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Transfiguration : L’Humanité en lumière



Transfiguration A :
Matthieu 17, 1-9

son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.

Voici que la fête de la Transfiguration débute le « Carême d’été », les 40 jours avant la fête de la Croix glorieuse. Tout le mystère du Christ est résumé dans cette scène : la grande humanité de Jésus, l’intimité de son amitié, son lien avec tout le mystère d’Israël, son identité de Fils du Dieu Unique égal au Père qui a mis en lui tout son amour, sa mort sa résurrection, et sa glorification. La liturgie nous invite à y revenir deux fois dans l’année, pour conforter notre foi et notre espérance, avec la croix en ligne de mire.
La Transfiguration de Jésus, la manifestation de sa divinité dans son humanité, dans son corps même, est toujours relative à sa Passion. La gloire est inséparable de la croix et la souffrance inséparable de la glorification. C’est ce qu’ont été invités à vivre les trois apôtres qui l’ont contemplé sur la montagne avant de le voir dans la déréliction de son agonie, au jardin des oliviers. Au cours de la montée de Jésus vers Jérusalem avec ses disciples, vers sa Passion, au cœur des annonces du drame qui est sur le point de se dérouler, Jésus prépare Pierre, Jaques et Jean. Il leur donne force pour affronter le scandale, et il les prépare à le reconnaître à son retour d’entre les morts. Ils les invite et leur apprend à le voir autrement.
Dans l’humanité transfigurée du Christ, c’est notre humanité qui est mise en lumière. La lumière rayonne de l’intérieur. De même que les Apôtres sont confortés par l’intérieur au moment où s’approche la fin tragique de la vie de Jésus, de même nous recevons réconfort dans les chemins chaotiques de nos vies. A l’extérieur, nous affrontons des situations parfois fort difficiles. C’est alors à l’intérieur qu’il s’agit de chercher et de trouver appui, force, lumière.

Prière universelle :

PU Transfiguration

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la seconde lecture met-elle en valeur l’évangile ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que les lectures nous manifestent de l’identité de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Et si je me laissais fasciner quelques instants par cette lumière ?

5e Semaine de Pâques : Vers le Père



5e dimanche de Pâques A :
Jean 14, 1-12

Pour aller où je vais, vous savez le chemin.

La réaction de Thomas à cette affirmation de Jésus est d’une logique imparable, du moins selon nos catégories humaines. Nous sommes un peu décontenancés avec lui. Dans son discours après la Cène, que nous lisons ces dimanches du temps pascal, Jésus semble se révéler tout en se cachant. Il donne des clefs aux disciples pour qu’ils puissent interpréter les événements, mais ils ne peuvent pas encore comprendre. Ils ne peuvent voir le but, comme Philippe le désirerait, et se rassurer, car l’événement majeur de sa vie n’est pas encore advenu. Il ne s’agit pas de savoir où va le Christ. Il importe juste de se mettre en chemin avec lui.
Nous marchons dans la nuit. C’est notre lot. La foi nous a été donnée pour que nous puissions avancer, foi dans le Christ qui est passé au-delà de ces ténèbres. Cette foi nous semble pourtant une aide bien fragile. Le Christ ressuscité est le chemin, certes, il est notre lumière. Mais parfois nous trouvons cette lumière bien petite pour avancer dans les ténèbres de ce monde. Elle est néanmoins suffisante. Nous sommes invités à croire qu’elle est suffisante. Cela fait partie de la vie de foi. Reste à ouvrir les oreilles pour entendre la Parole. Reste à ouvrir les yeux pour voir les œuvres de Dieu.
La lumière qui nous est donnée l’est souvent pour un seul pas, pour chaque pas l’un après l’autre. Elle invite à s’abandonner dans la confiance à la Parole du Seigneur, Parole de vie éternelle. Elle pousse à chercher à être vérité avec soi-même, avec l’Esprit Saint qui agit en nous. Elle donne le goût de vivre, de mener le combat de la vie sans peur, de se laisser dépasser par la Vie. Là est la route de la foi, la route vers le Père.

Prière universelle :

PU 5e dimanche de Pâques A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles expressions dans cet évangile disent l’unité de Jésus avec le Père ?

Comprendre sa foi :

Que peut vouloir dire « passer par le Christ » pour aller vers le Père selon ce texte ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je désire voir le Père, est-ce que je cherche à le contempler dans le Christ ?

4e semaine de Carême : Croire ou refuser de voir ?



