Archives pour la catégorie Méditer

28e semaine : Rendons grâce à Dieu !



28e dimanche ordinaire C :
Luc 17, 11-19

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce.

Le Samaritain n’est pas seulement purifié, guéri dans son corps. Plus fondamentalement que la guérison physique, il se convertit, il retourne sur ses pas en rendant gloire à Dieu. Il ne pense même plus à accomplir d’abord l’acte de la religion pour faire constater sa guérison officiellement. Avant de se montrer aux prêtres pour être réintégré dans la communauté des hommes, il revient au Seigneur pour rendre grâce et retrouver ainsi la communion avec Dieu. Il est vrai que le Samaritain est moins attaché peut-être au culte, car par son origine il restera à l’écart du peuple des élus. Mais a compris la réalité profonde du culte, et ne restera pas à l’écart de son Dieu et Seigneur. A pleine voix je te louerai, dit le psaume, au milieu de l’assemblée. C’est par cette louange qu’il va se voir réintégré par Jésus dans la communauté des croyants.
Le Samaritain reconnaît de fait la divinité de Jésus : dans un même mouvement il glorifie Dieu et se prosterne aux pieds de Jésus en rendant grâce. C’est encore l’attitude fondamentale de l’orant des psaumes. En réponse à la miséricorde qui lui est faite par le Seigneur, il accomplit le sacrifice que Dieu aime, celui du retour vers lui dans l’action de grâce. C’est là le culte fondamental du croyant, qui est alors un aimant Dieu. Il ne peut taire son amour pour celui en qui il a mis sa foi, car le Puissant a fait pour lui des merveilles.
Nous sommes tous des lépreux guéris. Par la foi dans le Salut apporté par le Christ, nous accueillons la guérison de la lèpre du péché. Beaucoup d’hommes n’ont peut-être guère conscience d’avoir été ainsi gratuitement lavé de leur péché par ce Dieu miséricorde qui veut que tous les hommes soient sauvés. Certains en ont conscience mais vont se contenter des actes de la religion, actes peut-être un peu formels et extérieurs qui réintègrent dans le peuple des croyants, qui font d’eux des bons chrétiens. D’autres en ont conscience mais sont dans des situations qui, extérieurement, les excluent plus ou moins d’une communion visible avec le peuple des croyants.
Jésus enseigne, pour tous, la première communion à rechercher, celle qui sauve vraiment, celle qui devrait être au cœur de nos cultes extérieurs. Rendre grâce pour sa guérison du péché est le premier devoir du chrétien, de l’homme rétabli dans sa dignité qui peut paraitre debout devant Dieu. Ce devrait être le sens de toutes nos Eucharisties, communautairement et personnellement : rendre grâce pour la foi qui nous est donnée, qui nous sauve.

Prière universelle :

PU 28e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus insiste-t-il sur le fait que seul le Samaritain est revenu ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi rendre grâce à Dieu est-il si important dans la vie spirituelle ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, est-ce que je remercie Dieu ?

27e semaine : Vivre et grandir dans la foi



27e dimanche ordinaire C :
Luc 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »

Cette demande des Apôtres n’est-elle pas une prière commune à tout chrétien ? Ne souffrons-nous pas souvent de notre manque de foi, et n’aimerions-nous pas que le Seigneur nous donne un petit coup de main pour l’acquérir ? Si, même toute petite, elle a tant de puissance, pourquoi le Seigneur ne l’augmente-t-il pas en nous afin qu’elle se propage ? Cela arrangerait beaucoup de nos problèmes existentiels, et faciliterait bien l’évangélisation ! Jésus, comme à son habitude semble répondre un peu à côté de la demande des disciples. Il les met devant leur et notre manque de foi, et puis apparemment c’est tout.
Dans la seconde partie de l’évangile, Jésus change de sujet et ne répond finalement pas à la demande des Apôtres. Ou bien peut-être Jésus nous présente-t-il une logique toute différente, une autre manière de voir les choses. Nous sommes des serviteurs quelconques, et à travers nous, Dieu fait son œuvre. L’appel qu’il nous adresse, la foi qu’il nous donne, sont des dons gratuits. Notre gloire n’est pas de déraciner les arbres et de les envoyer dans la mer. Elle est de servir humblement notre Seigneur.
Rester en tenue de service, accomplir ses tâches les unes après les autres, discrètement et avec persévérance, voilà la vie de foi. C’est ainsi que l’on reçoit sa nourriture au temps de Dieu. C’est ainsi que l’on voit l’œuvre de Dieu s’épanouir bien au-delà de ce que nous pouvons faire nous-mêmes. Sans doute est-ce au cœur de ce service que Dieu veut augmenter en nous la foi, par ce service, par ce devoir rempli avec amour et fidélité. Alors, au-delà du voile de cette vie, on entre par la foi dans le mystère de la vraie Vie.

