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14e semaine : Dieu nous offre la douceur du repos



14e dimanche ordinaire A :
Matthieu 11, 25-30

Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

Dieu se révèle à qui il veut et comme il veut. Mais, de notre côté, chacun le reçoit selon son mode particulier pour le connaître, l’aimer, le servir. Il est des mystères que la méditation des sages peut percer un peu, et contempler. Il est des aspects que la science des savants a pu mettre à jour, et offrir à étudier. Mais il est des manifestations de Dieu que seule la petitesse, l’humilité, peut percevoir et goûter, et qui restent cachées aux grands. Peut-être ces dernières sont-elles plus essentielles, car avant d’être le Sage et la raison de toutes choses, Dieu est par-dessus tout simplicité, humilité, douceur.
Dieu se cache au creux de nos vies. Il a donné son Fils, qui s’est glissé à côté de nous pour venir nous amadouer, et nous aider à porter le poids de cette vie marquée par la souffrance. En prenant la croix sur ses épaules, c’est de chacune de nos croix dont Jésus a voulu se charger. Il assume avec nous, et parfois pour nous, le fardeau de la mort. Il n’a voulu révéler que l’amour du Père, et offrir ainsi le repos à ceux qui ont le cœur humblement ouvert.
Le Christ ressuscité continue de se rendre présent à chacun, pour faire connaître le Père. Dieu n’est pas un tout-puissant despote qui vient imposer à ses créatures le joug qui les fera avancer droit et tête baissée. Il est Père, et veut nous prendre délicatement par la main pour nous relever, nous apprendre à marcher, à courir, à nager, à vivre librement. C’est alors qu’on connaît le repos, en se laissant prendre avec douceur dans les bras de Dieu. L’essentiel de l’Évangile est là, dans cette douceur et cette humilité du Christ qui se révèlent à qui se confie en lui et cherche simplement à lui ressembler.

Prière universelle :

PU-dimTO-A14-2020

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels mots sont répétés dans l’évangile ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi est-il important que Dieu se révèle ? Ne pouvons-nous pas le connaître par notre réflexion ?

Vivre avec Jésus :

Être disciple du Christ est-il pour moi un fardeau ou une libération ?

Vivre ensemble cloîtrés



Un peu de sagesse bénédictine pour vivre ensemble cloîtrés ?

Saint Benoît a écrit sa Règle pour « la si puissante catégorie des cénobites », c’est à dire des moines « qui ‘monasteriale’ combattent sous une règle et un abbé » (RB 1, 13 et 2). Ce ‘monasteriale’ peut être traduit à la fois par « vivent en commun » et par « dans un monastère ». Il s’agit donc de vivre ensemble cloîtrés dans une même maison de manière stable. L’idée revient à la fin du chapitre consacré aux « instruments pour bien agir » : « Or l’atelier où nous devons travailler diligemment avec tous ces instruments, c’est le cloître du monastère avec la stabilité dans la communauté. » (4, 78). Et le chapitre sur le portier ajoute : « Le monastère doit, autant que possible, être disposé de telle sorte que l’on y trouve tout le nécessaire : de l’eau, un moulin, un jardin et des ateliers pour qu’on puisse pratiquer les divers métiers à l’intérieur de la clôture. De la sorte les moines n’auront pas besoin de se disperser au-dehors, ce qui n’est pas du tout avantageux pour leurs âmes. » (RB 66, 6-7). Vivre ensemble cloîtrés a donc une valeur très positive pour Saint Benoît, et il y a beaucoup à y gagner ! Ceci dit, on gagne au prix d’un combat, ou au moins par l’exercice d’un art : ça ne se fait donc pas tout seul !
Les moines bénédictins ont la chance de tous être des volontaires pour ce genre de vie. Ils sont même testés à l’entrée : « On n’accordera pas facilement l’entrée à celui qui vient s’y engager dans la vie religieuse; mais on fera ce que dit l’Apôtre : ‘Éprouvez les esprits pour discerner s’ils sont de Dieu.’ » (58, 1-2). Ce qu’on teste, c’est la persévérance dans les difficultés, qui manifeste la fermeté de la décision du postulant. En revanche, cette communauté a ceci de particulier que les membres ne se sont pas vraiment choisi, et/ou n’ont pas grandi ensemble comme dans une famille. Et, effectivement, dans le texte de la Règle on trouve la trace d’une grande diversité de personnalités et d’éducations qu’il ne devait pas être facile de faire cohabiter. Alors qu’est-ce que Saint Benoît met donc en place pour permettre à tous de vivre ensemble cloîtrés ?
Une méditation, du théorique au pratique, en trois étapes : VIVRE / ENSEMBLE / CLOÎTRÉS Poursuivre la lecture

