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5e dimanche : Servir la bonté et la beauté du monde



5e dimanche ordinaire A :
Matthieu 5, 13-16

Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde..

Ces deux images, le sel et la lumière, semblent à première vue bien différentes, et leur rapprochement peut laisser perplexe. Rien ne les rapproche extérieurement : le sel semble une réalité si humble et cachée, et la lumière si noble et éclatante ! Ils semblent parler de manière presque contradictoire de la vocation du chrétien.
Pourtant chacun des deux est à la fois caché et bien présent, humble et noble. Ils sont cachés, car tout relatifs aux autres choses : le sel est relatif aux aliments, et la lumière l’est aux objets. On ne goûterait guère le sel s’il ne mettait en valeur les autres aliments. On ne verrait pas la lumière si elle ne se reflétait pas sur les objets. Chacun est pour les autres, au service des autres, et c’est là leur noblesse : ils rendent bon, ils rendent beau. Ou peut-être devrais-je dire plutôt qu’ils révèlent la bonté et la beauté des choses, de la vie. Haute mission que l’on attend d’eux. L’échec de cette mission, la fadeur ou la pâleur, peut leur valoir le mépris, ou tout simplement l’ignorance.
Il est un autre point commun. Le sel, comme la lumière, pour accomplir leur noble vocation, doivent certes être présents, mais aussi rester humbles et discrets, ne pas s’imposer. La force du sel, comme celle de la lumière, pourraient en effet tout brûler, soit écraser tous les autres goûts, soit aplanir la diversité des couleurs. Or remplir leur service nécessite que les autres soient mis en valeur, finalement jusqu’à ce qu’on les oublie parce qu’ils donnent juste ce qu’il faut.
Belle parabole de notre place de chrétiens dans le monde. Il s’agit pour nous d’être là, bien présents au cœur du monde, dans notre spécificité, mais pour les autres. Parce que nous sommes peu, il faut avoir d’autant plus de goût, il faut briller d’autant plus pour accomplir notre vocation. Mais il faut aussi d’autant plus se donner dans le service, être pour le monde, aimer toute la Création de Dieu pour la rendre meilleure, et plus belle.

Prière universelle :

PU 5e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Une seule des deux images n’aurait-elle pas suffi au message ? Qu’apporte chacune ?

Comprendre sa foi :

Comment Jésus a-t-il été le premier sel de la terre et lumière du monde ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je désire marcher à la suite du Christ pour être avec lui sel et lumière ?

Baptême du Seigneur : Institué par la voix du Père



Baptême du Seigneur A : Institué par la voix du Père
Matthieu 3, 13-17

Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »

Pour conclure le temps de Noël, célébration de la première manifestation du Christ au monde, la liturgie nous donne à entendre la voix du Père. Quel cadeau ! Ce cadeau, nous le devons au Seigneur Jésus lui-même, qui seul peut l’avoir raconté, offert à ses disciples. C’est le récit d’une vocation, au sens propre : Jésus est appelé par son nom, et par là institué par son Père. Jésus est désigné par son nom le plus essentiel. Le nom, c’est très important, surtout dans la Bible : le nom donné par Dieu dit l’identité et la « vocation » de la personne. Ce nom de « Fils bien-aimé » dit à la fois la plénitude de sa dignité divine, et l’essentiel de sa mission humaine. Il est Fils unique, bien-aimé, venu révéler aux hommes l’amour du Père.
L’Esprit vient reposer sur Jésus, la plénitude de l’Esprit de Dieu. Ce n’est pas qu’il n’y était pas avant, puisqu’on sait qu’il est à l’œuvre depuis sa conception. Il s’agit d’une manifestation pour le monde. L’action de l’Esprit a permis l’Incarnation. L’action de ce même Esprit institue aujourd’hui la mission. Par cette onction, tout va s’accomplir.
C’est l’onction sacerdotale que reçoit Jésus de son Père, au moment où, à la surprise de Jean lui-même, il descend dans les eaux pour participer à la purification de tout le Peuple. « Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. » (He 2, 17) Il accomplit toute justice, il nous ouvre le chemin de l’obéissance au Père : « Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l?obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l?a proclamé grand prêtre de l?ordre de Melkisédek. » (He 5, 8-10).
C’est aussi l’onction prophétique que reçoit Jésus. Il est le fils/serviteur annoncé par Isaïe dans la première lecture. En grec, c’est le même mot… Il est l’élu de Dieu, le choisi, sur qui repose l’Esprit, pour aller parler à toutes les Nations.
C’est aussi l’onction royale que reçoit Jésus, car la voix du père évoque le Ps 2, 7 « Il m’a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » », en écho à la prophétie de Nathan à David à propos de sa descendance : « Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. » (2 Sm 7, 14).
Dans l’Ancien Testament, le Bien-aimé par excellence, fils promis, unique, chéri de son père, c’est aussi Isaac. De lui Abraham a entendu : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. » Dans la vie de Jésus, toute paternité et toute filiation s’accomplit en plénitude : la voix du Père nous l’atteste. Mystère.

Prière universelle :

PU Baptême du Seigneur A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la première lecture éclaire-t-elle la personne et la mission de Jésus ? Et la seconde, qu’ajoute-t-elle ?

Comprendre sa foi :

Qui est Jésus selon ces lectures ? Et qui sommes-nous en lui, nous qui sommes devenus fils de Dieu par le baptême et la confirmation ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je prends le temps d’entendre le Père me dire que je suis son fils/sa fille bien-aimé(e) sur qui repose l’Esprit ?

