Archives pour la catégorie Méditer

Pâques : Il faisait encore nuit…



Pâques C :
Jean 20, 1-9

Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Tout est déjà accompli quand les femmes arrivent au tombeau. Tout s’est accompli dans le secret de la nuit. Au cœur des ténèbres, la Lumière a déjà resplendi. Cette nuit et ces ténèbres sont les mêmes que celles qui recouvraient la terre lors de la mort de Jésus. La victoire était acquise, car la spirale de la violence et de la haine s’était brisée sur la douceur du Christ, sur son pardon, sur son amour pour tous les hommes. Dans la condamnation, la souffrance et la mort de Jésus, l’Innocent, le parfait innocent, est contenue déjà la victoire sur le mal. Dans la plus grande misère de l’homme, rayonne déjà la Miséricorde de Dieu qui va au-delà de toute limite humaine.
Il y a quelque chose de révoltant : pourquoi donc en être arrivé là ? Pourquoi donc passer par là ? La souffrance est révoltante car le mal n’a pas de sens, il est irrationnel. Toute souffrance, qu’elle soit pauvreté, violence, maladie, injustice, méchanceté ou haine, est un néant, un de ces vides dont la nature a horreur, car elle est faite pour la plénitude. Le péché de l’homme est irrationalité. Il n’y a pas de réponse rationnelle au « pourquoi ? » La réponse de Dieu, c’est qu’il est plus grand que ce non-sens, que contre son Amour se brise le mensonge du mal.
C’est pourquoi la lumière du Christ n’attend aucune lumière humaine pour resplendir. Elle est de toujours à toujours. Elle rayonne même au milieu des ténèbres du monde, sans que quiconque s’en aperçoive. Elle brille au sein de nos ténèbres, à notre insu, et les ténèbres ne font que la mettre en valeur.
La Résurrection est plus qu’une « happy end ». Elle beaucoup plus que la fin heureuse d’un conte merveilleux ou d’un film dramatique. Elle est la manifestation d’une puissance de vie qui précède et dépasse toute mort. Elle est une lumière sur laquelle nulles ténèbres n’ont de droit ni de pouvoir. Elle est un ordre qui informe toute la Création, la marque de Dieu que le péché de l’homme ne peut pas effacer, le signe que le Christ est Roi de tout l’univers créé en lui. Elle est victoire de la Vie, achèvement de l’acte créateur qui se révèle plus fécond que toute force de dissolution, même celle qui nous semble la plus irrémédiable de toutes.

Prière universelle :

PU jour de Pâques C
PU Vigile pascale C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Les hommes et les femmes de l’Évangile vivent différemment à l’annonce de la Résurrection : quelles sont les caractéristiques de chacun ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi les évangélistes insistent-ils à dire que les hommes sont lents à croire ?

Vivre avec Jésus :

Comment aurais-je réagi à leur place ?

Semaine Sainte : Face au Miséricordieux



Semaine Sainte C :
Passion de Jésus-Christ selon Saint Luc

Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font.

Après la trahison, après l’incompréhension des disciples, après l’angoisse et l’agonie, après le baiser de Judas, après le reniement de Pierre, après les insultes, les moqueries et les crachats, après l’iniquité d’un semblant de procès, après le mépris des grands et le délire de la foule, après le rejet au profit d’un meurtrier, après les lamentations des pleureuses et les commentaires des badauds, après, finalement, la crucifixion au milieu des brigands, Jésus n’a qu’une prière aux lèvres : implorer le pardon pour tous les hommes, parce qu’ils ne savent pas.
Tout le cheminement de notre Carême aboutit là :
Au désert, tenté, il avait lutté pour leur délivrance du mal.
Sur la montagne, transfiguré, la nécessité de sa passion avait été rappelée et annoncée.
Dans la vigne, jugé, les hommes lui ont réservé le sort du figuier stérile, lui qui est l’arbre de Vie.
Loin du Père, méprisé, il devient chemin vers le Père au plus fort de son rejet.
Innocent, accusé, on lui jette la première pierre, il prend la place de la pécheresse.
Jésus, lui, pardonne. Jésus ne pense qu’à pardonner. Il est venu pour cela, lui, le Miséricordieux. Il prend tout sur lui. Il avait par avance tout pris sur lui. Dans notre logique humaine, c’est inacceptable, scandaleux, peut-être plus scandaleux encore que le mystère du mal lui-même. Car la miséricorde semble bafouer toute justice. Elle semble donner raison au non-sens de la souffrance, qui a finalement le dernier mot, en apparence. Dieu même semble s’y soumettre.
Jamais on ne méditera assez la réponse que donne Jésus au mal lorsqu’il est cloué sur la croix. À ce moment déjà, tout est déjà dit de la réponse à ce grand mystère de notre condition humaine. L’essentiel de la Résurrection est compris dans le silence du Christ : l’amour a vaincu la haine. Le Père ne cesse pas d’être aimé, la Bonté de Dieu ne cesse pas d’être proclamée au plus profond de la déréliction, au plus fort du rejet.
Nous célébrons cette année la Miséricorde de Dieu. Tenons-nous, en cette Semaine Sainte, face au Miséricordieux. Nous qui sommes bénéficiaires de son amour, ferons-nous à notre tour miséricorde à nos frères ?

