Archives pour l'étiquette prophète

2e semaine de l’Avent : Le prophète, voix pour la Parole



2e dimanche de l’Avent C :
Luc 3, 1-6

… la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

La Parole de Dieu qui se fait entendre à Jean : c’est un événement pas comme les autres. C’est pourquoi St Luc l’introduit aussi solennellement : empereur, gouverneur, princes, grands prêtres sont convoqués. Mais tous les grands du monde ne font pas le poids face à l’événement extraordinaire évoqué ici. La dernière voix de l’Ancien Testament, et la plus retentissante, la dernière étoile précédant l’aurore, le Précurseur qui par sa seule personne annonce le Sauveur, Jean a entendu la Parole de Dieu, et il l’a accueillie. Marie lui a donné sa chair. Jean lui donne sa voix, et sa fougue, pour quelques mois. Il est la trompette qui va attirer l’attention sur plus grand que lui.
Nous sommes au sommet de l’Histoire de l’Humanité. Tout va bientôt prendre sens. Dieu s’est engagé depuis le début dans notre histoire humaine. Mais à présent il vient lui-même pour la conduire à sa plénitude. Il s’engage au plus près de sa Création, il s’implique d’une manière inouïe. Mais il passe par de petites portes : celle d’une vierge qui a le cœur ouvert, celle d’un ascète dans le désert, tout deux à l’écoute de la Parole. Lui qui est le Verbe de Dieu, il veut avoir besoin d’une vierge pour lui donner corps, il veut avoir besoin d’un prophète pour lui donner voix.
Aujourd’hui encore, Dieu veut venir, intervenir en notre histoire humaine. Il se cherche des « voix » pour proclamer sa Parole dans le désert de notre monde, il se cherche des « corps » pour la mettre en pratique :
Qui donnera son cœur pour l’accueillir ?
Qui donnera son intelligence pour la traduire ?
Qui donnera son souffle pour la proclamer ?
Qui donnera toute sa vie pour parcourir nos rues et manifester à toute l’humanité le Salut de Dieu ?

Prière universelle :

PU 2e dimanche de l’Avent C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi insister sur le désert ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que le désert peut représenter dans le mystère de notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je vis ma vocation de prophète, de voix de Dieu ?

L’Avent : Temps de réveil, de promesses, de disponibilité



Le cycle liturgique nous fait revivre dans son actualité le mystère du Christ. Pendant longtemps il n’y eut qu’une fête principale, centre de l’année : Pâques. Elle fut précédée d’un temps de préparation, une « quarantaine », le Carême. Puis elle fut suivie d’une « cinquantaine », suivant l’usage juif, pour continuer dans la joie festive jusqu’à la Pentecôte.
Mais l’importance prise par les fêtes de Noël et de l’Épiphanie a fini par créer une sorte de second centre, comme une petite Pâque d’hiver. À l’imitation de la grande Pâque du printemps, on l’a fait précéder d’un temps particulier, l’Avent, et suivre d’un temps de joie, le temps de Noël. Mais à quelle attitude intérieure l’Avent nous invite-t-il ?
Un regard d’ensemble sur les lectures bibliques choisies pour ce Temps qui ouvre l’année liturgique pourra nous en faire savourer quelques aspects, et peut-être élargir nos horizons. Elles vont en effet nous proposer une sorte de parcours intérieur, de pédagogie spirituelle.

1 – Temps du passé… ou de l’avenir ?

