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Le Carême : préparons-nous à fêter l’amour !



Le Carême : préparation aux fêtes de l’amour

Le Carême est un temps de préparation à la fête de Pâques. C’est-à-dire que nous nous préparons à célébrer la manifestation suprême de l’amour de Dieu pour les hommes, pour chacun de nous. Pâques est la grande fête de l’amour.

Noël : déjà de l’amour !

Les fêtes de Noël sont déjà une fête de l’amour. À Noël, nous avons contemplé Dieu qui s’approche de nous, si près qu’il se fait l’un de nous. C’est déjà un très grand signe de son amour. Il est Dieu avec nous, il vit notre vie, il marche sur nos routes, il parle notre langue d’hommes. Dieu se fait connaître de manière à ce que nous ne soyons pas effrayés, discrètement. Il vient nous apprivoiser.

L’amour… Passion

Pâques sera la fête d’un amour plus grand encore. En effet, nous verrons cet amour de Dieu mis à l’épreuve, déprécié, moqué, rejeté, bafoué. Le rejet de Dieu par l’humanité va apparaître au grand jour durant les célébrations du dimanche des Rameaux et de la Passion, puis du Vendredi Saint. Mais en réponse à ce rejet, nous contemplerons le Christ qui reste doux, humble, patient, face à la violence de l’homme, face aux intrigues religieuses et politiques, face au rejet de la foule, face à nos petitesses humaines. Non seulement le Christ reste doux, patient, humble, mais il donne sa vie par amour, il s’offre au Père, il pardonne à ses bourreaux ainsi qu’à ses disciples qui fuient, à Pierre qui le renie, à Judas qui le trahit.

L’amour surgissement de vie

Et l’amour de Dieu ne s’arrêtera pas là. Jésus va ressusciter, et se montrer à ceux qui ont cru en lui. Il va montrer qu’il est vainqueur de la mort, que la souffrance n’a pas eu le dernier mot, que la haine a été mise en échec. Sur le chemin d’Emmaüs, Jésus explique aux disciples comment il a voulu prendre notre condition d’homme jusqu’au bout, jusque dans ce qu’elle a de plus douloureux et de plus absurde, pour que la douleur et l’absurdité n’aient pas le dernier mot. Les ténèbres ne peuvent engloutir la lumière divine.

L’amour don incommensurable

Et l’amour de Dieu ne s’arrêtera pas encore là. Au terme des fêtes de Pâques, à la Pentecôte, l’Esprit Saint nous sera donné. L’amour de Dieu lui-même sera répandu dans nos cœurs, pour que nous puissions participer au Salut apporté par le Christ, être guéri du péché, aimer Dieu à notre tour, lui être uni, aimer aussi nos frères et sœurs et leur être uni au plus profond de nous-mêmes. Nous fêterons le don extraordinaire de l’Esprit à l’Église, à l’humanité, qui nous permet de connaître et d’aimer Dieu en vérité, ainsi que de connaître et d’aimer nos frères en lui, par lui.
Le Carême est donc un temps de préparation particulière à ces grandes fêtes de l’amour. Comment peut-on se préparer au mieux à célébrer l’amour ? Comment fait-on pour apprêter son cœur, afin qu’il soit bien disposé à recevoir l’amour et à se donner en retour ? Qu’est-ce qui pourra nous aider à nous ouvrir pour que nous puissions profiter au mieux de ces jours ? Il ne faudrait pas que ce soit juste une suite de célébrations qui ne changent rien à notre vie quotidienne. L’amour, s’il est vrai, transforme progressivement nos vies. Et les fêtes de l’amour nous sont données précisément pour nous encourager.

Le premier dimanche du Carême : au désert

Vous vous souvenez sans doute du premier dimanche du Carême. Chaque année, nous avons la même lecture de l’épreuve de Jésus au désert durant 40 jours. Ce temps d’épreuve a donné la mesure du temps de notre Carême, mais aussi une certaine ambiance. On associe souvent le Carême au renoncement. Il faut faire des efforts. Il faut jeûner. Il faut se priver. Il faut éviter de faire le mal. Apparemment ce n’est pas très joyeux (on croit parfois que le mal, le péché, est joyeux : curieux…). Mais peut-être oublions-nous de mettre cela dans la perspective des fêtes de l’amour.