Quand Dieu s’invite parmi les hommes



Annonciation : Quand Dieu s’invite parmi les hommes…

« Dites-nous, messieurs les Apôtres et les Évangélisateurs, d’où sort ce Jésus dont vous nous parlez ? Comment est-il venu dans le monde, cet homme extraordinaire dont vous nous rapportez les paroles et les actes, ce crucifié que vous dites être ressuscité après être passé par la mort ? Qui donc est son père ? Qui est la femme qui l’a porté dans son sein et l’a mis au monde ? Nous aimerions en savoir plus… »

C’est la question que se posaient ceux qui ont entendu en premier la prédication des Apôtres et de leurs collaborateurs. Car, au début, l’annonce de Jésus commençait par la prédication de Jean-Baptiste, et on ne savait rien sur son enfance, sur ses origines. Or Dieu sait si la naissance est importante pour nous autres les hommes ! Tant de choses semblent déjà écrites à ce moment…
La communauté judéo-chrétienne voulait savoir si son père était bien de la tribu de Juda, de la lignée de David, de laquelle devait venir le messie. Elle voulait savoir qui était sa mère, fille d’Israël bénie par le sein de laquelle Jésus avait reçu sa judaïté, car celle-ci se transmet par la maternité. Elle désirait entendre une parole sur les débuts de ce prophète, puisque l’Écriture avait rapporté l’origine de plusieurs autres patriarches et prophètes : s’inscrit-il bien dans la suite de l’Histoire du peuple élu ? Peut-être quelques doutes, ou quelques cancans, couraient-ils sur les places et dans les cœurs, surtout face au grand scandale de l’ouverture à tous les peuples païens des promesses faites au Peuple choisi. C’est Matthieu, le juif, qui va mener l’enquête pour cette communauté.

La communauté chrétienne issue des nations païennes voulait elle aussi savoir quelles étaient les origines de cet homme illustre. Quels sont ses titres de noblesse ? D’où lui vient cette grandeur d’âme ? Les commencements d’une vie disent souvent beaucoup sur le déroulement de la suite. On rapporte ainsi les origines des grands personnages du monde grec. Ce grand homme-là, pourtant, attire riches et pauvres, il a un discours qui parle à tous, il rayonne autre chose que le commun des mortels : quel est donc son mystère ? C’est Luc, le Grec, le disciple de Paul, grand Apôtre des Nations, Luc l’historien et théologien au cœur si sensible, qui va mener l’enquête pour cette communauté.

Et nous, ça nous intéresse aussi. Il y a bien sûr un peu de curiosité sur sa mère, son père, sa famille, son histoire… Curiosité plus ou moins « people » peut-être, mais aussi recherche de sens, puisque Jésus donne sens à nos vies, à nos histoires. Après nous être arrêtés sur l’annonciation à Marie, transmise par St Luc, puis sur l’annonciation à Joseph, transmise par St Matthieu, nous essaierons de faire le lien avec nos expériences spirituelles. Comment Dieu s’invite-t-il parmi les hommes ? Comment Dieu s’invite-t-il dans nos vies ? Comment nous appelle-t-il ? Car il n’a pas fini de venir dans le monde. Il vient encore. Et il viendra un jour définitivement. Comment le reconnaître, comment l’accueillir, lui répondre, aujourd’hui et demain ?

I – Luc 1, 26-38 : « C’est si beau quand Dieu se penche sur la petitesse ! »