On est tenté de penser (et d’écrire), en portant attention à l’euphonie et non à l’étymologie, que c’est le temps « avant » Noël. Et, c’est un fait, l’Avent a progressivement emprunté divers éléments au Carême, même sa durée et son nom pendant un temps : une « quarantaine » de la Saint Martin (11 novembre) en Occident, ou de Saint Philippe (14 novembre) en Orient. Dans l’Église latine romaine cette durée s’est rétrécie à quatre dimanches. Ce temps prit aussi peu à peu le caractère pénitentiel du Carême, sinon partout avec la pratique du jeûne, du moins avec les signes liturgiques que sont les ornements violets, la suppression du gloria le dimanche, la simplification de la musique et des bouquets.
Tout cela conduit à se représenter l’Avent comme un temps consacré à se souvenir de ce temps passé où les hommes attendaient le sauveur « dans les ténèbres et l’ombre de la mort », et l’on fait un peu de même avec eux. Pas très réjouissant. Heureusement que les enfants amènent un peu de joie en attendant Noël ! On se prépare donc à faire mémoire de la venue du Fils de Dieu dans notre chair, jadis. Pour cela, on se choisit quelques efforts pour bien se tenir afin d’avoir le cœur prêt pour les fêtes (ce qu’il est toujours bien de faire, d’ailleurs !). Mais on oublie le principal, ce à quoi font le plus allusion les lectures de l’Avent : la venue prochaine du Christ dans sa gloire.
Depuis Saint Bernard de Clairvaux (XIIe siècle) surtout, on a appris à envisager un triple avènement du Christ, que l’abbé cistercien présente dans ses sermons pour ce temps. Le premier Avènement est celui où il a paru sur terre et vécu parmi les hommes. Le troisième sera celui où il viendra en gloire et majesté. Et le second Avènement est… entre les deux ! C’est le moyen par lequel on passe du premier au troisième, la visitation du Christ dans notre « aujourd’hui ». Cette présentation a l’avantage de nous encourager à reconnaître le Christ présent dans notre quotidien. L’inconvénient, pour bien vivre l’Avent, est que cette perspective n’est peut-être finalement pas la plus importante à célébrer à ce moment. En effet, la présence du Christ est alors la continuation de sa venue dans la chair, « l’entre-deux » est un peu comme un passé qui reste présent.
Mais la venue du Christ dans la chair doit-elle nous tourner vers le passé, ou vers l’avenir ? Si les chrétiens donnent trop facilement l’impression d’être établis, un peu passifs, ne serait-ce pas en partie parce qu’ils sont tourné plus vers le passé sur lequel se reposer, que sur un futur à espérer, à désirer, à préparer, à hâter ? Donner beaucoup de place à l’Avènement passé du Fils de Dieu, continué dans ses visitations aujourd’hui, peut nous conduire à trop passer sous silence son dernier Avènement qu’il nous recommande instamment d’attendre, de guetter. Il est vrai qu’il est plus difficile à appréhender… et peut-être fait un peu peur. Mais il a déjà commencé !
Au moment d’ouvrir les lectures bibliques de l’Avent, il convient de renverser les perspectives. Nous abordons le mystère de l’Avènement su Seigneur, le temps de « l’Adventus », équivalent latin de grec « Parousia », que l’on utilise plus volontiers pour désigner la fin des temps. Et les lectures évangéliques du premier dimanche de l’Avent donnent le ton : « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » (Lc 21, 27 : 1er dim. C). C’est le jugement final. Ce temps liturgique s’ouvre donc non sur un passé qui est encore là, mais sur un futur qui est en quelque sorte déjà là ! Le Christ en gloire est en train d’advenir… L’Écriture nous met en face de « Celui qui vient ». Et, à l’approche de l’Avènement, l’Église nous exhorte à nous réveiller pour entendre les promesses et nous disposer à en accueillir la réalisation.

2 – Temps de réveil

Le premier dimanche de l’Avent sonne comme un réveil-matin « à l’ancienne » qui fait sursauter les dormeurs ! St Paul s’exclame : « Vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. » (Rm 13, 11-12 : 1er dim. A) Et cette lumière qui se lève sera proclamée par Saint Jean à la messe du jour de Noël : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jn 1, 4-5). La liturgie nous fait désirer et appeler ce lever de soleil avec l’antienne du Magnificat aux Vêpres du 21 décembre, tissée de réminiscences bibliques : « Ô Soleil levant ! Splendeur de justice et lumière éternelle, illumine ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort ! Viens, Seigneur, viens nous sauver ! » (Ha 3, 4 ; Ml 3, 20 ; Lc 1, 78)
Pas de mauvaise humeur, donc, au réveil : c’est la joie ! À l’approche de la Lumière, l’humanité s’éveille dans la joie et non dans la peur du jugement. Ainsi Paul durant l’office des Vêpres du 1er dim. et dans la seconde lecture du 3e dim. de l’année C : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » (Ph 4, 4-5). Isaïe, quant à lui, montre tout le monde qui se rassemble, attiré par la lumière : « Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur. » (Is 2, 5 : 1er dim. de l’année A). Et tout le monde, c’est tout le monde, pas seulement le peuple choisi !
En effet, c’est le jour annoncé par les prophètes, jour de salut et de rassemblement pour tous les hommes, les juifs d’abord et les païens ensuite, selon la prophétie d’Isaïe : « Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure. » (Is 11, 10 : 2e dim. A). Cette prophétie se trouve réalisée pour les Romains à qui Paul s’adresse dans la deuxième lecture du même dimanche : « je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c’est en raison de sa miséricorde qu’elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom. » (Rm 15, 8-9)
Dans l’allégresse de sa foi « matinale », la première génération chrétienne entrevoyait comme proche l’avènement glorieux qui réalisera le Royaume dans sa plénitude. Paul semble même avoir cédé à cette optique dans sa première lettre aux Thessaloniciens : « Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. […] Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. » (1 Th 5, 4.5.23 : 3e dim. B). Il fut amené, dans une seconde lettre, à calmer l’impatience des fidèles (d’ailleurs par des considérations qui ne sont pas toutes très claires).
Le fait est que personne ne sait quand le Christ reviendra. S’il convient de l’attendre sans fièvre inutile, la proximité de ce jour nécessite néanmoins d’être éveillé, prêt. Une des conditions intérieure est d’avoir les uns envers les autres la communauté de sentiments qui est l’Esprit du Christ Jésus. Vivre déjà la grâce du rassemblement, c’est travailler à n’avoir qu’un seul cœur, qu’une seule voix pour glorifier le Père de notre Seigneur Jésus-Christ (Rm 15, 5-6). C’est ainsi que les disciples attendent et hâtent le jour de Dieu. Pierre ne parle pas autrement : « le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper. Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété, vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion. Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. » (2 P 3, 10-13 : 2e dim. B)
Les exhortations de l’Apôtre se font pressantes, car le temps est court. Il se fait tout simplement l’écho de Jésus invitant à ne pas être amolli et endormi par une routine matérialiste qui fait oublier l’essentiel : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. […] Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » (Mt 24, 37-39.44 : 1er dim. A). La proximité du Jour appelle à « l’ascèse eschatologique » : il s’agit de fuir l’intempérance et ivresse, la luxure et impudicité, disputes et jalousie, pour pratiquer sobriété, vigilance, et justice (cf Rm 13, 13-14 : 1er dim. A ; voir aussi 1 P 4). L’attitude profonde qui inspire ces conseils est sans ambiguïté : « revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ ; ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour en satisfaire les convoitises. » (Rm 13, 14). Il s’agit en somme d’user de ce monde qui passe avec discrétion (cf. 1 Co 7, 29-31), pour ne pas être alourdi non plus par les soucis de la vie (cf. Lc 21, 34, 1er dimanche C). Car si, du côté de Dieu, l’Avènement est accompli, notre façon de l’accueillir est encore imparfaite ; notre amour est trop « partiel » encore pour que l’éclair jaillisse de l’Orient à l’Occident. Aussi l’essentiel est bien ce progrès dans la charité qui est le leitmotiv sans cesse repris par l’Apôtre dans d’autres passages de ses lettres, proches des textes qu’offre la liturgie (Rm 12, 10.15 ; 13, 10).
Il est temps de nous réveiller, de nous redresser pour témoigner de l’Amour qui vient. Notre sommeil fait peut-être perdre de vue l’actualité et l’intensité de ces textes bibliques. La lourdeur du matérialisme consumériste atteint aussi les paupières de notre cœur… La lucidité sur notre monde est un commencement de réponse à l’appel de Dieu, à l’annonce du Jour. Le thème du réveil doit saisir tout ce qui fait l’homme. Le chrétien est appelé à se laisser éveiller par le cri planétaire d’une humanité en souffrance, mais aussi tendue vers un mieux vivre. Si elle semble hésiter entre des espoirs démesurés en ses pouvoirs et un pessimisme radical, n’est-ce pas parce qu’elle n’entend pas les promesses de Dieu ?

