Archives par mot-clé : résurrection

Pâques : Un parfum de vie répandu dans le monde



Pâques B :
Marc 16, 1-8

Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus.

St Marc fait commencer le récit de la Passion avec une histoire de parfum répandu par une femme : nous l’avons entendu le jour des Rameaux (Mc 14, 3-9). Elle avait brisé le flacon qui contenait ce nard de grand prix, donnant tout. Cette femme, qui peut être toute femme, en avait reçu un incomparable éloge de la part de Jésus : « partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. ». Au cœur de ce récit tragique, une femme est témoin des reniements de Pierre, symbole de la déroute des disciples. Au pied de la croix, puis lors de la sépulture, il ne semble rester parmi les disciples que des femmes.
Le même évangéliste fait aussi commencer le récit de la Résurrection par une histoire de femmes et de parfum. Mais dans cette magnifique scène, les femmes n’ont pas à ouvrir leur flacon, car le signe prophétique a été accompli. C’est comme si le parfum avait déjà été répandu, comme si le flacon avait déjà été ouvert, et peut-être brisé. En effet, le vrai flacon qui retenait le parfum, le tombeau qui retenait la Vie, est déjà ouvert. L’humanité assumée par le Fils de Dieu a été brisée dans la mort et le parfum de son Esprit de Vie s’est déjà répandu. Le cœur de ces femmes en a la toute première annonce.
Pourquoi donc cette présence des femmes devient-elle massive dans les derniers moments, alors qu’elles ont été si discrètes durant le cours de l’évangile ? C’est sans doute parce qu’un cœur de femme est plus rapide à percevoir la vie, à percevoir l’amour. C’est sans doute aussi parce qu’il est moins lent à se laisser toucher, ouvrir, briser. C’est sans doute parce que le cœur de la femme est plus apte à transmettre la vie et l’amour, à le porter jusqu’à l’intime des cœurs. Trois femmes ont été faites témoins. Il leur est confié mission d’aller répandre le parfum de la Bonne Nouvelle. Il leur est demandé d’éduquer les disciples, à commencer par Pierre, à percevoir la trace du nard mystique au cœur du monde.
Qu’il en soit ainsi encore aujourd’hui : qu’une armée de myrrhophores se lève, qu’elles se consacrent toute entières à porter le parfum de l’Évangile jusqu’au cœur de notre monde.

Prières universelles :

PU Vigile Pascale B
PU Jour de Pâques B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

« le premier jour » : où trouve-t-on le « premier jour » dans la Bible ? Pourquoi cette coïncidence ?

Comprendre sa foi :

« il est ressuscité » : au fond, qu’est-ce que cela veut dire pour nous, aujourd’hui ? En quoi cette nouvelle peut-elle changer la vie ?

Vivre avec Jésus :

« allez dire à ses disciples » : cet appel est-il seulement celui de ces femmes ?

5e dimanche : Jésus vient nous réchauffer



5e dimanche ordinaire :
Marc 1, 29-39

Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti.

Trois fois le verbe « sortir » dans cet évangile… Il ne fait pourtant pas bon sortir en ces temps de froid !
Mais d’où Jésus sort-il ? Cette grande question, particulièrement présentée dans l’Évangile selon St Marc, revient à se demander qui est ce Jésus qui parle avec une telle autorité. Jésus sort de la synagogue, puis il sort du village. Mais avant tout il est sorti du Père pour venir dans le monde. Et il sort du monde pour aller vers le Père.
Et pourquoi Jésus sort-il ? Il a délivré le possédé dans la synagogue, et il en sort pour guérir plus largement dans le village de la fièvre du péché. Il est sorti du Père pour le salut des hommes. Avant l’aube il se lève, il « ressuscite » dit le texte grec, pour aller prier et annoncer l’Évangile dans d’autres villages. Que sont ces autres villages, sinon ceux de partout et de toujours ? Jésus n’est apparemment sorti du monde après sa résurrection que pour mieux y retourner et venir à sa rencontre, à notre rencontre.
Sortirons-nous à sa suite pour aller rencontrer nos frères éloignés de Dieu et engourdis par le froid spirituel ?

