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Qu’est-ce que la Toussaint ?



Dieu qui seul es saint, toi que nous admirons et honorons en célébrant la fête de tous les saints, nous implorons ta grâce : quand tu nous auras sanctifiés dans la plénitude de ton amour, fais-nous passer de cette table, où tu nous as reçus en pèlerins, au banquet préparé dans ta maison.

Oraison après la communion de la Toussaint

C’est ainsi que l’oraison après la communion de la messe de la Toussaint exprime notre prière. Mais qu’est-ce que la Toussaint ?
Toute sainteté vient de Dieu. Et c’est de manière purement gratuite qu’il nous communique ce qu’il est. Il nous fait ainsi participer à sa sainteté. Cette prière tourne nos regards et nos désirs vers le Ciel, où l’éternel banquet est prêt. La communion eucharistique fait le lien entre notre pèlerinage d’ici-bas, temps de notre sanctification dans l’amour, et notre entrée dans la plénitude de cet amour et de cette sainteté. Tout est opéré par la grâce du Christ communiquée dans l’Esprit Saint.
La fête liturgique de la Toussaint célébrée le 1er novembre remonte au IXe siècle. Mais elle puise ses racines beaucoup plus loin. Et elle rejoint l’homme au tréfonds de son cœur. En effet, comme tout mystère de la foi, son sens vient de la Révélation. La Révélation donne sens à ce que l’homme porte en lui, ce que Dieu a déposé au plus profond de son être.
Dans l’Ancien Testament, déjà, Dieu s’est révélé comme le Saint qui sanctifie le peuple qu’il s’est choisi. Cette sanctification s’accomplit en plénitude dans le Nouveau Testament, par la venue et le mystère pascal du Christ, ainsi que par la communication de l’Esprit Saint.

Au fond du cœur de l’homme…

L’homme dépassé

L’homme porte au fond du cœur un attrait pour quelque chose qui le dépasse, qui le surpasse. Il tend vers une plénitude d’être, vers une perfection, ou une pureté qui serait accomplissement de ce qu’il est. Et pourtant il perçoit aussi – plus ou moins consciemment – sa petitesse en face des forces visibles et invisibles du Cosmos. Et peut-être en imagine-t-il bien d’autres qui n’existent pas forcément. Il se sait aussi traversé de beaucoup de contradictions intérieures qui le hantent ou le tiraillent. Surtout, il connaît la finitude de cette vie, et il lui est bien difficile d’envisager l’après, l’au-delà de l’existence qu’il connaît.

La crainte sacrée

C’est pourquoi une crainte se fait sentir devant ce possible au-delà de lui-même, devant ce quelque chose qui le dépasse, et qui est sans commune mesure avec sa faiblesse. Et il faut bien gérer cette frayeur devant ce qu’il nomme le « sacré ». L’homme primitif tremble face à ce « sacré ». Il se sépare de lui, à la fois pour se préserver et pour montrer son respect. Il nomme parmi sa communauté des spécialistes du sacré, désignés de différents manières : prêtres, devins, chamanes, etc.
L’homme primitif, c’est celui qui n’a pas le développement culturel que nous connaissons. C’est aussi l’humanité tout au fond de nous, en nos racines. L’homme moderne, occidental, celui que nous connaissons, poli de culture, gère sa frayeur souvent autrement. Il essaie souvent de nier qu’elle ait quelque objet. Il nie l’au-delà de lui-même, ou du moins veut l’ignorer. Souvent aussi, il fuit dans toutes sortes de distractions immédiates.Il se donne tout entier à la vie matérielle qu’il expérimente plus immédiatement. C’est une autre manière de ne pas y penser. Mais la réalité est là, tapie au fond de son cœur, qui l’interroge.

Dans la Révélation, la sainteté au-delà du sacré

Le Dieu Saint

Durant la prière eucharistique, on acclame Dieu trois fois saint, en reprenant le cantique des anges transmis par le prophète Isaïe (cf. Is 6, 1-5). Dans le Gloria, on dit au Christ qu’il est le seul saint. Et en même temps on fête les saints qui nous montrent le but vers lequel tendre. La sainteté semble donc réservée à Dieu, mais elle est accordée à ses créatures. Là est résumé un extraordinaire chemin spirituel que nous permet de parcourir la Révélation.
La notion s’appuie sur le sacré ou le pur que l’on trouve dans les religions naturelles, avec une idée de séparation du profane, et de crainte. Mais la réalité biblique va bien plus loin. Surtout, la Bible voit la sainteté comme venant de Dieu : elle est quelque chose de la nature de Dieu qui se communique aux hommes.

