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Prier en couple à l’école des moines



Prier en couple : tout un programme… C’est même le croisement de deux programmes : prier, et vivre en couple. Mettre la prière au cœur du couple, c’est prendre soin du don reçu lors du sacrement de mariage. C’est un des moyens de rester ouvert à cette grâce que Dieu donne chaque jour, à chaque pas. Lieu de communion et d’entraide dans l’ouverture à Dieu, service du couple et de chacun de ses membres, mais aussi mission commune au cœur de l’Église et du monde : la prière englobe beaucoup de dimensions de la vie conjugale.
Le but ici n’est pas de faire un plaidoyer pour la prière conjugale, ni même une explication de son importance. Il s’agit simplement de donner quelques points de repères pratiques pour savoir comment faire, et s’y mettre effectivement. Les couples sont invités à prendre exemple sur la prière de l’Église, qui se manifeste notamment dans la prière des moines. On y trouve bien des éléments qui peuvent être utiles à imiter en les adaptant.

Prendre rendez-vous pour prier en couple

Dieu est toujours présent, partout présent, et il a tout son temps. Pas nous. C’est même plutôt le contraire pour nous. Nous n’avons jamais le temps, nous courons partout et nulle part, et nous sommes rarement présents à Dieu, aux autres, et à nous-mêmes. C’est pourquoi pour prier, comme pour toute autre activité, il est nécessaire de prendre rendez-vous.
Les moines ont des rendez-vous de prière sept fois par jour. Ils savent où ils doivent aller, à quelle heure, pour combien de temps, et dans quelle position se tenir. Et si vous preniez rendez-vous pour votre prière conjugale ? On prend des rendez-vous à longueur de temps avec beaucoup de personnes, mais on oublie trop souvent d’en prendre avec son conjoint (et plus encore avec Dieu). Comme si la rencontre allait de soi. Mais elle va rarement de soi, surtout pour prier.
Pour ôter un obstacle à la prière conjugale, il est donc bon de décider d’abord :

  • à quelle fréquence on va se retrouver
  • à quel moment et pour combien de temps (le temps est le premier défi à surmonter)
  • , et dans quelle disposition (le lieu est important aussi)

Et puis on adapte son programme en fonction de cela. On se retrouve effectivement, quelle que soit l’humeur ou les circonstances extérieures, et s’il s’avère qu’il y ait une obligation insurmontable, on décale le rendez-vous. Mais on ne l’annule pas, car c’est important. Ou bien en cas d’absence prolongée de l’un ou de l’autre, on peut vivre ce temps à distance et en communion. Cette objectivité – accompagnée de régularité – sera une grande aide pour persévérer, passer les obstacles, et approfondir tant la prière que la vie conjugale.

Savoir comment on va prier en couple

Réinventer chaque fois ses temps de prière, c’est fatiguant, ça prend du temps, et c’est finalement décourageant déjà quand on est seul. Alors quand on est à plusieurs, c’est pire ! Il existe différentes manières de prier, différents types de prière. Chacun a été habitué à l’une ou à l’autre forme. Dans un couple, comme dans une communauté, les formes privilégiées peuvent correspondre, ou non. Comme pour bien d’autres choses, il va falloir s’accorder pour ce qui est commun, et laisser à chacun une liberté personnelle de faire selon ses goûts lorsqu’il est seul.
C’est pour cela que la prière des moines, et plus généralement la prière officielle de l’Église, la prière liturgique, est organisée. Elle est construite de manière à ce qu’elle soit équilibrée, et nourrissante pour la vie spirituelle. Comme un bon repas pour la vie physique. Et si vous organisiez votre prière de couple à l’exemple de la prière de l’Église ? Après tout, le couple et la famille constituent une petite Église !
Il y a trois grandes composantes dans la prière liturgique, l’office divin :

  • au centre, au cœur, il y a l’écoute de la Parole de Dieu, et sa méditation dans un petit temps de silence ;
  • on fait précéder cette écoute par un temps d’introduction et de préparation ;
  • à l’écoute succède une réponse et une conclusion.

