Archives pour l'étiquette baptême

Baptême du Seigneur : Quand s’ouvre le ciel



Baptême du Seigneur C :
Luc 3, 15-22

Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.

Il est toujours bon d’être plongé dans la prière de Jésus. Saint Luc est très attentif à nous le présenter ainsi, à le contempler dans son rapport intime au Père, et il est en cela un maître. Voici la première fois qu’il nous montre Jésus en train de prier. Nous sommes après son baptême, et avant qu’il parte pour le désert. Moment très important, rapporté par les quatre évangélistes, et que certains appellent la vocation de Jésus. La prière dans laquelle nous allons être plongés avec lui, c’est l’Esprit Saint.
Jésus est homme comme tout le monde, pleinement homme, né d’une femme. Dans son humilité, il se joint au grand mouvement spirituel de conversion qui s’opère dans la mouvance de Jean, le Baptiste. Lui aussi s’avance, au milieu de tous, pour être plongé dans l’eau et dire à Dieu son désir de purification. Lui n’a pas besoin de purification. Mais nous avons besoin qu’il prie pour notre purification. Il vient accomplir sa mission de grand prêtre, d’intercesseur au milieu des hommes. C’est pourquoi le baptême le pousse à la prière. Comme Jean prenait l’eau pour la verser sur la tête de ceux qui s’avançaient vers Dieu, ainsi Jésus étend les mains afin d’implorer le Père de répandre l’Esprit sur ceux qui croiront en lui. Et il se trouve plongé le premier dans l’Esprit Saint.
Elle est belle, l’intimité de cette scène. Elle est mystérieuse, l’intimité de la prière. Nous pouvons un peu la mesurer à ses fruits : le don de l’Esprit, la Voix du Père reconnaissant et appelant son Fils, Unique entre tous. L’Esprit est donné à Jésus en vue du baptême dont il doit baptiser le monde. Il lui est donné pour lui, d’abord, pour qu’il accomplisse jusqu’au bout sa vocation de Sauveur, avant de retourner auprès du Père. Déjà sa mission est commencée : les Cieux se sont ouverts lorsqu’il s’est fait homme dans le sein de Marie à l’ombre de l’Esprit. Les Cieux viennent de s’ouvrir en réponse à sa prière, sa demande de l’Esprit. Bientôt sur la Croix il remettra cet Esprit au Père pour qu’il soit répandu sur l’Église au jour de la Pentecôte, et sur tous les baptisés, jusqu’à nous.
Laisserons-nous cette onction divine se répandre sur tous ceux qui nous côtoient ?

Prière universelle :

PU Baptême du Seigneur C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels liens unissent Jésus et le peuple dans cette histoire ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi cet épisode est-il important ? Qu’est-ce qu’il nous fait connaitre de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Et moi qui suis baptisé, est-ce que je prie comme Jésus pour que le monde entier reçoive l’Esprit Saint ?

Trinité : au cœur du baptême



Dimanche de la Trinité :
Matthieu 28, 16-20

Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.

Nous sommes envoyés manifester au monde le Dieu Trinité. Il ne s’agit pas d’abord d’annoncer une vérité. Moins encore d’expliquer l’inexplicable de ce Dieu qui défie nos logiques mathématiques.
Baptiser au nom du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, c’est mettre les hommes en relation avec le Dieu Amour.
Le Père qui nous a créés est présent à nous en tout ce que nous vivons. Il se réjouit de nos joies et compatit à nos détresses jusqu’à nous donner son Fils.
Le Fils est venu parmi nous, et il reste parmi nous jusqu’à la fin des temps. Il nous permet sans cesse de passer de la mort à la Vie grâce à l’Esprit qu’il nous transmet.
L’Esprit répandu dans nos cœurs vient nous faire vivre de la vie divine. Il nous transforme de l’intérieur pour nous reconduire vers le Père.
Ne cherchons pas à comprendre la Trinité.
Laissons-nous prendre par elle, comme à notre baptême
.

