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L’Avent : Temps de réveil, de promesses, de disponibilité



Le cycle liturgique nous fait revivre dans son actualité le mystère du Christ. Pendant longtemps il n’y eut qu’une fête principale, centre de l’année : Pâques. Elle fut précédée d’un temps de préparation, une « quarantaine », le Carême. Puis elle fut suivie d’une « cinquantaine », suivant l’usage juif, pour continuer dans la joie festive jusqu’à la Pentecôte.
Mais l’importance prise par les fêtes de Noël et de l’Épiphanie a fini par créer une sorte de second centre, comme une petite Pâque d’hiver. À l’imitation de la grande Pâque du printemps, on l’a fait précéder d’un temps particulier, l’Avent, et suivre d’un temps de joie, le temps de Noël. Mais à quelle attitude intérieure l’Avent nous invite-t-il ?
Un regard d’ensemble sur les lectures bibliques choisies pour ce Temps qui ouvre l’année liturgique pourra nous en faire savourer quelques aspects, et peut-être élargir nos horizons. Elles vont en effet nous proposer une sorte de parcours intérieur, de pédagogie spirituelle.

1 – Temps du passé… ou de l’avenir ?

On est tenté de penser (et d’écrire), en portant attention à l’euphonie et non à l’étymologie, que c’est le temps « avant » Noël. Et, c’est un fait, l’Avent a progressivement emprunté divers éléments au Carême, même sa durée et son nom pendant un temps : une « quarantaine » de la Saint Martin (11 novembre) en Occident, ou de Saint Philippe (14 novembre) en Orient. Dans l’Église latine romaine cette durée s’est rétrécie à quatre dimanches. Ce temps prit aussi peu à peu le caractère pénitentiel du Carême, sinon partout avec la pratique du jeûne, du moins avec les signes liturgiques que sont les ornements violets, la suppression du gloria le dimanche, la simplification de la musique et des bouquets.
Tout cela conduit à se représenter l’Avent comme un temps consacré à se souvenir de ce temps passé où les hommes attendaient le sauveur « dans les ténèbres et l’ombre de la mort », et l’on fait un peu de même avec eux. Pas très réjouissant. Heureusement que les enfants amènent un peu de joie en attendant Noël ! On se prépare donc à faire mémoire de la venue du Fils de Dieu dans notre chair, jadis. Pour cela, on se choisit quelques efforts pour bien se tenir afin d’avoir le cœur prêt pour les fêtes (ce qu’il est toujours bien de faire, d’ailleurs !). Mais on oublie le principal, ce à quoi font le plus allusion les lectures de l’Avent : la venue prochaine du Christ dans sa gloire.
Depuis Saint Bernard de Clairvaux (XIIe siècle) surtout, on a appris à envisager un triple avènement du Christ, que l’abbé cistercien présente dans ses sermons pour ce temps. Le premier Avènement est celui où il a paru sur terre et vécu parmi les hommes. Le troisième sera celui où il viendra en gloire et majesté. Et le second Avènement est… entre les deux ! C’est le moyen par lequel on passe du premier au troisième, la visitation du Christ dans notre « aujourd’hui ». Cette présentation a l’avantage de nous encourager à reconnaître le Christ présent dans notre quotidien. L’inconvénient, pour bien vivre l’Avent, est que cette perspective n’est peut-être finalement pas la plus importante à célébrer à ce moment. En effet, la présence du Christ est alors la continuation de sa venue dans la chair, « l’entre-deux » est un peu comme un passé qui reste présent.
Mais la venue du Christ dans la chair doit-elle nous tourner vers le passé, ou vers l’avenir ? Si les chrétiens donnent trop facilement l’impression d’être établis, un peu passifs, ne serait-ce pas en partie parce qu’ils sont tourné plus vers le passé sur lequel se reposer, que sur un futur à espérer, à désirer, à préparer, à hâter ? Donner beaucoup de place à l’Avènement passé du Fils de Dieu, continué dans ses visitations aujourd’hui, peut nous conduire à trop passer sous silence son dernier Avènement qu’il nous recommande instamment d’attendre, de guetter. Il est vrai qu’il est plus difficile à appréhender… et peut-être fait un peu peur. Mais il a déjà commencé !
Au moment d’ouvrir les lectures bibliques de l’Avent, il convient de renverser les perspectives. Nous abordons le mystère de l’Avènement su Seigneur, le temps de « l’Adventus », équivalent latin de grec « Parousia », que l’on utilise plus volontiers pour désigner la fin des temps. Et les lectures évangéliques du premier dimanche de l’Avent donnent le ton : « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » (Lc 21, 27 : 1er dim. C). C’est le jugement final. Ce temps liturgique s’ouvre donc non sur un passé qui est encore là, mais sur un futur qui est en quelque sorte déjà là ! Le Christ en gloire est en train d’advenir… L’Écriture nous met en face de « Celui qui vient ». Et, à l’approche de l’Avènement, l’Église nous exhorte à nous réveiller pour entendre les promesses et nous disposer à en accueillir la réalisation.