Le prologue de l’évangile selon St Luc introduit la transmission d’une sorte de trésor de famille ! St Luc est un conteur de génie, il a l’art du récit, un récit théologique. Il a construit ses deux premiers chapitres, qu’on appelle les Évangiles de l’enfance, comme un diptyque, sur lequel Jean-Baptiste et Jésus sont mis en parallèle. L’annonce à Zacharie de la naissance de Jean est donc parallèle à l’annonce à Marie de la naissance de Jésus. Et le jeu de contraste est très important.
Tout commence en Judée, sous le règne d’un roi, à Jérusalem, dans le Temple, avec le grand prêtre, autrement dit au centre politique du pays et au cœur spirituel du monde. Le Temple, c’est le lieu où l’homme se rapproche le plus près du Ciel. Il est presque normal d’y rencontrer des anges… N’est-ce pas le lieu idéal, semble-t-il, pour accueillir la présence de Dieu et entendre sa Parole ? Et le grand prêtre, choisi par Dieu, éminent spécialiste en matière de religion, n’est-il pas la personne idéale pour reconnaître, croire, et répondre à la manifestation, cet appel de Dieu ? Zacharie voit l’ange. Puis l’ange lui parle et l’appelle par son nom. Mais ça va être un échec partiel : sur le coup, Zacharie a du mal à croire. Pourtant lui et sa femme désiraient un enfant, et l’avaient demandé… mais ils sont vieux, trop vieux. L’ange de Dieu doit se nommer, montrer ses galons pourrait-on dire, pour appuyer son autorité. Tandis que Zacharie va se retrouver sourd-muet, lui qui n’a pas écouté l’ange de Dieu. Néanmoins le plan de Dieu s’accomplira : Élisabeth concevra un fils, et elle saura rendre grâce.
En parallèle, il y a une sorte de coup de théâtre. On voit le Ciel se pencher sur la terre, le Très-Haut, le Très-Grand, se pencher sur la petitesse. Le même ange Gabriel, mandaté par Dieu lui-même, semble descendre des hauteurs, et nous le suivons dans sa course. Il est envoyé dans une petite bourgade inconnue de Galilée, ce « carrefour des nations », région elle-même méprisée sur la terre d’Israël. Rien à voir avec Jérusalem, et moins encore avec Rome, Athènes, ou quelque autre grande ville de renom. Ça commençait mal. On n’attendait pas vraiment Dieu dans ce coin perdu de l’Empire Romain, parmi ces habitants à la race mélangée. Et pourtant, cette fois-ci, on sait tout de suite que ce sera important. Le nom du messager parle de lui-même : cet ange Gabriel est connu dans le livre de Daniel comme celui qui devait annoncer la venue des derniers temps (Dn 9, 21-27).
La récipiendaire du messager divin n’a rien à voir non plus avec le prêtre choisi pour officier dans le Temple de Jérusalem. Cette fois-ci, c’est une vierge. Certes, en Israël, dans les Écritures, une vierge, c’est important, très important. La vierge, la fille de Sion, est porteuse des promesses, de la Promesse. Elle incarne le Peuple élu en attente de la Vie donnée par Dieu pour le monde entier. Mais il y avait des tas de vierges en Israël, et un seul grand prêtre. Pourtant cette vierge-là est toute particulière, ce n’est pas n’importe quelle vierge. Ce qui la rend si singulière entre toutes, c’est que Dieu se penche sur elle. Après avoir défini le pays, Luc nous indique la famille dont elle fait partie du fait de son statut social : fiancée à un certain Joseph, descendant de David, elle fait partie de sa maison. Puis la « cible » de l’ange Gabriel se précise encore et on arrive au prénom de la vierge : Marie.