Prière universelle :

PU Trinité B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus nous donne une double mission : laquelle ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi chacune des deux parties de cette mission est-elle importante ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je une relation avec chacune des personnes de la Trinité ?

Ascension : Parti pour mieux rester



Ascension B :
Marc 16, 15-20

Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Le Christ ne monte pas au Ciel pour nous abandonner et être enfin tranquille à la droite du Père. Il part pour mieux rester, pour mieux « travailler », c’est-à-dire accomplir l’Oeuvre du Salut pour tous les hommes de tous les temps. Il envoie les Apôtres en mission parce que c’est par l’intermédiaire de leur parole et de leurs actes qu’il veut désormais agir sur le monde.
Dieu donne ses dons aux chrétiens pour qu’ils soient coopérateurs de sa grâce : immense privilège ! Insurpassable dignité des enfants de Dieu ! Par la plénitude du Don, l’Esprit Saint, l’Esprit du Christ, reçu au Baptême, à la Confirmation, à chaque Eucharistie, nous devenons présence réelle de Dieu au cœur du monde. Par nous qui sommes le Corps du Christ, le Salut doit atteindre chaque cœur.
Allons donc dans le monde entier.
Proclamons la Bonne Nouvelle à toute la Création.

Prière universelle :

PU Ascension B
PU 7e dimanche de Pâques B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi est-ce important que Jésus aille au Ciel d’après cet évangile ?

Comprendre sa foi :

« assis à la droite de Dieu » : qu’est-ce que cela nous révèle de la personne de Jésus et du sens de l’Ascention ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je proclame la Bonne Nouvelle dans ma vie?

4e semaine de Pâques : Être brebis du Bon Pasteur



4e dimanche de Pâques B :
Jean 10, 11-18

Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.

Quelle étroite relation entre le pasteur et les brebis ! Est-il vraiment possible qu’elle soit aussi étroite qu’entre le Père et le Fils ? Ou bien serais-ce là seulement une manière de parler de Jésus qu’il ne faudrait pas prendre à la lettre ?
Non, Jésus ne parle pas en vain. Jésus n’exagère pas, car il est la Vérité. C’est bien la plus intime communion de vie qu’il nous propose. Le Fils de Dieu est venu pour que nous puissions partager avec lui son cœur à cœur avec Dieu le Père.
Comment cela se fera-t-il, puisque nous sommes simplement humains ? La vie que Jésus nous donne sur la croix, la vie que ce bon pasteur donne pour ses brebis, c’est une vie divine. La vie que nous recevons par la foi, cette vie que nous recevons par le baptême et l’Eucharistie, c’est la vie même de Dieu. Le Christ ressuscité vient vivre en nous.
À nous de laisser Dieu vivre en nous, de nous prendre en lui. Étrangement, se laisser aimer n’est pas facile, car nous sommes habitués à survivre coupés de Dieu. Marqués par la mort, la plénitude de vie fait peur à l’homme, il a l’impression qu’il va se perdre et non gagner la vraie Vie. C’est le choix de la foi.
Ce choix de la foi, de vivre en baptisé a aussi pour effet de nous unir les uns aux autres par le lien d’un même amour, et de nous laisser guider vers une même espérance. À nous de laisser le Christ ressuscité conduire vers l’unité toutes ses brebis. À nous de laisser l’Esprit Saint pénétrer au plus profond de notre être pour nous introduire dans un cœur à cœur avec le Père.
Il y a juste besoin de notre consentement…

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Pâques B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

« j’ai le pouvoir de reprendre ma vie » : que veut donc dire Jésus ?

Comprendre sa foi :

Que nous enseigne ce texte sur la résurrection de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je désire rencontrer de plus en plus Jésus ressuscité, lui qui vit en moi ?

