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Présentation du Seigneur, baptême, et vie consacrée



Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur, fête de la lumière, fête de la vie consacrée. Pour les lectures de la messe : cliquez ici !

Présentation du Seigneur, fête de la Lumière

La fête de la Présentation du Seigneur fait mémoire d’un moment important des débuts de la vie de Jésus, elle nous y rend présents. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent le rite de la consécration du premier né au Seigneur. Ils l’offrent au Seigneur, à travers le sacrifice de deux petites colombes, faute pour eux d’avoir les moyens d’offrir un mouton. C’est l’annonce du propre sacrifice de Jésus, lors de sa Pâque. Il s’offrira alors comme l’agneau de Dieu, pour redonner lumière au monde obscurci par le péché. C’est cette lumière que le vieillard Syméon célèbre déjà aujourd’hui. Et la petite chandelle – qui a donné son nom à la chandeleur – que nous tenons dans les mains en ce jour ne peut que nous projeter en imagination vers la grande nuit de Pâques. C’est bien la fête de la Lumière que nous célébrons.

De noël à Pâques

En nous faisant vivre le rite de la lumière, la liturgie nous donne en effet l’occasion d’un lien discret et concret entre Noël et Pâques, entre le mystère de l’incarnation et le mystère pascal. Le sens de ce lien nous est donné par la lecture de la lettre aux Hébreux, qui trace un résumé de l’histoire de notre Salut : « ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham. Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. » Il s’agit de notre Salut personnel, et du Salut de toute l’humanité, célébré par le vieillard Syméon : « mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples ». Le Fils de Dieu s’est rendu en tout semblable à ses frères pour nous mener au Père.
Il est notre lumière dans son Incarnation, car en le voyant, nous pouvons nous reconnaître, homme, femme, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Même si nous nous trouvons parfois si défigurés par le péché, son Incarnation annonce que Dieu n’a pas désespéré de nous. Le Fils de Dieu fait homme sera aussi notre lumière dans son mystère pascal, lumière que nous pourrons suivre pour traverser les ténèbres de la mort. Ce passage sera notre guérison totale et définitive.

Le mystère de notre baptême

C’est donc le mystère de notre baptême que nous rappelons aujourd’hui. Nous avons tous été consacrés au Seigneur lorsque nous avons été plongés dans l’eau, symbole de sa mort et de sa résurrection. En ce jour, nous avons reçu une lumière, celle du Christ, celle-même que nous rappelons aujourd’hui. Nous avons alors reçu cette Lumière comme un soutien et comme une mission. Un soutien, car elle nous réchauffe et guide nos pas. Une mission, car elle nous est donnée non seulement pour nous, mais aussi pour nos frères et sœurs, pour le monde. La lumière et la chaleur sont à offrir, à partager avec d’autres.

Le mystère de la consécration religieuse

C’est bien ce double signe de la lumière qui est aussi au cœur de notre consécration religieuse. La grâce de Dieu a mis les consacrés en route sur les chemins de la vie religieuse ou monastique avec St Benoît et tous les fondateurs. Chacun avec notre petite chandelle, nous nous soutenons, nous nous éclairons, nous nous réchauffons les uns les autres. Pour que cela soit efficace, nous devons non seulement prendre soin de notre chandelle, mais aussi rester bien proche de nos frères, et les garder proches de nous. Notre marche ensemble multiplie la lumière et la chaleur.
C’est important pour nous. Mais c’est important aussi pour le monde. Cette lumière du Christ doit éclairer toutes les nations. La vie consacrée devrait porter à la vue de tous la lumière du baptême. Le Seigneur la suscite pour rendre visible le Salut, la miséricorde du Seigneur.
Si jamais la flamme de notre baptême faiblit, approchons-la donc de celle du Christ, et de celle de nos frères. Offrons-nous les uns aux autres la grâce qui nous a été donnée. Ouvrons-nous à celle qui anime nos frères. Et redisons ensemble notre choix d’offrir notre vie au Seigneur.

4e dimanche : Quel bonheur ?