4e dimanche de Carême A :
Jean 9, 1-41

Jésus cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé »

L’aveugle n’a rien demandé. La vie avait fait de lui un mendiant dès sa naissance, considéré comme pécheur depuis toujours, sans contact personnel avec les autres, livré aux ténèbres. Il gisait là, sur les marches, privé de dignité humaine, juste bon à servir d’alibi pour les aumônes des gens de bien. Il faisait partie du paysage, on était habitué à le voir. Jésus, lui, s’arrête, il le considère, il le touche, il le sauve de ses ténèbres. L’aveugle n’a rien fait pour cela, il s’est juste laissé approcher par ce Jésus si contesté des pharisiens, et pourtant si bon. Il s’est laissé faire.
Dans sa simplicité, ce geste de Jésus rappelle le geste créateur de Dieu qui, par la poussière du sol, l’eau et la Parole, a créé l’homme. L’acte de foi de l’aveugle qui va se laver à la piscine, quant à lui, rappelle le passage sauveur à travers l’eau, le passage de la mer Rouge. Pour cet homme, c’est effectivement une vie nouvelle qui commence, une vie dans la lumière. C’est un jour de Salut. Il va devenir signe de Salut. Mais il devient du même coup, comme Jésus, signe de contradiction, de façon incompréhensible. On l’accuse d’avoir été sauvé…
Le geste, en effet, aurait pu passer plus ou moins inaperçu, comme un miracle de Jésus parmi d’autres. Mais il n’en fut rien. L’aveugle était connu. Depuis des années, à chaque prière au Temple, on le croisait. Et voici que ce Sabbat, ce jour saint, tous le voient se promener librement, voyant, sans doute émerveillé de la vie, peut-être un peu perdu, étourdi par cette situation inconnue. Comment ne pas s’étonner que cet homme, réputé « pécheur depuis sa naissance », se retrouve ainsi voyant, libre ? Il dit à qui veut l’entendre ce qui s’est passé, il raconte la scène si simple, le geste de miséricorde. Tout cela se passe un jour de Sabbat, et la tranquillité de la pratique religieuse en est troublée. Les pharisiens s’en offusquent. Ils se ferment au signe. Ils s’aveuglent.
Nous sommes tous nés aveugles. Tous les hommes sont pécheurs. Le jour de notre baptême, nous avons été guéris par le Christ, illuminés, absolument gratuitement. Nous pouvons le voir, le reconnaître, croire, et entrer en relation avec lui. Mais comme les pharisiens, nous pouvons aussi nous refermer sur notre tranquillité religieuse, ne pas nous laisser déranger, et ne pas entrer en relation. La contradiction est dans notre cœur.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Carême

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Combien de fois l’expression « ouvert les yeux » est-elle utilisée ? Et le verbe « voir » ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus a-t-il ouvert les yeux de l’aveugle ? De quoi est-ce un symbole ? Quelle vision lui rend-il à la fin ?

Vivre avec Jésus :

Comment le Christ est-il ma lumière ? Qu’est-ce que je vois grâce à lui ?

2e semaine de Carême : Contempler le Fils



2e dimanche de Carême A :
Matthieu 17, 1-9

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Le Père nous a donné son Fils à contempler, avant même de nous l’avoir donné à écouter. Il nous a permis de voir un reflet de la Lumière. Pierre, Jacques et Jean en ont eu une expérience toute particulière, certainement comblante, mais aussi déroutante. Mais à nous aussi il nous est proposé d’expérimenter une transfiguration. Dans la simplicité et peut-être la banalité de notre quotidien, la Lumière, le Christ, peut faire irruption, se manifester fugitivement et puissamment. Il s’agit, pour le reconnaître, d’être à l’écoute : à l’écoute de la Bible, bien sûr, mais aussi de sa présence invisible en nous et autour de nous.
Car écouter le Christ n’est pas seulement avoir connaissance de ce qu’il a dit. C’est lui permettre d’agir en nos cœurs, marcher à sa suite, le laisser s’unir à nous. L’écoute doit être relation. Cette relation est à la fois douce et terrifiante, comme pour les trois apôtres qui contemplent le Christ transfiguré. On se contente parfois, dans la vie de foi, de connaître Dieu « de loin », de savoir des choses sur lui comme on en sait sur beaucoup de personnes jamais rencontrées. Or, Dieu désire plus que cela pour nous. Le Salut qu’il nous propose est plus, bien plus, que de simplement croire que Dieu existe, ou de simplement savoir que nous continuerons à vivre éternellement. Il nous invite à retrouver une relation avec lui, une relation devenue terrifiante pour l’homme, mais qui est en réalité toute de douceur et de joie pour qui a été guéri de la peur.
En nous donnant le Fils, le Père nous indique le chemin. Il nous donne le moyen d’entendre sa Parole et d’y obéir. Il nous indique la porte de la Lumière. Le Fils est sa joie, et c’est justement lui qu’il nous envoie, qu’il nous donne pour que nous puissions communier à cette joie. Si le Père a mis toute sa joie dans son Fils, ne devons-nous pas faire de même ? Nous sommes appelés à participer à cette joie du Père en son Fils, à la joie du Fils en son Père.
Il est bien là notre Salut : quitter le pays où nous sommes, loin de Dieu, pays de mort et d’ombre, pour rejoindre le pays resplendissant de Vie, la lumineuse maison du Père, la Source de Vie.

