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Le Carême : préparons-nous à fêter l’amour !



Le Carême : préparation aux fêtes de l’amour

Le Carême est un temps de préparation à la fête de Pâques. C’est-à-dire que nous nous préparons à célébrer la manifestation suprême de l’amour de Dieu pour les hommes, pour chacun de nous. Pâques est la grande fête de l’amour.

Noël : déjà de l’amour !

Les fêtes de Noël sont déjà une fête de l’amour. À Noël, nous avons contemplé Dieu qui s’approche de nous, si près qu’il se fait l’un de nous. C’est déjà un très grand signe de son amour. Il est Dieu avec nous, il vit notre vie, il marche sur nos routes, il parle notre langue d’hommes. Dieu se fait connaître de manière à ce que nous ne soyons pas effrayés, discrètement. Il vient nous apprivoiser.

L’amour… Passion

Pâques sera la fête d’un amour plus grand encore. En effet, nous verrons cet amour de Dieu mis à l’épreuve, déprécié, moqué, rejeté, bafoué. Le rejet de Dieu par l’humanité va apparaître au grand jour durant les célébrations du dimanche des Rameaux et de la Passion, puis du Vendredi Saint. Mais en réponse à ce rejet, nous contemplerons le Christ qui reste doux, humble, patient, face à la violence de l’homme, face aux intrigues religieuses et politiques, face au rejet de la foule, face à nos petitesses humaines. Non seulement le Christ reste doux, patient, humble, mais il donne sa vie par amour, il s’offre au Père, il pardonne à ses bourreaux ainsi qu’à ses disciples qui fuient, à Pierre qui le renie, à Judas qui le trahit.

L’amour surgissement de vie

Et l’amour de Dieu ne s’arrêtera pas là. Jésus va ressusciter, et se montrer à ceux qui ont cru en lui. Il va montrer qu’il est vainqueur de la mort, que la souffrance n’a pas eu le dernier mot, que la haine a été mise en échec. Sur le chemin d’Emmaüs, Jésus explique aux disciples comment il a voulu prendre notre condition d’homme jusqu’au bout, jusque dans ce qu’elle a de plus douloureux et de plus absurde, pour que la douleur et l’absurdité n’aient pas le dernier mot. Les ténèbres ne peuvent engloutir la lumière divine.

L’amour don incommensurable

Et l’amour de Dieu ne s’arrêtera pas encore là. Au terme des fêtes de Pâques, à la Pentecôte, l’Esprit Saint nous sera donné. L’amour de Dieu lui-même sera répandu dans nos cœurs, pour que nous puissions participer au Salut apporté par le Christ, être guéri du péché, aimer Dieu à notre tour, lui être uni, aimer aussi nos frères et sœurs et leur être uni au plus profond de nous-mêmes. Nous fêterons le don extraordinaire de l’Esprit à l’Église, à l’humanité, qui nous permet de connaître et d’aimer Dieu en vérité, ainsi que de connaître et d’aimer nos frères en lui, par lui.
Le Carême est donc un temps de préparation particulière à ces grandes fêtes de l’amour. Comment peut-on se préparer au mieux à célébrer l’amour ? Comment fait-on pour apprêter son cœur, afin qu’il soit bien disposé à recevoir l’amour et à se donner en retour ? Qu’est-ce qui pourra nous aider à nous ouvrir pour que nous puissions profiter au mieux de ces jours ? Il ne faudrait pas que ce soit juste une suite de célébrations qui ne changent rien à notre vie quotidienne. L’amour, s’il est vrai, transforme progressivement nos vies. Et les fêtes de l’amour nous sont données précisément pour nous encourager.

Le premier dimanche du Carême : au désert

Vous vous souvenez sans doute du premier dimanche du Carême. Chaque année, nous avons la même lecture de l’épreuve de Jésus au désert durant 40 jours. Ce temps d’épreuve a donné la mesure du temps de notre Carême, mais aussi une certaine ambiance. On associe souvent le Carême au renoncement. Il faut faire des efforts. Il faut jeûner. Il faut se priver. Il faut éviter de faire le mal. Apparemment ce n’est pas très joyeux (on croit parfois que le mal, le péché, est joyeux : curieux…). Mais peut-être oublions-nous de mettre cela dans la perspective des fêtes de l’amour.