Il n’est pas dit que l’ange apparaisse, comme pour Zacharie. Il entre et salue. Où entre-t-il ? Sans doute dans le cœur de Marie, plus que dans sa chambre. Marie était ouverte à sa venue, à la venue de son Dieu. L’ange ne l’appelle pas par son nom, comme Zacharie. Il l’appelle par ce qui la caractérise le plus : le don de Dieu. Elle est la « Comblée-de-grâce ». Le nom est très important dans la Bible. Dieu donne souvent un nouveau nom, qui dit une mission au service du Salut. « Comblée-de-grâce » : c’est tout un programme ! Zacharie a eu peur. Marie, elle, est bouleversée quand elle entend ce nom. Autrement dit, son cœur se met à battre très fort. Et son intelligence se met en branle : l’annonce de joie, le titre, l’assurance que le Seigneur est avec elle… plusieurs textes des Prophètes peuvent alors lui revenir en mémoire : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem ! Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a écarté tes ennemis. Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. » (Sophonie 3, 14.15). « Ô terre, ne crains plus ! exulte et réjouis-toi ! Car le Seigneur a fait de grandes choses. […] Et vous saurez que moi, je suis au milieu d’Israël, que Je suis le Seigneur votre Dieu, il n’y en a pas d’autre. Mon peuple ne connaîtra plus jamais la honte. » (Joël 2, 21.27). « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi » (Zacharie 9, 9).
L’ange va la rassurer et répondre à son attente de sens. Il fait une sorte de commentaire du « Comblée-de-grâce » : « tu as trouvé grâce ». Elle est privilégiée, « objet de la faveur de Dieu », encore peut-être un renvoi au prophète Daniel, lui aussi privilégié, qui reçoit l’annonce de la fin des temps : « Dès le début de ta supplication, une parole a surgi, et je suis venu te l’annoncer, car toi, tu es aimé de Dieu. Comprends la parole et cherche à comprendre l’apparition » (Dn 9, 23). Puis l’ange Gabriel évoque la promesse faite à David par l’intermédiaire du prophète Nathan, que toute femme, toute vierge, toute mère en Israël, dans la tribu de Juda, avait sans doute en tête : la descendance du grand roi fidèle, reprise ensuite par les prophètes : « Le Seigneur t’annonce qu’il te fera lui-même une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. » (2 Samuel 7, 11-14). Concrètement, c’est l’annonce de la conception d’un enfant, conception pas vraiment attendue, comme on va le voir juste après. Il faut être femme, il faut être vierge, pour vraiment comprendre ce que ça veut dire, ce que ça implique charnellement. Mais cela concerne aussi les hommes. Marie est là au nom de toute personne humaine. Sa question, d’ailleurs, va nous mettre sur cette piste.
Marie ne fait pas d’objection. Elle cherche juste à comprendre les modalités, pour résoudre une apparente contradiction. Elle a décidé de rester vierge, et n’imagine même pas que Dieu puisse changer les projets que lui-même lui a inspirés. St Augustin, jouant sur les différentes significations du mot « concevoir », commente la scène en disant que Marie a conçu le Verbe d’abord dans son cœur, avant de le concevoir dans son corps. Le Fils de Dieu est devenu réellement présent en elle spirituellement, avant de le devenir charnellement. Recevoir et concevoir le Verbe de Dieu dans son intériorité, pour transmettre au monde la Vie de Dieu, c’est la vocation du chrétien. Et cela va même plus loin, puisque le chrétien devient lui-même corps du Christ… Grand mystère de la foi.
L’ange Gabriel est descendu jusqu’à la porte du cœur de la Vierge Marie. C’est l’Esprit Saint, Dieu lui-même, qui continuera le chemin pour porter sa Vie jusqu’en son intimité spirituelle et corporelle. Tout est remis entre ses mains avec l’évocation d’une des grandes merveilles de Dieu dans l’Ancien Testament : la naissance inattendue d’Isaac, « car rien n’est impossible à Dieu » (Genèse 18, 14).
Marie conclut en disant sa disponibilité totale à la Parole. « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Elle dit sa vérité. Elle dit sa mission, à sa manière, la plus juste qui soit. Elle dit son union à la mission même du Christ, qui est le Serviteur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit » (Isaïe 42, 1) ; et dans le Nouveau Testament : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Philippiens 2, 5-7)
Et le Verbe se fait chair. Dieu se fait charnellement présent dans le monde. « Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête » (Sophonie 3, 17.18)