Prière universelle :

Pour les Rameaux : PU Rameaux C
Pour le Jeudi Saint : PU Jeudi Saint C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi le récit de la Passion du Seigneur tient-il tant de place dans les Évangiles ?

Comprendre sa foi :

Mais Dieu souffre-t-il vraiment autant que cela de notre refus ?

Vivre avec Jésus :

Suis-je vraiment prêt à faire miséricorde ? À qui dois-je faire miséricorde aujourd’hui pour faire un pas de plus ?

5e semaine de Carême : Devant l’Innocent



5e dimanche de Carême C :
Jean 8, 1-11

Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus.

C’est une femme déjà humiliée qu’on amène à Jésus, qu’on expose aux yeux de tous dans la réalité nue de sa vie, de sa faiblesse. Pourquoi l’homme qui était avec elle n’est-il pas là, accusé lui aussi ? Peut-être les scribes et les pharisiens sont-ils symboliquement cet homme, qu’ils pourraient bien être en réalité. En accusant la femme, ils s’accuseraient eux-mêmes. Ou peut-être n’est-ce pas tant la femme qu’ils accusent, mais celui qu’ils viennent mettre à l’épreuve. Ils reprochent à Jésus le scandale d’une Miséricorde pour le pécheur, qu’il ne comprennent pas. Ils s’avancent vers lui avec le glaive de la justice et le bouclier de leur observance à la Loi.
Nous ne savons pas qui était cette femme. Elle pourrait être tout Homme. Elle est comme l’humanité humiliée par le péché. En la méprisant, en l’attaquant, les scribes et les pharisiens disent sans doute plus sur eux-mêmes que sur elle. Ils mettent en avant la faiblesse de l’autre pour camoufler la leur propre. Ils parlent haut et fort pour couvrir le cri de leur propre adultère, de leur propre infidélité à l’amour.
Le péché et le pécheur accusent et condamnent. Jésus, lui, ne dit rien. Il n’accuse ni ne condamne. Il ne commente ni la misère de la femme, ni celle de ces théologiens et juristes zélés. Dans le silence, chacun est mis devant la vérité sur sa vie. Dieu recrée l’une et les autres par sa discrétion, par son silence, avant de le faire par sa parole. Puis il remet chacun en chemin. Les savants fervents sont mis face à leur hypocrisie, et repartent certainement un peu changés. La femme est rétablie dans sa dignité, une dignité à préserver du péché.
L’Innocent rend la liberté. Il fait refleurir l’homme comme un désert au printemps. Aux pharisiens et aux scribes, il rappelle concrètement le grand commandement de l’amour. Pour la femme, il ouvre une voie nouvelle, il trace une route dans son désert affectif.
Allons, nous aussi, et ne péchons plus.

Prière universelle :

PU 5e dimanche de Carême C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

En quoi Jésus fait-il miséricorde aux scribes et aux pharisiens ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi la miséricorde de Jésus choque-t-elle les scribes et les pharisiens ?

Vivre avec Jésus :

Où en suis-je dans mon zèle à faire le bien ?