3 – Temps des promesses

« À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » (He 1, 1-2 : messe du jour de Noël). La liturgie, bon pédagogue, doit simplifier les choses pour garder l’essentiel. Durant l’Avent, elle nous propose donc d’écouter en particulier deux de ces prophètes du passé : Isaïe, qui fut l’un des plus grands, et Jean-Baptiste en qui s’achève et s’accomplit tout le prophétisme. Les premières lectures des dimanches A et B sont presque toutes tirées d’Isaïe. Au-delà du dimanche, le même Isaïe est proclamé durant la messe quotidienne des deux premières semaines, et il est aussi abondamment utilisé pour la liturgie des heures (« bréviaire »). Les dimanches de l’année C et les lectures quotidiennes des deux dernières semaines complètent le panorama en faisant appel à d’autres prophètes. Il se dégage de ce choix de lectures une sorte de tableau du Royaume messianique promis lors de l’Avènement.
Israël est un petit peuple ballotté entre les grandes puissances qui l’entourent. Il cherche en elles des appuis humains qui tournent souvent en esclavage, en exil, en soumission servile, et surtout en idolâtrie. À travers ses tribulations, Dieu veut apprendre au peuple pauvre et petit qu’il s’est choisi à s’appuyer sur lui qui est le seul secours solide et stable. Il lui promet le Royaume de paix qui ne passera pas, et qui deviendra un socle non seulement pour Jérusalem et Israël, mais pour toutes les nations de la terre. Alors l’humanité réconciliée tournera toutes ses forces vers les œuvres de paix. « Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : ‘’Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la Maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers.’’ Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur. Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. » (Is 2, 2-4 : 1er dim. A).
La nature elle-même sera transformée : c’est le temps où la steppe refleurira : « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : ‘’Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver.’’ Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ; car l’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride. La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes. Dans le séjour où gîtent les chacals, l’herbe deviendra des roseaux et des joncs. » (Is 35, 1-7 : 3e dim. A). C’est le chant de l’espérance d’un monde rénové de la part du peuple juif, pourtant en exil loin de sa terre. La joie d’être sauvé transfigure la terre et les hommes. C’est le Christ qui ouvrira cette ère de délivrance pour les pauvres.
Mais un prodige plus extraordinaire encore est annoncé, dont les miracles de la nature sont la préfiguration : la terre enfantera le Sauveur ! « Cieux, distillez d’en haut votre rosée, que, des nuages, pleuve la justice, que la terre s’ouvre, produise le salut, et qu’alors germe aussi la justice. Moi, le Seigneur, je crée tout cela. » (Is 45, 8 : mercredi de la 3e semaine). Ainsi les transformations de la nature peuvent être des « signes » de Dieu. Les « réussites » de l’homme préparent un monde plus « digne » de l’Avènement.
Ces textes sont à méditer de manière nouvelle en ces temps où l’Église, à la suite du pape François et de l’encyclique Laudato Si, s’engage de plus en plus à être ferment d’une écologie intégrale, à prendre particulièrement soin de notre maison commune et de ses habitants. Peut-être paraissons-nous parfois oublier que les promesses ne sont pas encore accomplies totalement, et que le « délai » qui nous est accordé entre les deux Avènements est le temps des grâces messianiques qui sont temporelles et spirituelles à la fois. Dans monde où bien des déserts sont en progression à cause de la mauvaise gestion des ressources humaines et naturelles, n’est-ce pas un signe messianique, un signe du Salut qui vient, de travailler à faire fleurir les déserts physiques, psychiques, spirituels ? Alors nous serons ces bons intendants qui attendent le retour du Roi, qui veillent et annoncent son arrivée prochaine en prenant soin de la maisonnée.