La sainteté en cadeau

Alors que le sacré sépare, la sainteté unit. Dieu se fait proche. Il se fait plus que proche en Jésus, Fils de Dieu fait homme. Le Dieu Saint assume notre chair, tout notre être, pour le sanctifier. Nous n’avons plus à avoir peur. Dieu nous communique ce qu’il est, son infinie grandeur, son infinie pureté.
La transcendance inspire notre respect, mais elle ne devrait plus nous faire peur. L’amour de Dieu bannit la crainte. Sa sainteté nous attire. Elle nous est donnée en partage dès cette vie. Elle nous purifie et nous transforme, et nous sommes appelés à y entrer totalement pour l’éternité. Ainsi l’exprime par exemple St Paul dans sa lettre aux Ephésiens : Dieu « nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. » (Eph 1, 4) Et Paul ajoute plus loin : « vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu » (2, 19).
Vous pourrez méditer plus longuement sur ce mystère en lisant cet article : Vous serez saints, car moi, je suis saint.

À l’origine du culte des saints

Le chrétiens et le culte des morts

Le titre de « saints », au début de l’ère chrétienne, équivaut plus ou moins à « chrétiens » (Rm 1, 7 et 15, 25). La sainteté vient de Dieu, seul saint, et elle est communiquée à son peuple (1 P 2, 9). Puis on l’attribue de manière spéciale à ceux qui ont vécu leur appartenance au Christ avec plénitude : les martyrs qui tiennent une place particulière dès la 2e moitié du IIe siècle en Orient et au début du IIIe siècle en Occident. On a rapidement célébré chaque année le jour de leur témoignage, en se recommandant à leur intercession. Ce culte des martyrs deviendra le culte des saints.
Le culte des défunts avait précédé le culte des martyrs, depuis la préhistoire. Dans les premiers siècles de l’Église, on pratiquait encore à Rome un tel culte, avec un repas sur la tombe le jour anniversaire du défunt. Les chrétiens ont assumé ces usages en les rendant conformes à la foi chrétienne en la résurrection. Ils ont opté pour l’inhumation plutôt que pour l’incinération. Ils célébraient l’Eucharistie sur la tombe en plus de la vénération par des libations ou un repas. Et ils chantaient des chants d’espérance plutôt que de lamentation.

Le culte des martyrs, « témoins »

Martyr veut dire « témoin ». Le Christ est le premier témoin, témoin du Père (Ap 1, 5). Très tôt, ceux qui le suivent sont aussi appelés témoins (Ap 2, 13 ; Ac 22, 20). Le chrétien qui confesse sa foi en Christ jusqu’à la mort témoigne que Jésus Christ est Seigneur de sa vie. Le Christ vivant témoigne en son martyr de la puissance de la résurrection. En effet, le chrétien martyr ne fait qu’un avec le Crucifié-Ressuscité. Le culte qu’on lui rend n’est plus celui de la seule parenté, comme dans le culte des défunts, mais celui de la communauté des croyants, des frères dans la foi. On ne rend plus ce culte le jour anniversaire de sa naissance, mais à celui où il est mort pour le Christ. Et puis on en fait un intercesseur.
Chaque Église célébrait ses martyrs. Il y eut donc une ébauche d’un calendrier « sanctoral », avec des liturgies particulières. On lisait à cette occasion le récit de leur mort.

La Mère de Dieu et d’autres saints

Ce culte s’est étendu, dès le IVe siècle, surtout après les périodes des grandes persécutions, des martyrs à certains évêques. On en voit un premier témoignage avec le pape non martyr Lucius (254). Puis, suite au prestige des Pères du désert, on célèbrera certains ascètes.
Et à partir du concile d’Éphèse en 431, qui donne à Marie le titre de Mère de Dieu, le culte marial se diffusa. Il était déjà célébré à Jérusalem le 15 août. Mais la plupart des Églises en mirent la fête au moment des solennités de la Nativité.

Le développement du culte des saints

Au début on ne célébrait les martyrs que sur le lieu de leur mort. Puis leur renom a favorisé l’extension de leur culte en d’autres endroits. Notamment on leur a dédicacé des édifices.
Une deuxième cause d’extension fut le culte des reliques. On récupérait les restes de leurs corps, et on les translatait des cimetières vers les basiliques à l’intérieur des villes. Puis on se mettait à partager ces précieuses reliques. Et arriva la coutume de les déposer sous l’autel de l’église où le saint était vénéré.
Enfin, dès le Ve siècle, on fit mémoire des saints dans la prière eucharistique.