Prière universelle :

PU 27e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus répond-il vraiment à la demande des Apôtres ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi est-il important que notre vie de foi soit un service ?

Vivre avec Jésus :

Moi qui ai un peu de foi, suis-je serviteur de Dieu et de mes frères ?

26e semaine : Miséricorde pour la vie éternelle



26e dimanche ordinaire C :
Luc 16, 19-31

Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.

On n’aime guère parler de l’enfer aujourd’hui, ni faire craindre l’enfer. Célébrer la Miséricorde du Seigneur pourrait peut-être avoir tendance à nous faire oublier que si on la refuse, on se retrouve dans cet état infernal. Or ce texte parle explicitement d’un lieu de souffrance après cette vie.
Le riche sans nom ne se trouve pas dans cet état d’abord parce qu’il a connu le bonheur durant sa vie, mais à cause de la situation scandaleuse décrite au début de la parabole. Il a refusé de faire miséricorde au pauvre Lazare qui gisait à sa porte. Il n’a pas ouvert son cœur à son frère. Il est resté hermétique à la compassion, à l’amour. Dieu fait justice. Mais dans sa justice, ne fera-t-il pas miséricorde aussi au riche ? Il rend au riche selon son choix. En fait il lui avait déjà fait miséricorde en envoyant Moïse et les Prophètes. Mais il y a un temps pour choisir de les écouter, de croire, et d’aimer par des actes. Le riche était un fils d’Abraham, un croyant. Mais il n’avait pas écouté Celui en qui il croyait. Il était absorbé par ses festins, par ses richesses. S’il a cru, il n’a pas gardé le commandement du Seigneur, il ne l’a pas mis en pratique. Il a choisi un bonheur transitoire, et il a eu sa part.
Nous connaissons le nom de ce pauvre, sa dignité de personne. Dès sa vie terrestre, si misérable, il a une importance, il a un nom. Mais nous ne connaissons guère de lui que son malheur, sa vie dure à porter. Était-il croyant ? Mettait-il sa confiance en Dieu ? A-t-il fait de bonnes actions ? Peut-être aurait-il préféré être à la place du riche sans nom plutôt que d’être à la sienne. Pourquoi Dieu lui fait-il miséricorde et non pas au riche ? Il lui accorde la consolation que personne ne lui a accordé en cette vie. Dieu fait justice, et sa justice est miséricorde : heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Il y a beaucoup de types de richesses. L’argent n’est pas la seule, et pas la principale. La santé, la famille, les amis, la culture, les dons, la foi : autant de cadeaux de la vie. Or des tas de gens n’ont rien de tout cela et errent sans vrai but dans la vie. De l’autre côté du portail de notre existence, tant de personnes ont faim d’une nourriture que nous pourrions leur donner, cette nourriture dont nous nous rassasions nous-mêmes chaque jour. Les voyons-nous ou restons-nous dans un petit monde inaccessible ? Nous préoccupons-nous d’elles, ou laissons-les être la proie de chiens modernes ? Restons-nous bien installés dans notre luxe affectif, intellectuel ou spirituel, ou accordons-nous un peu d’attention à leur misère ? Le Christ nous a laissé le double commandement de l’amour. Il nous a donné l’exemple de l’amour qui s’oublie soi-même pour aller au bout du don dans la douceur, quoi qu’il en coûte. Il nous a fait miséricorde en ressuscitant d’entre les morts, pour attester que notre vraie vie est après cette vie. Écoutons-le, et faisons miséricorde.

Prière universelle :

PU 26e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la dernière phrase de l’évangile éclaire-t-elle son sens pour nous chrétiens ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur ce qu’est ou n’est pas la Miséricorde de Dieu ?