L’autre grande figure qui domine le temps de l’Avent est celle du Précurseur. Il apparaît au terme de l’Ancienne Alliance pour nous permettre de prendre la mesure exacte, historique et spirituelle, de l’Avènement. Et ainsi il nous met en garde contre deux hérésies qui menacent le chrétien : celle de « l’établissement », comme si tout était déjà fait, et celle de l’attente d’une troisième révélation.
Tous les évangiles des 2e et 3e dimanches de l’Avent, années A-B-C, mettent en scène Jean-Baptiste. Et le début de sa prédication, qui prépare immédiatement l’Avènement historique du Messie, est présenté avec des concordances chronologiques d’une précision impressionnante. C’est l’un des cas où apparaît si fortement dans l’Écriture la volonté d’encadrer les gestes de Dieu dans les évènements humains. « L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. » (Lc 3, 1.2 : 2e dim. C). C’est le moment de l’histoire du monde où, dans un canton reculé de l’Empire, va apparaître pour tout être vivant le Salut de Dieu. Déjà, le Salut est commencé, les temps sont accomplis, et « le Royaume de Dieu est tout proche » (Mt 3, 1 : 2e dim. A).
Le signe de cette proximité, c’est que les promesses s’accomplissent : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. » (Mt 11, 4.5 : 3e dim. A) Jean peut reconnaître dans ce signe l’accomplissement de la promesse annoncée par Isaïe, rappelée un peu plus haut, et donc Celui qui en est porteur : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil, ceux qui sont en deuil dans Sion, mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu. » (Is 61, 1-3 : 3e dim. B). Jésus lui-même s’attribuera ce passage lors de l’inauguration de son ministère de prédication à la synagogue de Nazareth : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » (Lc 4, 21 : 3e dim. ordinaire C).
La mission de Jean, qui était de diriger les regards vers cet « aujourd’hui », se poursuit dans l’Église. Son cri, interprétation et actualisation d’une prophétie d’Isaïe, retentit encore et toujours : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » (Is 40, 3 : 2e dim. B ; et Lc 3, 4 : 2e dim. C). Et il nous avertit en même temps qu’il le fait pour les Juifs, afin que le sens spirituel de la venue du Messie ne nous échappe pas : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » (Jn 1, 26-27 : 3e dim. B). Car, si le Christ est venu, il est aussi toujours « Celui qui vient » et « Celui qui reviendra ». Il est dans la plénitude du temps : « Jésus-Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité. » (He 13, 8).

