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Prier en couple à l’école des moines



Prier en couple : tout un programme… C’est même le croisement de deux programmes : prier, et vivre en couple. Mettre la prière au cœur du couple, c’est prendre soin du don reçu lors du sacrement de mariage. C’est un des moyens de rester ouvert à cette grâce que Dieu donne chaque jour, à chaque pas. Lieu de communion et d’entraide dans l’ouverture à Dieu, service du couple et de chacun de ses membres, mais aussi mission commune au cœur de l’Église et du monde : la prière englobe beaucoup de dimensions de la vie conjugale.
Le but ici n’est pas de faire un plaidoyer pour la prière conjugale, ni même une explication de son importance. Il s’agit simplement de donner quelques points de repères pratiques pour savoir comment faire, et s’y mettre effectivement. Les couples sont invités à prendre exemple sur la prière de l’Église, qui se manifeste notamment dans la prière des moines. On y trouve bien des éléments qui peuvent être utiles à imiter en les adaptant.

Prendre rendez-vous pour prier en couple

Dieu est toujours présent, partout présent, et il a tout son temps. Pas nous. C’est même plutôt le contraire pour nous. Nous n’avons jamais le temps, nous courons partout et nulle part, et nous sommes rarement présents à Dieu, aux autres, et à nous-mêmes. C’est pourquoi pour prier, comme pour toute autre activité, il est nécessaire de prendre rendez-vous.
Les moines ont des rendez-vous de prière sept fois par jour. Ils savent où ils doivent aller, à quelle heure, pour combien de temps, et dans quelle position se tenir. Et si vous preniez rendez-vous pour votre prière conjugale ? On prend des rendez-vous à longueur de temps avec beaucoup de personnes, mais on oublie trop souvent d’en prendre avec son conjoint (et plus encore avec Dieu). Comme si la rencontre allait de soi. Mais elle va rarement de soi, surtout pour prier.
Pour ôter un obstacle à la prière conjugale, il est donc bon de décider d’abord :

  • à quelle fréquence on va se retrouver
  • à quel moment et pour combien de temps (le temps est le premier défi à surmonter)
  • , et dans quelle disposition (le lieu est important aussi)

Et puis on adapte son programme en fonction de cela. On se retrouve effectivement, quelle que soit l’humeur ou les circonstances extérieures, et s’il s’avère qu’il y ait une obligation insurmontable, on décale le rendez-vous. Mais on ne l’annule pas, car c’est important. Ou bien en cas d’absence prolongée de l’un ou de l’autre, on peut vivre ce temps à distance et en communion. Cette objectivité – accompagnée de régularité – sera une grande aide pour persévérer, passer les obstacles, et approfondir tant la prière que la vie conjugale.

Savoir comment on va prier en couple

Réinventer chaque fois ses temps de prière, c’est fatiguant, ça prend du temps, et c’est finalement décourageant déjà quand on est seul. Alors quand on est à plusieurs, c’est pire ! Il existe différentes manières de prier, différents types de prière. Chacun a été habitué à l’une ou à l’autre forme. Dans un couple, comme dans une communauté, les formes privilégiées peuvent correspondre, ou non. Comme pour bien d’autres choses, il va falloir s’accorder pour ce qui est commun, et laisser à chacun une liberté personnelle de faire selon ses goûts lorsqu’il est seul.
C’est pour cela que la prière des moines, et plus généralement la prière officielle de l’Église, la prière liturgique, est organisée. Elle est construite de manière à ce qu’elle soit équilibrée, et nourrissante pour la vie spirituelle. Comme un bon repas pour la vie physique. Et si vous organisiez votre prière de couple à l’exemple de la prière de l’Église ? Après tout, le couple et la famille constituent une petite Église !
Il y a trois grandes composantes dans la prière liturgique, l’office divin :

  • au centre, au cœur, il y a l’écoute de la Parole de Dieu, et sa méditation dans un petit temps de silence ;
  • on fait précéder cette écoute par un temps d’introduction et de préparation ;
  • à l’écoute succède une réponse et une conclusion.