4e dimanche ordinaire A :
Matthieu 5, 1-12

Heureux…

Nous espérons tous être heureux. C’est notre moteur vital, celui qui nous fait aller au-delà de toutes les contradictions et affronter les embûches de la vie. Mais quel bonheur cherchons-nous ? Après quoi courons-nous ? Quel est le principe de nos choix ? Quelle est notre visée principale ? Le Fils de Dieu est venu nous apporter de la lumière à ce sujet. Il est venu réchauffer nos cœurs engourdis, gelés par le péché.
Les Béatitudes viennent donc nous toucher au plus profond de notre humanité. Dimanche dernier, Jésus a montré sa cible, pour notre bien : la conversion. Nous avons besoin de changer notre manière de penser qui a été obscurcie par le péché. Ce dimanche il inaugure sa prédication en tirant sa première flèche, et il frappe en plein centre : notre désir de bonheur. C’est le but de notre vie qu’il faut commencer par mettre en ordre, et pour cela Jésus fait résonner le fond de notre cœur, il fait vibrer une corde sensible.
Comme il s’agit de conversion, rien d’étonnant à ce que notre sensibilité soit un peu troublée par l’appel du cœur profond. Les Béatitudes pour une part nous fascinent, et pour une part nous font peur. Elles vont à l’encontre de ce que le monde cherche, de ce vers quoi nous sommes si souvent tendus, de nos conceptions humaines du bonheur, des logiques que notre société nous impose. Beaucoup des valeurs qu’elles mettent en avant suscitent, certes, notre admiration, mais le prix d’acquisition semble bien élevé. Qu’est-ce qui les rendra recevables ?
Peut-être est-ce un changement de point de vue auquel Dieu nous appelle. Nous voyons les choses en fonction de notre ego, de l’individualité dans laquelle nous sommes enfermés. Mais le bonheur ne peut venir de nous. Il est fait pour être reçu. Le point de vue à adopter, ou plutôt à apprendre, est celui de Dieu de qui et par qui seul peut venir tout bonheur. L’invitation à la conversion est radicale, le retournement proposé, total.

Prière universelle :

PU 4e dimanche ordinaire A
PU 2 février, Présentation du Seigneur

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Que peuvent nous dire les temps utilisés pour les verbes, le présent et le futur ?

Comprendre sa foi :

Y a-t-il un bonheur pour cette vie selon les Béatitudes ?

Vivre avec Jésus :

Quel pas puis-je faire aujourd’hui pour entrer un peu plus dans la recherche de ce bonheur ?

3e dimanche : Dans le carrefour des païens

3e dimanche ordinaire A :
Matthieu 4, 12-23

Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

C’était en Galilée. En périphérie de la Terre Promise, déjà presque en pays païen, c’est là, dans un carrefour, que tout a commencé. Un pays d’ombre, pas toujours bien fréquenté, et sans doute aussi un pays d’anonymat, comme le sont les lieux de passage. Tout le monde allait son chemin. Tout le monde faisait ses affaires. On parlait un peu de tout, on entendait beaucoup de mots et de langues, mais il est probable que l’on écoutait peu. Chacun était à son commerce, à son réseau de relations, à sa carrière ou à sa famille. Tout comme nous aujourd’hui. Peut-être couraient-ils juste un peu moins vite, ou un peu moins loin, mais à peine.
Ne pensons pas que ce monde était essentiellement différent du nôtre. L’homme est le même hier et aujourd’hui. Les révolutions successives, jusqu’à la révolution numérique, ne changent guère les dynamiques profondes du cœur humain. On courre en tous sens, sans bien penser à ce que l’on fait ni où l’on va. Bien souvent on tourne le dos aux autres, on s’éloigne, peut-être est-on pris dans une fuite en avant sans trop savoir où l’on va ni pourquoi. Ou alors on suit le mouvement, on suit la foule, sans choisir la destination.
C’est dans ce monde, c’est dans notre monde, que Jésus appelle à se retourner, à se convertir, à changer sa manière de voir la vie. Cri de réveil. Jean-Baptiste est arrêté et va vers la mort, au nom de l’amour de la vérité et de la vérité de l’amour. Tant de prophètes aujourd’hui sont ainsi muselés pour avoir parlé autrement que la foule, à contre-sens des instincts désordonnés. Ils précèdent le Christ, peut-être sans le savoir. Ils annoncent la lumière. Et Dieu vient pour que puisse jaillir cette Vie.
Dieu est venu parmi nous. Jésus a parlé en public, il a annoncé à tous ce qu’il avait à dire. Mais il n’a pas cherché à convertir tout le monde. Il en a choisi certains plus particulièrement pour qu’ils poursuivent sa mission. Dieu vient encore parmi nous si nous voulons bien lui prêter nos cœurs et nos corps. Dieu parle à qui désire autre chose. Certains laissent tout. D’autres continuent leur vie. Jésus a lancé un mouvement, il a mis en mouvement. Les premiers disciples ont changé la direction de leur vie, ils ont marché vers autre chose, vers plus de vie. Serai-je de ceux-là ?