4 – Temps de disponibilité confiante et joyeuse

La fin du temps de l’Avent nous amène finalement à contempler ceux et celles qui, éveillés par l’action de l’Esprit en eux, et tendus vers l’accomplissement des promesses, participèrent étroitement au mystère de la naissance du Verbe de Dieu dans notre humanité. C’est ainsi que la liturgie du 4e dimanche nous fait entendre les récits de l’Annonciation à Joseph (année A), de l’Annonciation à Marie (année B), et de la Visitation (année C). L’Église nous prend donc par la main et nous fait entrer dans les évangiles de l’enfance. Lorsque notre cœur sera familiarisé avec le groupe des êtres privilégiés au sein duquel s’accomplissent les dernières préparations, et adviennent concrètement les promesses, nous pourrons nous joindre tout naturellement à leur prière. Nous entonnerons alors les deux cantiques inspirés du Benedictus et du Magnificat.
Cette fin de l’Avent est certainement le meilleur moment pour redécouvrir ces cantiques évangéliques que l’Église met sur les lèvres des chrétiens chaque jour dans la liturgie des heures, aux offices de Laudes et Vêpres. Ils arrivent après l’écoute d’un passage de l’Écriture, c’est-à-dire en réponse à la Parole que Dieu nous adresse, à la venue du Verbe parmi ceux qui sont réunis pour prier. L’Église nous permet ainsi de rendre grâce deux fois par jour pour le mystère, le don infini, de l’Incarnation du Fils de Dieu qui vient jusqu’à nous pour révéler l’amour du Père.
Le Benedictus, cantique de Zacharie, est la plus belle des prières du matin, au moment de la victoire de la lumière sur les ténèbres. C’est le chant de louange au Seigneur qui n’a jamais oublié l’alliance sainte conclue avec son peuple, même aux moments les plus noirs de l’histoire des hommes. Il réalise enfin sa promesse, en plénitude, cette promesse qui a résonné au long des âges par la bouche des prophètes et des pères, et dont la mémoire remonte jusqu’à Abraham. Ce salut advient « grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. » (Lc 1, 78-79).
Du Magnificat, cantique de Marie, on peut affirmer qu’il est le chant d’action de grâce par excellence, la fleur en qui s’épanouit la prière de l’Ancien Testament. S’il exprime d’abord la réponse confiante et joyeuse de la créature privilégiée appelée à être la mère de Dieu et la mère des hommes, il dira, jusqu’à la fin des temps, la réponse confiante et joyeuse de l’humanité nouvelle au don du Sauveur. Chaque soir, l’Église rend grâce pour l’Oeuvre de salut opérée jour après jour : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. […] Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » (Lc 1, 49-50. 54-55).
On peut lire ces deux cantiques comme un accomplissement de toute la prière du Peuple choisi, qui se trouve prêt à accueillir le Messie, le Sauveur annoncé, réalisation de la promesse du Salut. Or cette prière est exprimée avant tout dans le Psautier. Les versets, inspirés par l’Esprit, que le Psautier met sur les lèvres du priant, rendent le cœur disponible à l’intervention du Seigneur, à l’accueil de son Salut. C’est pourquoi chaque dimanche (et même chaque jour) à la messe, un psaume est utilisé pour répondre à la parole que Dieu nous a adressée dans la première lecture. Ceux qui ont été choisis pour les dimanches de l’Avent résonnent des thèmes déjà évoqués, et trouvent donc leur écho final dans les cantiques de Marie et de Zacharie.
Zacharie fait mémoire de la longue attente du Salut définitif de Dieu, et ce désir est amplement présent dans les Psaumes, notamment dans le Ps 79 : « Berger d’Israël, écoute, / toi qui conduis Joseph, ton troupeau : resplendis / Réveille ta vaillance et viens nous sauver. / Dieu de l’univers reviens ! / Du haut des cieux, regarde et vois : / visite cette vigne, protège-la, / celle qu’a plantée ta main puissante » (1er dim. B et 4e dim. C). Ce désir est déjà un don de Dieu qui se fonde sur l’alliance conclue et maintes fois renouvelée dans l’Ancien Testament, notamment avec le roi David, dans la descendance duquel doit advenir le Messie annoncé : « Avec mon élu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David, mon serviteur : / J’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges. » (4e dim. B). Marie saisit par l’intuition du cœur que le Jour est arrivé : « Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, / de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. ». Et Zacharie, inspiré par l’Esprit, interprète le sens de ce qui se passe sous ses yeux comme l’accomplissement de cette Alliance : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. / Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, / comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens. »
Le désir ouvre le cœur et y établit la disponibilité. Celle-ci est présente dans le Ps 121, psaume de pèlerinage vers Jérusalem : « Quelle joie quand on m’a dit : ‘’Nous irons à la maison du Seigneur !’’ / Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! » (1er dim. A) Si le sens premier est la Jérusalem terrestre, celle-ci renvoie à la Jérusalem Céleste vers laquelle nous marchons, à la porte de laquelle nous nous tenons dans l’espérance. De même le Ps 125 célèbre ce retour vers Jérusalem, du fond de notre exil : « Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! / Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie. / Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. » (2e dim. C). C’est bien là ce que chante Zacharie, le « salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs », cri de délivrance d’un Peuple en attente ! C’est pourquoi, toujours dans ce Ps 125 jaillit la louange, l’action de grâce pour les merveilles de Dieu : « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! », dont Marie se fera l’écho : « Le Puissant fit pour moi des merveilles : saint est son Nom ! », embrassant dans son « moi » tout le Peuple de la Promesse, et toute l’humanité.
Le temps du salut, célébré dans l’espérance par le Ps 71, aux accents proches du livre d’Isaïe, se fait réalité : « En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! / Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre ! / Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. / Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie. / Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! / En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux ! » (2e dim. A). Dans son infinie miséricorde, Dieu se penche sur la terre qu’il a créée, sur notre humanité, jusqu’à l’assumer pour lui-même. Il vient à la rencontre du faible et du pauvre pour remettre en place ce qui a été distordu par le péché et établir le Règne de la justice et de l’amour : « il fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés. / Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, / le Seigneur protège l’étranger. Il soutient la veuve et l’orphelin. / D’âge en âge, le Seigneur régnera. » (Ps 145 : 3e dim. A). Marie, dans son Magnificat ne se situe-t-elle pas en accord parfait avec ce psalmiste ? « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. / Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. / Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. / Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. »
Marie est la femme bienheureuse, « qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45) car elle a su écouter au plus profond d’elle-même le murmure de l’Esprit. En sa chair elle a vécu le Ps 84, dont la promesse s’est accomplie pleinement : « J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles ; / Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. / Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; / la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. / Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. » (2e dim. B) Qu’il puisse en être ainsi pour chaque chrétien en ce temps de l’Avent, afin que le Christ, fruit de Vie pour notre terre, continue de se manifester parmi les hommes.