Au cœur de la prière : écouter ensemble

Dès qu’on parle de prière, une remarque arrive assez vite : il est difficile de se retrouver confronté au silence de Dieu. On n’arrive pas à persévérer dans la prière parce qu’on n’entend pas Dieu, et on lui en fait généralement porter la faute. Certes, Dieu n’est pas bavard. Mais si nous ne l’entendons pas, le problème vient plus souvent de ce que nous ne l’écoutons pas. Le temps de la prière est avant tout un moment où l’on se pose pour écouter. Et Dieu parle avant tout à travers la Révélation qu’il a donnée de lui depuis l’appel d’Abraham jusqu’à Jésus et la disparition des Apôtres, ses premiers témoins.
La prière liturgique de l’Église est toujours une célébration de la Parole de Dieu. On laisse résonner la Révélation dans nos vies, et cela jusqu’à la fin des temps. On ne se lasse pas de méditer les paroles d’amour que le Seigneur nous a adressées, les paroles de l’Époux, qui sont Esprit et Vie.
Pour prier en couple, écoutez donc ensemble la Parole que Dieu a adressée à l’humanité. Elle est aussi directement pour vous. Laissez-vous façonner ensemble par cette Parole. Nourrissez-vous ensemble. « Ensemble » ne veut pas dire « de la même manière ». Dans un repas l’un profitera plus des vitamines et l’autre des protéines. À chacun selon ses besoins. C’est pareil dans la prière : Dieu donne à chacun selon ses besoins spirituels. D’où l’importance d’une prière équilibrée, comme un repas. La Parole de Dieu est la nourriture la plus équilibrée qui soit.
Lisez-vous mutuellement un passage de la Parole de Dieu : soit une des lectures de la messe du jour, soit le petit passage prévu par le bréviaire à l’heure où vous priez, soit une lecture continue d’un évangile ou d’un autre livre de la Bible. Ainsi vous vous annoncerez l’un à l’autre la Bonne Nouvelle. Puis prenez un temps pour méditer. Vous pouvez le faire en silence. Vous pouvez aussi avoir un temps de partage, vous dire une impression, quelque chose qui vous marque. Cela peut être court, ou bien plus long, comme une lectio divina. Assaisonnez le plat à votre convenance !

Se préparer à l’écoute

Un rendez-vous doit bien commencer, par une bonne entrée en matière. Par conséquent, soignez le début de la prière, entrez dans la prière. Faire un signe de croix, se mettre en présence de Dieu, demander son aide, comme l’encourage l’Église : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, à notre secours ».
Une petite note pratique : chacun a son rôle dans la prière monastique, et les rôles changent, tournent. Il y en a un qui préside la prière, qui invite à tel ou tel moment, et qui éventuellement tient le timing. Un autre est chargé de la lecture. C’est apaisant de savoir qui fait quoi. Répartissez vous aussi les rôles pour prier en couple.
Pour écouter, il faut être dans de bonnes dispositions intérieures. Calmer un peu notre radio ou notre cinéma intérieure. Nous pouvons l’ouvrir à Dieu, tout faire passer dans la prière, pour ne pas rester enfermés dans nos pensées. Dieu est aussi là pour nous écouter. Il a soif de nous écouter. Même s’il sait ce qu’on va lui dire. Il ne nous écoute pas pour apprendre des choses, mais parce que nous avons besoin de lui parler, de nous ouvrir à lui, de lui exprimer ce que nous avons dans et sur le cœur.
C’est le rôle des psaumes pour les moines : ils sont une manière d’exprimer devant Dieu ses sentiments et ses émotions. Non seulement les siens, mais ceux de toute l’humanité. Nous prions au nom de tous les hommes. Notre coutume monastique est dialogale : les chœurs se répondent mutuellement, ou bien un soliste et tout le chœur. Cela peut bien correspondre au couple, qui peut aussi avoir cette forme dialogale pour sa louange, sa supplication, son action de grâce.
Lorsque vous priez en couple, dites à Dieu vos joies et vos peines, votre action de grâce et votre colère, votre amour et vos désirs de vengeance. Ce sera indirectement un moyen de les partager l’un avec l’autre, de vous mettre dans une certaine harmonie intérieure, d’aller vers l’unisson de vos cœurs. Pour cela vous pouvez entonner un chant, ou bien simplement des prières spontanées.

Répondre à la Parole entendue

Après avoir écouté la proclamation de la Parole de Dieu, la seconde partie de l’office des moines est consacrée à répondre à cette Parole. Cette réponse est plus développée à Laudes et Vêpres. Nous chantons une petite pièce qu’on appelle « répons » (parce que le chœur répond à un soliste) et qui est une sorte de réaction « à chaud » à la Parole entendue. Souvent cette pièce résonne avec la Parole. Puis vient le cantique Benedictus le matin, Magnificat le soir, ou le cantique de Syméon pour Complies. Ces chants du Nouveau Testament, composés pour les Évangiles de l’enfance du Christ, sont des actions de grâce pour sa venue, donc la venue de la Parole dans nos vies.
En couple, on peut aussi éventuellement prendre un temps d’action de grâce pour la Parole qui a été donnée. Peut-être chacun peut-il remercier pour un élément particulier, ou bien en général.
Après cela vient un moment pour l’intercession : puisqu’on est ensemble devant Dieu, que nous avons eu un moment d’écoute et d’intimité, présentons-lui donc nos besoins ! Prier en couple, c’est aussi intercéder ensemble pour d’autres. Parfois on prie seulement pour demander, comme si Dieu était un distributeur de grâces. Mais il est plus poli de le faire à la fin de la prière plutôt qu’au début, après avoir écouté sa Parole d’amour.
La réponse à la Parole que Dieu nous a adressée culmine dans la prière du Seigneur, le Notre Père, qui est LA prière, celle qui contient tout et résume tout. Moment solennel. Il est bon de le prier lentement, en pesant ses mots. Il ne s’agit pas seulement de réciter une prière en y restant plus ou moins extérieur, mais de vivre cette prière, de l’habiter.
Puis celui qui préside peut conclure la prière. L’Église propose une oraison du jour ou d’autres selon l’heure à laquelle on prie. Elles sont belles et peuvent être utilisées par tout chrétiens. On les trouve dans les missels. Enfin tout se conclut par une acclamation « bénissons le Seigneur – nous rendons grâce à Dieu » ou par un signe de croix, ou par une demande de bénédiction « que le Seigneur nous bénisse au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».