Vivre avec Jésus :

Quelles sont les richesses que je devrais partager avec ceux qui autour de moi en sont pauvres ?

25e dimanche : De l’amour des biens au bien de l’amour



25e dimanche ordinaire C :
Luc 16, 1-13

Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent.

Jésus est radical, encore une fois. Il ne semble pas y avoir d’échappatoire possible. Mais on sait que ce qui est dit dans le livre d’Amos est toujours vrai aujourd’hui : tous les moyens et tous les temps sont bons, souvent, pour gagner de l’argent, toujours plus d’argent. Du commerce du grain avec des balances faussées aux magouilles financières, le fond du problème reste le même, en dépit de la différence d’échelle. L’homme est attiré, captivé, et souvent capturé par les biens matériels. C’est un des effets délétères du péché originel, qui fait bien des ravages, apportant pauvreté, division dans les familles, guerres entre les nations, corruption à tous les niveaux. On voit trop cela dans la presse quotidienne pour qu’il soit besoin de s’y attarder.
Quelle est la réponse de l’Évangile ? Une vérité : l’argent est trompeur, car il se fait passer pour dieu alors qu’il n’est rien. Une exigence qui en découle : c’est Dieu qu’il faut servir, et se servir de l’argent. Rompre avec le cercle vicieux de l’attrait pour les biens de ce monde est une conversion qui nous concerne tous, à divers degrés et dans une grande variété de circonstances. Nul n’est exempt de cette tentation, quitte à ce que l’on soit attaché à un crayon.
Cette conversion nécessaire, c’est un passage de l’amour des biens au bien de l’amour, de l’accaparement pour soi au don de soi, de la possessivité à la charité. C’est très concret, et il n’y a pas de petites victoires en ce domaine comme en tous les domaines de notre sortie de l’esclavage du péché. Pour sortir de la « fricomanie », il est certainement besoin de partager ses biens matériels, financiers, avec plus pauvre que soi. Mais on en sort aussi par le don de son énergie, de son temps ou de ses dons, par le service des plus pauvres que soi, par l’accueil inconditionnel des autres, par l’hospitalité et l’attention à celui qu’on oublie, au laissé pour compte parce qu’il ne « vaut » rien.
Mais surtout la société de notre temps a sans doute besoin d’une écologie des désirs. Les possibilités et propositions de choses à faire ou à avoir sont démultipliées, presque infinies, et finalement invasives, oppressantes. Elles ne nous laissent au fond plus de choix et entraînent nos désirs bien au-delà de ce que nous pouvons raisonnablement envisager de caser dans notre emploi du temps. N’est-il pas temps de faire un tri radical ? Les désirs de plaisirs passagers nous écartèlent. Le désir de jouir de Dieu et d’aimer nos frères unifie le cœur et nous ouvre aux autres. L’amour, lui, n’a pas de prix.

Prière universelle :

PU 25e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment faire le lien entre la parabole du début de l’évangile et l’enseignement de Jésus qui suit ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’argent est-il si fascinant ?

Vivre avec Jésus :

Lesquels de mes désirs m’entraînent-ils à attacher mon cœur aux biens au lieu de mettre les biens au service de l’amour ?

24e semaine : Faire la joie de Dieu



24e dimanche ordinaire C :
Luc 15, 1-32

Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion.