17e semaine : Jésus, Prêtre, Prophète et Roi



17e dimanche ordinaire B :
Jean 6, 1-15

À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »

Voici un des grands signes de Jésus, rapporté par tous les évangélistes : la multiplication des pains. C’est Jean qui nous le raconte, et qui nous rapportera, dans les dimanches qui viennent, le grand discours sur le Pain de Vie. Il terminera en scandale, et beaucoup partiront, mais aujourd’hui c’est l’enthousiasme. Et pour cause : tous ces évènements ne sont que trop clairs pour manifester que Jésus est le Messie attendu.
Dans ce miracle, Jésus agit en prêtre : il reçoit la maigre offrande d’un jeune garçon plus prévoyant que les autres, rend grâce à Dieu au nom de tous, puis distribue. Toute une liturgie dont le sens se révèlera au soir du Dernier repas : Jésus préfigure ici ce qui sera l’Eucharistie, le signe de la reconnaissance.
Pour la foule du Peuple élu, ce miracle ne peut que rappeler une autre bénédiction de Dieu octroyée à la prière d’un illustre prédécesseur de Jésus : Moïse. Et c’est bien cela que veut montrer Jésus, comme il va l’expliquer lui-même. Il est bien le grand Prophète annoncé par Moïse. Mais il est bien plus grand que la foule ne le pense.
Les gens rassasiés veulent le faire roi : ce prophète qui fournit du pain gratuitement à tous n’est-il pas idéal pour cela. Jésus est bien Roi, et il le dira. Mais il ne l’est pas comme les gens le pensent, et comme peut-être nous voudrions nous aussi qu’il le soit. Il est souverain des portes de la vie, et il le manifestera par sa victoire sur la mort, sur tout mal.

Prière universelle :

PU 17e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles ressemblances et quelles différences entre l’Évangile et la première lecture ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus ne veut-il pas devenir roi ?

Vivre avec Jésus :

À la place des gens, aurais-je compris le refus de Jésus d’être roi ?

16e semaine : Attirés par la Voix du Berger



16e dimanche ordinaire B :
Marc 6, 30-34

Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

Les Apôtres reviennent dans l’intimité du Christ après avoir prêché en son Nom. Et Jésus veut leur offrir un repos bien mérité, un temps de désert. Leur mission semble avoir trop bien fonctionné : on accourt, on se presse, on veut écouter ce Jésus, ce prophète de Dieu.
La prophétie de Jérémie s’accomplit : Dieu est venu lui-même dans le désert de ce monde pour chercher ses brebis dispersées par la discorde et l’ignorance. Il les rassure, leur montre son visage de bonté. Il les ramène vers le pâturage de l’amour et de la vérité. Il leur donne des pasteurs qui puissent manifester ainsi sa bienveillance.
Ce que le Christ a accompli durant sa vie, ce que le Ressuscité a renouvelé tant de fois durant l’Histoire de l’Église, il le rêve encore pour aujourd’hui. Nos sociétés occidentales sont dispersées dans l’individualisme, et des murs de haine s’élèvent. Beaucoup de nos contemporains, perdus par l’ignorance, errent sans vrai but dans la vie. Ils ont oublié la Voix du vrai Dieu, ne la reconnaissent plus, assourdis par les vociférations de faux prophètes.
Mais le Dieu de l’Alliance n’a pas renoncé à réunir son Troupeau. Il s’occupe de nous. Il parle par notre voix toutes les fois que nous ouvrons notre cœur à l’amour. Bientôt Il sera entendu, et les foules accourront à lui.

Prière universelle :

PU16e dimanche oridinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pour quelles raisons les foules accourent-elles vers Jésus ?

Comprendre sa foi :

Jésus invite les apôtres au repos et à la retraite, mais lui ne cesse de prêcher : qu’est-ce que cela nous apprend de lui ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je parle de Jésus de manière à le faire aimer ?

15e semaine : Sur les chemins de Dieu



15e dimanche ordinaire B :
Marc 6, 7-13

Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux.

Ce dimanche, les lectures de la messe continuent à scruter la vocation de prophète. Il ne s’agit plus de Jésus, mais des disciples, de nous. Les Douze ont eu leur « première fois » : un jour, il faut se lancer, c’est pareil pour tout. Un jour le chrétien est envoyé, et c’est le départ sur les chemins de Dieu. Ce doit être vrai pour chacun de nous.
La vocation de prophète, d’évangélisateur, est au fond assez simple : il faut suivre les chemins de Dieu. L’Esprit nous précède. Il s’agit de s’arrêter là où il est à l’œuvre, pour se mettre à son service, pour lui prêter sa voix, ses gestes. Si l’Esprit n’est pas reçu quelque part, il est inutile de se fatiguer en vain : on doit passer son chemin sans scrupules. On ne peut forcer personne à recevoir Dieu. Il suffit de laisser un signe, un témoignage : partir en secouant la poussière de ses pieds, c’est-à-dire manifester que toute communion est impossible si Dieu n’est pas accueilli. Manque de charité ? Intolérance ? Ou bien réalisme spirituel ?
Nous avons été baptisés dans l’Esprit, mettons-nous donc en quête de l’Esprit qui agit dans notre monde. Partons en chemin, comme si nous n’étions jamais parti encore. Nous avons la Bonne Nouvelle à annoncer. Laissons-nous surprendre, et certainement nous rencontrerons Dieu là où nous ne pensions pas le trouver.
Bonne Route !

Prière universelle :

PU 15e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi un signe si fort envers ceux qui n’accueillent pas l’Esprit ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi ne peut-on et ne doit-on pas imposer aux autres d’accueillir l’Esprit ?

Vivre avec Jésus :

Me suis-je mis en route à l’appel de Jésus, ou est-ce que je fais la sourde oreille ?