Christ Roi : Couronné d’épines



Christ Roi C :
Luc 23, 35-43

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »

Jésus en croix, c’est l’humanité prise en dérision, c’est la royauté de Dieu bafouée, rejetée, niée. Le roi s’est fait semblable à son peuple, humilié par le péché. Il a pris sur lui la condition de son peuple, jusqu’à l’extrême déréliction à laquelle le péché a réduit l’humanité. Pour parement royal, on ne lui a offert que la lacération des verges, pour couronne des épines, pour hommages des crachats et des insultes, pour trône une croix, et pour serment de fidélité un panneau où figure un dérisoire motif de condamnation.
Jésus reste silencieux. Il a refusé durant sa vie publique ce titre de roi. Ce n’est pas qu’il ne le soit pas. Mais il ne l’est pas comme nous autres hommes voudrions qu’il le soit. Il ne l’est pas de la manière où nous nous arrogeons la royauté. Pourtant il sort de son silence pour un acte royal, qui est un acte de miséricorde envers le brigand qui reconnaît sa faute et s’en repend. Jésus accorde souverainement son pardon à ce frère qu’il est venu chercher au fond de sa misère, afin de l’élever plus haut que les Cieux.
La royauté de Jésus sera-t-elle pour nous sujet de honte, nous qui avons été intégré au Peuple choisi ? Ne pourra-t-elle pas devenir sujet de fierté à cause de l’amour et de la vérité qui la porte ? Car là est la vraie autorité de Jésus, qui se manifeste dans la victoire de sa douceur sur nos violences, de sa vie sur la mort, de sa miséricorde sur le péché de l’humanité.

Prière universelle :

PU Christ Roi C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

La royauté de Jésus est bien différente de celle de David : comment la première lecture aide-t-elle à approfondir l’Évangile ?

Comprendre sa foi :

Que révèle du visage de Dieu la royauté si paradoxale de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Quelle est ma vision de la royauté de Dieu ? Comment dois-je convertir mon regard ?

Christ Roi : La royauté du Miséricordieux



Solennité du Christ Roi B :
Jean 18, 33-37

Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici.

La royauté du Christ n’est pas celle de ceux qu’on nomme les « grands » de ce monde. La volonté d’imposer une puissance avec violence, qui accompagne ici-bas l’autorité, n’est qu’un pastiche, une caricature, une grimace mimant et dénaturant l’autorité de Dieu. L’autorité du Christ repose sur la douceur de la Vérité, le renoncement à toute haine, le service le plus profond et le plus fondamental de l’Humanité : sa libération du mal et de la souffrance.
Dieu n’a pas choisi de combattre la violence par une violence plus grande encore. Sa toute-puissance le conduit au contraire à prendre sur lui la violence de l’homme et à n’y répondre que par la douceur d’un amour qui purifie et guérit. La violence est mensonge, elle est aussi faiblesse car elle ne se contrôle pas et finit par s’engloutir elle-même. L’amour, la douceur, sont la Vérité, et la Vérité est forte. Elle finit par s’imposer, elle reste debout et juge, même dans les pires contradictions.
Jésus est proclamé roi en sa Passion. Il règne, car dans sa mort innocente, le mal est jugé, les méchants se condamnent eux-mêmes, la Vérité de l’amour éclate en lui, le Seigneur, qui reste digne et libre, plus fort que toute haine, que tout mal, que tout mensonge.
En ces temps où nous sommes affligés par une violence révoltante, qui inspire le dégoût du non-sens, une issue nous est offerte : invoquer notre roi, le Miséricordieux.