Prière personnelle, conjugale, familiale

Terminons sur quelques remarques importantes.
Les balises et le processus décrits ici peuvent se décliner de plusieurs manières, et on peut y consacrer plus ou moins de temps. Il vaut mieux commencer par une forme simple et courte et y être fidèle, que d’avoir de généreuses intentions que l’on ne tient finalement pas et finalement amènent du découragement.
Chaque couple doit trouver son « alchimie » priante, sa manière de faire qui porte et nourrit. Cela demande de s’exercer, de faire des essais, d’en parler, de persévérer, et aussi d’en constater les fruits et de se les dire. Parlez donc ensemble de votre vie de prière, comme du reste !
Si l’un des époux est loin à cause des déplacements professionnels ou des vacances de l’un ou l’autre, prier en couple à distance à peu près au même moment peut aussi porter beaucoup de fruit. On vit ensemble une fidélité à Dieu et au conjoint. On compte sur l’autre, on se soutient. Les époux peuvent se mettre d’accord sur le passage de la Parole à recevoir, éventuellement échanger dessus quand ils se retrouvent. Magnifique lieu de communion.
La prière conjugale ne se suffit pas à elle-même. Prier en couple ne devrait pas épuiser la vie de prière des conjoints. Elle s’enracine dans la prière personnelle de l’un et de l’autre, sans la remplacer. Au contraire, la prière conjugale sera d’autant plus riche que la prière personnelle de chacun sera régulière et nourrie. Quant à la prière familiale, elle est enracinée dans la prière conjugale et ne la remplace pas, tout comme l’amour et la vie de la famille s’enracine dans l’amour des époux sans le remplacer. À chacun de ces moments de prière sa spécificité. Ils se complètent les uns les autres et se nourrissent mutuellement.

Bonne route dans la prière conjugale !

Le Carême : préparons-nous à fêter l’amour !



Le Carême : préparation aux fêtes de l’amour

Le Carême est un temps de préparation à la fête de Pâques. C’est-à-dire que nous nous préparons à célébrer la manifestation suprême de l’amour de Dieu pour les hommes, pour chacun de nous. Pâques est la grande fête de l’amour.

Noël : déjà de l’amour !

Les fêtes de Noël sont déjà une fête de l’amour. À Noël, nous avons contemplé Dieu qui s’approche de nous, si près qu’il se fait l’un de nous. C’est déjà un très grand signe de son amour. Il est Dieu avec nous, il vit notre vie, il marche sur nos routes, il parle notre langue d’hommes. Dieu se fait connaître de manière à ce que nous ne soyons pas effrayés, discrètement. Il vient nous apprivoiser.

L’amour… Passion

Pâques sera la fête d’un amour plus grand encore. En effet, nous verrons cet amour de Dieu mis à l’épreuve, déprécié, moqué, rejeté, bafoué. Le rejet de Dieu par l’humanité va apparaître au grand jour durant les célébrations du dimanche des Rameaux et de la Passion, puis du Vendredi Saint. Mais en réponse à ce rejet, nous contemplerons le Christ qui reste doux, humble, patient, face à la violence de l’homme, face aux intrigues religieuses et politiques, face au rejet de la foule, face à nos petitesses humaines. Non seulement le Christ reste doux, patient, humble, mais il donne sa vie par amour, il s’offre au Père, il pardonne à ses bourreaux ainsi qu’à ses disciples qui fuient, à Pierre qui le renie, à Judas qui le trahit.

L’amour surgissement de vie

Et l’amour de Dieu ne s’arrêtera pas là. Jésus va ressusciter, et se montrer à ceux qui ont cru en lui. Il va montrer qu’il est vainqueur de la mort, que la souffrance n’a pas eu le dernier mot, que la haine a été mise en échec. Sur le chemin d’Emmaüs, Jésus explique aux disciples comment il a voulu prendre notre condition d’homme jusqu’au bout, jusque dans ce qu’elle a de plus douloureux et de plus absurde, pour que la douleur et l’absurdité n’aient pas le dernier mot. Les ténèbres ne peuvent engloutir la lumière divine.

