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19e dimanche : Apprendre la confiance



19e dimanche ordinaire A :
Matthieu 14, 22-33

Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »

Apprendre la confiance est une des grandes affaires de notre vie spirituelle. On pourrait penser que mettre sa confiance en Dieu serait plus facile que de la mettre dans les hommes, mais il n’en est rien. Adam et Eve, déjà, au Paradis, n’ont pas su faire confiance. Ils ont mis leur confiance dans leur jugement et se sont laissés tromper par le démon. Quelque chose s’est cassé dans la relation entre l’Homme et Dieu. Toute l’histoire de l’Humanité, par la suite, sera celle de Dieu venant vers l’homme pour rétablir la relation de confiance. Chacun est invité à reprendre le travail à son compte.
L’apprentissage nécessite d’être parfois forcé à s’abandonner. La rééducation appelle un passage par la nuit, par la tourmente, par la tempête, par le doute, et même par la peur. Sorte de descente aux enfers de notre humanité, le plongeon dans nos insécurités les plus profondes nous permet, au fond des ténèbres de nos cœurs, sous la motion de l’Esprit Saint, de laisser venir à nous le seul qui puisse nous sauver. Cette expérience difficile, déroutante, nous donne l’occasion d’accueillir Dieu au lieu de notre faiblesse, de notre faille intérieure. Celle-ci peut être personnelle. Elle peut être aussi communautaire.
Le récit de l’évangile ressemble à une sorte de rite initiatique d’éducation à la confiance. Après l’euphorie probable suscitée par la multiplication des pains, Jésus prépare tout pour que les disciples comprennent plus profondément le sens de sa présence dans le monde. Il les envoie, de nuit, sur la mer agitée. Et lui prie, seul. Puis il vient à leur rencontre, bravant les forces destructrices des grandes eaux, qui n’ont pas de pouvoir sur lui. C’est comme une sorte d’anticipation du drame de la passion et du signe de sa résurrection. Au cœur de ces ténèbres, qui est vécu tant communautairement que personnellement, comme nous le manifeste Pierre, le Salut vient de la confiance, de l’accueil du Christ vainqueur dans la barque de leur vie.

Prière universelle :

PU 19e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel signe de la présence de Dieu est-il mis en avant par la première lecture et l’évangile ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que Dieu révèle de lui à Élie ? Et que Jésus révèle-t-il de lui à ses disciples ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je déjà eu une expérience spirituelle comparable à celle des disciples ?

5e Semaine de Pâques : Vers le Père



5e dimanche de Pâques A :
Jean 14, 1-12

Pour aller où je vais, vous savez le chemin.

La réaction de Thomas à cette affirmation de Jésus est d’une logique imparable, du moins selon nos catégories humaines. Nous sommes un peu décontenancés avec lui. Dans son discours après la Cène, que nous lisons ces dimanches du temps pascal, Jésus semble se révéler tout en se cachant. Il donne des clefs aux disciples pour qu’ils puissent interpréter les événements, mais ils ne peuvent pas encore comprendre. Ils ne peuvent voir le but, comme Philippe le désirerait, et se rassurer, car l’événement majeur de sa vie n’est pas encore advenu. Il ne s’agit pas de savoir où va le Christ. Il importe juste de se mettre en chemin avec lui.
Nous marchons dans la nuit. C’est notre lot. La foi nous a été donnée pour que nous puissions avancer, foi dans le Christ qui est passé au-delà de ces ténèbres. Cette foi nous semble pourtant une aide bien fragile. Le Christ ressuscité est le chemin, certes, il est notre lumière. Mais parfois nous trouvons cette lumière bien petite pour avancer dans les ténèbres de ce monde. Elle est néanmoins suffisante. Nous sommes invités à croire qu’elle est suffisante. Cela fait partie de la vie de foi. Reste à ouvrir les oreilles pour entendre la Parole. Reste à ouvrir les yeux pour voir les œuvres de Dieu.
La lumière qui nous est donnée l’est souvent pour un seul pas, pour chaque pas l’un après l’autre. Elle invite à s’abandonner dans la confiance à la Parole du Seigneur, Parole de vie éternelle. Elle pousse à chercher à être vérité avec soi-même, avec l’Esprit Saint qui agit en nous. Elle donne le goût de vivre, de mener le combat de la vie sans peur, de se laisser dépasser par la Vie. Là est la route de la foi, la route vers le Père.