2 – Temps de réveil

Le premier dimanche de l’Avent sonne comme un réveil-matin « à l’ancienne » qui fait sursauter les dormeurs ! St Paul s’exclame : « Vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. » (Rm 13, 11-12 : 1er dim. A) Et cette lumière qui se lève sera proclamée par Saint Jean à la messe du jour de Noël : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jn 1, 4-5). La liturgie nous fait désirer et appeler ce lever de soleil avec l’antienne du Magnificat aux Vêpres du 21 décembre, tissée de réminiscences bibliques : « Ô Soleil levant ! Splendeur de justice et lumière éternelle, illumine ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort ! Viens, Seigneur, viens nous sauver ! » (Ha 3, 4 ; Ml 3, 20 ; Lc 1, 78)
Pas de mauvaise humeur, donc, au réveil : c’est la joie ! À l’approche de la Lumière, l’humanité s’éveille dans la joie et non dans la peur du jugement. Ainsi Paul durant l’office des Vêpres du 1er dim. et dans la seconde lecture du 3e dim. de l’année C : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » (Ph 4, 4-5). Isaïe, quant à lui, montre tout le monde qui se rassemble, attiré par la lumière : « Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur. » (Is 2, 5 : 1er dim. de l’année A). Et tout le monde, c’est tout le monde, pas seulement le peuple choisi !
En effet, c’est le jour annoncé par les prophètes, jour de salut et de rassemblement pour tous les hommes, les juifs d’abord et les païens ensuite, selon la prophétie d’Isaïe : « Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure. » (Is 11, 10 : 2e dim. A). Cette prophétie se trouve réalisée pour les Romains à qui Paul s’adresse dans la deuxième lecture du même dimanche : « je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c’est en raison de sa miséricorde qu’elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom. » (Rm 15, 8-9)
Dans l’allégresse de sa foi « matinale », la première génération chrétienne entrevoyait comme proche l’avènement glorieux qui réalisera le Royaume dans sa plénitude. Paul semble même avoir cédé à cette optique dans sa première lettre aux Thessaloniciens : « Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. […] Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. » (1 Th 5, 4.5.23 : 3e dim. B). Il fut amené, dans une seconde lettre, à calmer l’impatience des fidèles (d’ailleurs par des considérations qui ne sont pas toutes très claires).
Le fait est que personne ne sait quand le Christ reviendra. S’il convient de l’attendre sans fièvre inutile, la proximité de ce jour nécessite néanmoins d’être éveillé, prêt. Une des conditions intérieure est d’avoir les uns envers les autres la communauté de sentiments qui est l’Esprit du Christ Jésus. Vivre déjà la grâce du rassemblement, c’est travailler à n’avoir qu’un seul cœur, qu’une seule voix pour glorifier le Père de notre Seigneur Jésus-Christ (Rm 15, 5-6). C’est ainsi que les disciples attendent et hâtent le jour de Dieu. Pierre ne parle pas autrement : « le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper. Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété, vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion. Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. » (2 P 3, 10-13 : 2e dim. B)
Les exhortations de l’Apôtre se font pressantes, car le temps est court. Il se fait tout simplement l’écho de Jésus invitant à ne pas être amolli et endormi par une routine matérialiste qui fait oublier l’essentiel : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. […] Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » (Mt 24, 37-39.44 : 1er dim. A). La proximité du Jour appelle à « l’ascèse eschatologique » : il s’agit de fuir l’intempérance et ivresse, la luxure et impudicité, disputes et jalousie, pour pratiquer sobriété, vigilance, et justice (cf Rm 13, 13-14 : 1er dim. A ; voir aussi 1 P 4). L’attitude profonde qui inspire ces conseils est sans ambiguïté : « revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ ; ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour en satisfaire les convoitises. » (Rm 13, 14). Il s’agit en somme d’user de ce monde qui passe avec discrétion (cf. 1 Co 7, 29-31), pour ne pas être alourdi non plus par les soucis de la vie (cf. Lc 21, 34, 1er dimanche C). Car si, du côté de Dieu, l’Avènement est accompli, notre façon de l’accueillir est encore imparfaite ; notre amour est trop « partiel » encore pour que l’éclair jaillisse de l’Orient à l’Occident. Aussi l’essentiel est bien ce progrès dans la charité qui est le leitmotiv sans cesse repris par l’Apôtre dans d’autres passages de ses lettres, proches des textes qu’offre la liturgie (Rm 12, 10.15 ; 13, 10).
Il est temps de nous réveiller, de nous redresser pour témoigner de l’Amour qui vient. Notre sommeil fait peut-être perdre de vue l’actualité et l’intensité de ces textes bibliques. La lourdeur du matérialisme consumériste atteint aussi les paupières de notre cœur… La lucidité sur notre monde est un commencement de réponse à l’appel de Dieu, à l’annonce du Jour. Le thème du réveil doit saisir tout ce qui fait l’homme. Le chrétien est appelé à se laisser éveiller par le cri planétaire d’une humanité en souffrance, mais aussi tendue vers un mieux vivre. Si elle semble hésiter entre des espoirs démesurés en ses pouvoirs et un pessimisme radical, n’est-ce pas parce qu’elle n’entend pas les promesses de Dieu ?