L’amour don incommensurable

Et l’amour de Dieu ne s’arrêtera pas encore là. Au terme des fêtes de Pâques, à la Pentecôte, l’Esprit Saint nous sera donné. L’amour de Dieu lui-même sera répandu dans nos cœurs, pour que nous puissions participer au Salut apporté par le Christ, être guéri du péché, aimer Dieu à notre tour, lui être uni, aimer aussi nos frères et sœurs et leur être uni au plus profond de nous-mêmes. Nous fêterons le don extraordinaire de l’Esprit à l’Église, à l’humanité, qui nous permet de connaître et d’aimer Dieu en vérité, ainsi que de connaître et d’aimer nos frères en lui, par lui.
Le Carême est donc un temps de préparation particulière à ces grandes fêtes de l’amour. Comment peut-on se préparer au mieux à célébrer l’amour ? Comment fait-on pour apprêter son cœur, afin qu’il soit bien disposé à recevoir l’amour et à se donner en retour ? Qu’est-ce qui pourra nous aider à nous ouvrir pour que nous puissions profiter au mieux de ces jours ? Il ne faudrait pas que ce soit juste une suite de célébrations qui ne changent rien à notre vie quotidienne. L’amour, s’il est vrai, transforme progressivement nos vies. Et les fêtes de l’amour nous sont données précisément pour nous encourager.

Le premier dimanche du Carême : au désert

Vous vous souvenez sans doute du premier dimanche du Carême. Chaque année, nous avons la même lecture de l’épreuve de Jésus au désert durant 40 jours. Ce temps d’épreuve a donné la mesure du temps de notre Carême, mais aussi une certaine ambiance. On associe souvent le Carême au renoncement. Il faut faire des efforts. Il faut jeûner. Il faut se priver. Il faut éviter de faire le mal. Apparemment ce n’est pas très joyeux (on croit parfois que le mal, le péché, est joyeux : curieux…). Mais peut-être oublions-nous de mettre cela dans la perspective des fêtes de l’amour.

Un temps de joie

Lorsqu’on prépare un mariage, une fête de l’amour par excellence, il faut aussi faire beaucoup de choses. Et il y a aussi des renoncements. La préparation matérielle, certes, prend du temps. Mais il y a aussi une préparation intérieure qui nécessite que les futurs époux réservent du temps ensemble, réfléchissent bien à ce qu’ils vont faire, apprennent à se connaître. C’est un exercice, un effort, mais désagréable. Cela implique de renoncer à beaucoup d’autres choses, notamment à d’autres relations avec les amis ou les connaissances, d’aller un peu en couple au désert, de renoncer à certaines activités pour passer du temps avec l’autre. Mais c’est une joie ! Déjà on commence à vivre de la joie de l’union.
Le Carême devrait être aussi le temps d’une telle joie. Oui, on fait quelques efforts pour la préparation de Pâques, mais déjà on est joyeux de la joie de Pâques. Déjà on est joyeux de la fête de l’amour que l’on prépare. Ici c’est le cœur qu’il s’agit d’apprêter. Il s’agit d’une relation d’intimité à renforcer. Intimité avec Dieu. Mais aussi intimité d’amour avec nos proches, et aussi les moins proches, tous les hommes. Car on ne peut pas vraiment aimer Dieu si on n’aime pas les autres. Et on aime d’autant plus les autres que l’amour de Dieu est au cœur de nos vies. Mais pour aimer, il faut faire de la place dans son cœur, il faut désencombrer son cœur.

Désencombrer son cœur

Lors du premier dimanche du Carême, l’Évangile nous a invité justement à désencombrer notre cœur de ce qui l’alourdit. Jésus nous a ouvert le chemin d’une libération intérieure de choses qui prennent souvent trop de place en nous. Il nous a montré l’exemple de la lutte contre tout un tas de choses futiles, envahissantes, qui peuvent envahir notre champ de conscience, occuper notre cœur, le saturer, et le gêner pour aimer.

Première tentation

L’Évangile a résumé cet encombrement en trois grandes tentations. La première, c’est quand Jésus a faim, et que le diable lui propose de transformer une pierre en pain. Là, nous retrouvons notre préoccupation des choses matérielles. Nous ressentons des manques et nous en sommes préoccupés, ça nous occupe l’esprit, nous voulons toujours plus. Cela peut-être la faim de se nourrir, mais aussi la faim de consommer autre chose : consommer des vidéos, consommer des jeux peu utiles, consommer du loisir, consommer de l’affection de la part des autres sans avoir à donner en retour, consommer du bavardage, du commérage, des critiques, etc. Cela peut être aussi de se plaindre, de murmurer, parce qu’on a l’impression de manquer.
Au lieu de subir ces désagréments, Jésus nous invite à renoncer pour quelque chose de plus grand. Il nous propose de faire de la place dans nos cœurs pour que nous puissions écouter Dieu, et recevoir de lui la vie, la joie la paix. « L’homme ne vit pas seulement de pain ». Il vit aussi et surtout de la relation à Dieu. Et il vaut la peine de savoir renoncer à ses préoccupations matérielles pour recevoir la vie, la joie, la paix qui viennent de Dieu. Le Carême est un temps privilégié pour laisser de côté ses préoccupations matérielles. C’est le sens du jeûne. C’est aussi un aspect du partage : on donne de son superflu pour ceux qui manquent du nécessaire. Ainsi les pauvres sont secourus… et les plus riches aussi !