La fête de la Toussaint proprement dite

Premiers pas : quelques dates

À la fin du IVe siècle dans certaines églises d’Orient, on vit apparaître l’usage de réunir les saints dans une célébration le vendredi après Pâques. D’autres auteurs évoquent une célébration de tous les martyrs le dimanche après la Pentecôte.
Le 13 mai 610, le pape Boniface IV (608-615) consacra à tous les saints un ancien temple païen connu sous le nom de Panthéon. Il avait été construit sous le règne d’Auguste au Ier siècle av JC, et alors consacré à tous les dieux. Il avait cessé de fonctionner au IVe siècle, puis avait été fermé au Ve siècle, enfin dédié à Marie et aux martyrs au VIIe. Boniface fixe une fête au 13 mais, selon un usage oriental. En effet, à cause du nombre de martyrs pendant les persécutions, on avait établi une fête qui les regroupait.
Avec le pape Grégoire III (731-741) un nouveau pas est franchi avec l’érection à St Pierre d’un oratoire dédié au Christ, à sa mère, et à « tous les saints martyrs et confesseurs et tous les justes parvenus à la perfection ». Les moines desservant la basilique y célébraient un culte.

Le 1er novembre

En 835, le pape Grégoire IV (827-844) engagea Louis le Pieux à promulguer un décret fixant la fête de tous les saints au 1er novembre, sans doute pour harmoniser différents usages. À partir de ce moment, la fête locale de Rome et de quelques Églises devint solennelle et se répandit dans l’Église latine.
Pourquoi le 1ernovembre ? Ce jour ouvrait la période d’hiver, ce qui a pu attirer une grande fête. En plus c’était un jour déjà consacré à une dédicace des saints : Alcuin en parle en 800, et vraisemblablement elle existait en différents endroits.

Les fidèles défunts

La Toussaint une fois fixée, St Odilon, abbé de Cluny, en rapprocha la fête des fidèles défunts vers l’an 1030. Cette institution était préparée de longue date par des pratiques locales de jours de prière pour les morts. Celle-ci a bénéficié de la renommée de Cluny et de St Odilon.
On confond trop souvent la Toussaint avec la commémoration de tous les défunts. Ce sont deux mystères proches dans leur origine, puisque le culte des saints s’est développé en partie à partir du culte païen des défunts. Il s’agit d’honorer ceux qui nous ont précédés sur cette terre. Mais nous avons la relation avec ceux qui ont mené une vie exemplaire, est différente de la relation avec ceux qui nous étaient seulement proches par l’affection.

Vivre et prier la Toussaint

Exemple et intercession

Nos frères et sœurs qui ont mené une existence particulièrement sainte, qu’ils soient canonisés ou non, nous accompagnent sur le chemin de la vie chrétienne. Ils sont des guides par l’exemple qu’ils ont laissé. Nous pouvons avoir connu des personnes saintes qui ne seront jamais reconnues officiellement, inscrites sur la liste des saints « officiels », le martyrologe. Pourtant leur exemple nous inspire.
Tous les saints connus ou inconnus nous accompagnent aussi de leur prière, de leur intercession. Eux qui ont part au triomphe du Christ et de tous les élus intercèdent pour nous qui sommes encore dans le combat de cette vie. Et il est bon de vivre notre condition en communion avec eux.
C’est ce qu’expriment les oraisons de la messe.

Les oraisons de la messe de la Toussaint

« Dieu éternel et tout-puissant, tu nous donnes de célébrer dans une même fête la gloire de tous les saints ; puisqu’une telle multitude intercède pour nous, accorde-nous ce que nous désirons : l’abondance de ta miséricorde. » Cette oraison « collecte », du début de la messe, nous place d’entrée de jeu dans la gloire du Ciel. Puis elle dirige notre désir. Elle fait appel à l’intercession des saints pour demander le seul don nécessaire à notre sanctification : la miséricorde de Dieu.
De nouveau on retrouve les mêmes thèmes au moment de la présentation des offrandes. « Daigne accepter, Seigneur, l’offrande que nous te présentons en l’honneur de tous les saints ; puisque nous croyons qu’ils sont déjà dans la paix de l’immortalité, accorde-nous d’éprouver aussi leur sollicitude pour notre salut. » D’une part la prière tourne nos yeux et nos cœurs vers la paix de l’immortalité, à laquelle nous sommes tous appelés. Et d’autre part elle rappelle leur aide sur le chemin de notre salut.
L’objet de la fête et de la louange se précise dans la préface, qui constitue la première partie de la prière eucharistique. « Tu nous donnes de célébrer aujourd’hui la Cité du ciel, notre mère la Jérusalem d’en haut ; c’est là que nos frères les saints, déjà rassemblés, chantent sans fin ta louange. Et nous qui marchons vers elle par le chemin de la foi, nous hâtons le pas, joyeux de voir glorifiés ces enfants de l’Église dont tu fais un exemple et un secours pour notre faiblesse. » La première partie de la louange fait une mention plus explicite du mystère de la communion des saints. Elle célèbre en effet le rassemblement dans la Jérusalem d’en haut qui est mère. Puis, dans la seconde partie, elle évoque l’exemple des saints pour nous qui sommes encore sur le chemin de la foi. Cet exemple nous fait hâter le pas, car il renforce notre espérance.