Pour conclure et synthétiser le récit de Luc : c’est si beau quand Dieu se penche sur la petitesse !
l’attention s’est déplacée du prêtre à la vierge (Luc a d’ailleurs souvent une sorte de regard féminin, en particulier dans ces textes de l’enfance où les hommes se trouvent un peu sur la touche)
– le grand roi vient au monde dans une bourgade méconnue, par l’intermédiaire d’une vierge : rien de brillant, mais c’est une merveilleuse histoire !
Dieu en s’incarnant assume notre humanité, avec toutes ses lois : il prend chair dans le sein d’une femme. « Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. » (Galates 4, 4-5). C’est bien différent des dieux grecs et latins.
– plus important : la présence de Dieu semble se déplacer du Temple au sein de la vierge, et surtout à son cœur.
On est pris un peu à contre-pied…

II – Matthieu 1, 16-25 : « On ne dirait pas, mais tout est en règle ! »

Avec Matthieu, on est en contexte beaucoup plus masculin. Son style est plus didactique que celui de Luc. C’est un enseignant, et on pourrait dire qu’il présente les choses avec sa rigueur de comptable (rappelons-nous qu’il était collecteur d’impôts quand il a été appelé). Il s’adresse à des judéo-chrétiens, qui se posent des questions particulières, liées notamment à la Loi et aux prophètes : ils ont tous en tête les caractéristiques prévues pour le Messie, et l’application à Jésus n’est pas évidente. Matthieu veut toujours raccrocher Jésus à l’Ancien Testament. C’est une des raisons pour lesquelles il commence avec la généalogie de Jésus, sur laquelle il y aurait beaucoup à dire. Voici deux remarques pour introduire le récit de l’annonciation à Joseph.
Le but d’une généalogie est de mettre en valeur celui qui arrive au bout de la lignée, c’est-à-dire ici Jésus. Celle-ci est très stylisée, et Matthieu la fait remonter à David et Abraham, en trois parties. Il semble d’abord nous rassurer : tout est en règle du point de vue de l’ascendance de Jésus. Il est bien fils d’Abraham, le premier à avoir reçu les promesses, et fils de David, de la tribu royale de Juda, comme doit l’être le Messie. Jésus n’arrive pas par hasard. Il est l’aboutissement d’une Histoire Sainte.
Notons aussi qu’en choisissant 14 personnages par période, Matthieu fait des choix, il sélectionne. Or il est intéressant de voir que dans sa sélection il y a un certain nombre de personnages pas très brillants, c’est le moins que l’on puisse dire. Dieu les assume. Dieu assume les bêtises des hommes, leurs choix parfois mauvais. Ils n’arrêtent pas son projet de salut. Les femmes qui sont citées ont cette caractéristique d’avoir rusé de différentes manières pour avoir une descendance. Or à la fin il y a une sorte de décrochage. Après une longue série de « n. engendra n. », on a l’expression « Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus que l’on appelle Christ » : Matthieu marque ainsi l’action de Dieu qui ne dépend pas de l’initiative des hommes. Dieu s’insère dans l’histoire des hommes, qu’il a guidée, mais n’en dépend pas.
C’est ce que va aussi expliciter le récit suivant de l’annonciation à Joseph, en montrant notamment toute la complexité de la situation humaine par rapport à nos repères humains. Il reprend donc au v 18 de manière développée ce qu’il vient de dire au v. 17, pour bien se faire comprendre : Joseph n’y est pour rien dans la conception de Jésus. « Or, voici comment fut engendré Jésus Christ » : le passif employé montre que tout est initiative et action de Dieu. Le v. 21 va mettre l’Esprit Saint dans le coup, mais Joseph ne le sait pas encore, et le moins qu’on puisse dire est que ça ne va pas de soi. Il faut prendre le temps de se mettre dans la peau de Joseph, le fiancé, lorsqu’il a su que Marie était enceinte. C’est probablement elle qui le lui a dit, encore qu’on ne le sache pas. Peu importe. L’important pour les évangélistes, Matthieu comme Luc, ce n’est pas la psychologie de l’un et de l’autre, ni la sociologie de l’époque, ni même la morale, encore que tout cela soit en filigrane. L’important, c’est l’obéissance de la foi. Et ici, il s’agit de la foi de Joseph, le gardien, comme il s’agissait de la foi de Marie dans St Luc.
Ça bouge dans la tête et le cœur de Joseph le juste. Cette justice ne désigne pas une simple droiture morale. Le conflit intérieur ne vient pas tellement de ce qu’il serait pris entre deux feux : sa confiance en Marie et sa confiance en la Loi. Le conflit de devoirs n’est pas là. C’est une épreuve spirituelle, une épreuve de foi. Parce qu’il est ajusté à Dieu, il doit discerner sa place dans le mystère qui est en train de s’accomplir en Marie : le Seigneur l’appelle-t-il à céder sa place auprès d’elle, rendre son indépendance à Marie ? Ou l’appelle-t-il à accompagner Marie dans l’aventure en passant pour le père de l’enfant ? C’est très humain, d’autant plus profondément humain qu’il s’agit de discerner sa place face à Dieu, dans le plan de Dieu.
Combien de temps ce conflit dure-t-il ? On ne sait pas. L’ange de Dieu vient le rejoindre dans sa tourmente : « voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe ». Encore un ange… Cette fois-ci c’est un songe. Il y a des tas de songes dans l’Ancien Testament, on connaît ça. C’est mystérieux. Quand et comment Joseph a-t-il eu ce songe ? Il ne devait pas trop arriver à dormir en ces jours ! Il devait beaucoup penser à ce que lui avait rapporté Marie de la venue de Dieu dans sa vie. Compliqué pour un homme, parfois, de comprendre et d’assumer les intuitions d’une femme. Joseph est seul face à sa vocation. Il est seul face à Dieu qui a déboulé dans sa vie à lui aussi. Peut-être le Seigneur l’a-t-il endormi comme il avait endormi Adam au moment de la Création d’Eve (Genèse 2) ? Ou bien luttait-il contre l’ange, comme Jacob sur le bord du torrent, la nuit, alors que sa famille était déjà passé sur l’autre rive (Genèse 32) ?
Il se peut qu’il se soit assoupi durant sa lectio divina, et que l’ange lui ait soufflé une interprétation de la prophétie d’Isaïe 7, 14 : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous) ». Il s’est peut-être aussi souvenu de la prophétie qui présente le Messie, fils de David, rempli de la plénitude de l’Esprit de Dieu : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur » (Isaïe 11, 1-2). En tout cas il a cru l’incroyable. Il a espéré contre toute espérance. Il a aimé, surtout, contre tous les vents contraires, son Dieu, d’abord, celle qui lui avait été confiée, ensuite, et sûrement aussi son peuple porteur de la promesse du Salut. Il a choisi d’assumer ce que Dieu avait commencé à faire dans sa vie.
Joseph, alors, agit dès son réveil. Il met en œuvre la parole entendue, écoutée. Il ne fait pas selon son idée, mais selon l’intuition reçue de Dieu. Il renonce à sa conception de la justice pour surpasser toute justice. Il dilate le cadre, il transcende la règle, pour la respecter plus pleinement, plus profondément. Il donne une place en ce monde à Celui qui vient non pas abolir la loi, mais l’accomplir. L’ange confie à Joseph le soin de donner le nom, c’est-à-dire qu’il lui confie la mission de faire acte de paternité. La part de Marie dans St Luc a été de recevoir Jésus dans son corps, dans son sein, malgré son propos de virginité, et ainsi de faire acte de maternité. La part de Joseph dans St Matthieu est de faire acte de paternité en le recevant dans l’adoption, pour l’inscrire dans l’Histoire du Peuple choisi, pour en faire le descendant de David, l’héritier des promesses.