Deuxième tentation

La seconde tentation de Jésus est celle d’acquérir du pouvoir. Le diable lui propose – mensongèrement – un pouvoir sur toutes les nations. Il l’incite à imposer sa volonté. Mais l’amour n’est pas un pouvoir. L’amour n’est pas un contrôle des autres. Au contraire, c’est un don de soi aux autres. Aimer, c’est faire de la place à l’autre dans son cœur. Aimer, c’est se mettre au service de l’autre.
Le Carême, comme je le disais, est un bon temps pour le partage. Il s’agit non seulement de donner des choses ou de l’argent, mais aussi d’offrir du temps et de l’attention pour ceux qui en ont besoin. C’est un moment privilégié pour mettre les autres en avant, pour les mettre en valeur, les remercier, les féliciter. Partager, se donner, se mettre au service, s’ouvrir aux autres, tout cela agrandit le cœur pour se préparer aux fêtes de l’amour. Et ça donne de la joie.

Troisième tentation

La troisième tentation touche à l’apparence. Le diable conduit Jésus en haut du Temple, et il lui propose de se jeter en bas pour que Dieu le protège, que les anges le récupèrent sur leurs mains. Imaginons les foules de priants sont en dessous, prêtes à voir le prodige et à s’extasier : Quelle action d’éclat ! Il paraîtrait quelqu’un de bien ! Tout le monde l’admirerait, et reconnaîtrait en lui un élu de Dieu ! Les gens crieraient au miracle ! Il serait même flatté d’avoir eu tellement de foi, de confiance en Dieu ! Nous connaissons ce genre de tentation de paraître quelqu’un de bien aux yeux des hommes, d’être considéré comme saint avant de l’être effectivement.
Mais Jésus refuse un le coup d’éclat qui le fera paraître aux yeux des hommes. Il renonce à paraître quelqu’un de bien de manière superficielle, à se faire valoir, même apparemment pour une bonne cause. Jésus choisit l’humilité et la discrétion. Durant toute sa vie il choisira le secret, il ne se dévoilera vraiment qu’au moment de sa Passion. Cette humilité, cette discrétion, sont aussi un moyen pour nous de nous préparer à célébrer l’amour. L’humilité et la discrétion ouvrent la voie à l’amour, car on cesse de s’imposer aux autres.

Le deuxième dimanche de Carême : écoutez-le !

Le deuxième dimanche de Carême est consacré à faire mémoire de la Transfiguration du Seigneur. Cet Évangile apporte quelque chose de nouveau dans notre préparation. C’est un moment de consolation.

Un moment de consolation

Dans la vie de Jésus, cet événement se situe après la première annonce de sa Passion. Pierre a été déboussolé par cette annonce, il a pris peur : « cela ne t’arrivera pas, Seigneur ». Il prend peur pour Jésus, certes, mais aussi pour lui. Il ne se fait pas l’image d’un Messie souffrant. Il préférerait sans doute suivre un maître et un Messie glorieux. La souffrance nous fait peur à nous aussi. Nous voudrions bien l’éviter. Mais il n’y a pas d’amour sans souffrance. Et la souffrance est bien souvent signe de l’amour. Elle est signe qu’on ne s’est pas blindé, qu’on a le cœur ouvert, vulnérable, qu’on a un cœur de chair et non un cœur de pierre. Jésus veut changer notre regard sur la souffrance. Il va chercher à consoler et à affermir ses disciples.
La Transfiguration est aussi une invitation pour nous. Elle nous indique le chemin d’une consolation. Elle nous montre une voie de l’ouverture de notre cœur. Il ne s’agit plus ici de nous préparer en renonçant. Si l’on a renoncé à quelques mauvaises choses pour faire de la place dans notre cœur, il faut aussi penser à remplir notre cœur de bonnes choses. Certes, il est bon d’éviter de perdre de l’énergie dans des choses inutiles. Mais il est encore meilleur de consacrer ses forces, son temps, son attention, à d’autres choses constructives, bonnes, et même essentielles. L’épisode de la transfiguration nous invite à l’une des activités les plus essentielles qui soient.

Gravir la montagne pour prier

Ainsi commence le texte : «  Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. » Pour se préparer aux fêtes de l’amour, il est essentiel de prendre du temps pour prier. L’amour se nourrit d’une relation intime. L’amour ne peut pas grandir sans des temps d’intimité avec Dieu. La relation à Dieu a besoin d’être entretenue régulièrement, quotidiennement, par des moments privilégiés, des moments de qualité. C’est dans la logique de tout amour, de toute relation. Ces petites étapes amoureuses n’ont pas forcément besoin d’être très longues. Elles ont surtout besoin d’être régulières. Quelques minutes chaque matin, ou chaque soir. Le temps de remercier Dieu, de lui demander pardon, de lui confier des intentions. Le temps d’un Notre Père et d’une invocation à Marie. Le temps aussi d’écouter Dieu, je vais revenir sur ce point.
Il n’y a pas besoin de monter sur une haute montagne pour cela. Il est surtout nécessaire de rentrer dans son cœur. Ce n’est pas un exercice tout à fait facile et spontané. Cela nécessite de s’exercer, de grandir. C’est aussi pour cela que la régularité est de mise. Chaque jour, c’est bien, c’est nourrissant. Il n’y a donc pas besoin d’escalader une haute montagne, ni d’aller dans une église, même si une église ou la nature peuvent être des lieux qui aident à prier. Pour entrer dans son cœur et prier, Jésus nous a conseillé, plus simplement, de nous retirer dans notre chambre, de fermer la porte, de nous mettre au calme. Cela veut dire aussi pour nous éteindre la télévision, le poste radio ou l’ordinateur, couper le téléphone pour ne pas être dérangé. Cela demande aussi de prendre un peu de distance par rapport aux nécessités du quotidien, aux soucis matériels. On est alors seul avec soi-même devant Dieu, et avec Dieu qui est là présent dans le secret. Remarquez qu’il est bon de faire cela seul, certes, mais aussi des moments de prière en couple ou en famille sont très bienvenus. Cela apportera beaucoup à votre amour.