Un temps de joie

Lorsqu’on prépare un mariage, une fête de l’amour par excellence, il faut aussi faire beaucoup de choses. Et il y a aussi des renoncements. La préparation matérielle, certes, prend du temps. Mais il y a aussi une préparation intérieure qui nécessite que les futurs époux réservent du temps ensemble, réfléchissent bien à ce qu’ils vont faire, apprennent à se connaître. C’est un exercice, un effort, mais désagréable. Cela implique de renoncer à beaucoup d’autres choses, notamment à d’autres relations avec les amis ou les connaissances, d’aller un peu en couple au désert, de renoncer à certaines activités pour passer du temps avec l’autre. Mais c’est une joie ! Déjà on commence à vivre de la joie de l’union.
Le Carême devrait être aussi le temps d’une telle joie. Oui, on fait quelques efforts pour la préparation de Pâques, mais déjà on est joyeux de la joie de Pâques. Déjà on est joyeux de la fête de l’amour que l’on prépare. Ici c’est le cœur qu’il s’agit d’apprêter. Il s’agit d’une relation d’intimité à renforcer. Intimité avec Dieu. Mais aussi intimité d’amour avec nos proches, et aussi les moins proches, tous les hommes. Car on ne peut pas vraiment aimer Dieu si on n’aime pas les autres. Et on aime d’autant plus les autres que l’amour de Dieu est au cœur de nos vies. Mais pour aimer, il faut faire de la place dans son cœur, il faut désencombrer son cœur.

Désencombrer son cœur

Lors du premier dimanche du Carême, l’Évangile nous a invité justement à désencombrer notre cœur de ce qui l’alourdit. Jésus nous a ouvert le chemin d’une libération intérieure de choses qui prennent souvent trop de place en nous. Il nous a montré l’exemple de la lutte contre tout un tas de choses futiles, envahissantes, qui peuvent envahir notre champ de conscience, occuper notre cœur, le saturer, et le gêner pour aimer.

Première tentation

L’Évangile a résumé cet encombrement en trois grandes tentations. La première, c’est quand Jésus a faim, et que le diable lui propose de transformer une pierre en pain. Là, nous retrouvons notre préoccupation des choses matérielles. Nous ressentons des manques et nous en sommes préoccupés, ça nous occupe l’esprit, nous voulons toujours plus. Cela peut-être la faim de se nourrir, mais aussi la faim de consommer autre chose : consommer des vidéos, consommer des jeux peu utiles, consommer du loisir, consommer de l’affection de la part des autres sans avoir à donner en retour, consommer du bavardage, du commérage, des critiques, etc. Cela peut être aussi de se plaindre, de murmurer, parce qu’on a l’impression de manquer.
Au lieu de subir ces désagréments, Jésus nous invite à renoncer pour quelque chose de plus grand. Il nous propose de faire de la place dans nos cœurs pour que nous puissions écouter Dieu, et recevoir de lui la vie, la joie la paix. « L’homme ne vit pas seulement de pain ». Il vit aussi et surtout de la relation à Dieu. Et il vaut la peine de savoir renoncer à ses préoccupations matérielles pour recevoir la vie, la joie, la paix qui viennent de Dieu. Le Carême est un temps privilégié pour laisser de côté ses préoccupations matérielles. C’est le sens du jeûne. C’est aussi un aspect du partage : on donne de son superflu pour ceux qui manquent du nécessaire. Ainsi les pauvres sont secourus… et les plus riches aussi !