Prière universelle :

PU 3e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus s’installe au carrefour des nations, mais prêche dans les synagogues : se contredirait-il lui-même ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que cette « conversion » ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, aujourd’hui, en quoi dois-je changer ma manière de voir le monde et d’agir ?

2e dimanche : Voici l’Agneau de Dieu

2e dimanche ordinaire A :
Jean 1, 29-34

Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde

L’évangile de ce dimanche a encore un goût d’Épiphanie, de manifestation du Christ comme Dieu sauveur du monde. D’ailleurs il se situe dans la suite du baptême du Seigneur et avant la manifestation de Cana, la première qui soit publique, inaugurant la prédication de Jésus. C’est ainsi que la liturgie nous fait arriver doucement dans le temps ordinaire, aux premiers pas du ministère de Jésus. Mais tout de suite nos regards sont aussi projetés vers la fin de la vie publique, vers la Passion, avec l’image de l’Agneau de Dieu, si chargée de sens dans la tradition biblique.
Cet Agneau est celui donné par Dieu à Abraham, pour qu’il l’offre à la place de son fils, en offrande de communion totale. Le Christ est le vrai Isaac, le vrai fils de la promesse, attendu depuis des siècles, le plus précieux de tous les enfants des hommes, le premier né qui récapitule en lui toute l’humanité. Il est le juste, l’innocent par excellence. Il est non seulement l’agneau donné par Dieu, mais Dieu lui-même, Agneau qui se donne pour rétablir la relation de confiance avec le Père. Pour cela il va porter la conséquence ultime du péché : la violence et la mort.
C’est aussi l’Agneau de la Pâque, immolé au soir de la sortie d’Égypte. Cet Agneau est nourriture des pèlerins, offert par l’homme pour la communion avec son Dieu. Le peuple offre ce sacrifice et reçoit des forces pour partir vers le désert, pour marcher vers la Terre Promise, il annonce l’Alliance qui sera scellée sur le Sinaï, il est promesse d’obéissance à Dieu. C’est pourquoi son sang répandu sur les maisons, sur les familles, éloigne la malédiction de la mort.
Cet Agneau est aussi celui annoncé par le Prophète Isaïe (52,13 – 53,12) qui lui-même lie, interprète, et dépasse les deux passages précédents pour annoncer le Salut de l’humanité.
Cette désignation de l’Agneau de Dieu par Jean-Baptiste vient offrir le sens de la fraction du pain durant l’Eucharistie. Christ présent sur l’autel est la victime innocente immolée et donnée pour enlever le péché du monde et apporter le Salut à tous les hommes. Il se donne en partage pour rassembler les enfants de Dieu dispersés et les unir au Père.

Prière universelle :

PU 2e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pour qui est venu Jean Baptiste ? Et pour qui est venu Jésus ?

Comprendre sa foi :

La première lecture met en valeur un des aspects de la mission de l’Agneau de Dieu : lequel ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je fais attention au geste de la fraction du pain et au chant de l’Agneau de Dieu durant la messe ?