Comment se mettre en prière ?

Que faire durant ce temps de prière ? Certainement penser à Jésus. Avoir une icône ou une image de Jésus devant soi peut aider. Et puis aussi une bougie qui nous rappelle que Dieu est lumière dans nos vies, une lumière qui s’est allumée pour nous le jour de notre baptême. Avoir un coin prière installé dans sa maison est une très bonne aide pour s’y mettre, pour prendre le temps de prier. Ainsi on sait où on doit aller, comment s’installer. On ne perd pas du temps à inventer à chaque fois, on a ses habitudes. Cela facilite beaucoup la prière.
Puis il est bon de commencer par un beau signe de croix, en demandant au Seigneur de nous aider à prier. Nous autres moines, et les prêtres ou les religieuses aussi, nous faisons cela à chaque temps de prière. Nous commençons ainsi : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, viens vite à mon secours » ou bien : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange ». Mais on peut commencer par d’autres prière, comme une invocation à l’Esprit Saint : « Viens Esprit Saint, emplis mon cœur d’amour, ouvre mon cœur à la présence du Père, ouvre mes oreilles à la voix du Christ. »

Et par où commencer ?

On peut ensuite remercier Dieu pour sa présence et pour ses dons. Il est très important de le remercier chaque jour. D’une part cela nous force à voir les bonnes choses de nos vies, ce qui n’est pas forcément évident. D’autre part c’est aussi un moment où l’on reçoit consciemment la vie qui vient de lui. En remerciant pour la vie, on s’ouvre à la vie, on la reçoit mieux. Il est bon aussi de demander pardon si l’on a quelque chose sur le cœur. Cela ne remplace pas le sacrement de réconciliation, mais il est fécond pour l’amour d’avoir des temps de réconciliation avec Dieu dans notre quotidien. Cela aide beaucoup la réconciliation avec les frères.
« Maître, il est bon que nous soyons ici ! » s’écrie St Pierre. Goûtons nous aussi ce temps d’intimité dans la prière, essayons de faire un peu le silence en nous. Ce n’est pas facile. Nous avons peur du silence. Et il y a notre cinéma ou notre radio intérieure qui ne s’arrête jamais, qu’il est difficile de stopper. Mais on peut prendre un peu d’habitude de mettre cela de côté, et ça finit par se calmer un peu tout de même. Le silence intérieur permet l’écoute. L’écoute est un moment très important de l’amour. L’écoute est capitale dans l’amour. L’écoute, c’est l’accueil de l’autre.

Écoutez-le !

Le texte de la Transfiguration culmine dans cette invitation à l’écoute. La voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Si le Père nous le demande, prenons donc du temps pour écouter Jésus. Lisons chaque jour un passage de l’évangile, vraiment chaque jour. C’est la vraie nourriture spirituelle. C’est la plus solide nourriture de l’amour de Dieu. Il s’agit de lire avec ses yeux et son intelligence, et d’écouter avec son cœur.
Souvent, il ne se passera apparemment rien. Mais l’apparence du rien ne veut pas dire que l’Esprit Saint ne travaille pas au fond du cœur. Prenez le temps de lire, de répéter, de méditer l’Évangile. L’Esprit Saint vous conduira progressivement dans sa compréhension. Laissez aussi résonner cette parole en vous. Répétez plusieurs fois la lecture pour vous en imprégner. C’est très important, c’est ainsi qu’elle pourra résonner en vous. C’est comme de se répéter les paroles d’une personne que l’on aime. Ça rend présent cette personne. Répéter la Parole de Dieu rend Dieu présent à l’intérieur de soi, ou plutôt nous ouvre à sa présence.
Et prenez aussi un petit temps de silence après cette lecture et cette répétition. Là aussi, ça s’apprend. À ce moment il est bon de fermer les yeux, car ils sont source de distraction. Cela aide à se retirer plus profondément dans son cœur. On prend l’habitude progressivement de ce silence. Il peut changer la vie. Seulement respirer, tranquillement. Penser au souffle que Dieu a mis en nous, le souffle physique, mais surtout le souffle spirituel, la Vie. Rappelez-vous que Dieu est présent en vous et qu’il agit. Dans la prière, c’est lui le premier qui est à l’œuvre.