Prière universelle :

PU 5e dimanche de Pâques A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles expressions dans cet évangile disent l’unité de Jésus avec le Père ?

Comprendre sa foi :

Que peut vouloir dire « passer par le Christ » pour aller vers le Père selon ce texte ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je désire voir le Père, est-ce que je cherche à le contempler dans le Christ ?

3e Semaine de Pâques : Sur la route



3e dimanche de Pâques A :
Luc 24, 13-35

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.

Déception. Tristesse. Désespoir. Blessure. Dépression. Les deux disciples broient du noir, et il y a de quoi. Ils espéraient, et tout s’est subitement écroulé. Le témoignage et la vision des femmes n’arrange rien. Ce n’est pas qu’ils les rejettent, mais simplement ils demandent vérification, et ils ne l’ont pas. Ils ont le cœur brisé par les souvenirs de cette Pâque qui a tourné au cauchemar. Pourquoi partent-ils de Jérusalem ? Était-ce prévu ? Fuient-ils ? En tout cas ils continent leur chemin, ensemble, en frères qu’ils sont devenus grâce à ce Jésus qui avait soulevé leurs espoirs.
Peut-être est-ce parce qu’ils sont réunis au nom de Jésus, et encore habités par le souvenir de sa compagnie, que le Ressuscité peut venir leur rendre visite et se rendre réellement présent. Il répond à leur désir profond, ce désir qui n’arrive pas à éclore en acte de foi. Il vient transformer un espoir passé en espérance pour le futur. Il veut surtout réchauffer leurs cœurs glacés par l’épreuve de la contradiction, sans doute déçus et amers, probablement en colère contre l’injustice, perdus par le non-sens, et y faire renaître l’amour. Rien n’est perdu pour qui repasse en soi, avec un frère, la mémoire de Jésus.
Le Ressuscité va comme frictionner leur cœur pour le réchauffer. Il les invite à exprimer leur douleur. Il les secoue pour les réveiller de leur torpeur. Puis il passe le baume des Écritures, remettant sous leurs yeux l’enseignement des Prophètes, qu’il leur avait expliqué durant les trois années passées à ses côtés. Enfin il les laisse réclamer plus. En faisant mine de partir plus loin, il leur donne l’occasion d’ouvrir leur cœur brisé pour recevoir la guérison. Et cette guérison viendra dans la Fraction du pain, l’Eucharistie, signe de la Présence, du Don, de la Communion.

Prière universelle :

PU-dimPaques-A3

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi un si long récit ? Qu’est-ce que St Luc invite à comprendre et à vivre ?

Comprendre sa foi :

A quel moment Jésus disparaît-il et pourquoi ? Est-ce un abandon ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je déjà fait l’expérience du cœur brûlant, signe de la présence de Jésus, en écoutant les Écritures ?