Fête de gloire

C’est la gloire du Seigneur lui-même qui rayonne dans la vie des saints. Car lui-même triomphe dans et par ses élus. Ainsi l’exprime la première préface des saints : « tu es glorifié dans l’assemblée des saints : lorsque tu couronnes leurs mérites, tu couronnes tes propres dons ». La contemplation de l’œuvre de la Grâce dans la vie des saints doit donc nous mener à contempler l’auteur et dispensateur de la Grâce.
Nous sommes tous appelés à cette gloire. Le Christ nous a sauvés pour nous en rendre participants. La Toussaint nous rappelle notre vocation à tous, vocation de laquelle aucun baptisé n’est exclu. Elle nous invite donc à laisser notre désir de la gloire du Ciel se renouveler. Fête lumineuse qui nous donne d’entrevoir l’éternité au-delà des ténèbres de ce monde, de l’épaisseur du péché, du mystère de la croix.

Fête de l’Espérance

Alors que nous approchons de la fin de l’année liturgique, c’est donc une fête d’Espérance qu’il nous est donné de célébrer tous ensemble. Elle entrebâille le voile qui nous sépare de l’invisible. La lumière d’en haut nous atteint comme fugitivement, avec les chants des élus parvenus à la perfection.

Que le Seigneur nous donne d’entrer dans le mystère.

Tu ne cesses de fortifier ton Église, et tu lui donnes une fécondité nouvelle par la foi admirable dont témoignent les saints ; tu nous présentes en eux des signes très sûrs de ton amour. Et pour que s’accomplissent les mystères du salut, le rayonnement de leur exemple nous stimule, et leur intercession fervente nous assure un appui.

2e préface des saints

Assomption : L’horizon de notre espérance



Assomption de la Vierge Marie :
Luc 1, 39-56

Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.

L’Assomption de la Vierge Marie tourne nos yeux vers le Ciel, vers l’horizon de notre espérance, vers l’achèvement de notre salut. Grâce à son obéissance, la Vierge Marie entre avec son corps dans le Paradis dont Adam et Eve ont été chassés à cause de leur désobéissance. Marie s’est laissée séduire par son Dieu et lui a accordé sa foi, alors qu’Eve s’était laissée séduire par le serpent et lui avait été infidèle. Bénie entre toutes les femmes, elle a su accueillir en ses entrailles le nouvel Adam, auteur de notre délivrance.

Le Fils de Dieu fait chair l’entraîne en retour avec lui auprès du Père, dans la gloire, prémisse de tous les enfants d’Eve. À l’instar de la première femme, Marie devient mère pour tous les vivants, car il lui a été donné la grâce d’être mère du Vivant, du Christ vainqueur de la mort. La vie éternelle et la résurrection de la chair lui sont offertes en premier, réponse à sa foi, réalisation de son espérance, glorification de son amour.

C’est l’Église, en elle, qui paraît devant le Père, aux côtés de son Fils. En notre nom à tous, Marie, humble servante du Seigneur, se remet tout entière entre les mains de Celui qui a été séduit par son humilité. Le Saint élève plus haut que les Cieux celle qui s’est abaissée pour s’offrir âme et corps à l’accomplissement de la promesse faite à ses pères, en faveur d’Abraham et de sa race. Qu’il soit donné à tout chrétien, à tout homme, de reconnaître le signe de cette maternité et de communier à sa gloire.

Prière universelle :

18e dimanche ordinaire A : Avez-vous soif ? Avez-vous faim ?