Baptême du Seigneur B : Celui sur qui repose l’Esprit



Baptême du Seigneur :
Marc 1, 7-11

il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui

Le premier dimanche de l’Avent, nous avons imploré avec le prophète Isaïe : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais » (Is 63, 19). Durant l’Avent et le temps de Noël, nous avons célébré l’attente et la venue de Celui sur qui reposerait l’Esprit. Ainsi l’avait annoncé le même Isaïe : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur » (Is 11, 1-2) ; « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit » (Is 42, 1) ; et encore une autre prophétie que Jésus s’est attribuée à lui-même (Lc 4, 16-21) : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » (Is 61, 1). Voici qu’aujourd’hui, alors que Jésus sort de l’eau après avoir été baptisé par Jean, la prophétie s’accomplit. C’est par cette descente de l’Esprit que Jean-Baptiste peut reconnaître Celui qu’il annonçait, Celui qui venait baptiser dans l’Esprit Saint.
Lors de la Nativité à Bethléem, le Verbe s’est fait chair dans le secret, dans la discrétion. À présent, durant les fêtes de l’Épiphanie, que nous concluons avec le mémorial du Baptême du Seigneur, il est manifesté au monde. Ce n’est pourtant pas une manifestation éclatante : il faut la finesse spirituelle de Jean le Baptiste pour la percevoir. Pourtant cette graine divine semée trente ans auparavant dans le monde commence à germer à la vue de tous et bientôt commencera à porter un fruit surabondant.
Jésus commence sa vie publique en se soumettant au baptême de repentir de Jean, dont il n’avait nul besoin. Lui qui est Dieu s’est fait semblable aux hommes, il prend sur lui toute leur condition jusqu’à se faire solidaire du péché, de l’éloignement de Dieu. Déjà la mort sur la Croix se profile, mais aussi la résurrection. Jésus est baptisé dans le Jourdain, à l’endroit où traditionnellement le peuple hébreux, mené par Josué, a aussi traversé la rivière pour entrer dans la Terre Promise après sa sortie d’Égypte et son errance purificatrice au désert. Jésus est le vrai Josué qui vient nous introduire dans véritable Terre, la Vie éternelle.
Notre introduction dans la vie éternelle se fera par la transmission de l’Esprit qu’il a reçu. C’est sa mission. C’est la mission qu’il reçoit du Père en ce jour de sa vocation, quand il l’appelle : « Fils bien-aimé ». En prenant notre condition, et en nous transmettant l’Esprit qu’il a reçu et qui repose sur lui en plénitude, il va faire de nous des fils adoptifs. Puissions-nous, comme lui, nous donner au Père dans notre vocation personnelle, aimer nos frères jusqu’au bout, et faire ainsi la joie de Dieu !

Prière universelle :

PU Baptême du Seigneur B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la deuxième lecture, en liant « l’Esprit, l’eau et le sang » aide-t-elle à rapprocher le baptême de Jésus de son Mystère pascal (mort, résurrection, pentecôte) ?

Comprendre sa foi :

Quels liens peut-on faire entre le baptême de Jésus et les sacrements du baptême et de la confirmation ?

Vivre avec Jésus :

Jésus reçoit aujourd’hui sa mission de Messie par l’intermédiaire de Jean-Baptiste. Y a-t-il (eu) des « Jean-Baptiste » qui m’aident (m’ont aidé) à découvrir le don de l’Esprit que j’ai reçu ?

28e dimanche : Tout est prêt, venez !



28e dimanche ordinaire A :
Matthieu 22, 1-14

J’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.