La joie de Dieu : ce doit être quelque chose ! Quand, à la maison, nous retrouvons un objet perdu, nous sommes bien contents, surtout si c’est un objet de valeur. Tout ceux que nous rencontrons peuvent voir notre visage rayonnant. Quand, dans notre travail, une affaire qui semble compromise se révèle sauvée, cela fait chaud au cœur et remonte le moral. Tout notre entourage profite de la paix et de l’enthousiasme revenus. Quand un enfant revient chez ses parents ou vers ses frères et sœurs après des années d’éloignement, et peut-être de brouille, c’est un apaisement, même quand cela arrive au milieu de bien des difficultés. Beaucoup d’autres familles se réjouissent aussi et reprennent espoir pour leurs propres divisions. Mais la joie de Dieu, combien doit-elle être plus grande encore que tout cela ! Et quel fruit doit-elle porter pour le monde !
Ne nous privons donc pas de faire la joie de Dieu. Nous pouvons tous réjouir le cœur de Dieu, car nous avons tous besoin de conversion, de nous laisser trouver, de répondre à l’invitation du Seigneur qui crie dans le désert pour nous appeler, de rentrer à la Maison du Père. Nous avons un besoin vital de sa Miséricorde. Elle nous est offerte dans l’Eucharistie, Table à laquelle le Seigneur invite les pécheurs qu’il a rachetés, table fraternelle où la famille des enfants de Dieu est restaurée, où tous se réjouissent du retour de chacun, de la communion retrouvée. Quelle joie nous est donnée de vivre à la Table de la Réconciliation avec Dieu, qui est aussi réconciliation avec les hommes, et lieu d’intercession pour tous ceux qui sont encore loin !
Car, revenus à la maison, nous sommes invités à communier à l’inquiétude de Dieu pour les pécheurs perdus, pour les brebis égarées, pour les fils infidèles. C’est à notre tour aussi d’aller au Nom du Christ manger avec les pécheurs, leur montrer notre amour, notre désir de retrouver avec eux la communion. C’est à nous aussi d’espérer, de les aider, de nous réjouir de leur retour. Plus encore : comme Jésus attirait à lui les pécheurs, ainsi devons-nous devenir aimables en son Nom
Nous autres chrétiens, sommes-nous pour nos frères et sœurs l’image du Père qui attend sur le chemin celui qui gaspille sa vie ? Sommes-nous l’image du Berger qui va chercher la brebis égarée refusant de participer à la joie du salut ? Sommes-nous ceux qui ont choisi d’aimer les premiers ? Nous nous réjouissons de loin de la conversion des pécheurs. Mais il nous est parfois bien difficile d’accueillir les pécheurs tant qu’ils sont encore prisonniers de leur péché. C’est pourtant à ce moment qu’ils ont le plus besoin d’être aimés, afin qu’ils puissent se convertir. Courir après la brebis égarée, rechercher la pièce d’argent perdue, est-ce autre chose qu’aimer le pécheur en dépit de son péché ? On l’aime parce que toute personne est aimable, toute personne a besoin que l’on croie à sa conversion, qu’on l’espère. Nous avons besoin de conversion pour accueillir chaque pécheur, et connaître la joie de Dieu.

Prière universelle :

PU 24e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Dans la première phrase, les pécheurs viennent à Jésus, et dans les paraboles Dieu va vers les pécheurs : Jésus répond-il à la question des pharisiens ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi donc le thème du péché et de la conversion est-il si central dans la foi chrétienne ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je conscient de mon besoin de conversion ? Ai-je le cœur ouvert pour accueillir et aimer les pécheurs ?

23e semaine : Tout laisser pour le Christ



23e dimanche ordinaire C :
Luc 14, 25-33

Si quelqu’un vient à moi sans me préférer […] à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.

Pourquoi donc le Seigneur est-il si exigeant ? Pourquoi sa bonne nouvelle se fait-elle parfois si tranchante, si absolue, si exclusive ? Comment donc peut-il s’adresser ainsi aux foules qui le suivent, péniblement ? C’est à la limite du supportable. Ne craint-il donc pas de décourager tout le monde ? Il n’est pas étonnant qu’il ait si peu d’amis. Tous ces gens voudraient se réclamer de lui. Et nous aussi le voudrions, nous aussi essayons de marcher à sa suite. Mais pourrons-nous vraiment répondre à ce qu’il demande ? Beaucoup désirent être disciple, ami du Seigneur, mais que de chemin il reste à parcourir pour chacun avant de le préférer à sa propre vie !
Porter sa croix, beaucoup essaient, beaucoup le font avec générosité. Mais elle est lourde. Parfois nous ne pensons qu’à elle. Elle nous obnubile. Notre croix, n’est-ce pas notre attachement à ce monde qui passe ? Il nous fait souffrir, mais nous ne pouvons nous en défaire. Notre ventre colle à la terre, et nous ne nous en détachons pas. Nous cherchons à faire notre vie ici-bas, sans penser, sans oser se tourner vers l’Éternité. Nous nous sentons bien incapable de nous orienter avec Jésus vers l’éternité. Nous traînons nos pieds à sa suite, et nous méritons bien des moqueries de la part des gens, car nous disons et faisons bien peu. S’ils se rendaient compte de la lenteur de nos cœurs à aimer Dieu, alors que nos lèvres confessent si ardemment son Nom, ils se riraient bien de nous !
Pourtant, pour le Seigneur nous luttons. Avec lui nous désirons donner au monde sa saveur. Dans sa miséricorde, il nous aidera à renoncer à tous nos biens. Dans sa miséricorde il nous permettra de mourir à nous-mêmes pour que nous puissions devenir en vérité ses disciples.