4e semaine de Carême : Vers la maison du Père



4e dimanche de Carême C :
Luc 15, 1…32

Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché

La miséricorde de Dieu fait scandale. Les Pharisiens sont choqués. Le fils cadet n’y croit pas. Le fils ainé la refuse. La miséricorde n’est pas facile pour les pécheurs que nous sommes. Et pourtant ce n’est rien moins que cela que le Seigneur désire nous offrir, car il sait que là est notre plus grand besoin.
Qui ne se reconnaitrait dans la figure du fils cadet ? C’est notre histoire à tous. C’est l’histoire de l’homme. Nous sommes dans un pays étranger, lointain par rapport à l’intimité de la vie avec Dieu. Peut-être y vivons-nous dans l’insouciance, ou peut-être ressentons-nous déjà le manque d’une maison où il fasse bon vivre. Il ne s’agit pas seulement de la nostalgie de biens matériels suffisants, mais surtout de celle du respect, de l’affection, de l’acceptation de nos défauts, d’un sens à la vie, d’une fin des souffrances et inquiétudes de toutes sortes.
Qui ne se reconnaitrait dans la figure du fils ainé ? C’est aussi sans doute un peu notre histoire à tous. On se croit assez facilement plus juste que les autres et victime d’injustice, on se sent moins aimé et lésé, non reconnu, on réclame ses droits, on revendique et on se ferme au bonheur des autres. C’est comme s’il était plus spontané d’être malheureux à côté d’eux et fermé à eux, que de se réjouir pour eux et avec eux.
Dans l’un et l’autre cas, c’est le retour à la maison du Père qui nous est proposé, c’est-à-dire le retour à la communion avec lui. Saint Benoit parle de revenir par l’obéissance : ce mot n’a plus bonne presse aujourd’hui, mais peut-être est-ce parce qu’on n’en a jamais vraiment goûté le fruit.
Le Christ montre la vraie attitude. Il est le fils ainé resté auprès de son Père, prêt à accueillir avec lui ses frères qui reviendront. Il est aussi le fils cadet qui pars au loin, mais pour aller chercher les enfants de Dieu dispersés et pour les ramener vers la maison de Dieu. Puissions-nous l’imiter.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Carême C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

En quoi l’attitude du fils ainé ressemble-t-elle à celle de son frère cadet ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi le fils ainé est-il objet de la miséricorde du Père ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, en quoi suis-je comme le fils cadet ? En quoi suis-je comme le fils ainé ? En quoi suis-je fils comme le Christ ?

3e semaine de Carême : Dans la Vigne du Seigneur



3e dimanche de Carême C :
Luc 13, 1-9

Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.

Nous sommes faits pour donner du fruit. Et Dieu prend patience avec nous pour que nous puissions en porter. Il croit en nous. Quelle bonne nouvelle ! Et en plus il travaille, irrigue, et nourrit notre terre. Il nous aide à nous convertir en nous accordant sa grâce. Il désire notre fécondité, notre épanouissement, pour notre bonheur et le bonheur de nos frères. Nous avons été créés et rachetés pour cela.
Pour être fécond, il faut aimer. Et pour aimer il faut être libre. Dieu nous a voulu libres d’aimer pour que nous portions du fruit. Une part du travail nous revient donc dans notre fécondité : celle de nous convertir, de nous tourner vers le Seigneur, de plonger nos racines dans la bonne terre, dans l’engrais qu’il nous donne, et d’élargir nos branches pour profiter de l’énergie de sa Lumière. À nous d’y croire, et de travailler à porter du fruit.
Nous pouvons aussi vivre à l’image de Dieu, pour nos frères. Dieu croit en nous et nous aide à porter du fruit afin que nous puissions aussi le faire pour nos frères. Il s’agit de nous entre-aider pour que chacun porte son fruit et l’offre au monde. Nous sommes les mains du Christ auprès de nos proches. Chacun peut croire en son frère, donner son temps, son énergie. C’est cela « bêcher » par l’amitié, et mettre l’engrais de l’amour.
Agissons tant qu’il est encore temps, car le temps a une fin. L’avertissement de cet Évangile est effectivement sévère. Il nous place devant la radicalité de notre responsabilité d’homme et de chrétien. Le risque est l’épuisement du sol, la fertilité de l’humus spirituel de l’Église et de l’Humanité. Le Miséricordieux prend acte de nos choix libres, pour les respecter. Il veut tout faire pour nous, mais rien sans nous. Puissions-nous profiter du travail du Vignerons durant ce temps de Carême, et nous convertir.

Prière universelle :

PU 3e dimanche de Carême C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel est le rapport entre les faits divers du début de l’Évangile et la parabole de Jésus ?