18e dimanche ordinaire A :
Mt 14, 13-21

Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés

Ce dimanche, Jésus a besoin de se retirer au désert, à l’écart. Il vient d’apprendre la mort tragique de Jean le Baptiste, le Précurseur. La naissance et la prédication de Jean avaient annoncé et préparé sa venue. La mort de Jean annonce et prépare sa propre Passion. C’est pourquoi il a besoin de prendre un temps de recul.
Mais les foules ne se rendent évidemment pas compte de cette situation. Les gens ont des malades à faire guérir. Ils veulent entendre la parole de ce Jésus qui enseigne comme nul autre. Ils ont soif de son enseignement. Ils ont faim de sa présence. Une foule précède donc Jésus et ses disciples dans l’endroit désert où il avait projeté de se retirer.
Là, en les voyant, Jésus est saisi de compassion. Au fond, il est saisi de la compassion que Dieu le Père éprouve pour l’humanité engluée dans le péché. L’humanité qui a soif d’amour, qui a faim de la vraie Vie… mais qui n’en a souvent pas vraiment conscience. Qui cherche la vraie nourriture ? Qui s’abreuve à la vraie boisson ? Jésus est venue pour nous les révéler, et nous les donner.
La veille de sa Pâque, lorsque sera venu pour lui le moment de donner sa vie, il donnera son corps en nourriture, il donnera son sang pour boisson. La mort de Jean-Baptiste annonce sa Passion. La multiplication des pains annonce l’Eucharistie. Aujourd’hui Jésus rassemble son peuple par sa parole et le nourrit d’un pain matériel. Au soir de sa vie, il le nourrira de son propre Corps, pain spirituel qui nous unit à lui. Nous devenons Corps du Seigneur au cœur du monde, appelés nous aussi à donner notre vie pour transmettre la Vie.

Prière universelle :

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Le pain donné dans le désert fait appel à quel(s) passage(s) de l’Ancien Testament ?

Comprendre sa foi :

Quels sont les quatre verbes clés qui font penser à l’Eucharistie ? Pourquoi ces actions de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Et si je prenais le temps de redécouvrir l’Eucharistie à partir de ce texte de l’évangile ?

Célébrer la Parole



La liturgie de la Parole : une rencontre à vivre

Célébrer la Parole de Dieu : c’est ce que nous fait vivre toute liturgie de la Parole. Si Dieu nous adresse la parole, sa Parole, c’est qu’il vient à notre rencontre. Le Père vient à notre rencontre en son Verbe, son Fils unique. Il est venu une fois pour toute lors de son Incarnation. Il vient encore, et jusqu’à la fin des temps, lui qui est le Ressuscité présent parmi nous.
Mais est-on jamais prêt à rencontrer Dieu ? Ne passe-t-il pas dans nos vies toujours un peu par surprise ? C’est pour cela qu’il nous demande de nous tenir en éveil. Sa venue devrait être la plus naturelle du monde. Pourtant elle ne l’est plus. La liturgie de la Parole organise une rencontre, que ce soit durant la messe, ou la célébration d’un autre sacrement, ou la prière des heures. Les rites nous guident, nous conduisent, dans la rencontre, puis l’écoute et l’accueil de la Parole.
Saurons-nous vivre cette rencontre pour laquelle nous nous rassemblons ? Nous engageons-nous dans cette liturgie de la Parole que l’Église nous offre ?

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Rassemblés, structurés, orientés, pour célébrer



Aller à la messe…

Peut-être Jésus est-il né un dimanche, en annonce de sa nouvelle naissance, et de notre nouvelle naissance en lui ? Cela aurait été la première fois que, de tous les horizons, des gens – en l’occurrence les bergers – se seraient rassemblés pour venir entendre, voir, toucher le Verbe fait chair. Car c’est bien cela qui se passe chaque dimanche, chaque fois que nous allons à la messe. Qu’il est beau, le dimanche matin, et à chaque célébration eucharistique, de voir les fidèles du Christ accourir de tous les horizons pour célébrer ensemble sa mort, sa résurrection, et son ascension dans la gloire, en attendant son retour !

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Fête-Dieu : Christ présent au monde

Dimanche du Corps et du Sang du Seigneur C :
Luc 9, 11-17

Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.