Prière universelle :

PU 5e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Marc précise les lieux, les temps, les moments : pourquoi ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’annonce de l’Évangile est-elle liée à des guérisons miraculeuses ? Que veut faire comprendre Jésus ?

Vivre avec Jésus :

L’Évangile est-il pour moi un médicament que je reçois régulièrement et que je désire porter à d’autres ?

22e dimanche : À la suite du Christ



22e dimanche ordinaire A :
Matthieu 16, 21-27

Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

La réprobation, la condamnation, et la mort de Jésus, le Juste, sont un scandale non seulement pour Pierre qui vient de le proclamer Messie, du fils du Dieu vivant, mais pour tout homme. La souffrance est intolérable, elle est inhumaine. On en refuse l’évidence, on la rejette, on la nie parfois, pour se protéger. De fait, l’homme n’a pas été fait pour souffrir, ni pour mourir. De tout son être, il a été créé pour la vie, l’abondance de vie. La violence est contraire à sa nature. Pourtant, dans l’état actuel où se trouve l’homme, elle est incontournable.
La pensée divine de Jésus nous manifeste la manière d’envisager cette situation. Le Christ réprouve vigoureusement la tentation que lui présente Pierre, selon notre pensée humaine, d’éviter la souffrance, de se boucher les yeux sur la réalité des conséquences du péché. Il s’agit pour lui de passer à travers, d’aller au-delà. La passion n’est pas annoncée sans la résurrection, la mort n’est pas envisagée sans la victoire de la vie, la condamnation injuste par les hommes, par le péché, n’est pas affrontée sans l’assurance de la justification par le Père.
Nous sommes invités à marcher à la suite du Christ. Il ne nous épargnera pas la souffrance, ni l’injustice, ni la mort. C’est le chemin qu’il a emprunté. C’est le chemin de tout homme ici-bas. Dieu n’a pas voulu l’éliminer, mais le transformer. Il assume ainsi la faiblesse de la liberté de l’homme, jusqu’en ces ultimes conséquences, pour que cette faiblesse même devienne une voie de vie. La vraie mesure de la vie apparaît alors. Elle n’est pas à gagner au-dehors, mais à laisser fructifier au-dedans. Au-dehors, le feu détruit tout. Au-dedans, le feu de l’amour peut se révéler plus dévorant encore, mais pour apporter chaleur, lumière, énergie, vie, et conduire au-delà de tout obstacle, vers la gloire du Père.

Prière universelle :

PU 22e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment le prophète Jérémie, dans la première lecture, est-il une image du Christ ?

Comprendre sa foi :

Selon l’évangile, comment comprendre Paul qui parle de s’offrir « en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu » ?

Vivre avec Jésus :

Peut-être pourrais-je prendre le temps de sentir en moi le feu de l’Esprit Saint ?

19e dimanche : Apprendre la confiance



19e dimanche ordinaire A :
Matthieu 14, 22-33

Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »

Apprendre la confiance est une des grandes affaires de notre vie spirituelle. On pourrait penser que mettre sa confiance en Dieu serait plus facile que de la mettre dans les hommes, mais il n’en est rien. Adam et Eve, déjà, au Paradis, n’ont pas su faire confiance. Ils ont mis leur confiance dans leur jugement et se sont laissés tromper par le démon. Quelque chose s’est cassé dans la relation entre l’Homme et Dieu. Toute l’histoire de l’Humanité, par la suite, sera celle de Dieu venant vers l’homme pour rétablir la relation de confiance. Chacun est invité à reprendre le travail à son compte.
L’apprentissage nécessite d’être parfois forcé à s’abandonner. La rééducation appelle un passage par la nuit, par la tourmente, par la tempête, par le doute, et même par la peur. Sorte de descente aux enfers de notre humanité, le plongeon dans nos insécurités les plus profondes nous permet, au fond des ténèbres de nos cœurs, sous la motion de l’Esprit Saint, de laisser venir à nous le seul qui puisse nous sauver. Cette expérience difficile, déroutante, nous donne l’occasion d’accueillir Dieu au lieu de notre faiblesse, de notre faille intérieure. Celle-ci peut être personnelle. Elle peut être aussi communautaire.
Le récit de l’évangile ressemble à une sorte de rite initiatique d’éducation à la confiance. Après l’euphorie probable suscitée par la multiplication des pains, Jésus prépare tout pour que les disciples comprennent plus profondément le sens de sa présence dans le monde. Il les envoie, de nuit, sur la mer agitée. Et lui prie, seul. Puis il vient à leur rencontre, bravant les forces destructrices des grandes eaux, qui n’ont pas de pouvoir sur lui. C’est comme une sorte d’anticipation du drame de la passion et du signe de sa résurrection. Au cœur de ces ténèbres, qui est vécu tant communautairement que personnellement, comme nous le manifeste Pierre, le Salut vient de la confiance, de l’accueil du Christ vainqueur dans la barque de leur vie.