Prière universelle :

PU 2e dimanche de Carême A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment Jésus délivre-t-il les Apôtres de leur peur ?

Comprendre sa foi :

D’où vient cette peur des Apôtres ?

Vivre avec Jésus :

Comment Jésus me guérit-il de ma peur de Dieu ?

5e dimanche : Servir la bonté et la beauté du monde



5e dimanche ordinaire A :
Matthieu 5, 13-16

Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde..

Ces deux images, le sel et la lumière, semblent à première vue bien différentes, et leur rapprochement peut laisser perplexe. Rien ne les rapproche extérieurement : le sel semble une réalité si humble et cachée, et la lumière si noble et éclatante ! Ils semblent parler de manière presque contradictoire de la vocation du chrétien.
Pourtant chacun des deux est à la fois caché et bien présent, humble et noble. Ils sont cachés, car tout relatifs aux autres choses : le sel est relatif aux aliments, et la lumière l’est aux objets. On ne goûterait guère le sel s’il ne mettait en valeur les autres aliments. On ne verrait pas la lumière si elle ne se reflétait pas sur les objets. Chacun est pour les autres, au service des autres, et c’est là leur noblesse : ils rendent bon, ils rendent beau. Ou peut-être devrais-je dire plutôt qu’ils révèlent la bonté et la beauté des choses, de la vie. Haute mission que l’on attend d’eux. L’échec de cette mission, la fadeur ou la pâleur, peut leur valoir le mépris, ou tout simplement l’ignorance.
Il est un autre point commun. Le sel, comme la lumière, pour accomplir leur noble vocation, doivent certes être présents, mais aussi rester humbles et discrets, ne pas s’imposer. La force du sel, comme celle de la lumière, pourraient en effet tout brûler, soit écraser tous les autres goûts, soit aplanir la diversité des couleurs. Or remplir leur service nécessite que les autres soient mis en valeur, finalement jusqu’à ce qu’on les oublie parce qu’ils donnent juste ce qu’il faut.
Belle parabole de notre place de chrétiens dans le monde. Il s’agit pour nous d’être là, bien présents au cœur du monde, dans notre spécificité, mais pour les autres. Parce que nous sommes peu, il faut avoir d’autant plus de goût, il faut briller d’autant plus pour accomplir notre vocation. Mais il faut aussi d’autant plus se donner dans le service, être pour le monde, aimer toute la Création de Dieu pour la rendre meilleure, et plus belle.

Prière universelle :

PU 5e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Une seule des deux images n’aurait-elle pas suffi au message ? Qu’apporte chacune ?

Comprendre sa foi :

Comment Jésus a-t-il été le premier sel de la terre et lumière du monde ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je désire marcher à la suite du Christ pour être avec lui sel et lumière ?

Présentation du Seigneur, baptême, et vie consacrée



Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur, fête de la lumière, fête de la vie consacrée. Pour les lectures de la messe : cliquez ici !

Présentation du Seigneur, fête de la Lumière

La fête de la Présentation du Seigneur fait mémoire d’un moment important des débuts de la vie de Jésus, elle nous y rend présents. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent le rite de la consécration du premier né au Seigneur. Ils l’offrent au Seigneur, à travers le sacrifice de deux petites colombes, faute pour eux d’avoir les moyens d’offrir un mouton. C’est l’annonce du propre sacrifice de Jésus, lors de sa Pâque. Il s’offrira alors comme l’agneau de Dieu, pour redonner lumière au monde obscurci par le péché. C’est cette lumière que le vieillard Syméon célèbre déjà aujourd’hui. Et la petite chandelle – qui a donné son nom à la chandeleur – que nous tenons dans les mains en ce jour ne peut que nous projeter en imagination vers la grande nuit de Pâques. C’est bien la fête de la Lumière que nous célébrons.