Au cœur de la prière : écouter ensemble

Dès qu’on parle de prière, une remarque arrive assez vite : il est difficile de se retrouver confronté au silence de Dieu. On n’arrive pas à persévérer dans la prière parce qu’on n’entend pas Dieu, et on lui en fait généralement porter la faute. Certes, Dieu n’est pas bavard. Mais si nous ne l’entendons pas, le problème vient plus souvent de ce que nous ne l’écoutons pas. Le temps de la prière est avant tout un moment où l’on se pose pour écouter. Et Dieu parle avant tout à travers la Révélation qu’il a donnée de lui depuis l’appel d’Abraham jusqu’à Jésus et la disparition des Apôtres, ses premiers témoins.
La prière liturgique de l’Église est toujours une célébration de la Parole de Dieu. On laisse résonner la Révélation dans nos vies, et cela jusqu’à la fin des temps. On ne se lasse pas de méditer les paroles d’amour que le Seigneur nous a adressées, les paroles de l’Époux, qui sont Esprit et Vie.
Pour prier en couple, écoutez donc ensemble la Parole que Dieu a adressée à l’humanité. Elle est aussi directement pour vous. Laissez-vous façonner ensemble par cette Parole. Nourrissez-vous ensemble. « Ensemble » ne veut pas dire « de la même manière ». Dans un repas l’un profitera plus des vitamines et l’autre des protéines. À chacun selon ses besoins. C’est pareil dans la prière : Dieu donne à chacun selon ses besoins spirituels. D’où l’importance d’une prière équilibrée, comme un repas. La Parole de Dieu est la nourriture la plus équilibrée qui soit.
Lisez-vous mutuellement un passage de la Parole de Dieu : soit une des lectures de la messe du jour, soit le petit passage prévu par le bréviaire à l’heure où vous priez, soit une lecture continue d’un évangile ou d’un autre livre de la Bible. Ainsi vous vous annoncerez l’un à l’autre la Bonne Nouvelle. Puis prenez un temps pour méditer. Vous pouvez le faire en silence. Vous pouvez aussi avoir un temps de partage, vous dire une impression, quelque chose qui vous marque. Cela peut être court, ou bien plus long, comme une lectio divina. Assaisonnez le plat à votre convenance !

Se préparer à l’écoute

Un rendez-vous doit bien commencer, par une bonne entrée en matière. Par conséquent, soignez le début de la prière, entrez dans la prière. Faire un signe de croix, se mettre en présence de Dieu, demander son aide, comme l’encourage l’Église : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, à notre secours ».
Une petite note pratique : chacun a son rôle dans la prière monastique, et les rôles changent, tournent. Il y en a un qui préside la prière, qui invite à tel ou tel moment, et qui éventuellement tient le timing. Un autre est chargé de la lecture. C’est apaisant de savoir qui fait quoi. Répartissez vous aussi les rôles pour prier en couple.
Pour écouter, il faut être dans de bonnes dispositions intérieures. Calmer un peu notre radio ou notre cinéma intérieure. Nous pouvons l’ouvrir à Dieu, tout faire passer dans la prière, pour ne pas rester enfermés dans nos pensées. Dieu est aussi là pour nous écouter. Il a soif de nous écouter. Même s’il sait ce qu’on va lui dire. Il ne nous écoute pas pour apprendre des choses, mais parce que nous avons besoin de lui parler, de nous ouvrir à lui, de lui exprimer ce que nous avons dans et sur le cœur.
C’est le rôle des psaumes pour les moines : ils sont une manière d’exprimer devant Dieu ses sentiments et ses émotions. Non seulement les siens, mais ceux de toute l’humanité. Nous prions au nom de tous les hommes. Notre coutume monastique est dialogale : les chœurs se répondent mutuellement, ou bien un soliste et tout le chœur. Cela peut bien correspondre au couple, qui peut aussi avoir cette forme dialogale pour sa louange, sa supplication, son action de grâce.
Lorsque vous priez en couple, dites à Dieu vos joies et vos peines, votre action de grâce et votre colère, votre amour et vos désirs de vengeance. Ce sera indirectement un moyen de les partager l’un avec l’autre, de vous mettre dans une certaine harmonie intérieure, d’aller vers l’unisson de vos cœurs. Pour cela vous pouvez entonner un chant, ou bien simplement des prières spontanées.