Prière universelle :

PU 19e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel signe de la présence de Dieu est-il mis en avant par la première lecture et l’évangile ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que Dieu révèle de lui à Élie ? Et que Jésus révèle-t-il de lui à ses disciples ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je déjà eu une expérience spirituelle comparable à celle des disciples ?

Fête-Dieu : Accueillir en soi la Vie



Fête-Dieu A :
Jean 6, 51-58

Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

Ce dimanche célèbre le mystère du St Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur. La plus importante fête de l’Eucharistie est le Jeudi Saint, au cœur de la célébration totale du mystère de Pâques. Le Christ offre le signe, le mémorial du don total de sa vie au Père, afin que nous agissions de même les uns envers les autres, et tous ensemble pour le monde, unis au Christ. La Fête-Dieu porte nos regards vers une autre dimension, car les circonstances liturgiques sont bien différentes.
Le cycle pascal s’est entièrement accompli avec la Pentecôte. Le temps dit « Ordinaire » est revenu. Dimanche dernier nous avons contemplé la Trinité. Sa vie interne avait été particulièrement manifestée durant le mystère pascal, mais il était bon de prendre plus de recul, de s’arrêter un peu comme pour regarder l’horizon de plus loin. C’est ce que nous faisons aussi ce dimanche avec l’Eucharistie. Liturgiquement éloignés maintenant du drame de Pâques, ayant médité la mort et la résurrection du Christ, puis son exaltation à la droite du Père et le don de l’Esprit, nous nous retournons un peu en arrière, et posément nous méditons de nouveau sur la dernière Cène, à laquelle nous renvoie chaque Eucharistie.
Avec l’enseignement de Jésus dans l’évangile selon St Jean, nous sommes invités à contempler et vivre l’Eucharistie comme le lieu de notre adhésion vitale au Christ. Le Christ est mort et ressuscité pour nous, et il nous a donné l’Esprit pour que nous puissions le choisir en toute liberté. Il nous a libérés de la servitude du péché et de la mort pour que nous adhérions à lui avec tout notre être. S’avancer vers l’Eucharistie, y reconnaître la chair et le sang du Christ, la recevoir en ses mains et dire « amen » à sa venue en nous, manger ce Pain de vie et nous offrir au Ressuscité comme demeure : autant de gestes pour se donner à Dieu dans sa chair comme dans son cœur. Une vie nouvelle nous est offerte, une vie qui n’aura pas de fin. A nous de la nourrir pour l’entretenir et la faire grandir. A nous aussi de la transmettre en laissant le Ressuscité agir en nous et par nous.

Prière universelle :

PU Fête-Dieu A
PU Sacré Coeur A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels liens peut-on faire entre la manne du désert et l’Eucharistie ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi la messe est-elle « source et sommet de la vie de l’Église » ?

Vivre avec Jésus :

L’Eucharistie est-elle un élément vital de ma vie spirituelle ?