Prière universelle :

PU 23e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment les deux petites paraboles éclairent-elles l’exigence de Jésus ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus est-il si radical ? Quel est l’enjeu de ce renoncement ?

Vivre avec Jésus :

Cette phrase s’adresse-t-elle seulement à certains chrétiens ou aussi à moi ?

22e semaine : Humble sainteté



22e dimanche ordinaire C :
Luc 14, 1-14

Quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé.

Deux paraboles de Jésus ce dimanche. Dans la première, il semble rappeler des règles de politesse, ou même développer une stratégie pour ne pas être ridicule en société. Sans doute appelle-t-il aussi à la modestie, à rester à sa juste place, à ne pas se faire plus grand que l’on est. C’est déjà beaucoup, mais est-ce tout ? La seconde parabole est beaucoup plus directe et claire, et semble plus exigeante : donner sans attendre d’autre retour que celui qui vient du Seigneur, parce que viendra le jour de la rétribution, le jour où chacun sera reconnu tel qu’il est, au-delà des apparences de cette vie.
Ces deux paraboles de Jésus ne sont pas de simples remarques. Et peut-être ne font-elles qu’une seule. Jésus nous parle de nous, certes, et de nos rapports aux hommes ici-bas. Mais il nous parle aussi de Dieu, et de notre rapport au Père. Nous sommes dans la suite de la parabole de la semaine dernière qui nous enseignait sur l’entrée dans le Royaume des Cieux.
Nous sommes invités par Dieu au Festin des Noces de l’Agneau. Parfois nous avons tendance à y prendre les meilleures places. Nous nous mettons au rang des saints dans ce monde de pécheurs : ce n’est pas faux, puisque nous sommes baptisés, puisque nous avons été sanctifiés par le Christ. Mais suffit-il d’être baptisé ? Au Maître de maison seul appartient le jugement. Tous les hommes sont appelés au Salut, à participer un jour au Royaume, tous sont invités. Nous le savons, mais qu’il est difficile tout de même de ne pas se faire son idée préalable sur ce jugement… Saint Benoit dans sa Règle invite à « ne pas vouloir être dit saint avant de l’être, mais commencer par l’être qu’on le dise avec plus de vérité« . C’est une sorte de résumé de l’évangile de ce dimanche. La sainteté est humble.
Si Jésus demande d’inviter les pauvres, c’est que Dieu l’a fait le premier avec nous. Hôtes de Dieu, nous sommes ces pauvres, nous n’avons rien à lui rendre. Nous sommes conviés à nous en rappeler au début de chaque Eucharistie, en nous reconnaissant pêcheurs, indignes de prendre part à la Table du Seigneur. Peut-être la seule chose que nous pourrions rendre est-elle justement de servir nous aussi les pauvres, ses enfants, puisque ce que nous faisons aux plus petits d’entre eux, c’est à lui que nous le faisons. Et il y a bien des pauvretés : matérielles, psychologiques, affectives, intellectuelles, spirituelles. Il n’y a que l’embarras du choix pour donner de son indigence à plus pauvre que soi !
Se laisser inviter par Dieu et par nos frères comme un pauvre, inviter les pauvres pour leur donner un peu de nous-mêmes : qui empruntera cette voie d’humilité ? Il connaîtra le Christ, et comprendra sa Parole.

Prière universelle :

PU 22e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

En quoi ces paraboles complètent celle de la semaine précédente ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’humilité est-elle si essentielle dans la vie chrétienne, et si liée à la sainteté ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je me rappelle de mon indignité au début de chaque Eucharistie ?

21e semaine : Par la petite porte



21e dimanche ordinaire C :
Luc 13, 22-30

Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.