Ce dimanche, encore tout illuminés de la lumière de la Résurrection, pleins de la force de l’Esprit de Vérité reçu à la Pentecôte, dans l’intimité de la Sainte Trinité vers laquelle nous avons été orientés dimanche dernier, nous faisons retour sur le Jeudi Saint et le mystère de l’Eucharistie. Dans le signe du pain et du vin offerts, livrés, partagés, consommés ensemble, Christ veut se rendre présent au monde, pour nourrir chacun. Ce sacrement est le mode éminent de sa sollicitude pour l’Église et l’humanité entière : il offre la vraie nourriture, celle qui rassasie pour toujours, celle qui apporte à l’homme la vie éternelle et lui permet de participer à la Résurrection, la victoire sur toute mort.
On ne finira jamais de méditer sur l’Eucharistie et sur ses conséquences dans notre vie concrète. On n’a pas le droit de croire avoir tout compris. Elle est toujours nouvelle. Car la présence que nous fêtons n’a rien de statique. Si Christ se rend réellement présent durant la messe, ce n’est pas seulement pour que nous puissions le contempler plus ou moins passivement. Il s’offre au Père pour que nous puissions offrir notre vie en communion avec lui. Il se donne en partage, pour que nous puissions communier à sa vie. Il nous dit de faire la même chose en mémoire de lui : qu’est-ce à dire ? Seulement célébrer des rites commémoratifs ?
La vie que nous recevons dans l’Eucharistie est faite pour être distribuée à la foule. Offrir notre vie en sacrifice au Père avec le Christ ne s’arrête pas à la messe du dimanche. Chaque semaine nous venons communier au Christ réellement présent pour fortifier notre union au Christ dans la foi et le baptême, mais aussi pour nous rappeler que nous sommes le Corps du Christ présent dans le monde. Donc comme le Christ, en son Nom que nous portons, nous devons aller vers le monde et le rendre présent. Nous sommes la présence réelle du Christ ressuscité auprès des personnes que nous côtoyons.
L’Eucharistie, la messe, est « mission », envoi vers les hommes. Si nous avons la grâce de recevoir le Seigneur, c’est aussi pour le transmettre. L’Eucharistie est un appel à apporter l’amour du Christ autour de soi. Elle n’enferme pas dans une intimité tranquille, mais au contraire en affermissant l’intimité elle nous propulse sur les chemins du Christ allant à la rencontre de ceux qui sont loin de Dieu. La vraie contemplation s’épanouit dans l’action : amour transmis à tous les pauvres, ceux qui le sont spirituellement, moralement, psychologiquement, socialement, affectivement, matériellement. Notre communion Eucharistique ne sera vraie et pleine, réelle, que si elle s’épanouit dans ce service.

Prière universelle :

PU St Sacrement C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comparez la deuxième lecture et l’Évangile de ce dimanche : quelles sont les ressemblances et les différences ?

Comprendre sa foi :

En quoi ces deux textes se complètent-ils pour nous faire comprendre l’Eucharistie ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je vis l’Eucharistie ? La célébration de la messe se poursuit-elle et s’épanouit-elle dans ma vie quotidienne ? Est-ce que je cherche à être réellement présence du Christ dans le monde ?

7e semaine de Pâques : Invoquer l’Esprit du Ressuscité

7e dimanche de Pâques C :
Jean 17, 20-26

Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux.

Nous voici dans l’attente, l’attente de l’Esprit. Même si nous avons reçu cet Esprit au Baptême et à la Confirmation, même si à chaque Eucharistie il est invoqué sur nous, et il pénètre dans tout cœur ouvert, il est bon, chaque année, de revivre l’attente des disciples du Ressuscité. Mais rien de passif en cela. Il s’agit d’Espérance, il s’agit d’invocation, il s’agit de violence spirituelle faite au Ciel afin que Dieu vienne de nouveau nous visiter, autrement.
L’Esprit qui vient, c’est l’Église qui se forme, c’est l’Église qui est fortifiée dans l’amour, c’est L’Église qui est envoyée au Nom du Ressuscité pour proclamer l’Évangile. Les hommes de tous les temps attendent la rencontre du Ressuscité, il sont soif de l’annonce de sa Parole. Serons-nous ses porte-voix dans l’Esprit ? Serons-nous signes de sa Présence et de sa sollicitude pour tous ? Serons-nous vraiment Corps du Christ par notre amour mutuel ? Car c’est cela recevoir en nous l’Esprit d’Amour dont le Père aime le Fils.
L’Esprit travaille l’Église aujourd’hui. Elle gémit dans les douleurs d’un enfantement. Encore et encore elle doit avancer dans sa réforme, sa conversion. Le pape et les évêques donnent des lignes de force pour notre mission pour aujourd’hui est tracée. Reste à se rendre disponible à la libre nouveauté de l’Esprit qui souffle où et comme il veut. L’amour et de la famille sont à évangéliser. Le célibat dans la chasteté, dans un don de soi fécond, est à remettre en valeur. La joie de la consécration totale de sa vie à Dieu est à retrouver. Laissez votre cœur être visité et transformé par l’Esprit. Allez là où il vous conduira, pour le service de L’Église, pour le service de tous les hommes.
C’est la meilleure voie pour que le monde croie que Jésus est l’envoyé de Dieu.