Prière universelle :

PU Christ Roi B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi une telle différence entre les deux premières lectures et l’Évangile ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus accepte-t-il durant sa Passion le titre de roi alors qu’il l’a refusé avant ?

Vivre avec Jésus :

Nous sommes rois avec le Christ : exerçons-nous notre royauté à l’image de la sienne ?

25e semaine : Qui est le plus grand ?



25e dimanche ordinaire B :
Marc 9, 30-37

Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.

Le Christ, le plus grand parmi tous les hommes, s’est fait serviteur de notre Salut, de notre bonheur éternel. Il nous dit ainsi, en actes, en vérité, qui il est. Car il ne peut agir autrement que comme il est. Il est toute humilité et toute douceur, il est don de lui-même.
Comme les Douze, qui discutent pour savoir qui est le plus grand parmi eux, nous sommes lents à comprendre toutes les implications pour nous de ce que Jésus a dit et fait. Il nous faut travailler à convertir nos manières de penser, nos réflexes d’hommes abîmés par le péché. L’Évangile doit pénétrer en nous, et changer jusqu’à nos rapports sociaux.
Car si Jésus se révèle le Serviteur de tous les hommes, c’est pour que nous fassions de même. S’il nous appelle à accueillir les plus petits en son Nom, c’est pour que nous apprenions ainsi à transformer notre manière d’être. S’il nous appelle à le voir dans les plus faibles, qui étaient à peine considérés comme des personnes à son époque, s’il nous invite à accueillir le Père en les accueillant, c’est pour que nous participions à son bonheur d’être doux et humble dans le don total de soi.

Prière universelle :

PU 25e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus n’a-t-il pas réprimandé ses disciples de vouloir être le plus grand ?

Comprendre sa foi :

Selon ce texte, pourquoi le service est-il si important pour notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Faut-il accueillir les petits comme s’ils étaient Jésus ? Ou bien les accueillir comme Jésus l’aurait fait ?

2e semaine de Pâques : Les plaies du Ressuscité



2e dimanche de Pâques B :
Jean 20, 26-29

Il leur montra ses mains et son côté

Infiniment doux dans sa passion, le Christ l’est aussi dans la manifestation de sa résurrection. Il ne fracasse pas les portes verrouillées, il n’accuse personne, il ne vient pas dans la puissance, il ne cherche pas à « en mettre plein la vue ». Il se tient là, tout simplement. Sa présence rayonne la paix et la joie. Il montre ses plaies, marques de sa douceur, de la souffrance assumée, surpassée, transfigurée.
Le Ressuscité respecte nos peurs, il respecte nos incrédulités, il se manifeste à chacun dans sa faiblesse et laisse le temps de venir à la foi. À nous de faire de même dans notre évangélisation, puisque nous sommes envoyés comme il est envoyé. Ce n’est pas avec fracas que l’on annonce l’Évangile, mais en montrant que la Vie de Dieu est plus forte que nos limites humaines, que son Amour est vainqueur de nos blessures. Notre vulnérabilité peut être signe de résurrection si nous la ouvrons à la puissance de l’Esprit de Vie, si nous la laissons rayonner de la Vie du Christ.
Nous sommes des pécheurs pardonnés. Les blessures du péché restent là, mais, offertes à Dieu, elles deviennent signes de son amour miséricordieux pour nous. Nous avons reçu la force de l’Esprit Saint pour faire à notre tour miséricorde à tous les hommes. Par la bonté de notre amour, ils reconnaitront que le Christ est aussi leur Seigneur et leur Dieu.

Prière universelle

PU 2e dimanche de Paques B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Que nous enseigne l’absence de Thomas à la première rencontre ?