De noël à Pâques

En nous faisant vivre le rite de la lumière, la liturgie nous donne en effet l’occasion d’un lien discret et concret entre Noël et Pâques, entre le mystère de l’incarnation et le mystère pascal. Le sens de ce lien nous est donné par la lecture de la lettre aux Hébreux, qui trace un résumé de l’histoire de notre Salut : « ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham. Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. » Il s’agit de notre Salut personnel, et du Salut de toute l’humanité, célébré par le vieillard Syméon : « mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples ». Le Fils de Dieu s’est rendu en tout semblable à ses frères pour nous mener au Père.
Il est notre lumière dans son Incarnation, car en le voyant, nous pouvons nous reconnaître, homme, femme, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Même si nous nous trouvons parfois si défigurés par le péché, son Incarnation annonce que Dieu n’a pas désespéré de nous. Le Fils de Dieu fait homme sera aussi notre lumière dans son mystère pascal, lumière que nous pourrons suivre pour traverser les ténèbres de la mort. Ce passage sera notre guérison totale et définitive.

Le mystère de notre baptême

C’est donc le mystère de notre baptême que nous rappelons aujourd’hui. Nous avons tous été consacrés au Seigneur lorsque nous avons été plongés dans l’eau, symbole de sa mort et de sa résurrection. En ce jour, nous avons reçu une lumière, celle du Christ, celle-même que nous rappelons aujourd’hui. Nous avons alors reçu cette Lumière comme un soutien et comme une mission. Un soutien, car elle nous réchauffe et guide nos pas. Une mission, car elle nous est donnée non seulement pour nous, mais aussi pour nos frères et sœurs, pour le monde. La lumière et la chaleur sont à offrir, à partager avec d’autres.

Le mystère de la consécration religieuse

C’est bien ce double signe de la lumière qui est aussi au cœur de notre consécration religieuse. La grâce de Dieu a mis les consacrés en route sur les chemins de la vie religieuse ou monastique avec St Benoît et tous les fondateurs. Chacun avec notre petite chandelle, nous nous soutenons, nous nous éclairons, nous nous réchauffons les uns les autres. Pour que cela soit efficace, nous devons non seulement prendre soin de notre chandelle, mais aussi rester bien proche de nos frères, et les garder proches de nous. Notre marche ensemble multiplie la lumière et la chaleur.
C’est important pour nous. Mais c’est important aussi pour le monde. Cette lumière du Christ doit éclairer toutes les nations. La vie consacrée devrait porter à la vue de tous la lumière du baptême. Le Seigneur la suscite pour rendre visible le Salut, la miséricorde du Seigneur.
Si jamais la flamme de notre baptême faiblit, approchons-la donc de celle du Christ, et de celle de nos frères. Offrons-nous les uns aux autres la grâce qui nous a été donnée. Ouvrons-nous à celle qui anime nos frères. Et redisons ensemble notre choix d’offrir notre vie au Seigneur.