Pentecôte : Envelopper le monde de tendresse



Pentecôte A :
Jean 20, 19-23

« La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux

Avec l’évangile de ce dimanche de la Pentecôte, nous voici retournés au jour de la Résurrection. Jésus montre ses plaies, blessures mortelles infligées par la méchanceté et la folie des hommes coupés de leur relation au Père. Et il renoue cette relation en offrant sa paix, en dépit de toute haine et de toute lâcheté. Scène d’une grande tendresse : celui qui a été blessé à mort, renié, abandonné, revient pour souhaiter tout bien à ceux qu’il aime, ceux pour qui il a tout donné. Cette paix que Jésus offre n’est-elle pas la tendresse de l’Esprit Saint qui apaise toute relation ?
Après la violence de la passion et de la mort, la douceur de l’œuvre de vie qui éclate dans la résurrection du Christ va se répandre par l’Église sur l’humanité entière. C’est le mystère de notre Salut qui continue. Le péché en sa racine est opposition, démence, éclatement, violence, division. Le mystère du Christ, qui se perpétue dans le don de l’Esprit reçu du Père, est au contraire main tendue, sagesse, réunion, amour, communion retrouvée entre Dieu et l’homme, avec l’espérance que cela s’étende à tous les hommes. Car comme le Fils de Dieu nous donne en partage l’Esprit qu’il a reçu du Père, ainsi il demande à ses disciples de le transmettre à tous les hommes.
Chaque chrétien a été recréé par le souffle de Dieu, par l’Esprit Saint reçu au baptême. Tous ensemble, nous formons le Corps du Christ. Nous sommes appelés parfois à annoncer l’amour de Dieu aux hommes qui sont loin de lui ; d’autres fois à endurer la passion en répondant à la haine par l’amour ; d’autres fois encore à témoigner de la tendresse du Père, à être les bras de Dieu qui embrassent l’humanité pour lui apporter la paix.

Prière universelle :

PU-Paques-A-Pentecote

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles sont les différences et les similitudes entre les trois lectures ?

Comprendre sa foi :

Comment chaque lecture aide-t-elle à comprendre ce qu’est la Pentecôte ?

Vivre avec Jésus :

Quel aspect de la Pentecôte me touche le plus ?

32e semaine : Au-delà de cette vie



32e dimanche ordinaire C :
Luc 20, 27-38

Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui.

La liturgie arrivera bientôt au bout de son cycle annuel, avant de recommencer par l’Avent. Elle tourne nos yeux vers la résurrection et la vie éternelle, dont nous sommes héritiers. Nous sommes des vivants pour l’éternité, parce que nous sommes disciples du Dieu qui est Vie éternelle. Il n’y a pas à choisir si oui ou non on doit croire à la résurrection plutôt qu’à la finitude de la vie, ou à d’autres croyances comme la réincarnation. En se révélant, et en intervenant dans notre histoire humaine, Dieu révèle notre résurrection, il révèle le but de la vie humaine, il révèle l’unique et irremplaçable dignité de chaque personne humaine. Le Dieu en qui nous mettons notre foi n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Nous ne sommes pas des morts en sursis, mais des vivants pour l’éternité.
Peut-être ne pensons-nous pas très souvent à cet héritage qui nous attends. Pourtant nous en avons déjà les arrhes que sont la foi, l’espérance, et la charité, qui agissent en nous par la grâce de l’initiation chrétienne. Cela peut apporter beaucoup de lumière dans notre vie si l’on veut bien accueillir ces arrhes, les laisser croître, se développer, changer notre réalité humaine. L’espérance de notre résurrection change beaucoup de choses dans notre vie, sans que nous nous en apercevions. Elle peut tout changer pour qui veut bien lui accorder l’importance qu’elle mérite. Nous sommes comme en gestation en ce monde, et nous allons naître à une vie nouvelle… Il vaut la peine de s’y préparer. Il est passionnant d’écouter à travers la fine paroi de cette vie ce qui se passe dans l’autre, tel un enfant dans le sein de sa mère. Il est bon et beau d’habituer ses yeux, déjà, à percevoir la vraie lumière, celle pour laquelle nous avons été créés.
Tout cela est possible à qui désire, à qui demande. Le Seigneur nous prépare, il nous façonne, il nous polit, il nous crée, il nous sauve. Déjà la vraie vie, celle du monde qui vient, est à l’œuvre en nous : lui laissons-nous la place de grandir ? Nous autres moines avons fait le choix du célibat à cause du Royaume de Dieu, à cause de cette Vie qui a déjà commencé et que Dieu nous donnera en plénitude. Puisse ce message être perçu. Puisse cet exemple être suivi.