2e Semaine de Pâques : Dans la peau de Thomas



2e dimanche de Pâques A :
Jean 20, 19-31

Jésus vint, et il était là au milieu d’eux

La mort était effrayante. La résurrection l’était peut-être un peu aussi…
Thomas a refusé de croire sur parole les autres disciples pour que nous puissions croire avec lui. Il est assez facile de se reconnaître dans l’incrédulité de Thomas, mais plus difficile de communier à sa foi. Pourtant c’est non seulement pour lui, mais aussi pour nous qu’il a vu et qu’il a été invité à toucher le Ressuscité. Il ne semble d’ailleurs pas qu’il ait eu besoin de le toucher. Du moins ce n’est pas précisé. Son acte de foi jaillit à la parole du Christ, à la voix du Sauveur. Il est converti par la relation renouée avec son Seigneur.
Il ne s’agissait pas tant pour Thomas de toucher le Corps ressuscité du Christ que d’être touché par le Christ ressuscité. Il n’avait pas besoin d’une preuve scientifique, de pouvoir mettre la main sur un objet, mais de rencontrer de nouveau une personne, d’accueillir différemment son Seigneur, de passer à une relation plus profonde, plus intime, intérieure. Thomas pensait vérifier que Jésus était revenu d’entre les morts comme Lazare. Mais il a reconnu que la réalité de cette résurrection était autre, beaucoup plus fondamentale. Jésus n’est pas seulement revenu d’entre les morts. Sur lui, la mort, pourtant encore inscrite dans sa chair par les plaies, n’a eu aucun pouvoir. C’est pourquoi il le reconnaît Dieu vivant, vainqueur de la mort.
Si désirons être dans la peau de Thomas, mettons-nous y jusqu’au bout. L’apôtre n’a pas seulement été incrédule, il a désiré la rencontre. Il n’a pas seulement été sourd à la parole de ses frères, il a aussi ouvert son cœur à la venue du ressuscité. Il n’a pas seulement été absent de la communion de l’Église, il l’a rejointe le dimanche suivant pour être au rendez-vous fixé par le Ressuscité et pouvoir être touché par son Seigneur et son Dieu. Qu’il en soit ainsi pour nous dans l’Eucharistie.

Prière universelle :

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Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels sont les gestes de Jésus ? Quelles sensations des Apôtres ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que ce texte nous enseigne sur la foi ?

Vivre avec Jésus :

Pouvons-nous voir les mains et le côté du Corps ressuscité de Jésus ? Pouvons-nous les toucher ?

5e semaine de Carême : Sortez de vos morts !



5e dimanche de Carême A :
Jean 11, 1-45

Jésus dit : « Enlevez la pierre. »

Jésus lance une sorte de défi au bon sens. Marthe, par sa réaction, traduit sans doute la pensée de beaucoup. Elle avait pourtant confessé sa foi. On aurait pu imaginer une scène spectaculaire où Jésus montre sa puissance en faisant rouler la pierre toute seule. Non, il ne va pas au-delà de ce qu’il doit accomplir : la libération de la mort, le renouvellement de la vie. Tout le reste est lieu d’une mise en acte de la foi pour les protagonistes.
Il appelle à la foi ceux qui sont présents autour du tombeau de Lazare. Plus que cela, il les appelle à s’engager dans le processus de résurrection. Ils sont invités à accompagner cette vie nouvelle, à lui permettre de sortir au grand jour, de s’épanouir. Même Lazare est mis à contribution, puisque la liberté de vivre lui a été rendue : bien que serré de bandelettes, encombré des reliquats de sa mort, il se déplace, et choisit de revenir à la vie, d’aller vers les vivants.
Dieu, par la voix du prophète Ézéchiel, avait promis d’ouvrir nos tombeaux. Il l’a fait pour Lazare. Il l’a fait pour le Christ. Il désire le faire pour nous. Nous avons tous des zones de mort en nous : ça ne bouge plus dans notre cœur, ou dans notre psychologie, ou même dans notre corps. On ignore ces morts, volontairement ou non. Elles restent dans la nuit. Elles sont un poids qui nous ferme sur nous-mêmes. Ce n’est pas parce que Dieu ne nous aime pas qu’il nous laisse parfois mourir, comme son ami Lazare. Il désire nous rendre la vie et montrer ainsi sa gloire, c’est-à-dire son amour pour l’homme.
Christ veut nous libérer de nos enfermements. Il veut que nous vivions pleinement. Il en fait le don à qui croit et se laisse changer. Mais il nous laisse rouler la pierre quand tout semble déjà fichu. Il nous laisse libre de recevoir ses dons. Heureux qui s’ouvre à l’action de l’Esprit et sort de ses tombeaux !