Deuxième tentation

La seconde tentation de Jésus est celle d’acquérir du pouvoir. Le diable lui propose – mensongèrement – un pouvoir sur toutes les nations. Il l’incite à imposer sa volonté. Mais l’amour n’est pas un pouvoir. L’amour n’est pas un contrôle des autres. Au contraire, c’est un don de soi aux autres. Aimer, c’est faire de la place à l’autre dans son cœur. Aimer, c’est se mettre au service de l’autre.
Le Carême, comme je le disais, est un bon temps pour le partage. Il s’agit non seulement de donner des choses ou de l’argent, mais aussi d’offrir du temps et de l’attention pour ceux qui en ont besoin. C’est un moment privilégié pour mettre les autres en avant, pour les mettre en valeur, les remercier, les féliciter. Partager, se donner, se mettre au service, s’ouvrir aux autres, tout cela agrandit le cœur pour se préparer aux fêtes de l’amour. Et ça donne de la joie.

Troisième tentation

La troisième tentation touche à l’apparence. Le diable conduit Jésus en haut du Temple, et il lui propose de se jeter en bas pour que Dieu le protège, que les anges le récupèrent sur leurs mains. Imaginons les foules de priants sont en dessous, prêtes à voir le prodige et à s’extasier : Quelle action d’éclat ! Il paraîtrait quelqu’un de bien ! Tout le monde l’admirerait, et reconnaîtrait en lui un élu de Dieu ! Les gens crieraient au miracle ! Il serait même flatté d’avoir eu tellement de foi, de confiance en Dieu ! Nous connaissons ce genre de tentation de paraître quelqu’un de bien aux yeux des hommes, d’être considéré comme saint avant de l’être effectivement.
Mais Jésus refuse un le coup d’éclat qui le fera paraître aux yeux des hommes. Il renonce à paraître quelqu’un de bien de manière superficielle, à se faire valoir, même apparemment pour une bonne cause. Jésus choisit l’humilité et la discrétion. Durant toute sa vie il choisira le secret, il ne se dévoilera vraiment qu’au moment de sa Passion. Cette humilité, cette discrétion, sont aussi un moyen pour nous de nous préparer à célébrer l’amour. L’humilité et la discrétion ouvrent la voie à l’amour, car on cesse de s’imposer aux autres.

Le deuxième dimanche de Carême : écoutez-le !

Le deuxième dimanche de Carême est consacré à faire mémoire de la Transfiguration du Seigneur. Cet Évangile apporte quelque chose de nouveau dans notre préparation. C’est un moment de consolation.

Un moment de consolation

Dans la vie de Jésus, cet événement se situe après la première annonce de sa Passion. Pierre a été déboussolé par cette annonce, il a pris peur : « cela ne t’arrivera pas, Seigneur ». Il prend peur pour Jésus, certes, mais aussi pour lui. Il ne se fait pas l’image d’un Messie souffrant. Il préférerait sans doute suivre un maître et un Messie glorieux. La souffrance nous fait peur à nous aussi. Nous voudrions bien l’éviter. Mais il n’y a pas d’amour sans souffrance. Et la souffrance est bien souvent signe de l’amour. Elle est signe qu’on ne s’est pas blindé, qu’on a le cœur ouvert, vulnérable, qu’on a un cœur de chair et non un cœur de pierre. Jésus veut changer notre regard sur la souffrance. Il va chercher à consoler et à affermir ses disciples.
La Transfiguration est aussi une invitation pour nous. Elle nous indique le chemin d’une consolation. Elle nous montre une voie de l’ouverture de notre cœur. Il ne s’agit plus ici de nous préparer en renonçant. Si l’on a renoncé à quelques mauvaises choses pour faire de la place dans notre cœur, il faut aussi penser à remplir notre cœur de bonnes choses. Certes, il est bon d’éviter de perdre de l’énergie dans des choses inutiles. Mais il est encore meilleur de consacrer ses forces, son temps, son attention, à d’autres choses constructives, bonnes, et même essentielles. L’épisode de la transfiguration nous invite à l’une des activités les plus essentielles qui soient.