Prière universelle :

PU 32e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus répond-il à la question des sadducéens ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi est-il si important pour notre foi que la vie terrestre ne soit pas définitive ni la plus importante ?

Vivre avec Jésus :

Qu’est-ce que la foi en la résurrection et la vie éternelle peut changer dans ma manière de vivre ?

Rencontrer le Ressuscité



Comment donc rencontrer le Ressuscité ?

Il n’y a rien de spécial à faire pour rencontrer le Ressuscité… ça ne se passe pas dans le « faire ». Il suffit de vivre sa vie de femme ou d’homme, semblent nous dire les Évangiles, et se laisser rencontrer par Celui qui est autre.
Marie-Madeleine et les autres femmes sont dans un surplus de peine qu’elles ont besoin d’exprimer, d’élaborer, dans les derniers gestes de vénération du corps : qui le leur reprochera ? Elles sont submergées par leurs émotions, par leur affectivité écorchée dans les événements dramatiques de la Passion. Elles vivent leur vie de femmes face à la mort.
Les Apôtres sont cachés par peur de subir le même sort que le Maître, ils se savent en danger, ils ont vu la colère des autorités : qui le leur reprochera ? Eux aussi sont submergés par leurs émotions, d’autres émotions, et ils sont eux aussi écorchés par la manière dont s’est terminée ce fantastique compagnonnage avec Jésus. Ils vivent ce que vivent les hommes face à la violence. Poursuivre la lecture

10e dimanche : Jeune homme, lève-toi !



10e dimanche ordinaire C :
Luc 7, 11-17

Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi.

Jésus a compassion de cette femme veuve et ressuscite son fils unique: gratuité du don de Dieu, pure miséricorde et attention pour cette maman qui n’a rien demandé, qui a seulement pleuré. Dieu connait nos misères, les fardeaux de nos tristesses, et il les prend en pitié. Pourquoi Dieu n’accomplit-il pas de telles actions gratuites plus souvent ? Nous aimerions qu’il passe sur nos routes, qu’il s’arrête à nos portes quand nous frappent tant de malheurs, les maladies physiques ou psychiques, les accidents, les coups durs de toutes sortes. Il est bien là pourtant, au cœur de nos détresses, lui qui n’a pas épargné son Fils unique, mais qui l’a livré pour nous. Mystère des dons cachés de Dieu, que nous ne voyons pas pour la plupart, parce que nous ne pouvons pas ou ne savons pas les voir.
Ce n’est pas du fils raflé en sa jeunesse que Jésus a compassion, mais de sa mère. Elle reste seule, au moment où son seul espoir de soutien est devenu un jeune homme capable de travailler et à son tour de s’occuper d’elle, alors qu’elle entre peut-être dans la vieillesse. Son fils est couché et, à vues humaines, il ne se relèvera plus. Nous avons ainsi bien des jeunes hommes ou jeunes femmes autour de nous qui sont comme morts, qui n’arrivent pas à se lancer dans l’existence, à se mettre debout pour prendre part à la transmission de la vie. Nous connaissons beaucoup de parents qui aimeraient voir leur enfant devenu adulte se relever. Sommes-nous pris de pitié pour eux tous ? Nous penchons-nous sur les brancards pour dire, au Nom du Christ, un mot qui pourra remettre debout ?
A la voix de Jésus, le fils se lève et parle, probablement balbutiant, à la sortie de ce profond sommeil. Mais le simple fait de sa voix est annonce de la Bonne Nouvelle de la Résurrection, du Christ lui-même. L’Esprit de vie est là. C’est pourquoi les gens glorifient Dieu. Nous qui sommes vivants, nous laissons-nous l’Esprit relever nos morts ? Ouvrons-nous les lèvres pour que se manifeste l’action de grâce devant ces petites merveilles ?

Prière universelle :

PU 10e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment expliquer l’exclamation de la foule, la reconnaissance de Jésus comme Prophète ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que ce texte révèle de la mission de prophète, et donc de notre mission de baptisés ?

Vivre avec Jésus :

Que pourrais-je faire pour vivre plus, pour vivre mieux, pour répondre à l’invitation de Jésus ?