Un temps de joie

Lorsqu’on prépare un mariage, une fête de l’amour par excellence, il faut aussi faire beaucoup de choses. Et il y a aussi des renoncements. La préparation matérielle, certes, prend du temps. Mais il y a aussi une préparation intérieure qui nécessite que les futurs époux réservent du temps ensemble, réfléchissent bien à ce qu’ils vont faire, apprennent à se connaître. C’est un exercice, un effort, mais désagréable. Cela implique de renoncer à beaucoup d’autres choses, notamment à d’autres relations avec les amis ou les connaissances, d’aller un peu en couple au désert, de renoncer à certaines activités pour passer du temps avec l’autre. Mais c’est une joie ! Déjà on commence à vivre de la joie de l’union.
Le Carême devrait être aussi le temps d’une telle joie. Oui, on fait quelques efforts pour la préparation de Pâques, mais déjà on est joyeux de la joie de Pâques. Déjà on est joyeux de la fête de l’amour que l’on prépare. Ici c’est le cœur qu’il s’agit d’apprêter. Il s’agit d’une relation d’intimité à renforcer. Intimité avec Dieu. Mais aussi intimité d’amour avec nos proches, et aussi les moins proches, tous les hommes. Car on ne peut pas vraiment aimer Dieu si on n’aime pas les autres. Et on aime d’autant plus les autres que l’amour de Dieu est au cœur de nos vies. Mais pour aimer, il faut faire de la place dans son cœur, il faut désencombrer son cœur.

Désencombrer son cœur

Lors du premier dimanche du Carême, l’Évangile nous a invité justement à désencombrer notre cœur de ce qui l’alourdit. Jésus nous a ouvert le chemin d’une libération intérieure de choses qui prennent souvent trop de place en nous. Il nous a montré l’exemple de la lutte contre tout un tas de choses futiles, envahissantes, qui peuvent envahir notre champ de conscience, occuper notre cœur, le saturer, et le gêner pour aimer.

Première tentation

L’Évangile a résumé cet encombrement en trois grandes tentations. La première, c’est quand Jésus a faim, et que le diable lui propose de transformer une pierre en pain. Là, nous retrouvons notre préoccupation des choses matérielles. Nous ressentons des manques et nous en sommes préoccupés, ça nous occupe l’esprit, nous voulons toujours plus. Cela peut-être la faim de se nourrir, mais aussi la faim de consommer autre chose : consommer des vidéos, consommer des jeux peu utiles, consommer du loisir, consommer de l’affection de la part des autres sans avoir à donner en retour, consommer du bavardage, du commérage, des critiques, etc. Cela peut être aussi de se plaindre, de murmurer, parce qu’on a l’impression de manquer.
Au lieu de subir ces désagréments, Jésus nous invite à renoncer pour quelque chose de plus grand. Il nous propose de faire de la place dans nos cœurs pour que nous puissions écouter Dieu, et recevoir de lui la vie, la joie la paix. « L’homme ne vit pas seulement de pain ». Il vit aussi et surtout de la relation à Dieu. Et il vaut la peine de savoir renoncer à ses préoccupations matérielles pour recevoir la vie, la joie, la paix qui viennent de Dieu. Le Carême est un temps privilégié pour laisser de côté ses préoccupations matérielles. C’est le sens du jeûne. C’est aussi un aspect du partage : on donne de son superflu pour ceux qui manquent du nécessaire. Ainsi les pauvres sont secourus… et les plus riches aussi !

Deuxième tentation

La seconde tentation de Jésus est celle d’acquérir du pouvoir. Le diable lui propose – mensongèrement – un pouvoir sur toutes les nations. Il l’incite à imposer sa volonté. Mais l’amour n’est pas un pouvoir. L’amour n’est pas un contrôle des autres. Au contraire, c’est un don de soi aux autres. Aimer, c’est faire de la place à l’autre dans son cœur. Aimer, c’est se mettre au service de l’autre.
Le Carême, comme je le disais, est un bon temps pour le partage. Il s’agit non seulement de donner des choses ou de l’argent, mais aussi d’offrir du temps et de l’attention pour ceux qui en ont besoin. C’est un moment privilégié pour mettre les autres en avant, pour les mettre en valeur, les remercier, les féliciter. Partager, se donner, se mettre au service, s’ouvrir aux autres, tout cela agrandit le cœur pour se préparer aux fêtes de l’amour. Et ça donne de la joie.

Troisième tentation

La troisième tentation touche à l’apparence. Le diable conduit Jésus en haut du Temple, et il lui propose de se jeter en bas pour que Dieu le protège, que les anges le récupèrent sur leurs mains. Imaginons les foules de priants sont en dessous, prêtes à voir le prodige et à s’extasier : Quelle action d’éclat ! Il paraîtrait quelqu’un de bien ! Tout le monde l’admirerait, et reconnaîtrait en lui un élu de Dieu ! Les gens crieraient au miracle ! Il serait même flatté d’avoir eu tellement de foi, de confiance en Dieu ! Nous connaissons ce genre de tentation de paraître quelqu’un de bien aux yeux des hommes, d’être considéré comme saint avant de l’être effectivement.
Mais Jésus refuse un le coup d’éclat qui le fera paraître aux yeux des hommes. Il renonce à paraître quelqu’un de bien de manière superficielle, à se faire valoir, même apparemment pour une bonne cause. Jésus choisit l’humilité et la discrétion. Durant toute sa vie il choisira le secret, il ne se dévoilera vraiment qu’au moment de sa Passion. Cette humilité, cette discrétion, sont aussi un moyen pour nous de nous préparer à célébrer l’amour. L’humilité et la discrétion ouvrent la voie à l’amour, car on cesse de s’imposer aux autres.