Les paraboles de Jésus ne manquent pas de paradoxes. Celle qui nous est proposée ce dimanche en offre une succession. Il est bien étrange que des invités aux noces du fils du roi refusent de venir. Il est plus incompréhensible encore qu’en réponse à l’insistance du roi, ses envoyés soient méprisés, chacun préférant son travail ou son commerce, et répondant à la bonté par la violence. La réaction du roi, pourtant bon, qui se met en colère contre les invités puis rassemble pour son festin ceux qui ne l’étaient pas, peut aussi surprendre. Pourquoi ce refus des invités ? Il paraît tout à fait insensé ! Et pourquoi vouloir remplir la salle du festin à tout prix, quitte à refouler l’un ou l’autre qui n’aurait pas d’habit de noces ?
Les paraboles parlent de chacun de nous. Elles décrivent notre vie. Elles nous renvoient à notre cœur. Leurs paradoxes sont un miroir des nôtres. D’une manière ou d’une autre, nous sommes invités aux noces. Mais comment répondons-nous à cette invitation ? Nous mettons-nous en chemin pour aller les célébrer ? Ou bien préférons-nous nos champs et nos commerces ? Le Royaume des Cieux n’est pas un état futur qui nous attend après cette vie, dans un au-delà. Il commence ici-bas, et maintenant. Certains ont entendu l’invitation, ont reçu au baptême un vêtement adéquat, ont appris plus ou moins le chemin pour s’y rendre, celui de l’amour de Dieu et des frères. Mais l’invitation a peut-être été perdue ou ignorée, le vêtement est la proie des mites, et le chemin du bien-être a supplanté celui de la vraie joie. D’autres ont suivi le chemin de l’amour, attirés par les chants de fête, ils se sont revêtus d’humilité et de bonté par le don d’eux-mêmes, et finalement ils ont été invités alors qu’ils ne l’étaient pas.
Nous autres chrétiens sommes les invités. Notre réponse n’est jamais parfaite. Comment nous rendons-nous au festin eucharistique ? Nous ne pouvons nous satisfaire de l’invitation, encore faut-il se revêtir concrètement de l’amour, du don de soi au quotidien.
Nous sommes aussi les serviteurs chargés d’inviter nos frères. Vers qui allons-nous ? Quand les invités ne répondent pas ou nous maltraitent, le Roi nous envoie vers les périphéries, vers ceux qui ont leur cœur ouvert et prêt, même s’ils n’ont pas reçu d’invitation préalable.

Prière universelle :

PU 28e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels sont les mots répétés le plus souvent dans cette parabole ?

Comprendre sa foi :

Comment cette histoire éclaire-t-elle le Baptême, l’Eucharistie, la mission ?

Vivre avec Jésus :

Puis-je me retrouver dans les différentes catégories de personnes ?

4e Semaine de Pâques : La Porte de la Vie



4e dimanche de Pâques A :
Jean 10, 1-10

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

Le Fils de Dieu est passé par la porte de notre humanité pour entrer dans la bergerie et venir nous chercher. Il convient que nous passions par la porte de son humanité pour aller vers le Père et retrouver ainsi la communion avec la Source de la Vie. Jésus nous invite à sortir vers les gras pâturages, à ne pas rester enfermés dans ce monde qui passe, à ne pas nous nourrir de superficialité. Déjà ici-bas nous pouvons passer dans une autre vie, quitter les ténèbres de toutes sortes de vices, renoncer à l’errance d’une vie sans vrai but, pour vivre plus pleinement.
C’est un mystère de vie dont il s’agit, un mystère de renaissance. Notre véritable pâturage est au-delà de cette vie, plus profond que ses apparences, plus loin et plus haut que nos horizons limités par la souffrance et la mort. Il n’est pas seulement question d’attendre la résurrection des morts. Le Ressuscité nous invite à mourir à une certaine conception égoïste de l’existence, pour revivre dans la joie de la communion avec Dieu et avec les autres. Cette vie nouvelle nous est donnée par l’Esprit du Christ qui vient transformer notre regard et nos actions si nous le laissons faire, et plus encore si nous le lui demandons.
La renaissance commence pour chaque chrétien dans le Baptême. La Confirmation nous donne force pour notre croissance, en particulier dans le service des autres. Et à chaque Eucharistie, la Voix de Jésus résonne, l’Esprit Saint est invoqué sur nous pour entretenir la Vie et la renouveler. La Vie engloutit alors en nos cœurs la maladie mortelle du péché, et laisse place au fruit du Christ.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Pâques A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus semble s’appliquer plusieurs images, lesquelles ?