Comprendre sa foi :

Jésus semble se contredire dans cet Évangile : pourquoi une telle radicalité ?

Vivre avec Jésus :

Sur quel point devrais-je changer aujourd’hui ?

2e semaine de Carême : Sur la montagne



2e dimanche de Carême C :
Luc 9, 28-36

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.

Le Carême est maintenant bien lancé. Nous sommes partis au désert avec le Christ, lieu de l’ascèse et de la tentation, mais aussi lieu de la prière et de la victoire. Il nous emmène plus loin à présent. Il nous prend avec lui et nous fait gravir la montagne, pour prier.
La montagne est un autre lieu d’intimité avec Dieu, un lieu particulier. On y prend de la hauteur. Il ne s’agit pas de se rapprocher du ciel, comme dans les religions naturelles. Dieu ne dépend pas des lieux pour se manifester. C’est nous qui avons besoin d’être portés. Sur la montagne, on voit la vie avec plus de recul, on s’éloigne de l’agitation du monde, du brouhaha des soucis, de la futilité de préoccupations qui n’en valent pas la peine. Sur la montagne, la nature se calme pour ne laisser place qu’au murmure du vent. Sur la montagne, on voit loin derrière, et loin devant.
C’est tout cela qui s’est passé lors de la Transfiguration. Les Apôtres Pierre, Jean et Jacques ont été conduits par Jésus à prendre du recul par rapport à la mission, à l’enseignement, à l’hostilité à l’égard de Jésus qui commence à poindre. Ils ont été invités à un moment d’intimité, à entrer dans la nuée de la présence de Dieu, caractéristique de l’expérience du Peuple au désert, jadis. Ils ont été invités à regarder loin derrière, avec Moïse et Élie, vers leurs racines spirituelles, et aussi loin devant, avec le Christ, vers leur Salut qui allait s’accomplir à Jérusalem, et vers leur glorification.
Nous sommes conviés à vivre la même chose durant notre marche vers Pâques. Montons sur la montagne. Prenons du recul. Laissons pour un peu de temps nos soucis en ce dimanche. Donnons à Dieu l’occasion de se manifester dans la nuée. Arrêtons-nous pour prier. Ouvrons notre Bible pour y rencontrer le Christ dans les paroles des prophètes. Regardons loin devant, pour voir au-delà de nos tracas et peut-être de nos souffrances, pour apercevoir déjà la victoire du Christ.

Prière universelle :

PU 2e dimanche de Carême C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Rappelons-nous : quelle est la place de la montagne dans la vie de Moïse et dans celle d’Élie ?

Comprendre sa foi :

Mais pourquoi donc le témoignage des personnages de l’Ancien Testament est-il si important pour comprendre qui est Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je désire gravir la montagne de mon cœur pour faire l’expérience de l’intimité de Jésus ?

1ère semaine de Carême : Au désert



1er dimanche de Carême C :
Luc 4, 1-13

Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable.

Chaque année, le premier dimanche du Carême nous place devant un étrange contraste : Jésus est conduit par l’Esprit au désert, et il y trouve le diable et la tentation. Mais qui donc est le Christ pour quitter la luxuriance du Jourdain et la foule qui y est venue voir et écouter le Baptiste, afin de se rendre au désert ? Pourquoi l’Esprit Saint le mène-t-il ainsi ? Qui donc est Dieu pour aller vers la tentation et vers le mal ? Le Salut que le Fils de Dieu est venu apporter dans la force de l’Esprit a eu un prix. Ce prix, ce fut de prendre notre condition humaine, toute notre condition humaine, dans toutes ses conséquences. Jésus, certes, ne courait pas tant vers la tentation que vers la victoire. Pourtant la victoire est passée par la tentation. Dieu est venu nous chercher jusqu’au cœur de la tentation puis de la mort. Sa Miséricorde n’a pas été chose facile.
Nous rêvons parfois d’une vie spirituelle, d’une vie dans l’Esprit Saint, qui nous conduirait plutôt vers les eaux du repos que dans l’aridité du désert. Nous préférerions qu’elle nous mène vers la douceur de la consolation plutôt que vers la brûlure de la tentation. Et pourtant ce chemin du combat que Jésus prend aujourd’hui est aussi le nôtre. L’Esprit nous conduit aussi au désert, et heureux seront ceux qui s’y laisseront conduire ! Toute vie spirituelle qui mène à une profonde délivrance du mal passe par le désert.
Jésus ouvre pour nous la route de la victoire, mais cette victoire doit passer par l’épreuve affrontée dans la force de l’Esprit. Notre glaive sera l’obéissance de la foie en la Parole de Dieu. Notre bouclier sera l’espérance dans la victoire déjà remportée par le Christ, dans la force de son Esprit que nous avons reçu. Notre force sera l’amour de Dieu et l’amour des hommes qui nous permettra de passer au-delà de tous les pièges de l’ennemi.
Recevoir la Miséricorde de Dieu est une grande grâce, mais ce n’est pas chose facile. Le Royaume de Dieu souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent. Que votre ardeur à aimer nous mette au nombre de ces saints violents durant ce Carême.