Le deuxième dimanche de Carême : écoutez-le !

Le deuxième dimanche de Carême est consacré à faire mémoire de la Transfiguration du Seigneur. Cet Évangile apporte quelque chose de nouveau dans notre préparation. C’est un moment de consolation.

Un moment de consolation

Dans la vie de Jésus, cet événement se situe après la première annonce de sa Passion. Pierre a été déboussolé par cette annonce, il a pris peur : « cela ne t’arrivera pas, Seigneur ». Il prend peur pour Jésus, certes, mais aussi pour lui. Il ne se fait pas l’image d’un Messie souffrant. Il préférerait sans doute suivre un maître et un Messie glorieux. La souffrance nous fait peur à nous aussi. Nous voudrions bien l’éviter. Mais il n’y a pas d’amour sans souffrance. Et la souffrance est bien souvent signe de l’amour. Elle est signe qu’on ne s’est pas blindé, qu’on a le cœur ouvert, vulnérable, qu’on a un cœur de chair et non un cœur de pierre. Jésus veut changer notre regard sur la souffrance. Il va chercher à consoler et à affermir ses disciples.
La Transfiguration est aussi une invitation pour nous. Elle nous indique le chemin d’une consolation. Elle nous montre une voie de l’ouverture de notre cœur. Il ne s’agit plus ici de nous préparer en renonçant. Si l’on a renoncé à quelques mauvaises choses pour faire de la place dans notre cœur, il faut aussi penser à remplir notre cœur de bonnes choses. Certes, il est bon d’éviter de perdre de l’énergie dans des choses inutiles. Mais il est encore meilleur de consacrer ses forces, son temps, son attention, à d’autres choses constructives, bonnes, et même essentielles. L’épisode de la transfiguration nous invite à l’une des activités les plus essentielles qui soient.

Gravir la montagne pour prier

Ainsi commence le texte : «  Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. » Pour se préparer aux fêtes de l’amour, il est essentiel de prendre du temps pour prier. L’amour se nourrit d’une relation intime. L’amour ne peut pas grandir sans des temps d’intimité avec Dieu. La relation à Dieu a besoin d’être entretenue régulièrement, quotidiennement, par des moments privilégiés, des moments de qualité. C’est dans la logique de tout amour, de toute relation. Ces petites étapes amoureuses n’ont pas forcément besoin d’être très longues. Elles ont surtout besoin d’être régulières. Quelques minutes chaque matin, ou chaque soir. Le temps de remercier Dieu, de lui demander pardon, de lui confier des intentions. Le temps d’un Notre Père et d’une invocation à Marie. Le temps aussi d’écouter Dieu, je vais revenir sur ce point.
Il n’y a pas besoin de monter sur une haute montagne pour cela. Il est surtout nécessaire de rentrer dans son cœur. Ce n’est pas un exercice tout à fait facile et spontané. Cela nécessite de s’exercer, de grandir. C’est aussi pour cela que la régularité est de mise. Chaque jour, c’est bien, c’est nourrissant. Il n’y a donc pas besoin d’escalader une haute montagne, ni d’aller dans une église, même si une église ou la nature peuvent être des lieux qui aident à prier. Pour entrer dans son cœur et prier, Jésus nous a conseillé, plus simplement, de nous retirer dans notre chambre, de fermer la porte, de nous mettre au calme. Cela veut dire aussi pour nous éteindre la télévision, le poste radio ou l’ordinateur, couper le téléphone pour ne pas être dérangé. Cela demande aussi de prendre un peu de distance par rapport aux nécessités du quotidien, aux soucis matériels. On est alors seul avec soi-même devant Dieu, et avec Dieu qui est là présent dans le secret. Remarquez qu’il est bon de faire cela seul, certes, mais aussi des moments de prière en couple ou en famille sont très bienvenus. Cela apportera beaucoup à votre amour.

Comment se mettre en prière ?

Que faire durant ce temps de prière ? Certainement penser à Jésus. Avoir une icône ou une image de Jésus devant soi peut aider. Et puis aussi une bougie qui nous rappelle que Dieu est lumière dans nos vies, une lumière qui s’est allumée pour nous le jour de notre baptême. Avoir un coin prière installé dans sa maison est une très bonne aide pour s’y mettre, pour prendre le temps de prier. Ainsi on sait où on doit aller, comment s’installer. On ne perd pas du temps à inventer à chaque fois, on a ses habitudes. Cela facilite beaucoup la prière.
Puis il est bon de commencer par un beau signe de croix, en demandant au Seigneur de nous aider à prier. Nous autres moines, et les prêtres ou les religieuses aussi, nous faisons cela à chaque temps de prière. Nous commençons ainsi : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, viens vite à mon secours » ou bien : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange ». Mais on peut commencer par d’autres prière, comme une invocation à l’Esprit Saint : « Viens Esprit Saint, emplis mon cœur d’amour, ouvre mon cœur à la présence du Père, ouvre mes oreilles à la voix du Christ. »

Et par où commencer ?