Comprendre sa foi :

Que nous enseigne l’image de la porte, que nous dit-elle de la mission de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Quelles sont les portes que j’emprunte pour vivre mieux ? Est-ce que je cherche celle que le Christ veut pour moi ?

4e semaine de Carême : Croire ou refuser de voir ?



4e dimanche de Carême A :
Jean 9, 1-41

Jésus cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé »

L’aveugle n’a rien demandé. La vie avait fait de lui un mendiant dès sa naissance, considéré comme pécheur depuis toujours, sans contact personnel avec les autres, livré aux ténèbres. Il gisait là, sur les marches, privé de dignité humaine, juste bon à servir d’alibi pour les aumônes des gens de bien. Il faisait partie du paysage, on était habitué à le voir. Jésus, lui, s’arrête, il le considère, il le touche, il le sauve de ses ténèbres. L’aveugle n’a rien fait pour cela, il s’est juste laissé approcher par ce Jésus si contesté des pharisiens, et pourtant si bon. Il s’est laissé faire.
Dans sa simplicité, ce geste de Jésus rappelle le geste créateur de Dieu qui, par la poussière du sol, l’eau et la Parole, a créé l’homme. L’acte de foi de l’aveugle qui va se laver à la piscine, quant à lui, rappelle le passage sauveur à travers l’eau, le passage de la mer Rouge. Pour cet homme, c’est effectivement une vie nouvelle qui commence, une vie dans la lumière. C’est un jour de Salut. Il va devenir signe de Salut. Mais il devient du même coup, comme Jésus, signe de contradiction, de façon incompréhensible. On l’accuse d’avoir été sauvé…
Le geste, en effet, aurait pu passer plus ou moins inaperçu, comme un miracle de Jésus parmi d’autres. Mais il n’en fut rien. L’aveugle était connu. Depuis des années, à chaque prière au Temple, on le croisait. Et voici que ce Sabbat, ce jour saint, tous le voient se promener librement, voyant, sans doute émerveillé de la vie, peut-être un peu perdu, étourdi par cette situation inconnue. Comment ne pas s’étonner que cet homme, réputé « pécheur depuis sa naissance », se retrouve ainsi voyant, libre ? Il dit à qui veut l’entendre ce qui s’est passé, il raconte la scène si simple, le geste de miséricorde. Tout cela se passe un jour de Sabbat, et la tranquillité de la pratique religieuse en est troublée. Les pharisiens s’en offusquent. Ils se ferment au signe. Ils s’aveuglent.
Nous sommes tous nés aveugles. Tous les hommes sont pécheurs. Le jour de notre baptême, nous avons été guéris par le Christ, illuminés, absolument gratuitement. Nous pouvons le voir, le reconnaître, croire, et entrer en relation avec lui. Mais comme les pharisiens, nous pouvons aussi nous refermer sur notre tranquillité religieuse, ne pas nous laisser déranger, et ne pas entrer en relation. La contradiction est dans notre cœur.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Carême
PU Annonciation du Seigneur, 25 mars

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Combien de fois l’expression « ouvert les yeux » est-elle utilisée ? Et le verbe « voir » ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus a-t-il ouvert les yeux de l’aveugle ? De quoi est-ce un symbole ? Quelle vision lui rend-il à la fin ?

Vivre avec Jésus :

Comment le Christ est-il ma lumière ? Qu’est-ce que je vois grâce à lui ?