3 – Temps des promesses

« À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » (He 1, 1-2 : messe du jour de Noël). La liturgie, bon pédagogue, doit simplifier les choses pour garder l’essentiel. Durant l’Avent, elle nous propose donc d’écouter en particulier deux de ces prophètes du passé : Isaïe, qui fut l’un des plus grands, et Jean-Baptiste en qui s’achève et s’accomplit tout le prophétisme. Les premières lectures des dimanches A et B sont presque toutes tirées d’Isaïe. Au-delà du dimanche, le même Isaïe est proclamé durant la messe quotidienne des deux premières semaines, et il est aussi abondamment utilisé pour la liturgie des heures (« bréviaire »). Les dimanches de l’année C et les lectures quotidiennes des deux dernières semaines complètent le panorama en faisant appel à d’autres prophètes. Il se dégage de ce choix de lectures une sorte de tableau du Royaume messianique promis lors de l’Avènement.
Israël est un petit peuple ballotté entre les grandes puissances qui l’entourent. Il cherche en elles des appuis humains qui tournent souvent en esclavage, en exil, en soumission servile, et surtout en idolâtrie. À travers ses tribulations, Dieu veut apprendre au peuple pauvre et petit qu’il s’est choisi à s’appuyer sur lui qui est le seul secours solide et stable. Il lui promet le Royaume de paix qui ne passera pas, et qui deviendra un socle non seulement pour Jérusalem et Israël, mais pour toutes les nations de la terre. Alors l’humanité réconciliée tournera toutes ses forces vers les œuvres de paix. « Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : ‘’Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la Maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers.’’ Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur. Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. » (Is 2, 2-4 : 1er dim. A).
La nature elle-même sera transformée : c’est le temps où la steppe refleurira : « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : ‘’Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver.’’ Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride. La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes. Dans le séjour où gîtent les chacals, l’herbe deviendra des roseaux et des joncs. » (Is 35, 1-7 : 3e dim. A). C’est le chant de l’espérance d’un monde rénové de la part du peuple juif, pourtant en exil loin de sa terre. La joie d’être sauvé transfigure la terre et les hommes. C’est le Christ qui ouvrira cette ère de délivrance pour les pauvres.
Mais un prodige plus extraordinaire encore est annoncé, dont les miracles de la nature sont la préfiguration : la terre enfantera le Sauveur ! « Cieux, distillez d’en haut votre rosée, que, des nuages, pleuve la justice, que la terre s’ouvre, produise le salut, et qu’alors germe aussi la justice. Moi, le Seigneur, je crée tout cela. » (Is 45, 8 : mercredi de la 3e semaine). Ainsi les transformations de la nature peuvent être des « signes » de Dieu. Les « réussites » de l’homme préparent un monde plus « digne » de l’Avènement.
Ces textes sont à méditer de manière nouvelle en ces temps où l’Église, à la suite du pape François et de l’encyclique Laudato Si, s’engage de plus en plus à être ferment d’une écologie intégrale, à prendre particulièrement soin de notre maison commune et de ses habitants. Peut-être paraissons-nous parfois oublier que les promesses ne sont pas encore accomplies totalement, et que le « délai » qui nous est accordé entre les deux Avènements est le temps des grâces messianiques qui sont temporelles et spirituelles à la fois. Dans monde où bien des déserts sont en progression à cause de la mauvaise gestion des ressources humaines et naturelles, n’est-ce pas un signe messianique, un signe du Salut qui vient, de travailler à faire fleurir les déserts physiques, psychiques, spirituels ? Alors nous serons ces bons intendants qui attendent le retour du Roi, qui veillent et annoncent son arrivée prochaine en prenant soin de la maisonnée.