On peut ensuite remercier Dieu pour sa présence et pour ses dons. Il est très important de le remercier chaque jour. D’une part cela nous force à voir les bonnes choses de nos vies, ce qui n’est pas forcément évident. D’autre part c’est aussi un moment où l’on reçoit consciemment la vie qui vient de lui. En remerciant pour la vie, on s’ouvre à la vie, on la reçoit mieux. Il est bon aussi de demander pardon si l’on a quelque chose sur le cœur. Cela ne remplace pas le sacrement de réconciliation, mais il est fécond pour l’amour d’avoir des temps de réconciliation avec Dieu dans notre quotidien. Cela aide beaucoup la réconciliation avec les frères.
« Maître, il est bon que nous soyons ici ! » s’écrie St Pierre. Goûtons nous aussi ce temps d’intimité dans la prière, essayons de faire un peu le silence en nous. Ce n’est pas facile. Nous avons peur du silence. Et il y a notre cinéma ou notre radio intérieure qui ne s’arrête jamais, qu’il est difficile de stopper. Mais on peut prendre un peu d’habitude de mettre cela de côté, et ça finit par se calmer un peu tout de même. Le silence intérieur permet l’écoute. L’écoute est un moment très important de l’amour. L’écoute est capitale dans l’amour. L’écoute, c’est l’accueil de l’autre.

Écoutez-le !

Le texte de la Transfiguration culmine dans cette invitation à l’écoute. La voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Si le Père nous le demande, prenons donc du temps pour écouter Jésus. Lisons chaque jour un passage de l’évangile, vraiment chaque jour. C’est la vraie nourriture spirituelle. C’est la plus solide nourriture de l’amour de Dieu. Il s’agit de lire avec ses yeux et son intelligence, et d’écouter avec son cœur.
Souvent, il ne se passera apparemment rien. Mais l’apparence du rien ne veut pas dire que l’Esprit Saint ne travaille pas au fond du cœur. Prenez le temps de lire, de répéter, de méditer l’Évangile. L’Esprit Saint vous conduira progressivement dans sa compréhension. Laissez aussi résonner cette parole en vous. Répétez plusieurs fois la lecture pour vous en imprégner. C’est très important, c’est ainsi qu’elle pourra résonner en vous. C’est comme de se répéter les paroles d’une personne que l’on aime. Ça rend présent cette personne. Répéter la Parole de Dieu rend Dieu présent à l’intérieur de soi, ou plutôt nous ouvre à sa présence.
Et prenez aussi un petit temps de silence après cette lecture et cette répétition. Là aussi, ça s’apprend. À ce moment il est bon de fermer les yeux, car ils sont source de distraction. Cela aide à se retirer plus profondément dans son cœur. On prend l’habitude progressivement de ce silence. Il peut changer la vie. Seulement respirer, tranquillement. Penser au souffle que Dieu a mis en nous, le souffle physique, mais surtout le souffle spirituel, la Vie. Rappelez-vous que Dieu est présent en vous et qu’il agit. Dans la prière, c’est lui le premier qui est à l’œuvre.

Après l’écoute, la réponse

Après cela, une fois qu’on a écouté le Seigneur, on peut lui demander des choses, lui présenter ses intentions. Il ne faut pas hésiter ! Généralement on n’hésite pas… On peut lui confier sa vie, ses soucis, les gens que l’on aime, ceux qui souffrent, les personnes qui ont besoin de son aide. Inutile d’insister, nous le faisons assez spontanément, mais parfois trop tôt dans le temps de prière. Il est plus poli de commencer par remercier puis écouter avant de présenter ses besoins !
Enfin, il est toujours bon de conclure par le Notre Père, la grande prière, la vraie prière, la prière du Seigneur, la prière la plus complète. Le Notre Père est un sommet. Il résume et contient tout : la vraie louange et la vraie demande. Il est remise de soi dans la confiance. Il est source, aussi, de la vie filiale du baptisé, cette vie que vient revigorer la prière.
Puis vient le temps de redescendre de la montagne. Cela prend un petit temps pour passer tranquillement à la suite. Il est important de sortir progressivement de la prière. C’est comme quand on dit au revoir à quelqu’un, il est bon de faire cela posément. Un signe de croix, un petit temps d’arrêt avant de se lever et de partir, un moment pour respirer profondément, ou éventuellement pour éteindre la bougie si on en a allumé une. Bref, on prend le temps de bien se quitter pour mieux se retrouver, ou même pour mieux rester ensemble en pensée.