Épiphanie : Il est venu briller pour tous

Épiphanie A :
Matthieu 2, 1-12

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Elle est étonnante cette manifestation de Dieu que nous présente l’évangéliste Matthieu. Isaïe avait annoncé la venue des rois de la terre avec leurs présents vers la lumière du Seigneur. La prophétie de la première lecture est éblouissante. Le commencement de sa réalisation, dans l’évangile, est bien humble. Où donc est cette lumière ? Il y a certes une étoile, une étoile qui cause une grande joie à ceux qui marchent dans l’obscurité, mais pour le reste, la clarté est bien cachée. Le roi des juifs qui vient de naître n’est pas dans un palais, il n’est même pas dans une grande ville, mais seulement dans une bourgade périphérique. L’enfant n’est pas entouré d’honneurs, mais seulement d’une mère et d’un père qui se trouvent là par les hasards de la vie, réfugiés.
Ils sont beaux ces mages, ces païens, riches non pas tant de leurs présents que de leur sagesse, et surtout de leur recherche. C’est leur recherche qui les a menés avant tout. Ils ont entrepris leur voyage parce qu’ils étaient des hommes de désir, des chercheurs de lumière. Le désir leur a ouvert le cœur et les yeux pour remarquer cette étoile qui les a guidés. Et ils ont été parmi les premiers témoins à reconnaître dans cet enfant plus qu’un enfant de pauvres réfugiés. Pourquoi donc les chefs des prêtres et les scribes d’Israël n’ont-ils donc pas remarqué cette étoile, cette lumière annoncée par les prophètes ? Ils se montrent pourtant habiles guides du désir de leurs hôtes. Ils se montrent de bons réflecteurs de la lumière divine. Mais eux ne semblent pas aller au bout de leur sagesse. Peut-être leur désir s’est-il éteint ?
C’est un message pour nous autres chrétiens, qui sommes-nous parfois trop habitués à la lumière du Christ. Nous avons la grâce de vivre dans cette lumière, et nous ne nous rendrons jamais assez compte du privilège que cela constitue au milieu d’un monde parfois très enténébré. Nous sommes entourés de personnes qui désirent cette lumière, et qui se réjouissent lorsque, dans leur nuit, il perçoivent une petite étoile qui leur indique la présence d’un « au-delà » de notre monde. Peut-être avons-nous les réponses à leurs questions. Peut-être même pouvons-nous devenir cette étoile, ce reflet de la lumière divine, et faire leur joie.

Prière universelle :

PU Épiphanie A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel thème rapproche les trois lectures ?

Comprendre sa foi :

Est-ce seulement l’étoile qui provoque la très grande joie des mages ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je attentif à la lumière du Christ dans l’humble quotidien de ma vie ?

Veille, patience, espérance, avec les Pères du désert



Patienter et veiller. Attendre que se lève l’aurore. Guetter le Jour sans couchant, le Jour éternel. Espérer la venue définitive de la Lumière, et ne se préoccuper de rien d’autre. Chercher Dieu qui se manifeste au cœur de nos vies, puis se retire pour être désiré, et apparaît encore, discrètement, dans la prière, dans le combat spirituel, dans le frère, dans l’étranger. Ainsi se déroule la vie du moine. Il lui faut tenir dans le temps, et avec patience endurer sa longueur jusqu’à ce que l’éternité se dessine, qu’elle advienne dès cette vie.
Les Pères du désert, premiers moines chrétiens, ne voulaient pas attendre l’heure de la mort pour entrer dans l’éternité, et qu’advienne pour eux l’abolition du temps. Éloignés de la société, cachés au désert, ils se retiraient de l’extériorité pour vivre dans le lieu intérieur de l’intime relation avec Dieu. De même, par leur recul vis-à-vis des affaires des hommes, leur patience dans la solitude, et leur endurance dans la prière, ils conjuraient le temps, ils se retiraient déjà du temps. Ces hommes étaient impatients du Royaume éternel.
Allons rencontrer quelques-uns de ces « Abba » du IVe siècle qui ont fait de la radicalité l’ordinaire de leur vie. N’ayons pas peur de leur étrangeté. Ils étaient pétris de l’Évangile, et c’est leur désir ardent de Dieu qui les a poussés, parfois jusqu’à l’excès, vers les limites de la nature corporelle. Notre société, dans son mépris de Dieu, magnifie le corps, pourtant mortel, et cherche à retenir le temps pour oublier son issue. Ces frères ermites, eux, tendaient vers le corps de gloire, vers la vraie Vie, et méprisaient les choses de ce monde par amour du Christ. C’est pourquoi leurs actes et leurs paroles nous bousculent en proclamant l’urgence du Royaume et l’unique nécessaire : Dieu.