Prière universelle :

PU mercredi des Cendres C
PU 1er dimanche de Carême C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment Jésus lutte-t-il contre la tentation ?

Comprendre sa foi :

Jésus affronte « toutes les formes de tentation » : que veut dire l’évangéliste, puisque apparemment Jésus a affronté seulement trois tentations ?

Vivre avec Jésus :

Contre quelle tentation est-ce que je désire porter mes efforts durant ce Carême ?

8e semaine : Le fruit de l’amour



8e dimanche ordinaire C :
Luc 6, 39-45

L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon

Ce dimanche, l’Évangile nous offre trois petites paraboles qui semblent comme trois fruits tirés du cœur de Jésus, des fruits à savourer.
Commençons par la troisième parabole. C’est elle que met en valeur la première lecture, et elle va nous donner une clef pour lire les deux premières. Le fruit manifeste doublement la qualité de l’arbre : il indique d’une part de quel espèce il s’agit, et d’autre part si l’arbre est sain ou pourri. Comme à son habitude, Jésus nous invite à aller voir l’intérieur du cœur de l’homme, ses profondeurs. Le chemin pour y parvenir est le fruit porté, et ce fruit semble se discerner avant tout dans la parole, ce que profère la bouche. Mais il ne faut pas se méprendre : la parole ne suffit pas à elle seule. Le juste n’est pas seulement celui qui dit une bonne parole. La parole dit de quelle espèce est l’arbre. Les actes disent si cet arbre est sain ou pourri.
Ainsi la seconde parabole vient à notre aide, comme une mise en garde. « Ne vous payez pas de mots » semble nous dire Jésus. « Ne soyez pas faux dans vos paroles : qu’elles correspondent à l’intérieur de votre cœur. Changez votre cœur avant d’offrir à votre prochain une parole que vous voudriez être parole de vie. » Il s’agit de prendre soin de soi, de se soigner soi-même, avant de prétendre aider les autres.
On remonte ainsi à la première parabole. Celui qui a une poutre dans son œil, qui obscurcit son cœur, est un aveugle, et il ne peut prétendre guider un autre aveugle sans que cela se termine mal. Cependant il y a l’espoir, car un maître est là. Il s’agit donc de se faire disciple, de se laisser guider par le maître et d’apprendre à marcher sur le chemin, avant de prétendre guider les autres. Il est possible d’être bien formé, et de devenir comme son maître, nous dit Jésus.
C’est l’humilité qui purifie le cœur. Alors le disciple peut guider son frère qui voit moins bien que lui. Alors il peut enlever la poutre et la paille de son œil et de l’œil de son frère. Alors il peut porter le fruit de l’amour. Alors il peut transmettre en vérité la Parole de la Vie. Alors il devient disciple missionnaire.

Prière universelle :

PU 8e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Ben Sira le Sage, dans la première lecture, donne-t-il tant de poids à la parole ?

Comprendre sa foi :

Si on applique à Jésus ces trois paraboles, que nous disent-elles de lui, de son cœur ?

Vivre avec Jésus :

Comment ces paraboles interrogent-elles ma vie ?

6e semaine : Ici… et là-bas !