Après l’écoute, la réponse

Après cela, une fois qu’on a écouté le Seigneur, on peut lui demander des choses, lui présenter ses intentions. Il ne faut pas hésiter ! Généralement on n’hésite pas… On peut lui confier sa vie, ses soucis, les gens que l’on aime, ceux qui souffrent, les personnes qui ont besoin de son aide. Inutile d’insister, nous le faisons assez spontanément, mais parfois trop tôt dans le temps de prière. Il est plus poli de commencer par remercier puis écouter avant de présenter ses besoins !
Enfin, il est toujours bon de conclure par le Notre Père, la grande prière, la vraie prière, la prière du Seigneur, la prière la plus complète. Le Notre Père est un sommet. Il résume et contient tout : la vraie louange et la vraie demande. Il est remise de soi dans la confiance. Il est source, aussi, de la vie filiale du baptisé, cette vie que vient revigorer la prière.
Puis vient le temps de redescendre de la montagne. Cela prend un petit temps pour passer tranquillement à la suite. Il est important de sortir progressivement de la prière. C’est comme quand on dit au revoir à quelqu’un, il est bon de faire cela posément. Un signe de croix, un petit temps d’arrêt avant de se lever et de partir, un moment pour respirer profondément, ou éventuellement pour éteindre la bougie si on en a allumé une. Bref, on prend le temps de bien se quitter pour mieux se retrouver, ou même pour mieux rester ensemble en pensée.

Pour conclure : faire de la place pour accueillir

Pour résumer, les deux premiers dimanches de Carême nous invitent à faire de la place en soi pour accueillir Dieu dans son cœur à travers sa Parole. Décidez donc de renoncer à une chose ou une attitude superflue. Débarrassez-vous durant ces jours d’un encombrement intérieur. Et permettez au Seigneur de venir chez vous. Invitez-le pour qu’il vienne vous tenir compagnie. Cela vous préparera à fêter l’amour. Cela fera grandir en vous l’amour.

Baptême du Seigneur : Quand s’ouvre le ciel

Baptême du Seigneur C :
Luc 3, 15-22

Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.

Il est toujours bon d’être plongé dans la prière de Jésus. Saint Luc est très attentif à nous le présenter ainsi, à le contempler dans son rapport intime au Père, et il est en cela un maître. Voici la première fois qu’il nous montre Jésus en train de prier. Nous sommes après son baptême, et avant qu’il parte pour le désert. Moment très important, rapporté par les quatre évangélistes, et que certains appellent la vocation de Jésus. La prière dans laquelle nous allons être plongés avec lui, c’est l’Esprit Saint.
Jésus est homme comme tout le monde, pleinement homme, né d’une femme. Dans son humilité, il se joint au grand mouvement spirituel de conversion qui s’opère dans la mouvance de Jean, le Baptiste. Lui aussi s’avance, au milieu de tous, pour être plongé dans l’eau et dire à Dieu son désir de purification. Lui n’a pas besoin de purification. Mais nous avons besoin qu’il prie pour notre purification. Il vient accomplir sa mission de grand prêtre, d’intercesseur au milieu des hommes. C’est pourquoi le baptême le pousse à la prière. Comme Jean prenait l’eau pour la verser sur la tête de ceux qui s’avançaient vers Dieu, ainsi Jésus étend les mains afin d’implorer le Père de répandre l’Esprit sur ceux qui croiront en lui. Et il se trouve plongé le premier dans l’Esprit Saint.
Elle est belle, l’intimité de cette scène. Elle est mystérieuse, l’intimité de la prière. Nous pouvons un peu la mesurer à ses fruits : le don de l’Esprit, la Voix du Père reconnaissant et appelant son Fils, Unique entre tous. L’Esprit est donné à Jésus en vue du baptême dont il doit baptiser le monde. Il lui est donné pour lui, d’abord, pour qu’il accomplisse jusqu’au bout sa vocation de Sauveur, avant de retourner auprès du Père. Déjà sa mission est commencée : les Cieux se sont ouverts lorsqu’il s’est fait homme dans le sein de Marie à l’ombre de l’Esprit. Les Cieux viennent de s’ouvrir en réponse à sa prière, sa demande de l’Esprit. Bientôt sur la Croix il remettra cet Esprit au Père pour qu’il soit répandu sur l’Église au jour de la Pentecôte, et sur tous les baptisés, jusqu’à nous.
Laisserons-nous cette onction divine se répandre sur tous ceux qui nous côtoient ?

Prière universelle :

PU Baptême du Seigneur C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels liens unissent Jésus et le peuple dans cette histoire ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi cet épisode est-il important ? Qu’est-ce qu’il nous fait connaitre de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Et moi qui suis baptisé, est-ce que je prie comme Jésus pour que le monde entier reçoive l’Esprit Saint ?

32e semaine : La force de la fragilité

32e dimanche ordinaire B :
Marc 12, 38-44

Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.