Pour conclure : faire de la place pour accueillir

Pour résumer, les deux premiers dimanches de Carême nous invitent à faire de la place en soi pour accueillir Dieu dans son cœur à travers sa Parole. Décidez donc de renoncer à une chose ou une attitude superflue. Débarrassez-vous durant ces jours d’un encombrement intérieur. Et permettez au Seigneur de venir chez vous. Invitez-le pour qu’il vienne vous tenir compagnie. Cela vous préparera à fêter l’amour. Cela fera grandir en vous l’amour.

3e semaine de l’Avent : Désirer Celui qui vient

3e dimanche de l’Avent C :
Luc 3, 10-18

Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.

Durant l’Avent, nous célébrons une attente. Tout l’Ancien Testament attend le Messie, prépare sa venue. Le Peuple de l’Ancienne Alliance annonce et désire, souvent sans le savoir, le passage décisif de Dieu dans l’Histoire humaine. Avec Jean Baptiste, nous arrivons au bout de ce temps, et d’une certaine manière au bout des temps. La plénitude des temps arrive avec le Christ, et il est beau de contempler le peuple en attente.
Dieu s’est fait homme. Il est venu parmi nous. N’y a-t-il plus rien à attendre ? Sommes-nous condamnés à une vie sans désir ? Durant cet Avent ne célébrons-nous qu’une attente passée et accomplie ? Nous aussi, chrétiens, Peuple de la Nouvelle Alliance, nous devons être un peuple en attente, un peuple de désir. Le Dieu de la Pâque, le Dieu qui passe, nous a visité, mais il a promis son retour dans la gloire. Il nous a donné mission de préparer ce retour, comme le Peuple de la Promesse avait reçu mission de préparer sa première venue. L’attente, le désir de la venue de Dieu devrait être au cœur de notre vie spirituelle.
Cette vigilance n’est pas seulement tournée vers « demain », vers une fin des temps qui peut nous paraître finalement lointaine. D’abord la fin du temps peut arriver à tout moment, et c’est à chacun de se tenir prêt. D’autre part, comme ce peuple de l’Évangile, nous sommes invités à être à l’affût de la venue du Christ dans nos vies, à chaque instant. Le désir de son retour dans la gloire nous permettra de le voir à l’œuvre déjà dans l’aujourd’hui de notre vie. Car ce retour dans la gloire a déjà commencé : le Christ vient dans chacune de nos vies. À nous de le reconnaître.

Prière universelle :

PU 3e dimanche de l’Avent C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Dieu a-t-il envoyé Jean-Baptiste ?

Comprendre sa foi :

Le message de Jean-Baptiste concerne-t-il aussi les chrétiens ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, comment est-ce que je désire, comme est-ce que je prépare la venue de Jésus ?

3e Semaine de Pâques : Sur la route

3e dimanche de Pâques A :
Luc 24, 13-35

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.

Déception. Tristesse. Désespoir. Blessure. Dépression. Les deux disciples broient du noir, et il y a de quoi. Ils espéraient, et tout s’est subitement écroulé. Le témoignage et la vision des femmes n’arrange rien. Ce n’est pas qu’ils les rejettent, mais simplement ils demandent vérification, et ils ne l’ont pas. Ils ont le cœur brisé par les souvenirs de cette Pâque qui a tourné au cauchemar. Pourquoi partent-ils de Jérusalem ? Était-ce prévu ? Fuient-ils ? En tout cas ils continent leur chemin, ensemble, en frères qu’ils sont devenus grâce à ce Jésus qui avait soulevé leurs espoirs.
Peut-être est-ce parce qu’ils sont réunis au nom de Jésus, et encore habités par le souvenir de sa compagnie, que le Ressuscité peut venir leur rendre visite et se rendre réellement présent. Il répond à leur désir profond, ce désir qui n’arrive pas à éclore en acte de foi. Il vient transformer un espoir passé en espérance pour le futur. Il veut surtout réchauffer leurs cœurs glacés par l’épreuve de la contradiction, sans doute déçus et amers, probablement en colère contre l’injustice, perdus par le non-sens, et y faire renaître l’amour. Rien n’est perdu pour qui repasse en soi, avec un frère, la mémoire de Jésus.
Le Ressuscité va comme frictionner leur cœur pour le réchauffer. Il les invite à exprimer leur douleur. Il les secoue pour les réveiller de leur torpeur. Puis il passe le baume des Écritures, remettant sous leurs yeux l’enseignement des Prophètes, qu’il leur avait expliqué durant les trois années passées à ses côtés. Enfin il les laisse réclamer plus. En faisant mine de partir plus loin, il leur donne l’occasion d’ouvrir leur cœur brisé pour recevoir la guérison. Et cette guérison viendra dans la Fraction du pain, l’Eucharistie, signe de la Présence, du Don, de la Communion.