Baptême du Seigneur : Institué par la voix du Père

Baptême du Seigneur A : Institué par la voix du Père
Matthieu 3, 13-17

Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »

Pour conclure le temps de Noël, célébration de la première manifestation du Christ au monde, la liturgie nous donne à entendre la voix du Père. Quel cadeau ! Ce cadeau, nous le devons au Seigneur Jésus lui-même, qui seul peut l’avoir raconté, offert à ses disciples. C’est le récit d’une vocation, au sens propre : Jésus est appelé par son nom, et par là institué par son Père. Jésus est désigné par son nom le plus essentiel. Le nom, c’est très important, surtout dans la Bible : le nom donné par Dieu dit l’identité et la « vocation » de la personne. Ce nom de « Fils bien-aimé » dit à la fois la plénitude de sa dignité divine, et l’essentiel de sa mission humaine. Il est Fils unique, bien-aimé, venu révéler aux hommes l’amour du Père.
L’Esprit vient reposer sur Jésus, la plénitude de l’Esprit de Dieu. Ce n’est pas qu’il n’y était pas avant, puisqu’on sait qu’il est à l’œuvre depuis sa conception. Il s’agit d’une manifestation pour le monde. L’action de l’Esprit a permis l’Incarnation. L’action de ce même Esprit institue aujourd’hui la mission. Par cette onction, tout va s’accomplir.
C’est l’onction sacerdotale que reçoit Jésus de son Père, au moment où, à la surprise de Jean lui-même, il descend dans les eaux pour participer à la purification de tout le Peuple. « Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. » (He 2, 17) Il accomplit toute justice, il nous ouvre le chemin de l’obéissance au Père : « Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l?obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l?a proclamé grand prêtre de l?ordre de Melkisédek. » (He 5, 8-10).
C’est aussi l’onction prophétique que reçoit Jésus. Il est le fils/serviteur annoncé par Isaïe dans la première lecture. En grec, c’est le même mot… Il est l’élu de Dieu, le choisi, sur qui repose l’Esprit, pour aller parler à toutes les Nations.
C’est aussi l’onction royale que reçoit Jésus, car la voix du père évoque le Ps 2, 7 « Il m’a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » », en écho à la prophétie de Nathan à David à propos de sa descendance : « Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. » (2 Sm 7, 14).
Dans l’Ancien Testament, le Bien-aimé par excellence, fils promis, unique, chéri de son père, c’est aussi Isaac. De lui Abraham a entendu : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. » Dans la vie de Jésus, toute paternité et toute filiation s’accomplit en plénitude : la voix du Père nous l’atteste. Mystère.

Prière universelle :

PU Baptême du Seigneur A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la première lecture éclaire-t-elle la personne et la mission de Jésus ? Et la seconde, qu’ajoute-t-elle ?

Comprendre sa foi :

Qui est Jésus selon ces lectures ? Et qui sommes-nous en lui, nous qui sommes devenus fils de Dieu par le baptême et la confirmation ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je prends le temps d’entendre le Père me dire que je suis son fils/sa fille bien-aimé(e) sur qui repose l’Esprit ?