Prière universelle :

PU 7e dimanche de Pâques C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi une telle insistance sur l’unité dans la prière de Jésus ?

Comprendre sa foi :

Quel est le rapport entre la prière de Jésus pour l’unité des chrétiens, l’amour du Père pour Jésus, et l’attente de l’Esprit ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je désire vraiment me laisser déranger par l’Esprit et donner ma vie pour le bonheur de tous et pour le mien ?

5e semaine de Pâques : Aimer comme le Ressuscité

5e dimanche de Pâques C :
Jean 13, 31-35

À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres.

Seul le témoignage de l’amour est vraiment convainquant. Seul il dit vraiment Dieu. Sa gloire n’est pas démonstration de puissance. Elle est son amour, un amour qui va plus loin que l’amour même. Elle est la manifestation de sa miséricorde et de son pardon, c’est-à-dire réponse d’amour même au rejet, au mépris, à la haine.
Le service de cette gloire de Dieu est notre vocation à tous. Aimer comme Jésus nous a aimés : quelle mission ! Nous connaissons nos défaillances dans l’amour, nos faiblesse, nos limites. Nous savons que nous ne sommes pas à la hauteur de l’idéal. Mais le Père le sait aussi. C’est pour cela qu’il nous a donné son Fils. C’est pour cela qu’il nous donne l’Esprit.
La vie monastique, et plus généralement la vie chrétienne, c’est uniquement chercher à aimer Dieu et ses frères en vérité, et progresser dans cette voie sans se lasser, sans cesse. Les deux deviennent progressivement tout un, et cela de plus en plus. Aimer Dieu devient aimer ses frères. Et aimer ses frères, devient aimer Dieu. Le frère qui vit cela, peut-être avec beaucoup de difficultés sur son chemin, est alors de plus en plus un « moine », un homme « unifié » par l’amour. L’Esprit Saint fait du chrétien une image toujours plus limpide de Dieu pour tous les hommes.

Prière universelle :

PU 5e dimanche de Pâques C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Qu’est-ce qu’il y a de nouveau par rapport au Décalogue dans le commandement de l’amour ?

Comprendre sa foi :

Peut-on vraiment commander l’amour ? L’amour existe-t-il sur commande ?

Vivre avec Jésus :

L’amour des personnes qui m’entourent sert-il de base à mes choix quotidiens ?

2e semaine de Pâques : Rencontrer le Ressuscité

2e dimanche de Pâques C :
Jean 20, 19-31

Jésus dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Jésus se rend présent, le premier jour de la semaine, aux disciples rassemblés. Qui sait pourquoi Thomas n’y était pas ? Peut-être avait-il une raison fort légitime d’être absent, quelque affaire importante. Ou peut-être était-il abattu de tristesse par la mort du Maître et n’avait-il pas le cœur à se joindre aux autres. Ou peut-être encore était-il enfermé dans sa peur et se cachait. Quoi qu’il en soit il s’était mis à part, seul. Et, seul, Thomas n’a pas pu rencontrer son Seigneur et son Dieu. Seul, il n’a pas reçu l’Esprit Saint ni n’a été envoyé en mission pour le pardon des péchés. Seul, il n’a même pas pu croire le témoignage de tous les autres.
Thomas n’était pas présent au rassemblement du dimanche, comme Jésus l’avait demandé. Il n’était pas présent à la communion fraternelle. Du coup il n’était pas présent au Ressuscité, à Celui qui par sa Résurrection d’entre les morts est devenu Présence auprès des hommes. Celui-ci ne reproche pourtant pas à Thomas son absence physique. Il ne lui fait aucune remarque à ce sujet. Il lui manifeste seulement qu’il a été présent à son doute, à son incrédulité. Il lui demande seulement de croire. Car voilà la véritable absence de Thomas : son manque de foi. La foi permet à Thomas de voir, bien plus que la vue ne lui permet de croire.
Nous nous sentons souvent proche de Thomas, de sa difficulté à croire, de son désir de voir. Mais sommes-nous nous-mêmes présent au Ressuscité ? Sommes-nous nous-mêmes croyants pour pouvoir le voir ? Sommes-nous vraiment en communion avec nos frères pour pouvoir toucher ses mains et voir la plaie de son côté ? Ne nous réfugions-nous pas, comme Thomas, dans une solitude, loin de nos frères, ces frères au milieu desquels le Christ se rend présent ? Nous pensons généralement avoir de fort bonnes raisons d’être absent, ou à l’écart, non engagé dans la communion de L’Église. Mais pour voir et croire, il faut s’approcher, s’engager, choisir librement de participer.
Une des plus grandes miséricordes que Dieu nous fasse pour aider notre foi est le mystère de L’Église, la grâce de la communion fraternelle. Jésus ressuscité vit et agit dans le cœur de nos frères. Être attentifs à nos frères nous permet de mettre la main dans son côté transpercé d’où jaillit la vie nouvelle. Se mettre au service des hommes nous donne accès aux blessures de ses mains, trouées par amour pour les hommes. Choisir d’aimer, c’est voir, c’est toucher, c’est croire.