Prière universelle :

PU-dimPaques-A3-2020

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi un si long récit ? Qu’est-ce que St Luc invite à comprendre et à vivre ?

Comprendre sa foi :

A quel moment Jésus disparaît-il et pourquoi ? Est-ce un abandon ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je déjà fait l’expérience du cœur brûlant, signe de la présence de Jésus, en écoutant les Écritures ?

3e semaine de Carême : Soif d’autre chose…

3e dimanche de Carême A :
Jean 4, 5-42

Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif…

C’est l’histoire d’une personne qui ressemble à bien d’autres. Peut-être même ressemble-t-elle à toute personne humaine. Elle a soif. Et elle peine à étancher sa soif. Sans cesse elle va chercher de quoi boire, bravant la chaleur du jour, seule avec sa soif. Mais elle boit mal. Entendez qu’elle ne boit pas ce qui peut étancher cette soif qui la tenaille. Elle se gorge des sodas sucrés que lui présente le monde, et s’enivre de breuvages forts qui lui font oublier pour un moment son manque. Tout cela ne fait qu’irriter son gosier altéré. Elle a soif d’autre chose, mais ne s’en rend pas compte. Un jour, elle se trouve face à une source d’eau vive et pure.
Voilà cette Samaritaine. Voilà cette femme qui a testé diverses relations, sans doute superficielles puisqu’elles n’ont pas duré, et qui n’a jamais été contentée, ni apaisée dans son attente. Qu’elle est moderne cette femme « libérée » de la contrainte d’une relation stable avec un mari ! Combien d' »amis » aurait-elle sur Facebook, si elle vivait en notre temps ? Comment comblerait-elle son désir de relation, son manque de relation ? Cette femme qui se rend seule au puits, à l’heure la plus chaude du jour pour être sûre de ne rencontrer personne, va rencontrer La Relation. Et la Relation va la combler, en un instant.
Cette femme désire plus qu’elle ne le croit, plus qu’elle ne cherche. Sans doute n’ose-t-elle pas imaginer ce qu’elle peut désirer au fond d’elle-même. Elle a besoin qu’on le lui révèle, mais n’a pas encore trouvé la bonne personne, celle dont la profondeur appellera sa profondeur. Jésus, avec beaucoup de délicatesse, va lui faire prendre conscience de sa véritable soif, de ce manque sur lequel elle n’arrive pas à mettre des mots, et qui entrave sa joie. Jésus va l’accueillir avec son vide, l’aimer, simplement, puissamment, la renvoyer à la relation avec ses concitoyens, la libérer de sa honte. La Relation va l’ouvrir aux vraies relations. Le vide qui essaie de se remplir du néant des autres va devenir pour les autres canal d’une Vie nouvelle offerte.

Prière universelle :

PU 3e dimanche de Carême A
PU St Joseph, 19 mars

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment progresse le thème de l’eau dans ce passage d’évangile ?

Comprendre sa foi :

Qu’évoque le symbolisme de l’eau pour notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Qu’est-ce qui me touche le plus dans cette rencontre de la Samaritaine avec Jésus ?

1ère semaine de Carême : Du désert à la Vie

1er dimanche de Carême A :
Matthieu 4, 1-11

Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.

Ne suffisait-il pas que Dieu se fasse homme et vienne sur terre ? Pourquoi l’Esprit pousse-t-il Jésus jusqu’au désert pour y être tenté ? Au fond, c’est sans doute une unique réalité. Par le péché, l’homme a quitté la luxuriance spirituelle du Paradis pour vivre dans un désert, dans un lieu loin de Dieu, un lieu loin de la Source de la Vie. Dans cette aridité intérieure, il est constamment tenté de se faire de faux dieux matériels, moyens détournés et faussés de combler sa soif d’une relation plus profonde au monde, aux autres, à lui-même. C’est le prix, douloureux, de sa désobéissance, de son refus d’écouter, de recevoir la Parole de son Dieu.
Jésus, cet homme rempli de l’Esprit de Dieu, Jésus qui est Dieu lui-même, va chercher l’Homme jusque dans cette déréliction. Il est poussé vers ce lieu de mort pour y tracer un chemin de vie. Il va affronter le brouhaha mensonger du diable et de ses convoitises pour n’obéir qu’à la Parole du Père. Il se met dans notre peau pour que nous puissions revenir, à sa suite, pour que nous puissions nous convertir en reprenant le chemin de la maison du Père, le chemin de la Vie.
Nous sommes devenus comme des arbustes plantés dans un désert, desséchés, décharnés, vidés de sève. Alors que nous n’avons plus la force de revenir à la vie, voici que la Vie vient à nous. Laisserons-nous le désir spirituel se réveiller ? Ouvrirons-nous nos cœurs ? Reviendrons-nous « par le travail de l’obéissance, à celui dont nous a écarté la paresse de la désobéissance », selon les mots de St Benoît ? Répondrons-nous simplement « oui » à la Vie qui se donne ?
Voici le moment favorable, voici le temps de notre Salut. Ne laissons pas notre cœur en friche durant ce Carême.