Gravir la montagne pour prier

Ainsi commence le texte : «  Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. » Pour se préparer aux fêtes de l’amour, il est essentiel de prendre du temps pour prier. L’amour se nourrit d’une relation intime. L’amour ne peut pas grandir sans des temps d’intimité avec Dieu. La relation à Dieu a besoin d’être entretenue régulièrement, quotidiennement, par des moments privilégiés, des moments de qualité. C’est dans la logique de tout amour, de toute relation. Ces petites étapes amoureuses n’ont pas forcément besoin d’être très longues. Elles ont surtout besoin d’être régulières. Quelques minutes chaque matin, ou chaque soir. Le temps de remercier Dieu, de lui demander pardon, de lui confier des intentions. Le temps d’un Notre Père et d’une invocation à Marie. Le temps aussi d’écouter Dieu, je vais revenir sur ce point.
Il n’y a pas besoin de monter sur une haute montagne pour cela. Il est surtout nécessaire de rentrer dans son cœur. Ce n’est pas un exercice tout à fait facile et spontané. Cela nécessite de s’exercer, de grandir. C’est aussi pour cela que la régularité est de mise. Chaque jour, c’est bien, c’est nourrissant. Il n’y a donc pas besoin d’escalader une haute montagne, ni d’aller dans une église, même si une église ou la nature peuvent être des lieux qui aident à prier. Pour entrer dans son cœur et prier, Jésus nous a conseillé, plus simplement, de nous retirer dans notre chambre, de fermer la porte, de nous mettre au calme. Cela veut dire aussi pour nous éteindre la télévision, le poste radio ou l’ordinateur, couper le téléphone pour ne pas être dérangé. Cela demande aussi de prendre un peu de distance par rapport aux nécessités du quotidien, aux soucis matériels. On est alors seul avec soi-même devant Dieu, et avec Dieu qui est là présent dans le secret. Remarquez qu’il est bon de faire cela seul, certes, mais aussi des moments de prière en couple ou en famille sont très bienvenus. Cela apportera beaucoup à votre amour.

Comment se mettre en prière ?

Que faire durant ce temps de prière ? Certainement penser à Jésus. Avoir une icône ou une image de Jésus devant soi peut aider. Et puis aussi une bougie qui nous rappelle que Dieu est lumière dans nos vies, une lumière qui s’est allumée pour nous le jour de notre baptême. Avoir un coin prière installé dans sa maison est une très bonne aide pour s’y mettre, pour prendre le temps de prier. Ainsi on sait où on doit aller, comment s’installer. On ne perd pas du temps à inventer à chaque fois, on a ses habitudes. Cela facilite beaucoup la prière.
Puis il est bon de commencer par un beau signe de croix, en demandant au Seigneur de nous aider à prier. Nous autres moines, et les prêtres ou les religieuses aussi, nous faisons cela à chaque temps de prière. Nous commençons ainsi : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, viens vite à mon secours » ou bien : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange ». Mais on peut commencer par d’autres prière, comme une invocation à l’Esprit Saint : « Viens Esprit Saint, emplis mon cœur d’amour, ouvre mon cœur à la présence du Père, ouvre mes oreilles à la voix du Christ. »

Et par où commencer ?

On peut ensuite remercier Dieu pour sa présence et pour ses dons. Il est très important de le remercier chaque jour. D’une part cela nous force à voir les bonnes choses de nos vies, ce qui n’est pas forcément évident. D’autre part c’est aussi un moment où l’on reçoit consciemment la vie qui vient de lui. En remerciant pour la vie, on s’ouvre à la vie, on la reçoit mieux. Il est bon aussi de demander pardon si l’on a quelque chose sur le cœur. Cela ne remplace pas le sacrement de réconciliation, mais il est fécond pour l’amour d’avoir des temps de réconciliation avec Dieu dans notre quotidien. Cela aide beaucoup la réconciliation avec les frères.
« Maître, il est bon que nous soyons ici ! » s’écrie St Pierre. Goûtons nous aussi ce temps d’intimité dans la prière, essayons de faire un peu le silence en nous. Ce n’est pas facile. Nous avons peur du silence. Et il y a notre cinéma ou notre radio intérieure qui ne s’arrête jamais, qu’il est difficile de stopper. Mais on peut prendre un peu d’habitude de mettre cela de côté, et ça finit par se calmer un peu tout de même. Le silence intérieur permet l’écoute. L’écoute est un moment très important de l’amour. L’écoute est capitale dans l’amour. L’écoute, c’est l’accueil de l’autre.

Écoutez-le !