Pour conclure et synthétiser le récit de Matthieu : on ne dirait pas, mais tout est en règle !
l’attention se déplace de l’accomplissement de la Loi à l’accomplissement de la Promesse
Dieu assume notre histoire, nos cadres, nos lois, pour les dépasser
– en venant dans le monde, Dieu confronte Joseph à la nécessité d’un discernement sur sa place d’homme face au mystère de l’intervention de Dieu
– surtout : ce qui se passe-là, c’est Dieu avec nous. Et si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ?

III – Et pour nous ? Laissons-nous dérouter de nos idées préconçues

Les récits d’annonciation sont des textes théologiques. À chacun de les écouter et de les laisser résonner en son cœur pour que ces textes deviennent Parole vivante, active, de Dieu. À chacun de les laisser entrer en dialogue avec sa vie, de laisser l’Esprit parler dans le silence du cœur. Parce qu’ils sont des récits de vocations, ils nous invitent à nous interroger sur nos propres vocations, à relire l’action et les appels de Dieu dans nos vies.
Au centre de ces récits, il y a Dieu qui vient vers nous. Marie et Joseph sont importants, mais tous deux laissent la première place à leur Seigneur, et à l’Œuvre du Salut du monde qui est en train de s’accomplir. La première place donnée à Dieu permet l’accomplissement de toute promesse de vie. C’est un peu vertigineux de laisser la barre de sa vie à Dieu… Et pourtant, c’est seulement ainsi que notre être profond peut parvenir à son accomplissement. Cela nous fait peur, car nous oublions que Dieu qui vient vers nous, c’est un don de grâce avant d’être un appel et un envoi en mission. Tout est déjà donné au début, rejoignant nos désirs les plus intimes. Il nous revient de dire oui, et de nous laisser conduire, guider, accompagner. Dire oui à Dieu, à son action dans nos vies, c’est se mettre un peu de côté pour lui laisser la première place, mais sans pour autant abandonner ses responsabilités, car elles restent. Dire oui, c’est faire avec Dieu, c’est épouser son projet, c’est mettre toutes ses capacités, tous ses dons, au service de ce projet, selon qu’il le demande.
N’attendons pas de voir un ange ou d’entendre des voix. Les évangélistes utilisent cette manière de parler pour traduire une expérience spirituelle, mais les anges ne se voient ni ne s’entendent comme on voit et on entend les hommes. Leur manifestation est intérieure, et passe par d’autres médiations. Il s’agit de s’ouvrir par la foi, l’espérance, la charité, d’ouvrir son être à la possibilité de la venue de Dieu. C’est tout simple, d’une simplicité enfantine. Dommage qu’il soit parfois difficile d’être d’une simplicité enfantine !
Peut-être remet-on trop les choses de Dieu à des « spécialistes », prêtres, moines, ou religieuses. On ne se reconnaît pas facilement privilégié de Dieu. Il faut dire que c’est engageant… Que fait-on de la grâce de l’Esprit répandue dans le cœur des chrétiens au baptême, à la confirmation, à chaque Eucharistie ? C’est cela qui est important plus que tout le reste. Que fait-on du libre choix de Dieu ? La grâce est fondamentalement libre et gratuite, elle ne doit rien à nos mérites. À nous, pourtant, il revient de nous y ouvrir, de dire « oui », de discerner sa présence et son action. Dieu se manifeste dans nos vies. Il frappe à la porte de nos cœurs. Il nous conduit, et parfois il nous appelle, requiert notre aide. Il le fait au cœur de nos journées, au milieu de nos activités quotidiennes, ou bien au milieu de nos nuits, quand notre être est abandonné entre ses mains. Dieu ne se réserve pas aux « spécialistes » selon les catégories des hommes.
Accueillir Dieu dans sa vie, c’est à la fois se laisser dérouter de ses idées préconçues, et recevoir le don d’une cohérence de son histoire. Marie et Joseph avaient certainement été préparés, et ils seront accompagnés ensuite. Cela n’empêche pas l’inattendu total. Ils sont pris un peu de cours sur le moment. Mais c’est pour un accomplissement plus grand, plus profond, de ce que Dieu a déposé en eux. C’est la méditation des Écritures qui leur a permis de reconnaître, de discerner ce qui venait de Dieu et comment il convenait de lui répondre. Les Écritures sont le lieu privilégié du dialogue intime avec l’Esprit. Elles sont le moyen choisi par Dieu pour nous apprendre son langage. C’est sans doute là pour nous un rappel et un encouragement. Ouvrons chaque matin nos évangiles, afin que la Parole puisse résonner en nous. Demandons au Seigneur d’ouvrir notre oreille intérieure pour que nous puissions l’entendre, l’accueillir, marcher à ses côtés.

26 au 30 décembre : École de prière 18-30 ans



Une École de prière 18-30 ans ?

Hé oui, on peut apprendre à prier. Et c’est même bien de le faire !

Pour les étudiants et jeunes pros 18-30 ans qui cherchent une petite retraite priante et fraternelle au cœur des fêtes de fin d’année : venez à Maylis du 26 au 30 décembre !

Suis le guide en cliquant ici : Logo Ecole de prière

Si tu hésites, tu trouveras ici des témoignages de jeunes passés en retraite à l’abbaye :

Logo vie-monastique
Sur ce site, il y a aussi d’autres retraites proposées dans des abbayes, à faire connaître !

A très bientôt !

Samedi 12 octobre : 16-30 ans, Un jour pour Dieu un jour pour toi !



Portes ouvertes à l’abbaye !

Le samedi 12 octobre, tous les moines et les moniales de France invitent les jeunes de 16-30 ans à venir voir ce qui se passe dans une abbaye !
De l’extérieur, ça semble mystérieux, voire curieux… Pourquoi ne pas aller voir à l’intérieur ?

Le programme à Maylis :

Les garçons seront les bienvenus à Maylis.
Les filles sont invitées à aller dans un des monastères de moniales des Landes : il y a plus de choix ! Par exemple chez nos sœurs Bénédictines de l’abbaye St Eustase. Voir plus bas, après les vidéos…

  • Possibilité d’arriver le vendredi soir et de coucher à l’abbaye (merci d’avertir avant !)
  • Arrivée à 8h30 le samedi
  • Début à 8h45 avec la prière monastique de tierce.
  • Dans la matinée : présentation-témoignage sur la vie monastique, questions, et temps de lecture de la Bible ensemble.
  • Messe à 11h45 suivie du repas.
  • Travail manuel l’après-midi avec les frères et temps de détente.
  • La prière des Vêpres à 18h30 conclura la journée.
  • Possibilité de rester le samedi soir et de prolonger la découverte durant la journée du dimanche (merci d’avertir avant !)

Contact : Frère Oliveto
oliveto[@]maylis.org
05 58 97 72 81

Des vidéos-annonces de 2018 pour donner envie !




Pour ces demoiselles… au choix :

1/ Les Bénédictines d’Eyres Moncube (nos préférées…)
Présentation de la communauté sur notre site : cliquer ici !
Programme de la journée pour filles 17-35 ans (tout se fera avec les sœurs !) :

  • Possibilité d’arriver le vendredi soir et de coucher à l’abbaye (merci d’avertir avant !)
  • Accueil à 9h00 le samedi
  • 9h20 : prière monastique de tierce.
  • Dans la matinée : temps de lecture de la Bible ensemble.
  • Messe à 11h00 suivie du repas.
  • Après-midi : présentation de la vie monastique, témoignage, questions
  • Travail-service et temps de détente.
  • 17h30 : prière des Vêpres puis adoration
  • 18h45 : au revoir !
  • Possibilité de rester le samedi soir et de prolonger la découverte durant la journée du dimanche (merci d’avertir avant !)