Répondre à la Parole entendue

Après avoir écouté la proclamation de la Parole de Dieu, la seconde partie de l’office des moines est consacrée à répondre à cette Parole. Cette réponse est plus développée à Laudes et Vêpres. Nous chantons une petite pièce qu’on appelle « répons » (parce que le chœur répond à un soliste) et qui est une sorte de réaction « à chaud » à la Parole entendue. Souvent cette pièce résonne avec la Parole. Puis vient le cantique Benedictus le matin, Magnificat le soir, ou le cantique de Syméon pour Complies. Ces chants du Nouveau Testament, composés pour les Évangiles de l’enfance du Christ, sont des actions de grâce pour sa venue, donc la venue de la Parole dans nos vies.
En couple, on peut aussi éventuellement prendre un temps d’action de grâce pour la Parole qui a été donnée. Peut-être chacun peut-il remercier pour un élément particulier, ou bien en général.
Après cela vient un moment pour l’intercession : puisqu’on est ensemble devant Dieu, que nous avons eu un moment d’écoute et d’intimité, présentons-lui donc nos besoins ! Prier en couple, c’est aussi intercéder ensemble pour d’autres. Parfois on prie seulement pour demander, comme si Dieu était un distributeur de grâces. Mais il est plus poli de le faire à la fin de la prière plutôt qu’au début, après avoir écouté sa Parole d’amour.
La réponse à la Parole que Dieu nous a adressée culmine dans la prière du Seigneur, le Notre Père, qui est LA prière, celle qui contient tout et résume tout. Moment solennel. Il est bon de le prier lentement, en pesant ses mots. Il ne s’agit pas seulement de réciter une prière en y restant plus ou moins extérieur, mais de vivre cette prière, de l’habiter.
Puis celui qui préside peut conclure la prière. L’Église propose une oraison du jour ou d’autres selon l’heure à laquelle on prie. Elles sont belles et peuvent être utilisées par tout chrétiens. On les trouve dans les missels. Enfin tout se conclut par une acclamation « bénissons le Seigneur – nous rendons grâce à Dieu » ou par un signe de croix, ou par une demande de bénédiction « que le Seigneur nous bénisse au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».

Prière personnelle, conjugale, familiale

Terminons sur quelques remarques importantes.
Les balises et le processus décrits ici peuvent se décliner de plusieurs manières, et on peut y consacrer plus ou moins de temps. Il vaut mieux commencer par une forme simple et courte et y être fidèle, que d’avoir de généreuses intentions que l’on ne tient finalement pas et finalement amènent du découragement.
Chaque couple doit trouver son « alchimie » priante, sa manière de faire qui porte et nourrit. Cela demande de s’exercer, de faire des essais, d’en parler, de persévérer, et aussi d’en constater les fruits et de se les dire. Parlez donc ensemble de votre vie de prière, comme du reste !
Si l’un des époux est loin à cause des déplacements professionnels ou des vacances de l’un ou l’autre, prier en couple à distance à peu près au même moment peut aussi porter beaucoup de fruit. On vit ensemble une fidélité à Dieu et au conjoint. On compte sur l’autre, on se soutient. Les époux peuvent se mettre d’accord sur le passage de la Parole à recevoir, éventuellement échanger dessus quand ils se retrouvent. Magnifique lieu de communion.
La prière conjugale ne se suffit pas à elle-même. Prier en couple ne devrait pas épuiser la vie de prière des conjoints. Elle s’enracine dans la prière personnelle de l’un et de l’autre, sans la remplacer. Au contraire, la prière conjugale sera d’autant plus riche que la prière personnelle de chacun sera régulière et nourrie. Quant à la prière familiale, elle est enracinée dans la prière conjugale et ne la remplace pas, tout comme l’amour et la vie de la famille s’enracine dans l’amour des époux sans le remplacer. À chacun de ces moments de prière sa spécificité. Ils se complètent les uns les autres et se nourrissent mutuellement.

Bonne route dans la prière conjugale !