Prière universelle :

PU 5e dimanche de Carême A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Que dit Jésus de lui-même ? Que comprend Marthe ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus a-t-il fait ce miracle ? Quel est le message essentiel ?

Vivre avec Jésus :

Quel tombeau de mon cœur ai-je besoin de présenter au Seigneur ? Quelle pierre m’invite-t-il à rouler ?

4e semaine de Carême : Croire ou refuser de voir ?



4e dimanche de Carême A :
Jean 9, 1-41

Jésus cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé »

L’aveugle n’a rien demandé. La vie avait fait de lui un mendiant dès sa naissance, considéré comme pécheur depuis toujours, sans contact personnel avec les autres, livré aux ténèbres. Il gisait là, sur les marches, privé de dignité humaine, juste bon à servir d’alibi pour les aumônes des gens de bien. Il faisait partie du paysage, on était habitué à le voir. Jésus, lui, s’arrête, il le considère, il le touche, il le sauve de ses ténèbres. L’aveugle n’a rien fait pour cela, il s’est juste laissé approcher par ce Jésus si contesté des pharisiens, et pourtant si bon. Il s’est laissé faire.
Dans sa simplicité, ce geste de Jésus rappelle le geste créateur de Dieu qui, par la poussière du sol, l’eau et la Parole, a créé l’homme. L’acte de foi de l’aveugle qui va se laver à la piscine, quant à lui, rappelle le passage sauveur à travers l’eau, le passage de la mer Rouge. Pour cet homme, c’est effectivement une vie nouvelle qui commence, une vie dans la lumière. C’est un jour de Salut. Il va devenir signe de Salut. Mais il devient du même coup, comme Jésus, signe de contradiction, de façon incompréhensible. On l’accuse d’avoir été sauvé…
Le geste, en effet, aurait pu passer plus ou moins inaperçu, comme un miracle de Jésus parmi d’autres. Mais il n’en fut rien. L’aveugle était connu. Depuis des années, à chaque prière au Temple, on le croisait. Et voici que ce Sabbat, ce jour saint, tous le voient se promener librement, voyant, sans doute émerveillé de la vie, peut-être un peu perdu, étourdi par cette situation inconnue. Comment ne pas s’étonner que cet homme, réputé « pécheur depuis sa naissance », se retrouve ainsi voyant, libre ? Il dit à qui veut l’entendre ce qui s’est passé, il raconte la scène si simple, le geste de miséricorde. Tout cela se passe un jour de Sabbat, et la tranquillité de la pratique religieuse en est troublée. Les pharisiens s’en offusquent. Ils se ferment au signe. Ils s’aveuglent.
Nous sommes tous nés aveugles. Tous les hommes sont pécheurs. Le jour de notre baptême, nous avons été guéris par le Christ, illuminés, absolument gratuitement. Nous pouvons le voir, le reconnaître, croire, et entrer en relation avec lui. Mais comme les pharisiens, nous pouvons aussi nous refermer sur notre tranquillité religieuse, ne pas nous laisser déranger, et ne pas entrer en relation. La contradiction est dans notre cœur.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Carême

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Combien de fois l’expression « ouvert les yeux » est-elle utilisée ? Et le verbe « voir » ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus a-t-il ouvert les yeux de l’aveugle ? De quoi est-ce un symbole ? Quelle vision lui rend-il à la fin ?

Vivre avec Jésus :

Comment le Christ est-il ma lumière ? Qu’est-ce que je vois grâce à lui ?