Poursuivre la lecture

20e dimanche : Apporter le feu

20e dimanche ordinaire C :
Luc 12, 49-53

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Jésus ne mâche pas ses mots ce dimanche. Il apporte le feu et la division.
Le feu, c’est l’épreuve qui purifie, le baptême dans la mort du Christ. C’est le feu de l’amour qui embrase, se propage, et pousse à tout donner. C’est le feu de la Vérité, lumière qui chasse les ténèbres de notre ignorance. Au long des siècles et jusqu’à aujourd’hui on voit encore le feu de l’Évangile, l’Amour et la Vérité, se répandre partout et en tout temps, même si parfois il semble réduit à quelques flammèches.
Ce feu de l’Évangile se répand visiblement, certes, et nous sommes appelés à y contribuer. Mais aussi et surtout le feu que le Christ est venu apporter doit travailler invisiblement, au fond des cœurs, pour embraser chaque chrétien. Celui qui s’abandonne à ce feu brûle les entraves du péché et va vers le Christ, marche à sa suite. Au creuset de l’humilité, la force naît dans la faiblesse, et le feu nous fait devenir comme des torches vivantes, destinées à propager la Miséricorde du Seigneur dont nous sommes les bénéficiaires par le baptême.
La division, c’est l’expérience de l’hostilité. Qui parle et agit au nom de Dieu, qui se fait porteur du feu de Dieu, doit s’attendre aussi à rencontrer l’hostilité des ennemis de Dieu. Il fera ainsi l’expérience de la division entre la Lumière de Dieu et les ténèbres du refus de Dieu. Cette division est extérieure, certes, face à ceux qui refusent le Christ et luttent contre lui en luttant contre nous. Tout le monde n’y est pas confronté de la même manière, même si cela fait partie de l’expérience chrétienne. Mais la division est aussi intérieure, face à notre péché auquel nous nous attachons tant. Devant cette lutte intérieure, chacun doit recevoir la miséricorde de Dieu qui délivre des entraves. Plus la foi est vive, plus le chrétien vit cette division interne entre ce qui est du Christ et ce qui ne l’est pas. C’est le chemin et le prix de la liberté.
Nous n’avons pas à avoir peur, ni à nous décourager. Nous participons déjà à la gloire du Christ en luttant ainsi avec lui, en étant brûlé intérieurement par le même feu que lui. Une foule innombrable de témoins de la foi nous entoure et nous accompagne. Qui se laissera embraser et purifier ? Il deviendra torche pour le monde.

Prière universelle :

PU 20e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels fils conducteurs peut-on remarquer entre les trois lectures de ce dimanche ?

Comprendre sa foi :

Quel est le rapport entre le feu qu’apporte Jésus et le baptême ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je à cœur de propager le feu que Jésus a allumé ?

Épiphanie : Nous avons vu son étoile

Épiphanie C :
Matthieu 2, 1-12

Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui.

Quelle est cette étoile qui a conduit les mages vers le roi qui venait de naître ? Sans doute la Création toute entière s’est-elle mise en quatre pour accueillir son Créateur. Elle a pourtant respecté sa discrétion, probablement pour ne pas effaroucher les hommes pécheurs qui se méfient de Dieu depuis le péché originel. Quoi de plus caché qu’une étoile au milieu de milliards d’autres ? Mais peut-être était-ce une comète ? Quoi qu’il en soit, la lumière de cette étoile n’a pourtant pas échappé à ceux qui avaient appris à voir au-delà du visible. Ils ont vu la lumière extérieure, mais certainement et bien plus se sont-ils ouverts à la lumière intérieure.
Mais alors, qui donc sont ces mages venus d’Orient ? C’étaient des hommes ouverts à la Lumière qui devait venir dans le monde. Cela suffit pour leur accorder ce titre de « mages ». Ils étaient sans doute aussi grands, cultivés, et respectés que les bergers de la crèche étaient petits, rustres, et méprisés. Pourtant ils vivaient dans les périphéries, et cela les rapproche finalement de ces bergers. Ils ne faisaient pas partie du peuple choisi, ils venaient de loin. Les bergers, eux, étaient mis à l’écart. Les uns comme les autres ont pourtant été les premiers témoins de la Lumière qui venait dans le monde. Ils ont été les premiers à en être illuminés.
Qui sont les mages d’aujourd’hui, qui sont les bergers ? On connaît les bergers, ces pauvres aux périphéries du monde. Le Seigneur se fait proche d’eux. Il vient pour eux. Mais il y a aussi des mages modernes. Il y a des hommes au cœur droit et ouvert, qui ont la bienveillance de Dieu, prêts à venir l’accueillir et l’honorer quand se lèvera l’étoile.
L’Église sera-t-elle cette étoile ? Serons-nous pour eux cette étoile ? Serons-nous non seulement ces prêtres et ces scribes qui savent indiquer où aller, mais qui y vont eux aussi, précédant les autres dans la crèche au lieu de rester au chaud dans nos églises et nos maisons ?

Prière universelle :

PU Epiphanie C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles sont les ressemblances entre la première lecture et l’Évangile ?

Comprendre sa foi :

Dans la seconde lecture, St Paul explique un point important de notre foi : quel est le lien avec la venue des mages ?

Vivre avec Jésus :

Qu’est-ce que je pense des gens de notre temps qui cherchent Dieu sans partager ma foi ?