4e dimanche : Le Prophète, homme sur la brèche

4e dimanche ordinaire C :
Luc 4, 21-30

Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

L’hostilité à l’égard de Jésus s’est manifestée dès le début, parmi les siens. Le prophète est un homme sur la brèche, et Jésus l’a été bien concrètement, à deux doigts d’être jeté de la falaise. Il est le Prophète par excellence, lui la Parole même de Dieu, Dieu qui s’est fait chair pour nous parler, pour nous dire qui est le Père. Il est venu au plus proche des hommes. Il s’est fait l’un de nous, nous qui venions de lui. Il est venu chez les siens, mais les siens ne l’ont pas reçu. Ces mots de saint Jean sont illustrés dans la scène bien concrète de l’Évangile de ce dimanche.
Jésus n’est pas étonné. Il savait ce qui devait arriver. Il savait que Dieu a été rejeté par l’homme. Il savait que l’homme rejette aussi ceux qui parlent et agissent au nom de Dieu. Les proches de Jésus, eux, ne comprennent pas ce qui arrive. Ils ne savent pas qui il est. Ils ne comprennent pas ce qu’il fait. Ils ne voient de lui que l’apparence, que leur commune humanité. Ils sont étonnés de voir le fils du charpentier, si semblable à chacun d’eux, parler comme il parle, agir comme il agit. Ils s’offusquent. Ils refusent la banalité de ce proche qui se dit héraut de la Bonne nouvelle, Messie annoncé par le prophète Isaïe. Ils rejettent cette parole qui s’accomplit sous leurs yeux. Et en cela ils ne font que participer à son accomplissement.
Jésus passe au milieu d’eux, sans dommage, il va son chemin. Il est Seigneur, lui seul a le pouvoir de donner sa vie quand il le veut. Comme en sa Passion, il manifeste le Dieu de la Pâque, le Dieu qui passe par la mort, par les ténèbres, mais que la mort n’arrête pas, que les ténèbres n’atteignent pas. Déjà est à l’œuvre la puissance de la résurrection. Comme en sa Passion, aussi, il ne répond pas à la violence par la violence. Il pardonne, bien conscient que les siens ne savent pas ce qu’ils font. Il est venu pour rendre témoignage à la vérité, ce qu’il a fait pour ses compatriotes de Nazareth. De la Vérité de Dieu fait partie sa Miséricorde. En passant au milieu des siens, sans se révolter, il ouvre le chemin de cette Miséricorde qu’il est venu annoncer et offrir.
L’amour est risqué. L’amour de Dieu, l’amour des hommes, celui que l’Esprit Saint a répandu en nos cœurs au baptême, nous conduit sur la brèche, avec Jésus. N’ayons crainte : nul prophète n’est accueilli dans sa propre patrie. Mais nous pouvons passer au milieu des nôtres pour leur ouvrir le chemin de la Miséricorde.

Prière universelle :

PU 4e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus ne fait-il pas de miracles à Nazareth comme il en a fait à Capharnaüm ?

Comprendre sa foi :

La réaction des habitants de Nazareth proches de Jésus est au fond importante pour nous : quel enseignement sur l’identité de Jésus pouvons-nous en retenir ?

Vivre avec Jésus :

Sur quelle « brèche » l’amour me conduit-il pour être prophète ?

3e semaine : Parole donnée pour l’unité

3e dimanche ordinaire C :
Luc 1, 1… 4, 21

Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.