3e semaine de l’Avent : Reconnaître Celui qui vient



3e dimanche de l’Avent A :
Matthieu 11, 2-11

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Il est difficile de dire si le doute de Jean-Baptiste sur l’identité de Jésus est pour nous consolant ou terrifiant. L’annonce de la venue du Messie était toute sa vocation, contenait en elle tout le sens de sa vie, de sa personne même, elle était et reste ce qui le qualifie le plus profondément entre tous les hommes. Et voici qu’il a du mal à le reconnaître, peut-être parce qu’il est si différent de l’idée qu’il s’en faisait. Il avait pourtant lu, relu, et médité la Torah et les Prophètes, lui le dernier et le plus grand d’entre eux. Il connaissait probablement par cœur ce passage d’Isaïe que Jésus lui envoie en retour comme message. Il n’en est pas moins dérouté par ce Dieu à qui il a tout consacré, par la venue de ce Messie, par sa manifestation qui semble si lointaine de celle qu’il a annoncé.
Aurait-il, même lui le plus grand des prophètes, des yeux pour ne pas voir, et des oreilles pour ne pas entendre, comme Jésus le reproche à ses contemporains, à la suite des grands prophètes de l’Ancien Testament ? Jésus est en effet obligé de lui remettre la réalité devant son nez, et de lui apprendre à être attentif à ce qu’il perçoit. Peut-être, surtout, le conforte-t-il dans la foi, foi dans les Écritures, foi en Jésus venu les accomplir, dont il a préparé la venue en annonçant la nécessité de se convertir. Au plus grand des prophètes n’a pas été épargné l’acte de foi de tout homme en ce monde pour accueillir l’incroyable, pour reconnaître Dieu visitant son Peuple, à l’intime de notre humanité.
La conversion, la méditation des Écritures, la foi au Christ qui vient selon sa promesse. Voilà l’œuvre de l’Esprit qui nous permet de reconnaître Dieu visitant son Peuple, s’approchant au cœur de nos vies. Des messagers sont là pour attirer notre attention. Et à notre tour nous sommes invités à devenir messagers, prophètes, pour nos frères. Si nos yeux et nos oreilles ont du mal à voir et à entendre, si nos cœurs ont du mal à croire, allons au désert rencontrer un Jean Baptiste, un grand frère dans la foi qui nous ouvre les Écritures.

Prière universelle :

PU 3e dimanche de l’Avent A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jean a-t-il donc prêché dans le désert ? N’aurait-il pas mieux valu aller à Jérusalem ?

Comprendre sa foi :

Paul parle de patience : quelle est son importance dans notre foi ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je cherche à entendre, à comprendre, et à me nourrir du message des prophètes ?

L’ultime témoignage de St Bernard Tolomei



Le martyr de St Bernard Tolomei

Chaque 19 août, nous fêtons l’entrée dans la gloire du ciel de notre fondateur, St Bernard Tolomei. Il est mort le 20 août 1348, durant la grande peste, ou peste noire, qui a ravagé l’Europe, en soignant ses frères du monastère de Sienne, atteints par la pandémie. Voici l’homélie donnée en 2022 à l’occasion de la solennité. Les lectures de la messe sont les suivantes : Gn 12, 1-4 ; Ph 2, 12-18 ; Jn 15, 9-17

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Rencontrer le Ressuscité

Comment donc rencontrer le Ressuscité ?

Il n’y a rien de spécial à faire pour rencontrer le Ressuscité… ça ne se passe pas dans le « faire ». Il suffit de vivre sa vie de femme ou d’homme, semblent nous dire les Évangiles, et se laisser rencontrer par Celui qui est autre.
Marie-Madeleine et les autres femmes sont dans un surplus de peine qu’elles ont besoin d’exprimer, d’élaborer, dans les derniers gestes de vénération du corps : qui le leur reprochera ? Elles sont submergées par leurs émotions, par leur affectivité écorchée dans les événements dramatiques de la Passion. Elles vivent leur vie de femmes face à la mort.
Les Apôtres sont cachés par peur de subir le même sort que le Maître, ils se savent en danger, ils ont vu la colère des autorités : qui le leur reprochera ? Eux aussi sont submergés par leurs émotions, d’autres émotions, et ils sont eux aussi écorchés par la manière dont s’est terminée ce fantastique compagnonnage avec Jésus. Ils vivent ce que vivent les hommes face à la violence. Poursuivre la lecture

La prière est une source

La prière est une source

Émission enregistrée et diffusée par RCF (27 novembre – 1er décembre 2017)
Béatrice Soltner interroge son invité fr Benoit, sur la prière.