L’autre grande figure qui domine le temps de l’Avent est celle du Précurseur. Il apparaît au terme de l’Ancienne Alliance pour nous permettre de prendre la mesure exacte, historique et spirituelle, de l’Avènement. Et ainsi il nous met en garde contre deux hérésies qui menacent le chrétien : celle de « l’établissement », comme si tout était déjà fait, et celle de l’attente d’une troisième révélation.
Tous les évangiles des 2e et 3e dimanches de l’Avent, années A-B-C, mettent en scène Jean-Baptiste. Et le début de sa prédication, qui prépare immédiatement l’Avènement historique du Messie, est présenté avec des concordances chronologiques d’une précision impressionnante. C’est l’un des cas où apparaît si fortement dans l’Écriture la volonté d’encadrer les gestes de Dieu dans les évènements humains. « L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. » (Lc 3, 1.2 : 2e dim. C). C’est le moment de l’histoire du monde où, dans un canton reculé de l’Empire, va apparaître pour tout être vivant le Salut de Dieu. Déjà, le Salut est commencé, les temps sont accomplis, et « le Royaume de Dieu est tout proche » (Mt 3, 1 : 2e dim. A).
Le signe de cette proximité, c’est que les promesses s’accomplissent : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. » (Mt 11, 4.5 : 3e dim. A) Jean peut reconnaître dans ce signe l’accomplissement de la promesse annoncée par Isaïe, rappelée un peu plus haut, et donc Celui qui en est porteur : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil, ceux qui sont en deuil dans Sion, mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu. » (Is 61, 1-3 : 3e dim. B). Jésus lui-même s’attribuera ce passage lors de l’inauguration de son ministère de prédication à la synagogue de Nazareth : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » (Lc 4, 21 : 3e dim. ordinaire C).
La mission de Jean, qui était de diriger les regards vers cet « aujourd’hui », se poursuit dans l’Église. Son cri, interprétation et actualisation d’une prophétie d’Isaïe, retentit encore et toujours : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » (Is 40, 3 : 2e dim. B ; et Lc 3, 4 : 2e dim. C). Et il nous avertit en même temps qu’il le fait pour les Juifs, afin que le sens spirituel de la venue du Messie ne nous échappe pas : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » (Jn 1, 26-27 : 3e dim. B). Car, si le Christ est venu, il est aussi toujours « Celui qui vient » et « Celui qui reviendra ». Il est dans la plénitude du temps : « Jésus-Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité. » (He 13, 8).