Épiphanie : Il est venu briller pour tous

Épiphanie A :
Matthieu 2, 1-12

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Elle est étonnante cette manifestation de Dieu que nous présente l’évangéliste Matthieu. Isaïe avait annoncé la venue des rois de la terre avec leurs présents vers la lumière du Seigneur. La prophétie de la première lecture est éblouissante. Le commencement de sa réalisation, dans l’évangile, est bien humble. Où donc est cette lumière ? Il y a certes une étoile, une étoile qui cause une grande joie à ceux qui marchent dans l’obscurité, mais pour le reste, la clarté est bien cachée. Le roi des juifs qui vient de naître n’est pas dans un palais, il n’est même pas dans une grande ville, mais seulement dans une bourgade périphérique. L’enfant n’est pas entouré d’honneurs, mais seulement d’une mère et d’un père qui se trouvent là par les hasards de la vie, réfugiés.
Ils sont beaux ces mages, ces païens, riches non pas tant de leurs présents que de leur sagesse, et surtout de leur recherche. C’est leur recherche qui les a menés avant tout. Ils ont entrepris leur voyage parce qu’ils étaient des hommes de désir, des chercheurs de lumière. Le désir leur a ouvert le cœur et les yeux pour remarquer cette étoile qui les a guidés. Et ils ont été parmi les premiers témoins à reconnaître dans cet enfant plus qu’un enfant de pauvres réfugiés. Pourquoi donc les chefs des prêtres et les scribes d’Israël n’ont-ils donc pas remarqué cette étoile, cette lumière annoncée par les prophètes ? Ils se montrent pourtant habiles guides du désir de leurs hôtes. Ils se montrent de bons réflecteurs de la lumière divine. Mais eux ne semblent pas aller au bout de leur sagesse. Peut-être leur désir s’est-il éteint ?
C’est un message pour nous autres chrétiens, qui sommes-nous parfois trop habitués à la lumière du Christ. Nous avons la grâce de vivre dans cette lumière, et nous ne nous rendrons jamais assez compte du privilège que cela constitue au milieu d’un monde parfois très enténébré. Nous sommes entourés de personnes qui désirent cette lumière, et qui se réjouissent lorsque, dans leur nuit, il perçoivent une petite étoile qui leur indique la présence d’un « au-delà » de notre monde. Peut-être avons-nous les réponses à leurs questions. Peut-être même pouvons-nous devenir cette étoile, ce reflet de la lumière divine, et faire leur joie.

Prière universelle :

PU Épiphanie A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel thème rapproche les trois lectures ?

Comprendre sa foi :

Est-ce seulement l’étoile qui provoque la très grande joie des mages ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je attentif à la lumière du Christ dans l’humble quotidien de ma vie ?

Noël : Dieu est entré par la petite porte intérieure

Noël A :
Jean 1, 1-18

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous

Beaucoup de lectures sont proposées pour Noël. L’évangile selon saint Luc, proclamé durant la messe de la nuit, nous raconte la scène de la Nativité, et nous présente la naissance de l’enfant-Dieu dans un récit. Saint Jean, au contraire, dit les choses fort différemment, il prend des images. Nous lisons le début de son évangile le jour de Noël pour nous aider à percevoir le mystère caché dans la paille de la crèche, dans le regard du nouveau-né. Saint Jean veut en quelque sorte rendre visible ce qui est invisible. Quoi de plus invisible qu’un verbe, qu’une parole ? Et pourtant, n’avons-nous pas souvent entendu, écouté, et peut-être médité le début du livre de la Genèse ? Toute la Création visible a commencé avec une parole, LA Parole, celle de Dieu.
Jean a reconnu cette Parole dans l’homme qu’il a rencontré sur les bords du lac de Tibériade, qu’il a écouté et suivi sur les routes de Galilée. Mais il sait que, avant cela, cette Parole a été petit bébé. Il sait qu’elle est arrivée dans le monde par l’intérieur même de notre humanité, par la porte la plus intime qui soit. Il l’a entendu dire de la bouche même de Marie, elle qui a laissé sa vie en être totalement bouleversée par une Parole, et qui n’a cessé de méditer sur le Mystère qu’est son fils. Jean sait aussi comment Dieu a pu passer par la chair d’une femme sans faire violence à cette chair : il a frappé à la porte de son cœur en lui demandant délicatement la permission d’entrer. Pour pouvoir habiter parmi nous, il est passé par ce cœur avant de recevoir chair de son corps.
Dieu vient par l’intérieur. Il vient toujours par l’intérieur, même quand il attire délicatement notre attention par toutes sortes de signaux extérieurs, même quand ce sont des anges ou des songes. Nous ne nous attendons pas à le voir arriver ainsi, parce que notre monde est à l’envers, il donne plus d’importance à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est pourquoi il nous est difficile de guetter, de reconnaître, d’accueillir Celui qui vient. Ouvrons donc nos cœurs en ces jours, et offrons notre chair : Dieu vient nous aimer.

Prière universelle :

PU Noël A, messe de la nuit
PU Noël A, messe du jour
PU Ste Famille A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles sont les ressemblances entre la seconde lecture du jour de Noël, le début de la lettre aux Hébreux, et le Prologue de l’évangile selon Saint Jean ?