Cette parole du Seigneur semble sévère. En tout cas elle est exigeante, pressante. Jésus nous met devant notre responsabilité d’homme. Nous ne serons pas sauvés malgré nous. Dieu nous veut libre d’entrer en communion avec lui, de venir participer à son Règne, et pour cela il faut faire le choix de passer la porte du Royaume tant qu’il est encore temps. Car un jour, cette porte se fermera, et il sera trop tard pour penser à la passer.
Mais pourquoi donc cette porte est-elle étroite ? Dieu n’a-t-il pas le cœur large, lui qui est Amour ? Ne veut-il pas que tous les hommes soient sauvés, lui qui est Miséricorde ? Quelle est cette porte ? D’où vient son étroitesse ? Et d’abord, qu’implique cette étroitesse ?
On ne passe pas une porte étroite par hasard, comme par inadvertance, malgré soi. Il faut vouloir passer par cette porte. Il faut en faire le choix. Et peut-être même faut-il d’abord la chercher et la trouver. Puis il faut oser passer la porte. Certaines portes, en effet, font un peu peur, car on ne sait ce qu’il y a derrière. La porte du Royaume nous fait peur, car depuis le péché originel, nous avons peur de Dieu, nous avons peur d’être aimés dans notre misère. Le mal nous a trompé sur Dieu.
Par une porte étroite, on rentre un par un. Le Père veut nous accueillir chacun personnellement dans son Royaume. Au seuil de l’éternité, il veut prendre un moment avec chacun pour relire sa vie, ce qu’on a fait du temps qui nous a été donné. On ne peut entrer qu’en pleine conscience dans ce Royaume. Cela ne provoque pas de bouchons : il n’y a plus de bouchons dans l’éternité, car il n’y a plus de temps. Mystère difficile à imaginer. Par contre on peut avoir besoin d’un temps de purification à l’entrée du Royaume.
Pour passer une porte étroite, il faut se délester du superflu, et ne garder que l’essentiel. On en passe pas avec de grosses valises dans les mains, ni même un sac sur le dos. On entre les mains vides dans le Royaume, car là on reçoit tout. On laisse à la porte tous les soucis de cette vie, pour que le Père puisse nous embrasser librement. Malheureusement, nous sommes si attachés à tant de choses ! Nous amassons tout cela au-dehors de la maison familiale, au lieu de nous efforcer d’entrer dans l’intimité du foyer. Nous y mettons notre espérance, au lieu de nous efforcer de passer par la porte derrière laquelle se trouve le repos.
La porte, c’est la relation à Dieu. Elle est étroite non pas à cause du cœur de Dieu, qui est infini, mais parce qu’elle se trouve au fond de notre cœur. Or notre cœur est rabougri par le péché, par le mal. S’efforcer de rentrer par la porte étroite, c’est d’abord permettre au Seigneur d’élargir cette porte tant qu’il est encore temps. Notre cœur se dilate de nouveau quand il aime. Or l’amour, c’est maintenant qu’il faut le donner. La porte de la relation à Dieu, c’est maintenant qu’il faut la passer. Le Christ est venu à nous, et vient encore à nous, sur nos places, pour nous y inviter : laissons-nous guider !

Prière universelle :

PU 21e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi les personnes qui frappent à la porte fermée ne sont pas reconnues par le Seigneur ?

Comprendre sa foi :

Quand la porte du Royaume se ferme-t-elle ? Quand doit-on faire le choix d’y entrer ?

Vivre avec Jésus :

En tant que chrétiens, il me semble que je fais partie des premiers : comment ne pas me retrouver dernier ?