Le texte de la Transfiguration culmine dans cette invitation à l’écoute. La voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Si le Père nous le demande, prenons donc du temps pour écouter Jésus. Lisons chaque jour un passage de l’évangile, vraiment chaque jour. C’est la vraie nourriture spirituelle. C’est la plus solide nourriture de l’amour de Dieu. Il s’agit de lire avec ses yeux et son intelligence, et d’écouter avec son cœur.
Souvent, il ne se passera apparemment rien. Mais l’apparence du rien ne veut pas dire que l’Esprit Saint ne travaille pas au fond du cœur. Prenez le temps de lire, de répéter, de méditer l’Évangile. L’Esprit Saint vous conduira progressivement dans sa compréhension. Laissez aussi résonner cette parole en vous. Répétez plusieurs fois la lecture pour vous en imprégner. C’est très important, c’est ainsi qu’elle pourra résonner en vous. C’est comme de se répéter les paroles d’une personne que l’on aime. Ça rend présent cette personne. Répéter la Parole de Dieu rend Dieu présent à l’intérieur de soi, ou plutôt nous ouvre à sa présence.
Et prenez aussi un petit temps de silence après cette lecture et cette répétition. Là aussi, ça s’apprend. À ce moment il est bon de fermer les yeux, car ils sont source de distraction. Cela aide à se retirer plus profondément dans son cœur. On prend l’habitude progressivement de ce silence. Il peut changer la vie. Seulement respirer, tranquillement. Penser au souffle que Dieu a mis en nous, le souffle physique, mais surtout le souffle spirituel, la Vie. Rappelez-vous que Dieu est présent en vous et qu’il agit. Dans la prière, c’est lui le premier qui est à l’œuvre.

Après l’écoute, la réponse

Après cela, une fois qu’on a écouté le Seigneur, on peut lui demander des choses, lui présenter ses intentions. Il ne faut pas hésiter ! Généralement on n’hésite pas… On peut lui confier sa vie, ses soucis, les gens que l’on aime, ceux qui souffrent, les personnes qui ont besoin de son aide. Inutile d’insister, nous le faisons assez spontanément, mais parfois trop tôt dans le temps de prière. Il est plus poli de commencer par remercier puis écouter avant de présenter ses besoins !
Enfin, il est toujours bon de conclure par le Notre Père, la grande prière, la vraie prière, la prière du Seigneur, la prière la plus complète. Le Notre Père est un sommet. Il résume et contient tout : la vraie louange et la vraie demande. Il est remise de soi dans la confiance. Il est source, aussi, de la vie filiale du baptisé, cette vie que vient revigorer la prière.
Puis vient le temps de redescendre de la montagne. Cela prend un petit temps pour passer tranquillement à la suite. Il est important de sortir progressivement de la prière. C’est comme quand on dit au revoir à quelqu’un, il est bon de faire cela posément. Un signe de croix, un petit temps d’arrêt avant de se lever et de partir, un moment pour respirer profondément, ou éventuellement pour éteindre la bougie si on en a allumé une. Bref, on prend le temps de bien se quitter pour mieux se retrouver, ou même pour mieux rester ensemble en pensée.

Pour conclure : faire de la place pour accueillir

Pour résumer, les deux premiers dimanches de Carême nous invitent à faire de la place en soi pour accueillir Dieu dans son cœur à travers sa Parole. Décidez donc de renoncer à une chose ou une attitude superflue. Débarrassez-vous durant ces jours d’un encombrement intérieur. Et permettez au Seigneur de venir chez vous. Invitez-le pour qu’il vienne vous tenir compagnie. Cela vous préparera à fêter l’amour. Cela fera grandir en vous l’amour.

32e semaine : La force de la fragilité

32e dimanche ordinaire B :
Marc 12, 38-44

Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.