4 – Temps de disponibilité confiante et joyeuse

La fin du temps de l’Avent nous amène finalement à contempler ceux et celles qui, éveillés par l’action de l’Esprit en eux, et tendus vers l’accomplissement des promesses, participèrent étroitement au mystère de la naissance du Verbe de Dieu dans notre humanité. C’est ainsi que la liturgie du 4e dimanche nous fait entendre les récits de l’Annonciation à Joseph (année A), de l’Annonciation à Marie (année B), et de la Visitation (année C). L’Église nous prend donc par la main et nous fait entrer dans les évangiles de l’enfance. Lorsque notre cœur sera familiarisé avec le groupe des êtres privilégiés au sein duquel s’accomplissent les dernières préparations, et adviennent concrètement les promesses, nous pourrons nous joindre tout naturellement à leur prière. Nous entonnerons alors les deux cantiques inspirés du Benedictus et du Magnificat.
Cette fin de l’Avent est certainement le meilleur moment pour redécouvrir ces cantiques évangéliques que l’Église met sur les lèvres des chrétiens chaque jour dans la liturgie des heures, aux offices de Laudes et Vêpres. Ils arrivent après l’écoute d’un passage de l’Écriture, c’est-à-dire en réponse à la Parole que Dieu nous adresse, à la venue du Verbe parmi ceux qui sont réunis pour prier. L’Église nous permet ainsi de rendre grâce deux fois par jour pour le mystère, le don infini, de l’Incarnation du Fils de Dieu qui vient jusqu’à nous pour révéler l’amour du Père.
Le Benedictus, cantique de Zacharie, est la plus belle des prières du matin, au moment de la victoire de la lumière sur les ténèbres. C’est le chant de louange au Seigneur qui n’a jamais oublié l’alliance sainte conclue avec son peuple, même aux moments les plus noirs de l’histoire des hommes. Il réalise enfin sa promesse, en plénitude, cette promesse qui a résonné au long des âges par la bouche des prophètes et des pères, et dont la mémoire remonte jusqu’à Abraham. Ce salut advient « grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. » (Lc 1, 78-79).
Du Magnificat, cantique de Marie, on peut affirmer qu’il est le chant d’action de grâce par excellence, la fleur en qui s’épanouit la prière de l’Ancien Testament. S’il exprime d’abord la réponse confiante et joyeuse de la créature privilégiée appelée à être la mère de Dieu et la mère des hommes, il dira, jusqu’à la fin des temps, la réponse confiante et joyeuse de l’humanité nouvelle au don du Sauveur. Chaque soir, l’Église rend grâce pour l’Oeuvre de salut opérée jour après jour : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. […] Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » (Lc 1, 49-50. 54-55).
On peut lire ces deux cantiques comme un accomplissement de toute la prière du Peuple choisi, qui se trouve prêt à accueillir le Messie, le Sauveur annoncé, réalisation de la promesse du Salut. Or cette prière est exprimée avant tout dans le Psautier. Les versets, inspirés par l’Esprit, que le Psautier met sur les lèvres du priant, rendent le cœur disponible à l’intervention du Seigneur, à l’accueil de son Salut. C’est pourquoi chaque dimanche (et même chaque jour) à la messe, un psaume est utilisé pour répondre à la parole que Dieu nous a adressée dans la première lecture. Ceux qui ont été choisis pour les dimanches de l’Avent résonnent des thèmes déjà évoqués, et trouvent donc leur écho final dans les cantiques de Marie et de Zacharie.
Zacharie fait mémoire de la longue attente du Salut définitif de Dieu, et ce désir est amplement présent dans les Psaumes, notamment dans le Ps 79 : « Berger d’Israël, écoute, / toi qui conduis Joseph, ton troupeau : resplendis / Réveille ta vaillance et viens nous sauver. / Dieu de l’univers reviens ! / Du haut des cieux, regarde et vois : / visite cette vigne, protège-la, / celle qu’a plantée ta main puissante » (1er dim. B et 4e dim. C). Ce désir est déjà un don de Dieu qui se fonde sur l’alliance conclue et maintes fois renouvelée dans l’Ancien Testament, notamment avec le roi David, dans la descendance duquel doit advenir le Messie annoncé : « Avec mon élu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David, mon serviteur : / J’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges. » (4e dim. B). Marie saisit par l’intuition du cœur que le Jour est arrivé : « Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, / de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. ». Et Zacharie, inspiré par l’Esprit, interprète le sens de ce qui se passe sous ses yeux comme l’accomplissement de cette Alliance : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. / Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, / comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens. »
Le désir ouvre le cœur et y établit la disponibilité. Celle-ci est présente dans le Ps 121, psaume de pèlerinage vers Jérusalem : « Quelle joie quand on m’a dit : ‘’Nous irons à la maison du Seigneur !’’ / Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! » (1er dim. A) Si le sens premier est la Jérusalem terrestre, celle-ci renvoie à la Jérusalem Céleste vers laquelle nous marchons, à la porte de laquelle nous nous tenons dans l’espérance. De même le Ps 125 célèbre ce retour vers Jérusalem, du fond de notre exil : « Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! / Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie. / Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. » (2e dim. C). C’est bien là ce que chante Zacharie, le « salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs », cri de délivrance d’un Peuple en attente ! C’est pourquoi, toujours dans ce Ps 125 jaillit la louange, l’action de grâce pour les merveilles de Dieu : « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! », dont Marie se fera l’écho : « Le Puissant fit pour moi des merveilles : saint est son Nom ! », embrassant dans son « moi » tout le Peuple de la Promesse, et toute l’humanité.
Le temps du salut, célébré dans l’espérance par le Ps 71, aux accents proches du livre d’Isaïe, se fait réalité : « En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! / Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre ! / Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. / Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie. / Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! / En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux ! » (2e dim. A). Dans son infinie miséricorde, Dieu se penche sur la terre qu’il a créée, sur notre humanité, jusqu’à l’assumer pour lui-même. Il vient à la rencontre du faible et du pauvre pour remettre en place ce qui a été distordu par le péché et établir le Règne de la justice et de l’amour : « il fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés. / Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, / le Seigneur protège l’étranger. Il soutient la veuve et l’orphelin. / D’âge en âge, le Seigneur régnera. » (Ps 145 : 3e dim. A). Marie, dans son Magnificat ne se situe-t-elle pas en accord parfait avec ce psalmiste ? « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. / Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. / Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. / Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. »
Marie est la femme bienheureuse, « qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45) car elle a su écouter au plus profond d’elle-même le murmure de l’Esprit. En sa chair elle a vécu le Ps 84, dont la promesse s’est accomplie pleinement : « J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles ; / Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. / Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; / la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. / Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. » (2e dim. B) Qu’il puisse en être ainsi pour chaque chrétien en ce temps de l’Avent, afin que le Christ, fruit de Vie pour notre terre, continue de se manifester parmi les hommes.

RCF à Maylis, les moines à la radio



croix sur lever de soleil

Les moines à la radio, grâce à RCF

Equipe RCF devant la voitureDurant les derniers jours de la Semaine Sainte, la Radio Chrétienne Francophone est venue nous visiter, et nous a invités sur ses ondes (demandez le programme !). Le chant de notre office a été retransmis à partir des Laudes du Jeudi Saint, et jusqu’à la messe du Dimanche de Pâques. Vous pourrez le retrouver sur la page de notre site Écouter un office.

B. Soltner et Véronique Alzieux déposent les intentions de prière au pied de la croix
Intentions de prière déposées au pied de la Croix

Des milliers de personnes à travers la France ont ainsi pu prier avec nous et suivre tout ou partie de notre prière en ces jours denses.

moine priant à genoux
Au travail !

RCF proposait d’envoyer des intentions de prière par leur site internet. Des centaines nous sont arrivées, qui nous procurent du travail d’intercession pour toute l’année !