20e dimanche : Apporter le feu



20e dimanche ordinaire C :
Luc 12, 49-53

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Jésus ne mâche pas ses mots ce dimanche. Il apporte le feu et la division.
Le feu, c’est l’épreuve qui purifie, le baptême dans la mort du Christ. C’est le feu de l’amour qui embrase, se propage, et pousse à tout donner. C’est le feu de la Vérité, lumière qui chasse les ténèbres de notre ignorance. Au long des siècles et jusqu’à aujourd’hui on voit encore le feu de l’Évangile, l’Amour et la Vérité, se répandre partout et en tout temps, même si parfois il semble réduit à quelques flammèches.
Ce feu de l’Évangile se répand visiblement, certes, et nous sommes appelés à y contribuer. Mais aussi et surtout le feu que le Christ est venu apporter doit travailler invisiblement, au fond des cœurs, pour embraser chaque chrétien. Celui qui s’abandonne à ce feu brûle les entraves du péché et va vers le Christ, marche à sa suite. Au creuset de l’humilité, la force naît dans la faiblesse, et le feu nous fait devenir comme des torches vivantes, destinées à propager la Miséricorde du Seigneur dont nous sommes les bénéficiaires par le baptême.
La division, c’est l’expérience de l’hostilité. Qui parle et agit au nom de Dieu, qui se fait porteur du feu de Dieu, doit s’attendre aussi à rencontrer l’hostilité des ennemis de Dieu. Il fera ainsi l’expérience de la division entre la Lumière de Dieu et les ténèbres du refus de Dieu. Cette division est extérieure, certes, face à ceux qui refusent le Christ et luttent contre lui en luttant contre nous. Tout le monde n’y est pas confronté de la même manière, même si cela fait partie de l’expérience chrétienne. Mais la division est aussi intérieure, face à notre péché auquel nous nous attachons tant. Devant cette lutte intérieure, chacun doit recevoir la miséricorde de Dieu qui délivre des entraves. Plus la foi est vive, plus le chrétien vit cette division interne entre ce qui est du Christ et ce qui ne l’est pas. C’est le chemin et le prix de la liberté.
Nous n’avons pas à avoir peur, ni à nous décourager. Nous participons déjà à la gloire du Christ en luttant ainsi avec lui, en étant brûlé intérieurement par le même feu que lui. Une foule innombrable de témoins de la foi nous entoure et nous accompagne. Qui se laissera embraser et purifier ? Il deviendra torche pour le monde.

Prière universelle :

PU 20e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels fils conducteurs peut-on remarquer entre les trois lectures de ce dimanche ?

Comprendre sa foi :

Quel est le rapport entre le feu qu’apporte Jésus et le baptême ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je à cœur de propager le feu que Jésus a allumé ?

19e dimanche : Veiller et servir



19e dimanche ordinaire C :
Luc 12, 32-48

Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.

Nous ne savons pas quand l’Époux reviendra dans la gloire, à la fin des temps. C’est déjà une bonne raison de se tenir prêt, dans l’espérance. Quand nous autres moines nous levons tôt le matin pour veiller et prier, c’est bien cette venue que nous attendons, que nous espérons, que nous voulons hâter par notre prière. Notre intercession pour le monde veut en éloigner le mal. Mais notre veille de garde est aussi tournée vers la venue quotidienne de la grâce. Dès le petit matin, avant l’aurore, nous préparons nos cœurs, nous préparons le cœur du monde, à accueillir sa présence dans nos vies.
Car la venue de l’Époux n’est pas strictement réservée à la fin des temps. Dieu vient à notre rencontre plus souvent que cela. Il peut venir à tout moment, et la manière dont il s’y prend est toujours inattendue. C’est pourquoi il ne faut pas seulement attendre, mais veiller, être aux aguets, ouvrir les mirettes de son cœur pour le reconnaître. Christ ressuscité est là présent dans la simplicité de nos vies, et il mendie notre attention et notre amour.
Il vient dans le frère qui demande un service. Il vient dans la sœur qui a besoin d’être écoutée et aimée. Il vient dans le pauvre qui frappe à notre porte. Il vient dans la personne seule, malade, rejetée qui mendie un peu de compagnie, un peu d’humanité. Il vient dans les enfants et les jeunes qui recherchent des éducateurs. Il vient dans les communautés d’Église qui recherchent des ouvriers de l’Évangile et des pasteurs. Il vient dans les paumés assoiffés de repères pour leur vie. Il vient dans nos voisins et nos compagnons de travail qui portent sans espérance leurs fardeaux cachés. Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les hommes, c’est à lui que nous l’aurons fait.
En attendant son retour glorieux, l’Époux souffrant a besoin de nous. Qui répondra à son appel quand il frappe à la porte ? Qui prendra la tenue du service de ses frères et sœurs ? Qui donnera tout pour gagner le trésor de l’amour ?

Prière universelle :

PU 19e dimanche ordinaire C
PU Assomption

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel est le rapport entre veiller et servir ?

Comprendre sa foi :

Le retour du Christ est-il lointain ? cette perspective devrait-elle marquer notre vie spirituelle ?

Vivre avec Jésus :

Comment est-ce que je veille ? Comment est-ce que je sers ?