Dieu ne voit pas comme les hommes. Jésus veut nous apprendre à voir au-delà des apparences. C’est tout un art. Cela demande du travail, un travail de conversion. Pour voir où se trouvent les véritables valeurs, l’authentique force spirituelle, il est nécessaire de changer les lunettes avec lesquelles nous regardons le monde, nos lunettes déformées par le péché.
Dans l’histoire de la veuve au Trésor du Temple, il ne s’agit pas pour Jésus de condamner les riches et leurs offrandes. Il est certainement fort bon et nécessaire qu’ils partagent ainsi avec d’autres les dons de Dieu et le fruit de leur travail ou de celui de leurs ancêtres. Il ne leur reproche même pas de ne donner « que » leur superflu. Jésus veut seulement attirer l’attention sur celle qui ne semble en mériter aucune aux yeux des hommes. Celle qui parait la plus petite, la plus fragile et insignifiante, et qui l’est réellement dans l’ordre humain, est en fait celle qui a le plus de force devant Dieu.
Cet épisode va donc éclairer le sévère avertissement adressé par le Christ aux hommes religieux de son époque dans la première partie de l’Évangile. L’incohérence fait scandale, celle de se mettre en première ligne, de se montrer soi-même en apparente adoration devant Dieu, plutôt que de montrer Dieu par la véritable adoration qu’est le service de la charité. C’est un grand péché, et là est la vraie fragilité. On parait religieux, proche de Dieu, mais cette apparence est inconsistante.
La tentation de pratiquer une religion parce que « ça fait bien » est toujours présente. On le reproche aussi aux chrétiens, et parfois sans doute à raison, malheureusement. Notre vocation chrétienne consiste pourtant à se laisser traverser par la Lumière, à s’effacer devant elle pour qu’elle devienne l’unique valeur des hommes.

Prière universelle :

PU 32e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel sont les liens et les différences entre les deux parties du texte proposé ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi faut-il toujours lier prière à Dieu et amour des hommes ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je plutôt comme les scribes de ce texte, ou plutôt comme les riches, ou bien comme la pauvre veuve ?

29e semaine : Se donner pour servir

29e dimanche ordinaire B :
Marc 10, 35-45

Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude.

Voilà un évangile qui complète bien celui de la semaine dernière, et qui au fond se passe presque de commentaire. Il est clair, net et précis. Il fait partie de ces paroles tranchantes du Christ qui nous font du bien, car elles nous mettent devant l’essentiel sans que nous ayons à réfléchir. La seule chose qu’il y ait à faire, c’est de mettre sa foi dans cette parole, et d’agir, de donner sa vie.
Le premier, le plus grand, c’est le Christ. Or il a pris la condition d’esclave en donnant sa vie pour le Salut des hommes. Donc il ne nous reste plus qu’à le suivre. Car Dieu nous appelle à participer à la mission du Christ. La multitude des hommes attend le don de notre vie avec lui, pour eux. Peut-être certains se demandent-ils comment se donner, à qui se donner, quand se donner ?
Quand ? À tout moment, dès que possible.
À qui ? À celui qui se trouve là, et qui a certainement besoin d’être aimé.
Comment ? En le servant, ne serait-ce que par un sourire, un mot gentil, ou un regard.
Servir, aimer, souffrir pour l’autre, donner de sa personne, de son énergie, de son temps, de sa patience, être à celui que l’on rencontre, être pour lui : voilà notre vocation à tous. L’Esprit Saint fait le reste pour conduire chacun sur le chemin de sainteté qui lui est propre, afin de siéger un jour avec le Christ à la droite du Père.

Prière universelle :

PU 29e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelle est la gloire du chrétien selon ce texte ?

Comprendre sa foi :

Comment Jésus s’est-il fait serviteur ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je désire servir mes frères au Nom du Christ ? Qu’est-ce que je fais pour me mettre à leur service ?

25e semaine : Qui est le plus grand ?

25e dimanche ordinaire B :
Marc 9, 30-37

Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.