Comprendre sa foi :

Quel est le message essentiel sur l’identité du Christ dans toutes les lectures de Noël ?

Vivre avec Jésus :

Comment suis-je personnellement concerné par la Nativité ?

4e semaine de l’Avent : Accueillir Celui qui vient

4e dimanche de l’Avent A :
Matthieu 1, 18-24

« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint »

Cette annonciation à Joseph est simple, mais ne se laisse pas facilement appréhender. On aimerait en savoir un peu plus de ce qui se passe. Que craignait Joseph ? De quoi le Seigneur a-t-il dû le rassurer dans sa prière ? Avait-il quelque soupçon à propos de Marie ? Ou bien était-il effrayé à l’idée d’accueillir chez lui Marie qui portait un enfant venant de Dieu seul ? Reculait-il devant la Loi, ou devant le Mystère de Dieu ? Au fond, quelle était sa justice : celle d’un respect du règlement, ou celle de l’obéissance au Juste ?
Joseph, parce qu’il est ajusté à son Dieu, a compris que cet enfant est de Dieu, cet enfant déjà accueilli par son épouse. S’il ne veut pas dénoncer Marie, c’est qu’il n’y a pas lieu d’agir ainsi. S’il a formé le projet de la renvoyer, c’est sans doute qu’il tremble, qu’il ne se sent pas à la hauteur de la vocation de Marie, qu’il ne se sent pas à sa place auprès d’elle, comme père de cet enfant venu d’En-haut. Il est bien conscient que la vocation de veiller sur Marie ne lui appartient pas, mais ne revient à Dieu. Et effectivement, Dieu aurait fort bien pu se passer de Joseph, et s’occuper de Marie.
Pourtant, Dieu veut avoir besoin de ce fils de David. Il veut que ce soit lui qui lui donne son nom d’homme, et qu’il se trouve responsable de veiller sur Marie et Jésus. Le Père connaît l’obéissance de son fils Joseph, et il sait qu’ainsi il sera un bon père adoptif pour accompagner l’humanité fragile de son Fils éternel.
Accueillir Celui qui vient ne va de soi pour personne. Dieu nous déboussole. Tous les acteurs qui entourent la venue du Fils de Dieu dans notre chair sont comme pris à contre-pied. Ils mettent leur foi dans la Parole de Dieu, dans cet enfant venu accomplir les Écritures. Qu’il en soit de même dans toutes nos vocations.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de l’Avent A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Joseph est appelé « fils de David » : pourquoi est-ce important ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Joseph doit-il donner le nom de Jésus, alors qu’Isaïe avait annoncé « Emmanuel » ? Que signifient ces noms pour notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je cherche à être ajusté à Dieu, et est-ce que je médite les Écritures, pour reconnaître les appels de Dieu ?

3e semaine de l’Avent : Reconnaître Celui qui vient

3e dimanche de l’Avent A :
Matthieu 11, 2-11

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Il est difficile de dire si le doute de Jean-Baptiste sur l’identité de Jésus est pour nous consolant ou terrifiant. L’annonce de la venue du Messie était toute sa vocation, contenait en elle tout le sens de sa vie, de sa personne même, elle était et reste ce qui le qualifie le plus profondément entre tous les hommes. Et voici qu’il a du mal à le reconnaître, peut-être parce qu’il est si différent de l’idée qu’il s’en faisait. Il avait pourtant lu, relu, et médité la Torah et les Prophètes, lui le dernier et le plus grand d’entre eux. Il connaissait probablement par cœur ce passage d’Isaïe que Jésus lui envoie en retour comme message. Il n’en est pas moins dérouté par ce Dieu à qui il a tout consacré, par la venue de ce Messie, par sa manifestation qui semble si lointaine de celle qu’il a annoncé.
Aurait-il, même lui le plus grand des prophètes, des yeux pour ne pas voir, et des oreilles pour ne pas entendre, comme Jésus le reproche à ses contemporains, à la suite des grands prophètes de l’Ancien Testament ? Jésus est en effet obligé de lui remettre la réalité devant son nez, et de lui apprendre à être attentif à ce qu’il perçoit. Peut-être, surtout, le conforte-t-il dans la foi, foi dans les Écritures, foi en Jésus venu les accomplir, dont il a préparé la venue en annonçant la nécessité de se convertir. Au plus grand des prophètes n’a pas été épargné l’acte de foi de tout homme en ce monde pour accueillir l’incroyable, pour reconnaître Dieu visitant son Peuple, à l’intime de notre humanité.
La conversion, la méditation des Écritures, la foi au Christ qui vient selon sa promesse. Voilà l’œuvre de l’Esprit qui nous permet de reconnaître Dieu visitant son Peuple, s’approchant au cœur de nos vies. Des messagers sont là pour attirer notre attention. Et à notre tour nous sommes invités à devenir messagers, prophètes, pour nos frères. Si nos yeux et nos oreilles ont du mal à voir et à entendre, si nos cœurs ont du mal à croire, allons au désert rencontrer un Jean Baptiste, un grand frère dans la foi qui nous ouvre les Écritures.