Dieu ne voit pas comme les hommes. Jésus veut nous apprendre à voir au-delà des apparences. C’est tout un art. Cela demande du travail, un travail de conversion. Pour voir où se trouvent les véritables valeurs, l’authentique force spirituelle, il est nécessaire de changer les lunettes avec lesquelles nous regardons le monde, nos lunettes déformées par le péché.
Dans l’histoire de la veuve au Trésor du Temple, il ne s’agit pas pour Jésus de condamner les riches et leurs offrandes. Il est certainement fort bon et nécessaire qu’ils partagent ainsi avec d’autres les dons de Dieu et le fruit de leur travail ou de celui de leurs ancêtres. Il ne leur reproche même pas de ne donner « que » leur superflu. Jésus veut seulement attirer l’attention sur celle qui ne semble en mériter aucune aux yeux des hommes. Celle qui parait la plus petite, la plus fragile et insignifiante, et qui l’est réellement dans l’ordre humain, est en fait celle qui a le plus de force devant Dieu.
Cet épisode va donc éclairer le sévère avertissement adressé par le Christ aux hommes religieux de son époque dans la première partie de l’Évangile. L’incohérence fait scandale, celle de se mettre en première ligne, de se montrer soi-même en apparente adoration devant Dieu, plutôt que de montrer Dieu par la véritable adoration qu’est le service de la charité. C’est un grand péché, et là est la vraie fragilité. On parait religieux, proche de Dieu, mais cette apparence est inconsistante.
La tentation de pratiquer une religion parce que « ça fait bien » est toujours présente. On le reproche aussi aux chrétiens, et parfois sans doute à raison, malheureusement. Notre vocation chrétienne consiste pourtant à se laisser traverser par la Lumière, à s’effacer devant elle pour qu’elle devienne l’unique valeur des hommes.

Prière universelle :

PU 32e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel sont les liens et les différences entre les deux parties du texte proposé ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi faut-il toujours lier prière à Dieu et amour des hommes ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je plutôt comme les scribes de ce texte, ou plutôt comme les riches, ou bien comme la pauvre veuve ?

Travailler ou prier ? Avec les Pères du désert… 5/5

Travailler ou prier : quelle question !

Nous arrivons au bout de l’enquête chez les Pères du désert au sujet des liens entre travail et prière se poursuit… Dernière contribution à la réflexion. Après Abba Antoine (prière et travail main dans la main), Abba Sylvain (unification, bon sens, et mesure), Abba Or (travail et humilité), Abba Poemen (apprendre à discerner), voici la cinquième et dernière étape… Suivez-moi pour la fin de ces visites ! Poursuivre la lecture

Travailler ou prier ? Avec les Pères du désert… 1/5

Travailler ou prier : telle est la question…

On ne peut pas tout faire dans la vie ! Il y a ceux qui prient, et puis il y a ceux qui travaillent. Me croirez-vous ? Les moines eux-mêmes sont divisés sur la question ! Alors partons faire une enquête chez quelques figures vénérables parmi eux : les fameux Pères du désert d’Égypte. Suivez-moi pour cinq visites ! Voici la première… Poursuivre la lecture

20e dimanche : Foi de femme !

20e dimanche ordinaire A :
Matthieu 15, 21-28

Femme, grande est ta foi

C’est une scène d’évangile très humble, facile à imaginer, et presque amusante. Matthieu nous fait assister à la confrontation si humaine entre une femme qui se bat pour sa progéniture et un groupe d’hommes un peu bourrus. Jésus est au milieu. Il est entre une étrangère, une païenne, étrangère aux promesses d’Israël, c’est-à-dire des enfants de Dieu, et ses disciples, choisis entre tous dans le Peuple choisi, eux qu’il forme pour être les colonnes du Peuple de la Nouvelle Alliance.
Cette simple scène est pourtant très importante, et manifestée comme telle par les circonstances. Jésus est à l’étranger, ce qui lui arrive peu. Une femme est mise en scène, ce qui indique très souvent dans la Bible que quelque chose d’important se passe, un dévoilement particulier du mystère de Dieu. Et puis Jésus semble hésiter, résister à ses disciples, et être finalement forcé à agir par la femme, un peu comme à Cana, ou devant le tombeau de Lazare. C’est la foi de cette étrangère qui va gagner le bras de fer et conduire Jésus à ouvrir aux païens le don de sa venue.
Qu’a-t-elle, cette femme, pour que sa prière fasse plier Jésus ? Sa prière est pleinement évangélique, en tout conforme à l’enseignement de Jésus. Bien que païenne, cette cananéenne se montre pleine de foi dans le Dieu d’Israël et reconnaît en Jésus le fils de David. Peut-être a-t-elle l’intuition qu’il est le messie, le sauveur. Sa prière est insistante, malgré l’apparente indifférence de Jésus et les rebuffades des disciples. Elle est aussi humble. Elle reste à sa place, et elle implore miséricorde plutôt que de crier à l’injustice.
Jésus va aux périphéries et se laisse déranger par les appels de détresse de notre humanité. Il sait reconnaître la foi et accueillir le cri. Il en montre l’exemple à ses disciples de tous les temps ?

Prière universelle :

PU 20e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la première lecture indique-t-elle un point essentiel de l’évangile ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus hésite-t-il ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je crois que les non-chrétiens peuvent faire des actes de foi ? Suis-je attentif à leurs appels ?