Parfois nous sommes tentés d’envier les contemporains de Jésus qui l’ont vu et entendu prêcher. Mais était-il plus facile pour eux de croire que pour nous ? Ils avaient devant eux un homme en chair et en os, nous avons derrière nous deux mille ans d’action du Ressuscité dans et par son Église, son Épouse, son Corps. Ils étaient au début de l’accomplissement final de la Parole, nous pouvons en contempler l’accomplissement total dans le Mystère pascal du Christ, et ses effets dans notre vie. Ils étaient de la race du Christ, mais nous avons été consacrés avec lui par le même Esprit du Seigneur.
Il faut dire plus. Le Christ parle encore aujourd’hui, lui qui est réellement présent au milieu de nous, en nous. Nous recevons de lui cette Parole durant l’Eucharistie, avant tout. C’est le Christ lui-même qui vient la proclamer au milieu de nous par la voix des lecteurs. Nous la recevons aussi par nos frères quand ils nous l’annoncent ou quand ils la mettent en pratique devant nos yeux. Notre foi naît ou renaît dans cette écoute quand elle est vraie, profonde, active. Par notre foi en sa Parole, le Christ veut nous rassembler pour faire de nous un seul Corps, habité par un seul Esprit, guidé par une seule Bonne Nouvelle. Pleurerons-nous sur notre infidélité, sur nos divisions, comme le Peuple d’Israël ? Ferons-nous de la joie de Dieu notre rempart ?
Les contemporains de Jésus ont vécu une année de bienfaits durant le temps où le Christ était parmi eux. Mais cette année se répercute jusqu’à la fin des temps. Ce jubilé prend des noms divers, et en ce moment celui particulier de Miséricorde. La Miséricorde nous est donnée à nous chrétiens. Elle est donnée à tous les hommes. Notre adhésion au Christ par la foi est un don infiniment précieux : saurons-nous le partager ? Que l’Esprit ouvre nos mains et nos lèvres afin que parlions et agissions en son Nom, afin qu’Il parle et agisse à travers nous. Alors dans notre aujourd’hui, pour ceux qui nous entourent et nous entendent, la Bonne Nouvelle annoncée dans les Écritures s’accomplira, et nous rassemblera dans l’unité.

Prière universelle :

PU 3e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus peut-il dire que la lecture qu’il a faite s’accomplit sous les yeux de ceux qui l’écoutent ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que cette lecture nous apprend sur la mission de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je crois que c’est vraiment Jésus qui parle lorsqu’on lit les lectures à la messe ?

16e semaine : Attirés par la Voix du Berger

16e dimanche ordinaire B :
Marc 6, 30-34

Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

Les Apôtres reviennent dans l’intimité du Christ après avoir prêché en son Nom. Et Jésus veut leur offrir un repos bien mérité, un temps de désert. Leur mission semble avoir trop bien fonctionné : on accourt, on se presse, on veut écouter ce Jésus, ce prophète de Dieu.
La prophétie de Jérémie s’accomplit : Dieu est venu lui-même dans le désert de ce monde pour chercher ses brebis dispersées par la discorde et l’ignorance. Il les rassure, leur montre son visage de bonté. Il les ramène vers le pâturage de l’amour et de la vérité. Il leur donne des pasteurs qui puissent manifester ainsi sa bienveillance.
Ce que le Christ a accompli durant sa vie, ce que le Ressuscité a renouvelé tant de fois durant l’Histoire de l’Église, il le rêve encore pour aujourd’hui. Nos sociétés occidentales sont dispersées dans l’individualisme, et des murs de haine s’élèvent. Beaucoup de nos contemporains, perdus par l’ignorance, errent sans vrai but dans la vie. Ils ont oublié la Voix du vrai Dieu, ne la reconnaissent plus, assourdis par les vociférations de faux prophètes.
Mais le Dieu de l’Alliance n’a pas renoncé à réunir son Troupeau. Il s’occupe de nous. Il parle par notre voix toutes les fois que nous ouvrons notre cœur à l’amour. Bientôt Il sera entendu, et les foules accourront à lui.

Prière universelle :

PU16e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pour quelles raisons les foules accourent-elles vers Jésus ?

Comprendre sa foi :

Jésus invite les apôtres au repos et à la retraite, mais lui ne cesse de prêcher : qu’est-ce que cela nous apprend de lui ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je parle de Jésus de manière à le faire aimer ?