Prière universelle :

PU 3e dimanche de l’Avent A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jean a-t-il donc prêché dans le désert ? N’aurait-il pas mieux valu aller à Jérusalem ?

Comprendre sa foi :

Paul parle de patience : quelle est son importance dans notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je cherche à entendre, à comprendre, et à me nourrir du message des prophètes ?

2e semaine de l’Avent : Qui est Celui qui vient ?

2e dimanche de l’Avent A :
Matthieu 3, 1-12

Celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.

Qui est donc Celui qui vient, celui que nous attendons durant ce temps de l’Avent ? L’évangile et la première lecture de ce dimanche semblent nous en dresser deux portraits apparemment bien différents. Deux grands prophètes ont deux visions que l’on concilie difficilement. L’annonce du farouche Jean Baptiste, l’homme du désert, est pour le moins musclée. Pour pousser à la conversion, il annonce colère et jugement par le feu. Celle d’Isaïe, citadin lettré, est plus souriante. Il donne le goût de Dieu, et la nostalgie d’un royaume de justice et de paix cosmique. Alors, qu’attendons-nous, qui espérons-nous ?
Il y a tout de même un élément essentiel qui relie l’un et l’autre message : l’Esprit du Seigneur, l’Esprit Saint. Dieu vient visiter son peuple par l’intermédiaire d’un homme sur qui repose son Esprit. Et c’est la présence de cet Esprit qui est essentielle, non les mots et les représentations de celui qui prépare sa venue. Car nos lèvres humaines ne peuvent que balbutier quand il s’agit de parler de l’intervention de Dieu.
Un autre élément est commun aux deux messages : cet homme rempli de l’Esprit de Dieu vient pour un jugement, pour un discernement entre le bien et le mal. Le méchant, celui qui a refusé de porter un fruit de vie, ira à la mort qu’il a laissée se propager dans son cœur. L’homme bon vivra dans les greniers du Seigneur, sur sa montagne sainte, selon l’Esprit de Celui qui vient. Ce jugement n’a rien d’arbitraire, il ne s’oppose pas a priori à qui que ce soit. Il est le jugement du Salut, la promesse de la délivrance du mal, l’ouverture d’un chemin vers la vie éternelle.
Nous autres chrétiens avons reçu cet Esprit du Christ pour en vivre et le transmettre. Rappelons-nous en ces jours qu’il est un Esprit de conversion, qu’il nous est donné pour que nous nous détournions de tout mal et fassions le bien. C’est juste notre « oui » que Dieu vient mendier, l’ouverture de la porte de notre cœur, afin que sa Parole résonne dans nos déserts, cette Parole qui porte avec elle toute harmonie. Dieu a encore besoin de prophètes pour que les nations puissent entendre l’appel du Seigneur, y répondre, et lui rendre gloire.

Prière universelle :

PU 2e dimanche de l’Avent A
PU Immaculée conception de Marie

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels éléments rapprochent Isaïe et Jean-Baptiste ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi le message de Jean Baptiste semble-t-il si différent de celui d’Isaïe ?

Vivre avec Jésus :

Pour moi, qui est Celui qui vient ?