Prière universelle :

PU Mercredi des cendres A
PU 1er dimanche de Carême A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles comparaisons peut-on faire entre la tentation d’Adam et Eve au paradis et la tentation de Jésus au désert ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Dieu n’a-t-il pas choisi une voie plus facile pour nous sauver du mal ?

Vivre avec Jésus :

Quelle Parole résonne en mon cœur pour que je la mette en pratique ?

Épiphanie : Il est venu briller pour tous

Épiphanie A :
Matthieu 2, 1-12

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Elle est étonnante cette manifestation de Dieu que nous présente l’évangéliste Matthieu. Isaïe avait annoncé la venue des rois de la terre avec leurs présents vers la lumière du Seigneur. La prophétie de la première lecture est éblouissante. Le commencement de sa réalisation, dans l’évangile, est bien humble. Où donc est cette lumière ? Il y a certes une étoile, une étoile qui cause une grande joie à ceux qui marchent dans l’obscurité, mais pour le reste, la clarté est bien cachée. Le roi des juifs qui vient de naître n’est pas dans un palais, il n’est même pas dans une grande ville, mais seulement dans une bourgade périphérique. L’enfant n’est pas entouré d’honneurs, mais seulement d’une mère et d’un père qui se trouvent là par les hasards de la vie, réfugiés.
Ils sont beaux ces mages, ces païens, riches non pas tant de leurs présents que de leur sagesse, et surtout de leur recherche. C’est leur recherche qui les a menés avant tout. Ils ont entrepris leur voyage parce qu’ils étaient des hommes de désir, des chercheurs de lumière. Le désir leur a ouvert le cœur et les yeux pour remarquer cette étoile qui les a guidés. Et ils ont été parmi les premiers témoins à reconnaître dans cet enfant plus qu’un enfant de pauvres réfugiés. Pourquoi donc les chefs des prêtres et les scribes d’Israël n’ont-ils donc pas remarqué cette étoile, cette lumière annoncée par les prophètes ? Ils se montrent pourtant habiles guides du désir de leurs hôtes. Ils se montrent de bons réflecteurs de la lumière divine. Mais eux ne semblent pas aller au bout de leur sagesse. Peut-être leur désir s’est-il éteint ?
C’est un message pour nous autres chrétiens, qui sommes-nous parfois trop habitués à la lumière du Christ. Nous avons la grâce de vivre dans cette lumière, et nous ne nous rendrons jamais assez compte du privilège que cela constitue au milieu d’un monde parfois très enténébré. Nous sommes entourés de personnes qui désirent cette lumière, et qui se réjouissent lorsque, dans leur nuit, il perçoivent une petite étoile qui leur indique la présence d’un « au-delà » de notre monde. Peut-être avons-nous les réponses à leurs questions. Peut-être même pouvons-nous devenir cette étoile, ce reflet de la lumière divine, et faire leur joie.

Prière universelle :

PU Épiphanie A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel thème rapproche les trois lectures ?

Comprendre sa foi :

Est-ce seulement l’étoile qui provoque la très grande joie des mages ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je attentif à la lumière du Christ dans l’humble quotidien de ma vie ?

1ere semaine de l’Avent : Le Maître vient !

1er dimanche de l’Avent A :
Matthieu 24, 37-44

Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.

Voici le temps du désir de Dieu. Voici le temps d’ouvrir l’œil pour guetter la Lumière, le temps de tendre l’oreille pour renouveler notre attention et sortir du sommeil. Le peuple choisi a attendu et appelé la venue du Messie. Certains l’ont accueilli, d’autres non. Certains veillaient, d’autres non. Et nous, où en sommes-nous ? Car notre Seigneur doit venir. Il désire venir dans notre monde. Il reviendra à la fin du temps, dans la gloire. Mais en vérité, il vient à notre rencontre chaque jour. Dès maintenant il nous appartient de guetter cette venue, de la fêter, et de l’annoncer.
Parfois notre cœur se relâche, parfois il s’endort. Le désir de rencontrer le Seigneur sommeille, et il doit être réveillé. Il faut le secouer et le sortir de nos engourdissements afin que Dieu puisse venir dans nos vies. Il est tellement imprévisible… Qui discernera sa venue s’il est distrait par tant d’autres choses ? Le meilleur moyen de renouveler notre attention est de stimuler notre désir de le rencontrer. Le cœur amoureux jamais ne se lasse d’attendre, et de guetter. Dieu est si discret… Il ne peut pas venir si nous n’y consentons. Resterons-nous endormis, sans Dieu, comme tant de nos contemporains qui mangent, boivent, se marient, sans se douter que Dieu est là qui attend ?
L’Avent nous ramène à notre vocation chrétienne. Nous sommes appelés à être comme une fenêtre sur le Ciel par laquelle Dieu peut illuminer la nuit de notre société étouffée par le matérialisme. Notre vocation chrétienne fait de nous une porte ouverte pour que le Christ puisse venir réveiller aujourd’hui notre monde endormi dans l’athéisme. Bienheureux les cœurs qui s’ouvriront à la venue de leur Seigneur. Ils connaitront bientôt la douceur de l’Amour, et la diffuseront autour d’eux. Ils témoigneront que nous sommes seulement en chemin vers une autre vie, en chemin vers la Vie éternelle.