Mais ce n’est pas tout…

Tant qu’ils étaient là, et qu’ils avaient les moines sous la main, les membres de l’équipe de RCF (toujours le sourire aux lèvres, que c’est agréable !) en ont profité pour nous interroger sur notre vie monastique. Ainsi, beaucoup d’entre nous sommes passés à l’antenne, interrogés avec grande liberté et beaucoup de délicatesse par Béatrice Soltner et Véronique Alzieux. Nous avons pu ouvrir notre cœur en toute confiance et offrir quelques aperçus sur ce qui nous fait vivre.
Ce regard sur la vie aura peut-être été nouveau pour beaucoup. Qu’il puisse apporter un peu de joie pour la partager avec l’entourage !

Les sujets abordés ont été d’ordres divers :

  • des introductions à ce que nous vivions en ces jours
  • des aperçus sur différents aspects de notre vie
  • des témoignages de personnes fréquentant notre communauté.

Vous pourrez tout retrouver en écoutant ci-dessous ces interventions assez brèves (les plus longues durent 12 minutes).

Tout cela donne une sorte de présentation audio de notre communauté de Maylis. Car au-delà du contenu de ces interviews, ce sont aussi les personnalités des frères qui se sont exprimées et ont été ressenties à l’antenne. Ainsi, les auditeurs ont pu goûter à la diversité d’une communauté monastique, et peut-être apprécier la palette très colorée de nos différents styles. Comme chacun sait, il faut beaucoup de couleurs pour peindre un beau tableau !

Écouter les interviews

Voici donc, rien que pour vous, une possibilité d’écouter ou de réécouter ces témoignages !

Introductions aux Jours Saints

Jeudi Saint, avec fr Cyril :

Vivre le Vendredi Saint, avec fr Cyril :

Samedi Saint, avec fr Vianney :

Dimanche de Pâques, avec fr Cyril :

Aperçus sur notre vie monastique

Fr Colomban, le moine au travail :

Fr Vincent, le moine, homme rythmé :

Fr Raphaël, la joie de servir :

Fr Vianney, la prière du moine, facile ?

Fr Joseph, le souffle de l’agro-écologie :

Fr Antoine, au cœur de la fraternité communautaire :

Fr Oliveto, coupé du monde ?

Fr Benoit, proposer l’accueil spirituel :

Fr Antoine, les moines et les personnes de la rue :

Fr Benoît, dans le combat spirituel :

Fr Patrick, le moine face à la mort :

P. Abbé, le secret du pardon :

Fr Cyril, maître de chant et de liturgie :

Fr Théophane, dans la nuit… :

P. abbé, l’autorité :

Fr Jean de la Croix, un silence habité :

Fr. Vincent, indissociablement moine et peintre :

Fr Joseph, La joie de Pâques:

Témoignages de nos hôtes

Être laïc et venir à l’abbaye, avec Élisabeth et Thierry :

Les voisins agriculteurs de l’abbaye, avec Pierre et fr Joseph :

La communauté Ecclesiola, avec Pascal et Paul :

Merci à tous !

Equipe RCF à Maylis
Merci à l’équipe !

4e Semaine de Pâques : La Porte de la Vie



4e dimanche de Pâques A :
Jean 10, 1-10

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

Le Fils de Dieu est passé par la porte de notre humanité pour entrer dans la bergerie et venir nous chercher. Il convient que nous passions par la porte de son humanité pour aller vers le Père et retrouver ainsi la communion avec la Source de la Vie. Jésus nous invite à sortir vers les gras pâturages, à ne pas rester enfermés dans ce monde qui passe, à ne pas nous nourrir de superficialité. Déjà ici-bas nous pouvons passer dans une autre vie, quitter les ténèbres de toutes sortes de vices, renoncer à l’errance d’une vie sans vrai but, pour vivre plus pleinement.
C’est un mystère de vie dont il s’agit, un mystère de renaissance. Notre véritable pâturage est au-delà de cette vie, plus profond que ses apparences, plus loin et plus haut que nos horizons limités par la souffrance et la mort. Il n’est pas seulement question d’attendre la résurrection des morts. Le Ressuscité nous invite à mourir à une certaine conception égoïste de l’existence, pour revivre dans la joie de la communion avec Dieu et avec les autres. Cette vie nouvelle nous est donnée par l’Esprit du Christ qui vient transformer notre regard et nos actions si nous le laissons faire, et plus encore si nous le lui demandons.
La renaissance commence pour chaque chrétien dans le Baptême. La Confirmation nous donne force pour notre croissance, en particulier dans le service des autres. Et à chaque Eucharistie, la Voix de Jésus résonne, l’Esprit Saint est invoqué sur nous pour entretenir la Vie et la renouveler. La Vie engloutit alors en nos cœurs la maladie mortelle du péché, et laisse place au fruit du Christ.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Pâques A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus semble s’appliquer plusieurs images, lesquelles ?

Comprendre sa foi :

Que nous enseigne l’image de la porte, que nous dit-elle de la mission de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Quelles sont les portes que j’emprunte pour vivre mieux ? Est-ce que je cherche celle que le Christ veut pour moi ?