Le Carême : en quarantaine avec le Christ pour médecin



Le Carême : en quarantaine spirituelle

Le mot Carême vient du latin « quarantième », pour désigner le quarantième jour avant Pâques. Cette « quarantaine » peut nous mettre sur la piste du sens du Carême. Si les chrétiens se mettent donc « en quarantaine », c’est pour se préparer à une opération chirurgicale spirituelle : Pâques. Cette opération, c’est le baptême, qui retire de notre être le venin de mort pour nous lancer dans une vie nouvelle d’enfant de Dieu. Pour certains, l’opération va avoir lieu durant la nuit de Pâques. Ils se préparent donc à vivre cette opération vitale, et bénéficient d’une cure intensive durant les jours qui précèdent : ce sont les catéchumènes. Mais tous les chrétiens sont concernés, puisque cette même nuit sera le mémorial et la célébration de leur propre baptême, de leur renaissance dans le Christ, et du rachat de l’Humanité entière, et même de toute la Création. Les baptisés sont donc invités à vivre cette cure pour conserver ce qu’ils ont déjà reçu. Poursuivre la lecture

Baptême du Seigneur : Institué par la voix du Père



Baptême du Seigneur A : Institué par la voix du Père
Matthieu 3, 13-17

Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »

Pour conclure le temps de Noël, célébration de la première manifestation du Christ au monde, la liturgie nous donne à entendre la voix du Père. Quel cadeau ! Ce cadeau, nous le devons au Seigneur Jésus lui-même, qui seul peut l’avoir raconté, offert à ses disciples. C’est le récit d’une vocation, au sens propre : Jésus est appelé par son nom, et par là institué par son Père. Jésus est désigné par son nom le plus essentiel. Le nom, c’est très important, surtout dans la Bible : le nom donné par Dieu dit l’identité et la « vocation » de la personne. Ce nom de « Fils bien-aimé » dit à la fois la plénitude de sa dignité divine, et l’essentiel de sa mission humaine. Il est Fils unique, bien-aimé, venu révéler aux hommes l’amour du Père.
L’Esprit vient reposer sur Jésus, la plénitude de l’Esprit de Dieu. Ce n’est pas qu’il n’y était pas avant, puisqu’on sait qu’il est à l’œuvre depuis sa conception. Il s’agit d’une manifestation pour le monde. L’action de l’Esprit a permis l’Incarnation. L’action de ce même Esprit institue aujourd’hui la mission. Par cette onction, tout va s’accomplir.
C’est l’onction sacerdotale que reçoit Jésus de son Père, au moment où, à la surprise de Jean lui-même, il descend dans les eaux pour participer à la purification de tout le Peuple. « Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. » (He 2, 17) Il accomplit toute justice, il nous ouvre le chemin de l’obéissance au Père : « Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l?obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l?a proclamé grand prêtre de l?ordre de Melkisédek. » (He 5, 8-10).
C’est aussi l’onction prophétique que reçoit Jésus. Il est le fils/serviteur annoncé par Isaïe dans la première lecture. En grec, c’est le même mot… Il est l’élu de Dieu, le choisi, sur qui repose l’Esprit, pour aller parler à toutes les Nations.
C’est aussi l’onction royale que reçoit Jésus, car la voix du père évoque le Ps 2, 7 « Il m’a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » », en écho à la prophétie de Nathan à David à propos de sa descendance : « Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. » (2 Sm 7, 14).
Dans l’Ancien Testament, le Bien-aimé par excellence, fils promis, unique, chéri de son père, c’est aussi Isaac. De lui Abraham a entendu : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. » Dans la vie de Jésus, toute paternité et toute filiation s’accomplit en plénitude : la voix du Père nous l’atteste. Mystère.

Prière universelle :

PU Baptême du Seigneur A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la première lecture éclaire-t-elle la personne et la mission de Jésus ? Et la seconde, qu’ajoute-t-elle ?

Comprendre sa foi :

Qui est Jésus selon ces lectures ? Et qui sommes-nous en lui, nous qui sommes devenus fils de Dieu par le baptême et la confirmation ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je prends le temps d’entendre le Père me dire que je suis son fils/sa fille bien-aimé(e) sur qui repose l’Esprit ?