n’est-il pas plus déroutant encore que celui du roi ? On ne peut qu’être frappé par la disproportion de cette situation : gracié lui-même au-delà de toute mesure, il ne se laisse pas toucher par la bien moindre demande de son compagnon. C’est l’attitude de cœur du serviteur qui est au fond l’aspect le plus dérangeant de tout ce récit. Elle dérange en elle-même, parce que le problème saute aux yeux de tout spectateur. Elle dérange aussi, plus secrètement, car nous pouvons tous nous sentir un peu dans une semblable situation : Dieu prend tellement patience avec nous, faisons-nous vraiment de même avec nos frères ?
Comment Jésus répond-il donc à la question de Pierre, question que nous nous posons tous d’une manière ou d’une autre ? Le pardon n’est pas une question de quantité à accorder mais d’attitude intérieure, de qualité de cœur. Ce n’est pas le péché ou l’offense du frère qui est à regarder, mais le pardon infini que l’on a soi-même reçu. Le Seigneur nous offre la joie d’être des miséricordiés. A notre tour d’en porter le fruit de vie pour nos frères.

Prière universelle :

PU 24e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la première lecture aide-t-elle à aborder la parabole de l’Évangile ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi le pardon est-il si central dans notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Quels sont les pardons que je peine à accorder ?

30e dimanche : Prier en vérité



30e dimanche ordinaire C :
Luc 18, 9-14

Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’

Certaines paraboles de Jésus ont un message clair comme de l’eau de roche, et il n’est guère utile de les commenter. Celle-ci en fait partie. Au lieu de réellement prier, le pharisien se regarde lui-même, il se félicite des choses très bien qu’il réussit à faire, et il se compare à son voisin qu’il ne connait pas. Le publicain quant à lui, se sait pécheur public, tout dans son attitude le montre, et c’est en tant que tel qu’il se tourne vers Dieu, humblement, sans se préoccuper d’autre chose que de sa pauvreté. Chacun se reconnaitra plus dans l’une ou l’autre figure. Un bon chrétien n’échappe généralement pas à la tentation de faire comme le pharisien, reconnaissons-le.
Un pas important de la prière consiste à être en vérité avec soi-même et devant Dieu. Une des fonctions de la prière est d’ailleurs de nous faire entrer dans cette vérité sur soi en se mettant face à Dieu. Tant qu’on se compare aux autres, on trouve toujours quelqu’un que l’on peut juger apparemment plus pécheur que soi. Mais le jugement revient à Dieu, et les apparences sont trompeuses. Le seul jugement qui justifie est celui de Dieu, et Dieu regarde le cœur humilié. Voilà donc l’important : le cœur humilié. Cette attitude n’est pas si facile à acquérir ni à conserver. C’est une grâce à demander. Mais pour cela il est nécessaire de regarder sa vie en vérité dans le miroir de la sainteté de Dieu.
Le Christ a été le premier à donner l’exemple. Seul il pouvait prier en vérité comme le pharisien. Mais au lieu de cela il a pris la condition des pécheurs, pour implorer en notre nom à tous la Miséricorde de Dieu. Quand nous ne nous sentons pas coupables, faisons au moins comme lui, nous qui sommes son Corps. Plaçons-nous devant le Père en communion avec l’homme pécheur, pour implorer sa grâce, pour implorer sa justice, pour s’ouvrir à sa Miséricorde. Peut-être découvrirons-nous combien le péché est enraciné dans notre cœur, et ce sera une insigne faveur. Car alors nous n’aurons plus peur de nous présenter sans fard devant Dieu et devant les hommes.

Prière universelle :

PU 30e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus est-il dur avec ce pharisien qui fait tant d’effort pour éviter le mal et faire le bien ?

Comprendre sa foi :

Que nous apprend cette parabole sur notre faiblesse humaine et sur la Bonne Nouvelle que Jésus nous apporte ?

Vivre avec Jésus :

Et si je priais comme le publicain ?

XIe dimanche : Laisser croître le Règne de Dieu



11e dimanche ordinaire :
Marc 4, 26-34

Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.

Nous pouvons constater cela dans les champs où nous cultivons notre plante. De nuit et de jour, que nous dormions, que nous priions, ou que nous travaillions, elle grandit et produit ses bienfaits. Mais cela ne nous épargne pas l’effort.
Car la vie produit d’elle-même ses fruits, certes, mais non pas toute seule. Il est nécessaire de travailler la terre, de préserver l’équilibre de la biodiversité, d’enlever les mauvaises herbes, de protéger des animaux ou des insectes ravageurs, de soigner les maladies. Toute vie est à garder et à accompagner : ainsi l’a voulu le Créateur.
Il en va de même pour la vie spirituelle. Les maladies et les prédateurs sont aussi le fait de celle-ci. Le dérèglement du péché amène des parasites qui profitent des fruits de la vie spirituelle en les épuisant. Des sortes de « champignons » se développent dans nos cœurs parce que nous nous fermons parfois à l’énergie de la Grâce. Le meilleur moyen de lutte est de permettre à la vraie Vie, le Règne de Dieu, de se fortifier. Ainsi l’œuvre de mort n’a plus d’emprise et que la moisson peut être abondante.
Nourrissons donc la terre de notre cœur, et prenons soin des plantes qui grandissent en nous afin qu’elles donnent leur fruit en abondance pour l’Église et pour le monde !

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus utilise-t-il l’image de la plante qui pousse pour annoncer l’Évangile ?

Comprendre sa foi :

Quelle est la Bonne Nouvelle contenue dans cette image ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je prends soin de la terre de mon cœur afin qu’elle soit fertile ?