14e semaine : Un Prophète au milieu de nous



14e dimanche ordinaire B :
Marc 6, 1-6

Il parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Jésus est rejeté par les gens de son pays, de son village. Ils l’ont connu petit, adolescent, jeune homme. Ils l’ont connu charpentier, si discret, si normal, si comme tout le monde. Il faisait partie du paysage. Mais voilà qu’il prêche, voilà qu’il fait des miracles, voilà qu’il devient renommé. Ils sont choqués et ne croient pas.
Jésus connaissait le sort habituel du prophète parmi les siens. Mais il a certainement été blessé de constater à son égard, de vivre en sa personne le rejet du message de Dieu à cause de la simplicité de son humanité. Alors il va continuer de prêcher, mais aux périphéries cette fois-ci.
Peut-être cette situation n’est-elle pas si loin de ce qui s’est passé dans notre pays naguère chrétien. On s’était habitué à un Jésus qui faisait partie du paysage culturel. Et puis on n’a pas accepté sa Parole prophétique plus moderne que la modernité. On a rejeté, et on rejette encore son Corps, l’Église à cause d’un enseignement en décalage. Nous en souffrons, nous ne comprenons pas.
N’est-il pas temps pour nous d’aller, comme Jésus, prêcher aux périphéries ? Alors ils sauront qu’il y a un Prophète au milieu d’eux…

Prière universelle :

PU 14e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

« Prophète » : que nous dit la première lecture de ce personnage ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus peut-il être dit « prophète » ?

Vivre avec Jésus :

Chaque chrétien est aussi « prophète » depuis son baptême : comment est-ce que je vis ce don et cette mission de Dieu ?

13e dimanche : Ces petites choses extraordinaires…



13e dimanche ordinaire A :
Matthieu 10, 37-42

Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète

L’évangile est exigeant. Le Dieu Amour réclame tout. Il est « jaloux » nous dit souvent l’Ancien Testament. L’évangile de ce dimanche est bien dans cette ligne de la jalousie de Dieu, de l’amour préférentiel qu’il demande. Il est beau de voir ce désir de Dieu à notre égard, et la confiance qu’il nous fait. Mais c’est difficile à entendre. Et finalement, on peut être tenté de se demander qui sera digne de lui ? Est-ce réservé à une élite ? Heureusement que d’autres textes nous disent que Dieu est miséricordieux pour ceux qui ne sont pas à la hauteur !
Remarquons tout de même que si l’amour de Dieu est exigeant, pourtant il ne nous demande pas de faire des choses extraordinaires. Donner un verre d’eau fraîche à un disciple du Christ par honneur pour le Christ, qui ne pourrait le faire ? Servir le Christ dans ses frères, humblement, n’est-il pas à la portée de tous ? Même des personnes qui ne sont pas chrétiennes peuvent accueillir un homme juste en sa qualité d’homme juste, et recevoir ainsi leur récompense.
L’extraordinaire ne se situe pas tant dans la chose à faire, que dans le regard à porter sur le quotidien. Quel est le désir qui me fait avancer ? On peut en effet vivre au gré de ses caprices, ou bien désirer la Vie en plénitude. Pour quoi, pour qui agir et me surpasser ? On peut mettre son espoir en cette vie seulement, reçue des parents et transmise aux enfants, ou bien se tourner vers la Source et la Finalité de toute vie. Qui chercher et servir avant tout et par dessus tout ? On peut restreindre son domaine à soi-même, ou bien l’ouvrir à l’infini. Voilà ce qui est extraordinaire : en toute chose, contribuer à l’Oeuvre de Dieu.
C’est à chacun qu’il est proposé de participer à l’Histoire Sainte. Chacun est invité y prendre part à sa place. Tous ne sont pas prophètes, mais la récompense du prophète n’est pas que pour le prophète, car le prophète ne se suffit pas à lui-même. Élisée n’aurait pas accompli sa mission sans la riche sunamite. Le cœur de cette femme était probablement blessé de ne pas avoir d’enfant, mais il était ouvert. La place libre, le vide, a été donné pour le prophète en sa qualité d’homme de Dieu. Elle a su voir l’Oeuvre de Dieu, et y contribuer, simplement.

Prière universelle :

PU 13e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Qu’est-ce qui caractérise chacune des attitudes décrites par Jésus ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus prétend-il à une priorité absolue ?

Vivre avec Jésus :

Comment puis-je servir le Christ dans mon entourage quotidien ?