Comprendre sa foi :

La foi : est-ce un savoir ou une rencontre ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je fais ce qu’il faut pour rencontrer Jésus présent dans ma vie, et croire comme St Thomas ?

Semaine Sainte : Le cri du centurion



Dimanche des Rameaux B :
Passion de Jésus-Christ selon St Marc

« Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! »

C’est un centurion romain qui a lâché le mot. Il conclut ainsi le récit de la Passion selon st Marc. Et c’est en fait l’aboutissement d’une quête qui traverse tout l’Évangile : Qui est donc Jésus ? Au moment le plus tragique, où les disciples sont tous dispersés, loin, c’est de la bouche d’un païen que sort la réponse inspirée par Dieu. Les Douze avaient pourtant été avertis du sort réservé à celui que Pierre, en leur nom à tous, avait reconnu comme le Christ. Mais la vérité d’un Messie souffrant leur était demeurée incompréhensible, car insupportable. Comme on peut les comprendre ! Il leur fallait accepter que la vocation de celui qu’ils avaient choisi de suivre soit aussi la leur… Seule la puissance de la Résurrection pouvait leur ouvrir complètement les yeux
Jésus venait donc d’expirer sur la croix. C’était après plusieurs heures d’extrême violence, qui ont dû être éprouvantes pour beaucoup de spectateurs, pas seulement pour les disciples. Car quoi de plus violent que la condamnation d’un innocent à une mort horrible ? Peut-être ce centurion en avait-il lui-même souffert. Qu’est-ce qui a provoqué son exclamation, le cri de son cœur à la fin du supplice ? « Voyant comment il avait expiré » nous dit St Marc… Sa dernière parole avait pourtant été un cri de détresse : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » A moins que le silence de Jésus, seule réponse aux outrages, ait été plus éloquent que toute prédication.
Jésus n’a répondu à la violence que par la douceur. Ne serais-ce pas cette douceur qui aurait arraché une profession de foi aux lèvres et au cœur de cet homme qui se trouvait là par devoir ? Il faisait face à Jésus. Il faisait face au crucifié, un homme défiguré, qui n’avait plus d’apparence humaine. Mais la folie meurtrière des hommes n’avait pu effacer le rayonnement de sa divinité, ni celui de son amour passionné pour l’être humain.
Qui voudra bien découvrir, durant cette semaine sainte, combien cet amour est passionnant ? Qui voudra bien se laisser saisir, comme le centurion, par la douceur de Dieu ? Qui voudra bien rayonner de cette douceur dans notre monde si plein de violence injuste ?

Prière universelle :

PU dimanche des Rameaux B
PU Jeudi Saint B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi cette exclamation du centurion est-elle le dernier mot prononcé dans le récit de la Passion selon St Marc ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi le récit de la Passion est-il si développé dans chacun des Évangiles ? Pourquoi n’avoir pas donné plus de place à l’enseignement de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Ne suis-je pas trop habitué à ce récit de la mort de Jésus ?

Humilité, douceur, patience



A coller parfois sur son dos ?
A coller parfois sur son dos ?

Reconnaissons-le : parfois, pour nous aborder, il faut prendre des pincettes… Pour diverses raisons, l’explosion menace ! Une simple parole mal formulée peut tout enflammer… Si nous ne voulons pas avoir à coller régulièrement sur notre dos un panonceau comme celui-ci (extrêmement inflammable !), il nous faut suivre le conseil de S. Paul : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience » (Ep 4, 2). Le contexte d’où est issue cette admonition est une exhortation à l’unité. Pour vivre bien avec d’autres, dans l’unité, il est nécessaire de mettre en pratique ces trois belles vertus que sont l’humilité, la douceur et la patience.

Après une courte présentation de ce qu’est une vertu, nous méditerons successivement sur ces trois forces intérieures :

Qu’est-ce qu’une vertu ?
L’humilité
La douceur
La patience
En conclusion

Qu’est-ce qu’une vertu ?

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