3e semaine de Pâques : Accueillir le Ressuscité



3e dimanche de Pâques C :
Jean 21, 1-19

Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.

Chacun accueille le Ressuscité à sa manière. « C’est le Seigneur! » Jean reconnait le Ressuscité et témoigne. Pierre accueille le témoignage et va à la rencontre de Jésus. Les autres sont dans la barque, affairés à l’œuvre de Dieu. La vie spirituelle prend de multiples formes, et la rencontre avec le Ressuscité a de multiples effets. Chacun son tempérament, sa grâce, sa vocation. Il en faut pour voir au-delà du visible immédiat. Il en faut d’autres pour se jeter à l’eau et montrer le chemin. Il en faut enfin tout simplement pour gérer la barque pendant que les premiers ont le nez en l’air et que les seconds laissent libre cours à leur impulsivité !
L’important, c’est que tous se retrouvent autour du Ressuscité, autour de la table eucharistique, autour du service du prochain. C’est ainsi que Jésus ressuscité se fait reconnaitre, c’est ainsi qu’on peut le reconnaitre : dans la mémoire vivante du don de sa vie, célébrée tant dans la liturgie que dans le service des hommes, en son Nom. L’un est indissociable de l’autre. L’un et l’autre, ensemble, sont la vraie confession de la foi et de l’amour. L’un et l’autre nous rassemblent en un seul Corps, le Corps du Ressuscité, présent dans le monde, pour le Salut de tous les hommes.
C’est pourquoi là se produit LE dialogue. Là est posée LA question : « M’aimes-tu ? » Le dialogue entre Jésus et Pierre est le dialogue de tous les chrétiens avec leur Seigneur. Il est le dialogue intime de chacun avec lui dans l’Eucharistie et dans le service des autres. Pour peu que l’on soit sincère avec soi-même, le « tu sais bien que je t’aime » reste en travers de la gorge, comme pour Pierre : nous connaissons notre infidélité. Pourtant Jésus ne nous retire pas sa confiance. Dans sa Miséricorde, il nous appelle tout de même à l’amour, il nous croit encore capable d’amour et de fidélité. Il nous confie nos frères, chacun selon sa grâce, et il nous invite à le suivre, chacun à sa manière.
À présent, c’est par l’amour et le service du frère que nous voyons que nous pouvons accueillir le Ressuscité et répondre à l’amour de Dieu que nous ne voyons pas.

Prière universelle :

PU 3e dimanche de Pâques C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

A quelles autres scènes de la vie de Jésus fait penser ce récit ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi les disciples ne reconnaissent-ils pas Jésus tout de suite ? Pourquoi est-ce important qu’ils le reconnaissent à ses actes plus qu’à son apparence ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je suis attentif à la présence personnelle du Ressuscité quand je célèbre la messe et quand je sers mes frères ?

Consécration du nouvel autel



Le 12 mars 2016 a eu lieu la consécration du nouvel autel du sanctuaire de Maylis, durant l’Eucharistie présidée par Monseigneur Gaschignard, évêque d’Aire et Dax. Cette consécration advient au terme de 4 ans de réflexion et de 4 mois de travaux de restauration du chœur de notre église. Nous espérons qu’elle sera le début d’un renouveau de la vie de prière à Maylis, tant pour notre communauté que pour des pèlerins qui viennent se recueillir auprès du Seigneur avec Notre Dame.
Voici quelques photos, accompagnées de commentaires et des textes de la messe. Elles vous permettront de revivre avec nous les différents moments de cette cérémonie très riche, et de découvrir ou redécouvrir par les rites de la liturgie certaines richesses de notre foi. Ces rites de la consécration d’un autel rappellent les étapes de l’initiation chrétienne : Baptême, Confirmation, Eucharistie. C’est ainsi que durant deux heures, nous avons revécu tous ensemble le cheminement qui nous a fait devenir pleinement membres de l’Église de Dieu.
Ces images sont donc aussi celles d’une grande étape de l’histoire du Sanctuaire et de notre communauté. Nous croyons qu’elle a été voulue par le Seigneur, et que Lui-même nous a conduits jusque là. Affermis ainsi dans la foi, nous mettons notre Espérance en sa Grâce afin qu’elle renouvelle en nous l’Amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs. Que cette Miséricorde s’étende d’âge en âge à tous ceux qui aiment le Sanctuaire et l’Abbaye de Maylis.
L’aménagement d’ensemble est dû à Philippe Rousselot et Mickaël Martin, de TLR Architecture à Bordeaux. Le mobilier liturgique a été dessiné et réalisé par Michel Rozier, ferronnier d’art à Montaut. Nous sommes très redevable à tous de leur inspiration mais aussi de leur écoute et de leur patience à notre égard. Poursuivre la lecture

Sanctuaire : photos d’un renouveau



Après 4 ans de travail, voici que le nouvel aménagement liturgique du sanctuaire de Maylis va bientôt être opérationnel. L’autel sera consacré le 12 mars durant l’Eucharistie présidée par monseigneur Hervé Gaschignard, évêque d’Aire et Dax.