Prière universelle :

PU 1er dimanche de l’Avent A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel thème rapproche les trois lectures ? Quel verbe se retrouve ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi est-il important pour notre foi de se rappeler chaque année que le Seigneur doit revenir ?

Vivre avec Jésus :

Le retour du Christ a-t-il une importance dans ma vie spirituelle ?

25e dimanche : De l’amour des biens au bien de l’amour

25e dimanche ordinaire C :
Luc 16, 1-13

Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent.

Jésus est radical, encore une fois. Il ne semble pas y avoir d’échappatoire possible. Mais on sait que ce qui est dit dans le livre d’Amos est toujours vrai aujourd’hui : tous les moyens et tous les temps sont bons, souvent, pour gagner de l’argent, toujours plus d’argent. Du commerce du grain avec des balances faussées aux magouilles financières, le fond du problème reste le même, en dépit de la différence d’échelle. L’homme est attiré, captivé, et souvent capturé par les biens matériels. C’est un des effets délétères du péché originel, qui fait bien des ravages, apportant pauvreté, division dans les familles, guerres entre les nations, corruption à tous les niveaux. On voit trop cela dans la presse quotidienne pour qu’il soit besoin de s’y attarder.
Quelle est la réponse de l’Évangile ? Une vérité : l’argent est trompeur, car il se fait passer pour dieu alors qu’il n’est rien. Une exigence qui en découle : c’est Dieu qu’il faut servir, et se servir de l’argent. Rompre avec le cercle vicieux de l’attrait pour les biens de ce monde est une conversion qui nous concerne tous, à divers degrés et dans une grande variété de circonstances. Nul n’est exempt de cette tentation, quitte à ce que l’on soit attaché à un crayon.
Cette conversion nécessaire, c’est un passage de l’amour des biens au bien de l’amour, de l’accaparement pour soi au don de soi, de la possessivité à la charité. C’est très concret, et il n’y a pas de petites victoires en ce domaine comme en tous les domaines de notre sortie de l’esclavage du péché. Pour sortir de la « fricomanie », il est certainement besoin de partager ses biens matériels, financiers, avec plus pauvre que soi. Mais on en sort aussi par le don de son énergie, de son temps ou de ses dons, par le service des plus pauvres que soi, par l’accueil inconditionnel des autres, par l’hospitalité et l’attention à celui qu’on oublie, au laissé pour compte parce qu’il ne « vaut » rien.
Mais surtout la société de notre temps a sans doute besoin d’une écologie des désirs. Les possibilités et propositions de choses à faire ou à avoir sont démultipliées, presque infinies, et finalement invasives, oppressantes. Elles ne nous laissent au fond plus de choix et entraînent nos désirs bien au-delà de ce que nous pouvons raisonnablement envisager de caser dans notre emploi du temps. N’est-il pas temps de faire un tri radical ? Les désirs de plaisirs passagers nous écartèlent. Le désir de jouir de Dieu et d’aimer nos frères unifie le cœur et nous ouvre aux autres. L’amour, lui, n’a pas de prix.

Prière universelle :

PU 25e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment faire le lien entre la parabole du début de l’évangile et l’enseignement de Jésus qui suit ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’argent est-il si fascinant ?

Vivre avec Jésus :

Lesquels de mes désirs m’entraînent-ils à attacher mon cœur aux biens au lieu de mettre les biens au service de l’amour ?

Le Carême : joie du désir

La vision que l’on se fait du carême est souvent un peu sombre, triste, à cause des « efforts » et des « privations » auxquels on l’associe. Mais est-il vraiment un concours d’efforts et d’ascèse, de pénitence et d’abnégation ? Pas pour Saint Benoît. La joie du désir de Pâques est le cœur du Carême bénédictin, une joie suscitée par l’Esprit Saint. Le carême est préparation de LA fête, la grande fête de Pâques, et il est déjà tout pénétré de l’allégresse du salut.
Je vous invite donc à changer votre regard sur ce temps de grâce en lisant le chapitre que Saint Benoît lui consacre dans sa petite Règle. Poursuivre la lecture