Flyer pour faire connaître : Journée 12 oct
Inscriptions : Abbaye Notre-Dame St Eustase, 40500 Eyres-Moncube
accueil[@]st-eustase.org
05 58 76 24 25

2/ Les Carmélites de St Sever
Présentation de la communauté : c’est ici !
Programme pour jeunes filles 16-30 ans :

  • 8h45 : messe
  • Accueil et échanges : vidéos et témoignages
  • Enseignement sur la prière et temps d’oraison
  • 12h15 : Sexte (Prière du milieu du jour)
  • Repas tiré du sac
  • 13h45-14h45 : « récréation thérésienne »
  • Découverte des jardins du Carmel avec les Soeurs et goûter
  • 17h Vêpres

Aucune participation financière n’est demandée, mais par contre l’inscription est nécessaire au 05 58 76 00 15 ou par mail contact.carmel40[@]orange.fr

3/ Les Dominicaines de Dax
Tous les infos sont là : Moniale dominicaine d’un jour

Autres communautés dans toute la France :

Tu peux aller voir les lieux et les contacts sur ce site :
logo vie-monastique

À bientôt dans un de nos monastères !

19e dimanche : Veiller et servir



19e dimanche ordinaire C :
Luc 12, 32-48

Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.

Nous ne savons pas quand l’Époux reviendra dans la gloire, à la fin des temps. C’est déjà une bonne raison de se tenir prêt, dans l’espérance. Quand nous autres moines nous levons tôt le matin pour veiller et prier, c’est bien cette venue que nous attendons, que nous espérons, que nous voulons hâter par notre prière. Notre intercession pour le monde veut en éloigner le mal. Mais notre veille de garde est aussi tournée vers la venue quotidienne de la grâce. Dès le petit matin, avant l’aurore, nous préparons nos cœurs, nous préparons le cœur du monde, à accueillir sa présence dans nos vies.
Car la venue de l’Époux n’est pas strictement réservée à la fin des temps. Dieu vient à notre rencontre plus souvent que cela. Il peut venir à tout moment, et la manière dont il s’y prend est toujours inattendue. C’est pourquoi il ne faut pas seulement attendre, mais veiller, être aux aguets, ouvrir les mirettes de son cœur pour le reconnaître. Christ ressuscité est là présent dans la simplicité de nos vies, et il mendie notre attention et notre amour.
Il vient dans le frère qui demande un service. Il vient dans la sœur qui a besoin d’être écoutée et aimée. Il vient dans le pauvre qui frappe à notre porte. Il vient dans la personne seule, malade, rejetée qui mendie un peu de compagnie, un peu d’humanité. Il vient dans les enfants et les jeunes qui recherchent des éducateurs. Il vient dans les communautés d’Église qui recherchent des ouvriers de l’Évangile et des pasteurs. Il vient dans les paumés assoiffés de repères pour leur vie. Il vient dans nos voisins et nos compagnons de travail qui portent sans espérance leurs fardeaux cachés. Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les hommes, c’est à lui que nous l’aurons fait.
En attendant son retour glorieux, l’Époux souffrant a besoin de nous. Qui répondra à son appel quand il frappe à la porte ? Qui prendra la tenue du service de ses frères et sœurs ? Qui donnera tout pour gagner le trésor de l’amour ?

Prière universelle :

PU 19e dimanche ordinaire C
PU Assomption

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel est le rapport entre veiller et servir ?

Comprendre sa foi :

Le retour du Christ est-il lointain ? cette perspective devrait-elle marquer notre vie spirituelle ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je veille ? Comment est-ce que je sers ?

13e dimanche : Messager du Christ



13e dimanche ordinaire C :
Luc 9, 51-62

Jésus envoya, en avant de lui, des messagers.

Ce dimanche, la suite du Christ se présente dans toute son exigence. Désirer marcher en compagnie de Jésus, c’est choisir de partager avec lui sa condition d’errant au service de la Bonne Nouvelle, renoncer aux attaches sociales, à la stabilité d’une position. L’appel du Christ fait sentir l’urgence de la mission : il surpasse toute urgence, jusqu’à enterrer ses parents. L’éternité n’attend pas, car à tout moment la mort vient mettre fin à cette vie. Il ne laisse pas de place pour les conditions, pour le retard d’une décision, pour un attachement au passé. Le Maître met face à la radicalité du choix pour le Royaume de Dieu, parce que la vraie Vie est ailleurs.
Faut-il vraiment tout abandonner, couper tout lien, renier famille, amis, devoirs humains ? Seul Dieu, de qui vient toute vie, tout lien, tout devoir, peut le demander avec une telle radicalité. Seul le Christ peut exiger qu’on laisse tout pour le suivre.
Si Jésus place devant cette exigence de la vie pour Dieu, c’est qu’il l’a vécue en plénitude, il en connaît la nécessité. L’évangile nous le montre durcissant sa face au moment de prendre la route de Jérusalem, parce qu’il pressent ce qui l’attend, parce qu’il sait que le Dieu qui l’envoie est rejeté en ce monde. Le village de Samaritains qui refuse sa visite n’est que l’image d’un monde qui ne veut pas de Dieu. Et le refus du châtiment proposé par les « fils du tonnerre » est la manifestation de vraie force qui l’habite : ne rien réclamer pour lui parce qu’il est venu pour les hommes, refuser toute violence parce que que le Royaume ne s’impose pas.
Au-delà de ce qu’il faut quitter, la vraie exigence de la suite du Christ se situe sans doute dans cette décision radicale de ne pas laisser de place à la violence, même devant le refus du message apporté. Sans doute faut-il s’être détaché de tout lien humain pour devenir un tel messager de Dieu, et avoir la force d’accomplir la mission du Christ, qui est devenue celle du chrétien.