Vous avez déjà apprécié (ou vous apprécierez de consulter !) :

nous vous proposons à présent quelques photos de ces 4 mois de chantier. Les images parleront d’elles-mêmes de cette grande aventure.

Défaire et refaire : poser les fondations

La pierre : force et délicatesse

Le bois : chaleur et sobriété

Le fer : virilité et légèreté

Gaines et tuyaux : pour être au chaud, bien entendre, et bien voir

L’autel : de pierre et de fer

La progression en vue globales :<h/3>

Ne faut-il pas beaucoup d’éléments pour un aménagement liturgique réussi ?
Nous espérons que vous viendrez en profiter !

Bâtir l’Église en rénovant notre église



En juillet-août 2014, nous mettions en place un chœur liturgique provisoire dans le sanctuaire de notre église. Nous voulions tester une nouvelle disposition possible en vue d’affiner un projet qui commençait à prendre forme. Beaucoup de questions restaient alors, comme en témoigne l’article rédigé à ce moment-là. Nous les avons traitées les unes après les autres avec nos architectes Philippe Rousselot et Mikaël Martin, de l’agence TLR-Associés de Bordeaux, qui nous ont accompagnés avec patience, respect, et compétence. Voici qu’à présent, après 16 mois de mise à l’épreuve, d’essais, et de réflexion, c’est parti pour les travaux !
Mais souvent la vie avec Dieu vous emmène plus loin et plus profond que vous ne le pensiez au départ… Retour sur cette aventure communautaire qui ne s’est pas arrêtée à de simples considérations pratiques, et nous a conduits sur un chemin spirituel. Il s’est agi non seulement de rénover notre église, mais bien plus de bâtir l’Eglise, la petite Église formée par notre communauté et ceux qui la fréquentent.
Retrouvez-nous aussi en vidéos : Les raisons du chœur
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Courrier 27, 2015



Ne vous privez pas d’une joie : téléchargez votre Irrégulomadaire préféré pour pouvoir le déguster en cliquant ici :

Irrégulomadaire 27

En voici le menu :
  • Éditorial : Jubilé extraordinaire de la Miséricorde (P. Abbé)
  • Appel aux dons : travaux dans l’église
  • Une moniale amoureuse (Fr. Jean-Gabriel)
  • Chronique décembre 2014 – Novembre 2015 (Fr. Benoit)
  • Retour de session : apprendre à communiquer (Fr. Benoît)
  • Le CD « Complies à Maylis »
  • Notre newsletter : « Il Postino »
  • Prière du Bienheureux John Henry Newman

Bonne lecture !

Vidéos : Les raisons du chœur



Découvrez les raisons du choeur nouveau des moines de Maylis !

Après une longue réflexion et plus d’un an d’essais, les travaux dans le chœur de notre église ont commencé !
Pour découvrir de manière humoristique les raisons de ces travaux, voici quelques vidéos à découvrir. Elles sortiront une à une dans les prochains mois.

Vous les trouverez soit sur cet article soit sur la chaîne Youtube Monastic-TV : Icone Monastic-TV, moine à genoux avec une caméra

Dans la presse :

Voici les vidéos : les premières sont les dernières !

Amusez-vous bien !

La dernière de la série : on rêve déjà au 12 mars !

Épisode 4 : Former un chœur nouveau, avec fr Raphaël, le « gardien du Temple »

Épisode 3 : Stabiliser notre chœur, avec fr Colomban… suspens…

Épisode 2 : Dilater notre chœur, avec fr Cyril !

Épisode 1 : Interview exclusive du père abbé François !!

Vidéo-annonce :

Entendre le Christ dans les Écritures



Il faut toute la montagne
pour entendre le criquet

Le poète Jean Mambrino a écrit ce distique : « Il faut toute la montagne/pour entendre le criquet » ! (dans : Le mot de passe)
En Chalosse il faudrait le traduire par : « Que cau tot lo pinhadar/enta entèner le grilhon » (il faut toute la forêt pour entendre le grillon).
Ces vers me semblent très évocateurs pour notre lecture/écoute des Écritures, de la Parole de Dieu. Trop souvent nous sommes bloqués dans notre compréhension des Écritures par l’arbre qui cache la forêt. Or ce qui nous permet de goûter la Parole de Dieu, c’est d’entendre le chant du grillon caché dans ses pages… Pour cela il faut une écoute/lecture large, stéréophonique… c’est à dire globale : entendre le motif répété dans tous les pupitres, donné par chaque instrument, comme un leit-motiv. Oui, il faut toute la Parole de Dieu, tout le pignada (la forêt landaise) pour goûter un chapitre, un verset, pour entendre le chant du grillon.
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