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6e dimanche : Surpasser la justice par l’amour



6e dimanche ordinaire A :
Matthieu 5, 17-37

Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Jésus nous lance une sorte de défi, un défi qui apparait assez redoutable. Les scribes et les pharisiens semblaient des experts en justice, des virtuoses de la mise en pratique de la Torah, de la Loi de Moïse, jusque dans ses détails. Ils semblaient les croyants les plus ajustés qui soient aux règles de leur religion, les pratiquants les plus minutieux. Or Jésus nous met en compétition : il nous faut surpasser cette justice pour entrer dans son Royaume. Que faudra-t-il donc faire de plus ? Que pourrons-nous faire de mieux ?
Le Christ reprend les paroles de Moïse, mais il est plus grand que Moïse, et il veut que nous allions plus loin que les 10 commandements. Il ne s’agit pas d’aller plus loin dans la minutie, mais d’entrer plus profondément dans le cœur. C’est beaucoup plus exigeant, beaucoup plus dérangeant, mais aussi beaucoup plus libérant. Jésus nous met sur le chemin de la liberté de l’amour. Ce chemin n’abolit en rien la Loi. Au contraire, il est accomplissement de cette Loi avant d’en être le surpassement.
Nous qui sommes chrétiens, et fiers d’appartenir à cette religion de l’amour, ne vivons-nous pas parfois notre foi comme les scribes et les pharisiens ? Nous mettons en œuvre un code moral le plus généreusement et attentivement que nous pouvons par nos comportements extérieurs. En quelque sorte, nous faisons le maximum (dans le meilleur des cas…) pour « être en règle » avec un Évangile que nous recevons surtout comme un code de devoirs, de commandements, peut-être d’interdits. Cela peut être une manière de ronronner dans sa foi…
Les interdits ne suffisent pas. Jésus oriente notre regards vers la transformation de notre cœur. Nous sommes faits pour aimer : c’est du positif, et non une contrainte. Et qui a pris goût à l’amour désire aller plus profond, aimer plus intensément. Là est la libération évangélique.

Prière universelle :

PU 6e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Que veut dire « accomplir la Loi » pour Jésus ?

Comprendre sa foi :

Comment lui-même a-t-il pleinement accompli la Loi de Moïse ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je vis la loi évangélique comme un carcan ou comme un tremplin vers l’amour ?

4e dimanche de l’Avent : Accueillir Celui qui vient



4e dimanche de l’Avent A :
Matthieu 1, 18-24

« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint »

Cette annonciation à Joseph est simple, mais ne se laisse pas facilement appréhender. On aimerait en savoir un peu plus de ce qui se passe. Que craignait Joseph ? De quoi le Seigneur a-t-il dû le rassurer dans sa prière ? Avait-il quelque soupçon à propos de Marie ? Ou bien était-il effrayé à l’idée d’accueillir chez lui Marie qui portait un enfant venant de Dieu seul ? Reculait-il devant la Loi, ou devant le Mystère de Dieu ? Au fond, quelle était sa justice : celle d’un respect du règlement, ou celle de l’obéissance au Juste ?
Joseph, parce qu’il est ajusté à son Dieu, a compris que cet enfant est de Dieu, cet enfant déjà accueilli par son épouse. S’il ne veut pas dénoncer Marie, c’est qu’il n’y a pas lieu d’agir ainsi. S’il a formé le projet de la renvoyer, c’est sans doute qu’il tremble, qu’il ne se sent pas à la hauteur de la vocation de Marie, qu’il ne se sent pas à sa place auprès d’elle, comme père de cet enfant venu d’En-haut. Il est bien conscient que la vocation de veiller sur Marie ne lui appartient pas, mais ne revient à Dieu. Et effectivement, Dieu aurait fort bien pu se passer de Joseph, et s’occuper de Marie.
Pourtant, Dieu veut avoir besoin de ce fils de David. Il veut que ce soit lui qui lui donne son nom d’homme, et qu’il se trouve responsable de veiller sur Marie et Jésus. Le Père connaît l’obéissance de son fils Joseph, et il sait qu’ainsi il sera un bon père adoptif pour accompagner l’humanité fragile de son Fils éternel.
Accueillir Celui qui vient ne va de soi pour personne. Dieu nous déboussole. Tous les acteurs qui entourent la venue du Fils de Dieu dans notre chair sont comme pris à contre-pied. Ils mettent leur foi dans la Parole de Dieu, dans cet enfant venu accomplir les Écritures. Qu’il en soit de même dans toutes nos vocations.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de l’Avent A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Joseph est appelé « fils de David » : pourquoi est-ce important ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Joseph doit-il donner le nom de Jésus, alors qu’Isaïe avait annoncé « Emmanuel » ? Que signifient ces noms pour notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je cherche à être ajusté à Dieu, et est-ce que je médite les Écritures, pour reconnaitre les appels de Dieu ?

11e dimanche : La loi de l’amour



11e dimanche ordinaire C :
Luc 7, 36 – 8, 3

« Va en paix »

Cette femme troublée par son péché est finalement apaisée par la foi qui lui a obtenu le pardon. Elle a pu accueillir le pardon, parce qu’elle a reconnu qu’elle n’est pas « dans les clous », parce qu’elle a imploré le pardon par son amour. Elle a aimé plus que son péché. En s’ouvrant à l’amour, elle reçoit l’Amour. Et pour cela elle est donnée en exemple au Pharisien qui la jugeait.
Simon, quant à lui, est troublé par la manière d’agir de cet homme qui semble pourtant être prophète. Le voilà suspicieux concernant l’orthodoxie théologique de ce rabbi. Il juge selon la Loi, et tombe sous le coup de cette Loi : Jésus lui fait remarquer qu’il n’a pas rempli ses devoirs d’hôte, alors que la femme les a honorés avec surabondance. Simon, qui se croit « dans les clous », n’implore pas le pardon par son amour. C’est pourquoi il a besoin de l’exemple de cette femme.
Tout deux ont leurs œuvres : pour l’un les œuvres de la Loi, et pour l’autre les œuvres de l’amour. Tout deux ont leurs faiblesses : pour l’une celles liées à l’amour, et pour l’autre celles liées à la Loi. Tout deux s’approchent de Jésus avec ce bagage de lumière et de ténèbres. Tout deux sont reçus par Jésus en ce qu’ils sont, ils sont aimés, et appelés à changer pour aimer à leur tour. A la femme il recommande de ne plus pêcher. A Simon il recommande de ne plus juger.
Que sont-ils devenus ensuite ? L’histoire ne le dit pas. Sans doute nous revient-il d’écrire cette histoire en nos vies, de suivre le Christ et de l’aider de nos propres ressources. Combien demeure actuel cet enseignement de Jésus. Les blessures de l’amour sont de tous les temps. Les crispations sur la Loi aussi. Jésus nous invite à aller plus loin que nos péchés, et plus loin que nos jugements. Le synode des Évêques et le pape François nous ont aussi invités à aller plus loin que les faiblesses affectives qui nous entourent, et plus loin aussi que nos peurs de trahir l’idéal de l’Évangile.
La loi de l’amour est délicate. Puissions-nous discerner avec justesse, et aller en paix.

Prière universelle :

PU 11e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

De la femme inconnue et de Simon, y en a-t-il un qui soit plus pécheur que l’autre ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’amour est-il plus important que la Loi ?

Vivre avec Jésus :

Quels sont les pécheurs que je juge ? Quels sont les péchés que je pleure ?