Le Christ, le plus grand parmi tous les hommes, s’est fait serviteur de notre Salut, de notre bonheur éternel. Il nous dit ainsi, en actes, en vérité, qui il est. Car il ne peut agir autrement que comme il est. Il est toute humilité et toute douceur, il est don de lui-même.
Comme les Douze, qui discutent pour savoir qui est le plus grand parmi eux, nous sommes lents à comprendre toutes les implications pour nous de ce que Jésus a dit et fait. Il nous faut travailler à convertir nos manières de penser, nos réflexes d’hommes abîmés par le péché. L’Évangile doit pénétrer en nous, et changer jusqu’à nos rapports sociaux.
Car si Jésus se révèle le Serviteur de tous les hommes, c’est pour que nous fassions de même. S’il nous appelle à accueillir les plus petits en son Nom, c’est pour que nous apprenions ainsi à transformer notre manière d’être. S’il nous appelle à le voir dans les plus faibles, qui étaient à peine considérés comme des personnes à son époque, s’il nous invite à accueillir le Père en les accueillant, c’est pour que nous participions à son bonheur d’être doux et humble dans le don total de soi.

Prière universelle :

PU 25e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus n’a-t-il pas réprimandé ses disciples de vouloir être le plus grand ?

Comprendre sa foi :

Selon ce texte, pourquoi le service est-il si important pour notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Faut-il accueillir les petits comme s’ils étaient Jésus ? Ou bien les accueillir comme Jésus l’aurait fait ?

Travailler ou prier ? Avec les Pères du désert… 5/5

Travailler ou prier : quelle question !

Nous arrivons au bout de l’enquête chez les Pères du désert au sujet des liens entre travail et prière se poursuit… Dernière contribution à la réflexion. Après Abba Antoine (prière et travail main dans la main), Abba Sylvain (unification, bon sens, et mesure), Abba Or (travail et humilité), Abba Poemen (apprendre à discerner), voici la cinquième et dernière étape… Suivez-moi pour la fin de ces visites ! Poursuivre la lecture

31e dimanche : L’humilité, grandeur du serviteur

31e dimanche ordinaire A :
Matthieu 23, 1-12

Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.

Qui, parmi nous, est plus grand que Dieu ? Le Fils de Dieu a pris notre chair, il est le Christ, Dieu avec nous et parmi nous. Or il s’est fait pour nous serviteur de la Vie qui vient du Père. Il s’est abaissé pour venir jusqu’à nous, parler notre langage et partager nos gestes. Il s’est fait notre frère, l’un des nôtres. Il a pratiqué ce qu’il a enseigné, et enseigné ce qu’il a pratiqué, accomplissant ainsi pleinement la Loi de Moïse. Il l’a fait non pas pour lui, mais pour nous montrer le chemin vers son Père et notre Père. Comme service ultime, Jésus a donné sa vie pour nous transmettre la Vie. Il est notre seul Maître.
Grande est l’imposture des scribes et des pharisiens qu’il dénonce. Ils prétendent agir au nom de Dieu, mais leur comportement est en réalité au profit de leur égo, de l’image qu’ils veulent donner. Ils ne sont pas serviteurs des autres comme Dieu est serviteur, mais serviteurs d’eux-mêmes pour recevoir à leur profit l’admiration qu’ils désirent. Ils prennent ce qui ne revient qu’à Dieu. Tout croyant peut être concerné par cette attitude religieuse. Jésus ne met pas le doigt seulement sur la faiblesse des « professionnels » de la religion. Car on touche là au péché initial de l’homme, enraciné dans le cœur de toute personne : se faire dieu, mais pas comme est Dieu, se mettre au centre du monde et chercher à attirer tout à soi. Et une religion qui n’est plus service peut devenir moyen égoïste de satisfaction de soi.
Si l’on nomme un frère « père », c’est qu’il reflète la présence de l’unique Père. Si l’on appelle un frère « maître », c’est qu’il parle et agit au nom de l’unique Maître. Mais nul ne peut revendiquer pour lui ces titres ni se les approprier quand il sont reçus par honneur envers l’unique Seigneur. L’humilité seule révèle le vrai Père, le vrai Maître.

Prière universelle :

PU 31e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelle attitude Jésus dénonce-t-il ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’humilité est-elle si importante pour notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Quel appel résonne pour moi dans ce passage d’évangile ?