« Prier c’est avant tout contempler dans le silence. »

Pour Frère Benoit, moine à l’abbaye de Maylis, Dieu se révèle dans l’intériorité de notre cœur. Encore faut-il y demeurer…

« Pour parler de la prière, on utilise parfois l’image du poisson qui pour vivre doit circuler dans l’eau, lui qui, hors de son milieu, n’a pas beaucoup de chance de s’en sortir. Certes notre territoire n’est pas aquatique mais cette métaphore de l’océan peut nous parler à nous humains. L’évangile de Jean utilise une autre image : celle du sarment qui, en dehors de la vigne se dessèche et finit au feu (chapitre 15). »

À l’heure où beaucoup de nos contemporains sont en quête de spiritualité(s), redire que l’enjeu de la prière c’est de demeurer dans un environnement porteur, vivifiant, dynamisant. C’est se relier à une source qui nous dépasse et en dehors de laquelle, comme dit Jésus, nous ne pouvons rien faire. Prier c’est contempler celui qui est la vie, le Christ, et qui n’a de cesse de nous rendre plus vivants.

« Il y a toujours un fond de foi chez tout le monde : si vous le mettez en acte cela vous rapproche de Dieu »

Comment prier ?

« Nous ne savons pas prier comme il faut » dit saint Paul, « l’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » (Rm 8, 26) Et puis il y a toute une tradition de prière qui nous précède et sur laquelle on peut s’appuyer. Frère Benoît est entré à l’abbaye Notre-Dame de Maylis guidé par le désir de prier, que Dieu soit à la première place. « Alors que dans la société il est relégué à la dernière place, si on lui laisse une place. » Ses journées sont rythmées par la prière. Avec un attachement particulier aux Psaumes. « J’avais le grand désir de passer ma vie à prier avec les Psaumes », des textes où il « trouve ce qu'[il veut] dire à Dieu » mieux qu’avec ses propres mots. Parce qu’il y a des mots qui aident à prier.

Qu’est-ce que la prière ?

Prier, c’est d’abord répondre à un appel que Dieu lance inlassablement. Dans la parabole de Luc, il est question d’un ami qui dérange un autre ami au cœur de la nuit. Cet homme qui nous réveille, c’est Dieu, dit Fr Benoît.

« C’est Dieu qui essaie constamment de réveiller l’humanité ; c’est Dieu qui conduit à la prière et qui invite fortement à la prière. »

« Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : « Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir. » Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : « Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose. » Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. » (Lc 11, 5-10)

La prière, un acte de foi

« La prière c’est l’acte premier de la foi. » Si on y réfléchit, il est étonnant de constater que dans le Nouveau Testament, Jésus ne critique jamais les apôtres pour leur manque d’amour mais pour leur manque de foi !

« Le premier lien avec Dieu c’est la foi, c’est ça surtout qu’il faut protéger, après l’amour viendra. »

Faut-il avoir la foi pour prier ?

« Je crois qu’il faut avoir la foi pour prier, sinon vous parlez dans le vide. » Mais chez certains la foi est plus explicite que chez d’autres. « Si votre enfant a un accident, forcément vous allez prier, que vous soyez croyant ou incroyant », a-t-on dit un jour à Fr Benoît.

« Il y a toujours un fond de foi chez tout le monde : si vous le mettez en acte cela vous rapproche de Dieu. »

Car l’acte de foi qu’est la prière permet « une rencontre avec quelqu’un de vivant ».