3e dimanche de l’Avent : Reconnaître Celui qui vient



3e dimanche de l’Avent A :
Matthieu 11, 2-11

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Il est difficile de dire si le doute de Jean-Baptiste sur l’identité de Jésus est pour nous consolant ou terrifiant. L’annonce de la venue du Messie était toute sa vocation, contenait en elle tout le sens de sa vie, de sa personne même, elle était et reste ce qui le qualifie le plus profondément entre tous les hommes. Et voici qu’il a du mal à le reconnaître, peut-être parce qu’il est si différent de l’idée qu’il s’en faisait. Il avait pourtant lu, relu, et médité la Torah et les Prophètes, lui le dernier et le plus grand d’entre eux. Il connaissait probablement par cœur ce passage d’Isaïe que Jésus lui envoie en retour comme message. Il n’en est pas moins dérouté par ce Dieu à qui il a tout consacré, par la venue de ce Messie, par sa manifestation qui semble si lointaine de celle qu’il a annoncé.
Aurait-il, même lui le plus grand des prophètes, des yeux pour ne pas voir, et des oreilles pour ne pas entendre, comme Jésus le reproche à ses contemporains, à la suite des grands prophètes de l’Ancien Testament ? Jésus est en effet obligé de lui remettre la réalité devant son nez, et de lui apprendre à être attentif à ce qu’il perçoit. Peut-être, surtout, le conforte-t-il dans la foi, foi dans les Écritures, foi en Jésus venu les accomplir, dont il a préparé la venue en annonçant la nécessité de se convertir. Au plus grand des prophètes n’a pas été épargné l’acte de foi de tout homme en ce monde pour accueillir l’incroyable, pour reconnaitre Dieu visitant son Peuple, à l’intime de notre humanité.
La conversion, la méditation des Écritures, la foi au Christ qui vient selon sa promesse. Voilà l’œuvre de l’Esprit qui nous permet de reconnaître Dieu visitant son Peuple, s’approchant au cœur de nos vies. Des messagers sont là pour attirer notre attention. Et à notre tour nous sommes invités à devenir messagers, prophètes, pour nos frères. Si nos yeux et nos oreilles ont du mal à voir et à entendre, si nos cœurs ont du mal à croire, allons au désert rencontrer un Jean Baptiste, un grand frère dans la foi qui nous ouvre les Écritures.

Prière universelle :

PU 3e dimanche de l’Avent A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jean a-t-il donc prêché dans le désert ? N’aurait-il pas mieux valu aller à Jérusalem ?

Comprendre sa foi :

Paul parle de patience : quelle est son importance dans notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je cherche à entendre, à comprendre, et à me nourrir du message des prophètes ?

4e dimanche : Le Prophète, homme sur la brèche



4e dimanche ordinaire C :
Luc 4, 21-30

Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

L’hostilité à l’égard de Jésus s’est manifestée dès le début, parmi les siens. Le prophète est un homme sur la brèche, et Jésus l’a été bien concrètement, à deux doigts d’être jeté de la falaise. Il est le Prophète par excellence, lui la Parole même de Dieu, Dieu qui s’est fait chair pour nous parler, pour nous dire qui est le Père. Il est venu au plus proche des hommes. Il s’est fait l’un de nous, nous qui venions de lui. Il est venu chez les siens, mais les siens ne l’ont pas reçu. Ces mots de saint Jean sont illustrés dans la scène bien concrète de l’Évangile de ce dimanche.
Jésus n’est pas étonné. Il savait ce qui devait arriver. Il savait que Dieu a été rejeté par l’homme. Il savait que l’homme rejette aussi ceux qui parlent et agissent au nom de Dieu. Les proches de Jésus, eux, ne comprennent pas ce qui arrive. Ils ne savent pas qui il est. Ils ne comprennent pas ce qu’il fait. Ils ne voient de lui que l’apparence, que leur commune humanité. Ils sont étonnés de voir le fils du charpentier, si semblable à chacun d’eux, parler comme il parle, agir comme il agit. Ils s’offusquent. Ils refusent la banalité de ce proche qui se dit héraut de la Bonne nouvelle, Messie annoncé par le prophète Isaïe. Ils rejettent cette parole qui s’accomplit sous leurs yeux. Et en cela ils ne font que participer à son accomplissement.
Jésus passe au milieu d’eux, sans dommage, il va son chemin. Il est Seigneur, lui seul a le pouvoir de donner sa vie quand il le veut. Comme en sa Passion, il manifeste le Dieu de la Pâque, le Dieu qui passe par la mort, par les ténèbres, mais que la mort n’arrête pas, que les ténèbres n’atteignent pas. Déjà est à l’œuvre la puissance de la résurrection. Comme en sa Passion, aussi, il ne répond pas à la violence par la violence. Il pardonne, bien conscient que les siens ne savent pas ce qu’ils font. Il est venu pour rendre témoignage à la vérité, ce qu’il a fait pour ses compatriotes de Nazareth. De la Vérité de Dieu fait partie sa Miséricorde. En passant au milieu des siens, sans se révolter, il ouvre le chemin de cette Miséricorde qu’il est venu annoncer et offrir.
L’amour est risqué. L’amour de Dieu, l’amour des hommes, celui que l’Esprit Saint a répandu en nos cœurs au baptême, nous conduit sur la brèche, avec Jésus. N’ayons crainte : nul prophète n’est accueilli dans sa propre patrie. Mais nous pouvons passer au milieu des nôtres pour leur ouvrir le chemin de la Miséricorde.

Prière universelle : PU 4e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus ne fait-il pas de miracles à Nazareth comme il en a fait à Capharnaüm ?

Comprendre sa foi :

La réaction des habitants de Nazareth proches de Jésus est au fond importante pour nous : quel enseignement sur l’identité de Jésus pouvons-nous en retenir ?

Vivre avec Jésus :

Sur quelle « brèche » l’amour me conduit-il pour être prophète ?