Baptême du Seigneur B : Celui sur qui repose l’Esprit

Baptême du Seigneur :
Marc 1, 7-11

il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui

Le premier dimanche de l’Avent, nous avons imploré avec le prophète Isaïe : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais » (Is 63, 19). Durant l’Avent et le temps de Noël, nous avons célébré l’attente et la venue de Celui sur qui reposerait l’Esprit. Ainsi l’avait annoncé le même Isaïe : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur » (Is 11, 1-2) ; « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit » (Is 42, 1) ; et encore une autre prophétie que Jésus s’est attribuée à lui-même (Lc 4, 16-21) : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » (Is 61, 1). Voici qu’aujourd’hui, alors que Jésus sort de l’eau après avoir été baptisé par Jean, la prophétie s’accomplit. C’est par cette descente de l’Esprit que Jean-Baptiste peut reconnaître Celui qu’il annonçait, Celui qui venait baptiser dans l’Esprit Saint.
Lors de la Nativité à Bethléem, le Verbe s’est fait chair dans le secret, dans la discrétion. À présent, durant les fêtes de l’Épiphanie, que nous concluons avec le mémorial du Baptême du Seigneur, il est manifesté au monde. Ce n’est pourtant pas une manifestation éclatante : il faut la finesse spirituelle de Jean le Baptiste pour la percevoir. Pourtant cette graine divine semée trente ans auparavant dans le monde commence à germer à la vue de tous et bientôt commencera à porter un fruit surabondant.
Jésus commence sa vie publique en se soumettant au baptême de repentir de Jean, dont il n’avait nul besoin. Lui qui est Dieu s’est fait semblable aux hommes, il prend sur lui toute leur condition jusqu’à se faire solidaire du péché, de l’éloignement de Dieu. Déjà la mort sur la Croix se profile, mais aussi la résurrection. Jésus est baptisé dans le Jourdain, à l’endroit où traditionnellement le peuple hébreux, mené par Josué, a aussi traversé la rivière pour entrer dans la Terre Promise après sa sortie d’Égypte et son errance purificatrice au désert. Jésus est le vrai Josué qui vient nous introduire dans véritable Terre, la Vie éternelle.
Notre introduction dans la vie éternelle se fera par la transmission de l’Esprit qu’il a reçu. C’est sa mission. C’est la mission qu’il reçoit du Père en ce jour de sa vocation, quand il l’appelle : « Fils bien-aimé ». En prenant notre condition, et en nous transmettant l’Esprit qu’il a reçu et qui repose sur lui en plénitude, il va faire de nous des fils adoptifs. Puissions-nous, comme lui, nous donner au Père dans notre vocation personnelle, aimer nos frères jusqu’au bout, et faire ainsi la joie de Dieu !

Prière universelle :

PU Baptême du Seigneur B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la deuxième lecture, en liant « l’Esprit, l’eau et le sang » aide-t-elle à rapprocher le baptême de Jésus de son Mystère pascal (mort, résurrection, pentecôte) ?

Comprendre sa foi :

Quels liens peut-on faire entre le baptême de Jésus et les sacrements du baptême et de la confirmation ?

Vivre avec Jésus :

Jésus reçoit aujourd’hui sa mission de Messie par l’intermédiaire de Jean-Baptiste. Y a-t-il (eu) des « Jean-Baptiste » qui m’aident (m’ont aidé) à découvrir le don de l’Esprit que j’ai reçu ?

Révélation sur la paresse

La paresse dans la Bible

La paresse nous guette ! Ces pages, qui nécessitent de se donner du mal pour les lire, vont tenter de débusquer ce défaut qui se camoufle sous des dehors honorables. Le sujet vaut l’effort, car il touche beaucoup de monde, et personnellement, j’éprouvais le besoin de le creuser un peu… Pour ce faire, j’ai ouvert la Bible, et j’ai cherché ce que la Parole de Dieu nous dit à ce sujet : que nous révèle-t-elle sur la paresse ? Poursuivre la lecture

15e semaine : Qui mal sème mal récolte ?

15e dimanche ordinaire A :
Matthieu 13, 1-23

Voici que le semeur sortit pour semer.

Dans cette parabole, le Christ, Dieu, semble être un bien piètre semeur. Il n’est peut-être pas étonnant qu’il ait parfois de bien mauvaises récoltes… Il sème partout, sans distinction. Il disperse son grain en des lieux qui rendent sa germination improbable, ou mettent sa maturation en danger : pourquoi donc se fatiguer en vain ? Ne devrait-il pas faire plus attention ?
Peut-être Dieu est-il simplement trop généreux ? Il croit en la vie, et veut lui donner sa chance : peut-on le reprocher au Créateur ? Dieu, en effet a créé la terre, il l’a faite bonne et féconde ; il a créé la lumière et la chaleur pour nous l’offrir, jour après jour ; il créé l’eau et la fait tomber sur les bons et les méchants, afin que la vie puisse grandir ; il a fait pousser la diversité des plantes, pour qu’elles s’entraident ; il sème le grain, enfin, en surabondance, partout. Et ce qui est vrai dans la nature est aussi vrai dans nos cœurs d’hommes. Dieu croit en l’homme, cette terre qu’il a créée pour qu’elle accueille sa Parole et puisse porter du fruit. Il offre pour cela toutes les grâces dont nous avons besoin. Et la première de toutes est notre liberté de dire « oui » à cette vie.
Dieu nous laisse libre de notre écoute et de notre accueil. Tout nous est donné pour travailler notre terre, mais ce travail est remis à notre liberté, à notre responsabilité. La porte de notre cœur ne peut être forcée, notre terre ne peut être violée par le grain, la Parole ne s’impose pas à qui ne l’écoute, à qui ne l’accueille. Le grain est divin, mais c’est à nous, sous la conduite de l’Esprit, de veiller à notre terre afin qu’elle ne soit ni pierreuse, ni brûlée, ni envahie. Alors la générosité de Dieu pourra porter en nous son fruit.