14e semaine : Dieu nous offre la douceur du repos

14e dimanche ordinaire A :
Matthieu 11, 25-30

Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

Dieu se révèle à qui il veut et comme il veut. Mais, de notre côté, chacun le reçoit selon son mode particulier pour le connaître, l’aimer, le servir. Il est des mystères que la méditation des sages peut percer un peu, et contempler. Il est des aspects que la science des savants a pu mettre à jour, et offrir à étudier. Mais il est des manifestations de Dieu que seule la petitesse, l’humilité, peut percevoir et goûter, et qui restent cachées aux grands. Peut-être ces dernières sont-elles plus essentielles, car avant d’être le Sage et la raison de toutes choses, Dieu est par-dessus tout simplicité, humilité, douceur.
Dieu se cache au creux de nos vies. Il a donné son Fils, qui s’est glissé à côté de nous pour venir nous amadouer, et nous aider à porter le poids de cette vie marquée par la souffrance. En prenant la croix sur ses épaules, c’est de chacune de nos croix dont Jésus a voulu se charger. Il assume avec nous, et parfois pour nous, le fardeau de la mort. Il n’a voulu révéler que l’amour du Père, et offrir ainsi le repos à ceux qui ont le cœur humblement ouvert.
Le Christ ressuscité continue de se rendre présent à chacun, pour faire connaître le Père. Dieu n’est pas un tout-puissant despote qui vient imposer à ses créatures le joug qui les fera avancer droit et tête baissée. Il est Père, et veut nous prendre délicatement par la main pour nous relever, nous apprendre à marcher, à courir, à nager, à vivre librement. C’est alors qu’on connaît le repos, en se laissant prendre avec douceur dans les bras de Dieu. L’essentiel de l’Évangile est là, dans cette douceur et cette humilité du Christ qui se révèlent à qui se confie en lui et cherche simplement à lui ressembler.

Prière universelle :

PU-dimTO-A14-2020

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels mots sont répétés dans l’évangile ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi est-il important que Dieu se révèle ? Ne pouvons-nous pas le connaître par notre réflexion ?

Vivre avec Jésus :

Être disciple du Christ est-il pour moi un fardeau ou une libération ?

Semaine Sainte : Homme, humble et obéissant

Semaine Sainte A :
Passion de Jésus Christ selon St Matthieu

Non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux.

Qui se mettra dans la peau de Jésus ? Personne ne le peut. Et pourtant, c’est bien notre peau humaine, toute notre peau humaine. Dieu ne s’est pas fait homme à moitié. Il avance dans la foi vers une mort décidée et annoncées, pris dans l’étau de la méchanceté et de la lâcheté des hommes. Jésus marche, d’abord reconnu et glorifié comme messie à son entrée à Jérusalem, puis méprisé et humilié au palais de Pilate et sur le Calvaire. En tout il obéit à son Père et notre Père.
Confronté au mal, Jésus choisit l’union au Père, il choisit de continuer à lui dire « oui » quoi qu’il en coûte, il refuse toute haine, toute compromission avec le mal qui lui fait face. Il rachète ainsi l’attitude d’Adam et Eve, l’attitude de l’homme face à ce même mal, l’homme qui se laisse happer et déchirer par les promesses fallacieuses du mensonge et de la violence. Jésus est défiguré par nous autres hommes qui refusons ce modèle d’homme parfait, qui semble peut-être mettre la barre trop haut, nous le réduisons à l’état où nous sommes : « il n’avait plus l’apparence d’un homme » dit Isaïe. Il était ainsi défiguré justement parce qu’il a pris toute notre humanité blessée, lui qui était parfaite ressemblance au Père.
Par son obéissance, Jésus nous montre le chemin du retour. Par son humilité, il nous montre qu’il vient nous façonner de nouveau à l’image du Dieu tendre et miséricordieux. Contemplons l’Homme en ces jours de la Passion. Et marchons à sa suite.

Prières universelles :

PU dimanche des Rameaux A
PU Jeudi Saint A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles sont les marques de l’obéissance de Jésus dans le récit de la Passion ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’obéissance de Jésus est-elle si importante pour nous ?

Vivre avec Jésus :

A quelle attitude égoïste dois-je renoncer pour me tourner vers Dieu dans l’amour ?