Prière universelle :

PU 2e dimanche de Pâques C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi saint Jean insiste-t-il sur les dates, le premier et le huitième jour ? Quel est ce jour ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi cette insistance à dire que Jésus montre ses mains et son côté ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je attentif à rencontrer Jésus agissant dans le cœur de mes frères et sœurs ?

5e semaine : Envoyés par la Parole

5e dimanche ordinaire C :
Luc 5, 1-11

Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »

Il y a deux semaines, la parole d’Isaïe s’accomplissait dans la synagogue de Nazareth. La semaine dernière la parole de Jésus faisait scandale. Ce dimanche, la parole de Dieu nourrit les foules, elle fascine un homme, elle envoie en mission.
Par esprit de service, Simon-Pierre avait prêté sa barque pour que Jésus puisse enseigner la foule. Que s’est-il passé dans l’intimité de son cœur durant ce temps où il était tout proche de Jésus, face à la foule, à écouter lui aussi le Maître ? Il faut vraiment que Simon-Pierre, pêcheur déçu par une nuit de travail infructueux, ait été fasciné par la parole de Jésus pour partir au large et jeter son filet en plein jour. Sur sa parole il le fit, sans hésiter. Ni sa peine perdue, ni son découragement, ni son expérience de pécheur, ni le regard des autres ne l’ont retenu. Ayant entendu, il obéit, en dépit de l’incongruité de la demande de ce rabbi charpentier. C’est pourquoi il a vu le miracle s’accomplir, il a cru que Dieu était à l’œuvre, il a adoré son Seigneur, il s’est laissé envoyer. Et c’est pour cela que la Parole nous est parvenue.
Quelques mois ou quelques années plus tard, c’est sur le bord de cette même mer qu’il sera confirmé dans son appel, après une nuit d’échec bien plus cuisante. C’est après avoir renié trois fois son maître et son Seigneur, après avoir pleuré amèrement sur son échec, après avoir été lent à croire à la bonne nouvelle de la résurrection, qu’il entendra le Seigneur lui dire : « Pais mes agneaux ». Ce n’est sans doute plus l’effroi qui le saisissait alors, mais la honte que venait effacer la douceur du pardon. Pierre, l’homme faible et pourtant le messager choisi, passé par le feu de la tentation, par la brûlure de la chute, et finalement relevé par son Seigneur, était alors prêt pour sa mission de pêcheur d’homme. Il n’avait pas laissé seulement ses filets pour suivre le Christ. Il avait renoncé à sa propre vie, à sa propre force, pour que la Parole puisse retentir et agir.
Comme Simon-Pierre tout baptisé, est appelé à écouter, se laisser fasciner, croire, et partir en mission. C’est notre vocation à tous. Aucun échec, aucune faiblesse n’importe quand le Christ envoie. En ces temps où l’on se sent si pauvre en France dans notre évangélisation, en cette nuit passée sans rien prendre, décourageante, en cette Passion où le Christ est bien souvent bafoué publiquement par l’intermédiaire de son Église, il est bon de se le rappeler. Reconnaissons notre faiblesse, notre péché. Puis sur la Parole du Seigneur, jetons au large nos filets.

Prière universelle :

PU 5e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels sont les différents pas que Jésus fait franchir à Simon avant de lui annoncer sa mission ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi faut-il donc que l’épreuve précède si souvent l’intervention de Dieu ?

Vivre avec Jésus :

Et moi quelle est mon épreuve ? En quelle parole dois-je mettre ma foi ? Où dois-je voler au large ?