6e dimanche ordinaire C :
Luc 6, 17.20-26

…votre récompense est grande dans le ciel

Il y a ici, et puis il y a là-bas.
Il y a maintenant, et puis il y a après.
Il y a le visible, et puis il y a l’invisible.
Il y a le transitoire, et puis il y a l’éternel.
Il y a l’apparent, et puis il y a le réel.
Dans les deux il y a du bonheur. Dans les deux il y a du malheur. Ils ne correspondent pas toujours. On peut choisir. On doit choisir. C’est ici, maintenant, dans le visible, que le choix se fait. Mais gare à qui fait le choix en fonction des critères de l’ici, du maintenant, et du visible : le risque est gros. Le réel, le solide, le vrai, n’est parfois pas ce qu’on pense. Il est souvent ce en quoi l’on croit, ou plutôt Celui en qui l’on veut mettre sa foi.
Il s’agit pour nous, disciples du Christ, à qui s’adresse le Fils de l’Homme, d’être prophètes. Grande mission. Mission difficile aussi, aride ici-bas. Mais cette mission porte en elle le bonheur, à bondir de joie, même quand on se trouve appauvri, affamé, affligé, rejeté, mouliné par la vie à cause de la fidélité à l’Évangile. Car alors on est uni au Seigneur, on marche dans ses pas, il marche dans les nôtres.

Prière universelle :

PU 6e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la première lecture nous aide-t-elle à interpréter l’Evangile ?

Comprendre sa foi :

Faut-il donc être malheureux pour aller au Ciel ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, quel choix est-ce que je veux faire ?

5e semaine : Envoyés par la Parole



5e dimanche ordinaire C :
Luc 5, 1-11

Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »

Il y a deux semaines, la parole d’Isaïe s’accomplissait dans la synagogue de Nazareth. La semaine dernière la parole de Jésus faisait scandale. Ce dimanche, la parole de Dieu nourrit les foules, elle fascine un homme, elle envoie en mission.
Par esprit de service, Simon-Pierre avait prêté sa barque pour que Jésus puisse enseigner la foule. Que s’est-il passé dans l’intimité de son cœur durant ce temps où il était tout proche de Jésus, face à la foule, à écouter lui aussi le Maître ? Il faut vraiment que Simon-Pierre, pêcheur déçu par une nuit de travail infructueux, ait été fasciné par la parole de Jésus pour partir au large et jeter son filet en plein jour. Sur sa parole il le fit, sans hésiter. Ni sa peine perdue, ni son découragement, ni son expérience de pécheur, ni le regard des autres ne l’ont retenu. Ayant entendu, il obéit, en dépit de l’incongruité de la demande de ce rabbi charpentier. C’est pourquoi il a vu le miracle s’accomplir, il a cru que Dieu était à l’œuvre, il a adoré son Seigneur, il s’est laissé envoyer. Et c’est pour cela que la Parole nous est parvenue.
Quelques mois ou quelques années plus tard, c’est sur le bord de cette même mer qu’il sera confirmé dans son appel, après une nuit d’échec bien plus cuisante. C’est après avoir renié trois fois son maître et son Seigneur, après avoir pleuré amèrement sur son échec, après avoir été lent à croire à la bonne nouvelle de la résurrection, qu’il entendra le Seigneur lui dire : « Pais mes agneaux ». Ce n’est sans doute plus l’effroi qui le saisissait alors, mais la honte que venait effacer la douceur du pardon. Pierre, l’homme faible et pourtant le messager choisi, passé par le feu de la tentation, par la brûlure de la chute, et finalement relevé par son Seigneur, était alors prêt pour sa mission de pêcheur d’homme. Il n’avait pas laissé seulement ses filets pour suivre le Christ. Il avait renoncé à sa propre vie, à sa propre force, pour que la Parole puisse retentir et agir.
Comme Simon-Pierre tout baptisé, est appelé à écouter, se laisser fasciner, croire, et partir en mission. C’est notre vocation à tous. Aucun échec, aucune faiblesse n’importe quand le Christ envoie. En ces temps où l’on se sent si pauvre en France dans notre évangélisation, en cette nuit passée sans rien prendre, décourageante, en cette Passion où le Christ est bien souvent bafoué publiquement par l’intermédiaire de son Église, il est bon de se le rappeler. Reconnaissons notre faiblesse, notre péché. Puis sur la Parole du Seigneur, jetons au large nos filets.

Prière universelle :

PU 5e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels sont les différents pas que Jésus fait franchir à Simon avant de lui annoncer sa mission ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi faut-il donc que l’épreuve précède si souvent l’intervention de Dieu ?

Vivre avec Jésus :

Et moi quelle est mon épreuve ? En quelle parole dois-je mettre ma foi ? Où dois-je voler au large ?