Prière universelle :

PU 13e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels sont les liens entre l’anecdote du début de l’évangile et les trois appels qui suivent ?

Comprendre sa foi :

Tous les chrétiens sont-ils concernés par cette radicalité, ou s’adresse-t-elle seulement à certains ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, quelle est ma vocation ?

5e semaine de Pâques : Aimer comme le Ressuscité



5e dimanche de Pâques C :
Jean 13, 31-35

À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres.

Seul le témoignage de l’amour est vraiment convainquant. Seul il dit vraiment Dieu. Sa gloire n’est pas démonstration de puissance. Elle est son amour, un amour qui va plus loin que l’amour même. Elle est la manifestation de sa miséricorde et de son pardon, c’est-à-dire réponse d’amour même au rejet, au mépris, à la haine.
Le service de cette gloire de Dieu est notre vocation à tous. Aimer comme Jésus nous a aimés : quelle mission ! Nous connaissons nos défaillances dans l’amour, nos faiblesse, nos limites. Nous savons que nous ne sommes pas à la hauteur de l’idéal. Mais le Père le sait aussi. C’est pour cela qu’il nous a donné son Fils. C’est pour cela qu’il nous donne l’Esprit.
Cette semaine, un de nos frères est parti vers le Père, avec le Christ. Il a été façonné par presque 50 ans de vie monastique. Il a cherché Dieu et aimé ses frères. Les deux étaient tout un, de plus en plus. Aimer Dieu, c’était aimer ses frères. Et aimer ses frères, c’était aimer Dieu. Il est devenu de plus en plus un « moine », un homme « unifié » par l’amour.

Prière universelle :

PU 5e dimanche de Pâques C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Qu’est-ce qu’il y a de nouveau par rapport au Décalogue dans le commandement de l’amour ?

Comprendre sa foi :

Peut-on vraiment commander l’amour ? L’amour existe-t-il sur commande ?

Vivre avec Jésus :

L’amour des personnes qui m’entourent sert-il de base à mes choix quotidiens ?

4e semaine de Pâques : Suivre le Ressuscité



4e dimanche de Pâques C :
Jean 10, 27-30

Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.

Chacun de nous est intimement connu de Dieu. Nous pouvons sans crainte répondre à cette attention par notre confiance totale. C’est vers une plénitude de Vie que nous conduira la suite du Ressuscité, c’est-à-dire vers la parfaite communion au Père, source de toute vie. Cette confiance mise en Dieu ne doit pas être un sentiment vague, confus, indéterminé, quelque chose dont on essaie de se persuader pour se rassurer, mais qui ne débouche sur rien de concret. La vraie confiance s’engage, elle s’applique à écouter, elle désire obéir et fait tout pour se rendre attentive à la voix qui la mettra en marche.
Mettre sa confiance en Dieu, s’appliquer à écouter la voix du Bon Berger, et chercher sans cesse comment suivre le Ressuscité sur le chemin de la vie éternelle, c’est le privilège du chrétien, de tout chrétien. S’interroger sur sa vocation en ce monde et dans l’Église n’est pas une question réservée à quelques jeunes qui pourraient être appelés à une vie plus intimement et visiblement consacrée à Dieu. Bien sûr, c’est une question qu’il est important de se poser lorsqu’on est jeune, et que la vie invite à donner une orientation à sa vie. Mais l’Esprit souffle où il veut et quand il veut. Le Ressuscité se manifeste comme il veut, et à qui il veut, pour appeler à sa suite. Parfois sa voix est claire et forte, souvent elle est discrète. Parfois il parle une fois et cela suffit, souvent il guide pas après pas. Parfois il semble tout demander et tout donner d’un coup, mais le plus souvent il construit avec nous notre vie pierre après pierre, il nous fait entrer très progressivement dans l’autre vie, la vie éternelle.
Le Ressuscité veut nous donner la vie, lui qui a donné sa vie pour nous. Recevoir cette vie, c’est donner notre vie pour lui. Sa voix résonne parfois en notre cœur. Elle résonne le plus souvent par l’appel de nos frères, et en particulier ceux qui souffrent. Elle résonne par tous ceux qui ont besoin auprès d’eux de la présence du Ressuscité : les enfants qui souffrent, les vieillards abandonnés, les personnes désespérées, les chercheurs de sens, les victimes de la violence, tous ceux qui errent sans berger pour les guider et les protéger.
Qui répondra à cette voix qui crie ?

Prière universelle :

PU pour le 4e dimanche de Pâques C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

« Le Père et moi nous sommes un » : selon ce texte, pourquoi est-il important pour nous que Jésus soit un avec le Père ?

Comprendre sa foi :

Y a-t-il des « brebis » qui écoutent la voix de Dieu sans forcément le savoir, qui le suivent d’un cœur droit sans se dire disciples, et qui obtiendront en héritage la vie éternelle ?

Vivre avec Jésus :

Quelle voix autour de moi me brise le cœur ? Qui voudrais-je aider, servir, aimer, parce que si peu le font ?