Prière universelle :

PU 15e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel indice, au début de l’évangile, nous fait comprendre qui est le semeur ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus donne-t-il une explication supplémentaire aux disciples et non pas aux autres ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je prends du temps pour travailler ma terre, méditer les paraboles ?

16e dimanche : Quand Marthe reçoit le Christ

16e dimanche ordinaire C :
Luc 10, 38-42

Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire.

Les rencontres de Jésus avec les femmes donnent toujours lieu à des scènes très délicates et très profondes. Il se passe et il se dit à ces moments des choses essentielles, notamment pour la vie spirituelle. L’épisode de l’accueil du Christ chez ses amies Marthe et Marie en est un bel exemple. On connaît bien cet épisode pittoresque et si féminin, peut-être trop bien. Malheureusement, on s’habitue à la beauté. Dans le réalisme de Marthe, on reconnaît tant de visages de femmes affairées au service de la maison, au service de la vie. Dans l’attention de Marie, on retrouve tant de cœurs de femmes tout ouverts à rencontrer la personne qu’elles accueillent, à écouter. Peut-être chacun, homme ou femme, peut se reconnaître plus ou moins dans l’une ou l’autre figure, trouver des sympathies, comprendre mieux une attitude ou une manière d’être.
Jésus ne fait pas de jugement de personnes, bien sûr. Il montre juste l’essentiel. Il indique l’invisible, qui ne dévalue en rien le visible. Il met les priorités, manifeste un ordre à garder dans les préoccupations, conduit vers ce qui fait le cœur du service. Il ne reproche rien à Marthe affolée par tant de monde en sa maison, et on la comprend, car Jésus n’était pas seul. Il ne veut rien reprocher non plus à Marie assise et buvant les paroles de l’hôte, qui fait ce qu’elle doit faire, ce vers quoi son cœur et peut-être son tempérament sont inclinés. Jésus rend en quelque sorte son service d’accompagnateur spirituel, orientant vers les choses du Ciel et l’attention Celui qui vient du Ciel.
Nous autres moines et moniales aimons beaucoup cette scène, et les deux protagonistes qui entourent le Christ. Sans y faire explicitement référence, St Benoît nous invite à vivre cette double dimension de l’accueil, en mettant les bonnes priorités : accueillir nos hôtes comme le Christ, prier et écouter la Parole de Dieu avec eux, et leur témoigner une grande humanité dans notre manière de les installer. Nous savons aussi que dans nos communautés, certains frères ou sœurs sont plutôt du tempérament de Marthe, et d’autres de celui de Marie, et nous connaissons bien le genre de tensions que cela peut créer parfois. Plus encore, chacun en nos cœurs, nous avons quelque chose de Marthe et quelque chose de Marie, et c’est pourquoi nous connaissons justement « par cœur » ce que ce genre de situation implique. Finalement sans cesse nous devons nous rappeler, comme tout chrétien, ce qui est le plus nécessaire, ce qui est la seule chose vraiment nécessaire et la meilleure part : se tenir en présence de Jésus, l’écouter, l’aimer.

Prière universelle :

PU 16e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels sont les parallèles que l’on pourrait faire entre la première lecture, l’hospitalité d’Abraham, et l’Évangile ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi donc écouter Jésus est-il plus nécessaire que de le servir ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je sers Jésus ? Est-ce que je prends le temps de l’écouter, calmement ?