Archives pour l'étiquette méditation

Entendre le Christ dans les Écritures



Il faut toute la montagne
pour entendre le criquet

Le poète Jean Mambrino a écrit ce distique : « Il faut toute la montagne/pour entendre le criquet » ! (dans : Le mot de passe)
En Chalosse il faudrait le traduire par : « Que cau tot lo pinhadar/enta entèner le grilhon » (il faut toute la forêt pour entendre le grillon).
Ces vers me semblent très évocateurs pour notre lecture/écoute des Écritures, de la Parole de Dieu. Trop souvent nous sommes bloqués dans notre compréhension des Écritures par l’arbre qui cache la forêt. Or ce qui nous permet de goûter la Parole de Dieu, c’est d’entendre le chant du grillon caché dans ses pages… Pour cela il faut une écoute/lecture large, stéréophonique… c’est à dire globale : entendre le motif répété dans tous les pupitres, donné par chaque instrument, comme un leit-motiv. Oui, il faut toute la Parole de Dieu, tout le pignada (la forêt landaise) pour goûter un chapitre, un verset, pour entendre le chant du grillon.
Poursuivre la lecture

Les déserts de Dieu, Yves Raguin



RAGUIN, Yves, s.j.
Les déserts de Dieu, suivi de : Dans l’attente de la vision, Editions Lessius, Bruxelles, 2015, 311 pages.

Les déserts de Dieu suivi de Dans l’attente de la vision est constitué de quatre vingt méditations inédites du Père Yves Raguin s.j. qui de son vivant n’ont été distribuées qu’aux amis proches sur le modèle de la « lettre spirituelle ».
« Entre la grasse Égypte et la terre promise il y a toujours un désert » lit-on en exergue. Entre la grasse Égypte, où le peuple élu est partagé entre l’esclavage du travail et la consolation de la consommation (Nombres 11, 5), et la Terre promise tout au bout du chemin, il y a ce désert déroutant au tout au long duquel « Dieu convie ceux qu’il aime à la table qu’il prépare de ses propres mains dans la solitude du désert » et leur « sert la manne, les cailles et l’eau qu’Il fait couler du rocher »
D’une profonde simplicité, ces pages limpides « résonnent des accents de St Jean de la Croix et de Bernard de Clairvaux ». Recueillies et retravaillées sur plus de 20 ans par un fils de Saint Ignace, elles témoignent aussi de ce sain réalisme qui se veut attentif au véritable enracinement de la vie spirituelle dans une vie humaine accomplie, comme le manifeste par exemple le prologue :
« Pour l’adolescent qui entre dans la période de maturité, le désert devient un élément essentiel. Il est le lieu de formation de la personnalité. A cet âge l’homme est capable de lutter corps à corps avec la solitude et d’en triompher dans un approfondissement de sa personnalité.
Essayer de fuir ce désert, c’est se condamner à rester dans un état d’enfance. Il semble que chez beaucoup de nos contemporains cette peur du désert est devenue comme instinctive. On parle beaucoup de communauté, de relations interpersonnelles, on sent le besoin impérieux d’ « être avec »… Si cette tendance en arrive à supprimer l’attrait du désert, je crois qu’il risque de manquer un élément essentiel à la formation humaine. »
Elles visent donc à nous faire partager l’expérience d’une rencontre, d’un compagnonnage dans la solitude, du jeu de Dieu qui donne parfois l’impression de se jouer de nous, mais nous soutient fidèlement, même si nous n’y comprenons plus rien, pour peu que nous Lui fassions confiance. Qu’il est bon alors d’entendre une voix fraternelle pour nous encourager à lâcher prise là où il faut sans lâcher pied ! S’en suit alors pour qui accepte de lui emboîter le pas un chapelet de plus de 80 méditations de deux à trois pages, non pour faire le tour du monde avec Jules Verne, même si l’auteur a lui aussi beaucoup voyagé avant de se fixer à Taiwan mais pour scander ce temps de préparation à Pâques d’une ou deux méditations par jour et nous préparer par une attente active, c’est-à-dire attentive à reconnaître les signes du passage de Dieu qui nous entraîne toujours au-delà dans une rencontre renouvelée avec l’autre aussi différent soit-il tant il est vrai que « l’altérité de Dieu est d’abord ressentie dans l’abîme d’une altérité vécue » (B. Vermander, préface p.13)

« Lorsqu’il achève Les déserts de Dieu, Yves Raguin (1912-1998) s’apprête à entrer dans sa 56e année. Tourangeau, entrée au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1930, il a commencé des études de chinois en 1942, études qu’il poursuit de 1946 à début 1949 à Harvard. Il arrive en avril de la même année dans Shanghai assiégée, dont il sera expulsée en août 1953. Il dirige l’équipe du Dictionnaire Ricci à Taiwan à partir de cette date, et enseigne l’histoire chinoise et la philosophie bouddhiste au Vietnam de 1959 à 1964. Rentré à Taiwan, fondant et dirigeant l’Institut Ricci de Taipei, il exercera une activité de conférencier et directeur spirituel en Asie, en Amérique du nord et en Europe. » rappelle Benoît Vermander s.j., successeur deY. Raguin à l’Institut Ricci, au tout début de sa préface au livre.

Avec Guigues : la pratique de la lectio divina



On sait très peu de choses sur la vie de Guigues II le Chartreux. Il devient le 9ème prieur de la Grande Chartreuse en 1173 ou 1174. Il meurt en 1188 en ayant laissé une œuvre essentielle sur la « lectio divina ».
Guigues, dans une magnifique « Lettre sur la vie contemplative » (1), explique à un disciple ce qu’il appelle l’Échelle des Moines, et qui correspond à la pratique monastique que l’on propose maintenant plus fréquemment dans l’Église sous le nom de « lectio divina ».
En voici quelques extraits à manger, ruminer, savourer, digérer… et mettre en pratique !
Poursuivre la lecture

Lectio Divina : Points de repère



Comment discerner la voix de Dieu parmi les mille voix que nous entendons chaque jour dans ce monde ? Dieu parle avec nous de différentes manières. Naturellement, il parle surtout dans sa Parole, dans la Sainte Écriture, lue dans la communion de l’Église et lue personnellement dans un dialogue avec Dieu. Elle est appelée traditionnellement Lectio Divina. Il importe d’encourager vivement surtout cette pratique de la lecture de la Bible qui remonte aux origines chrétiennes et qui a accompagné l’Église au long de son histoire.
Voici quelques conseils pour vous aider à la vivre.

Poursuivre la lecture