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15e dimanche : Répandre la tendresse de Dieu



15e dimanche ordinaire C :
Luc 10, 25-37

Toi aussi, fais de même.

Certaines paraboles de l’Évangile, très belles, sont aussi particulièrement dérangeantes, car elles viennent nous rejoindre au cœur de notre quotidien. Ainsi celle du bon samaritain. Elle arrive comme une flèche dans le cœur, ou un rayon de lumière qui éclaire tant de situations de notre vie quotidienne, dans les rues de nos villes, dans nos familles, au travail ou parmi nos amis et connaissances. Que d’hommes et de femmes blessés par la vie, par les hommes ou par la maladie, laissés plus ou moins pour morts au bord du chemin de l’histoire ! Que de pauvres dépouillés, pauvres dans leurs biens, dans leur santé, dans leur dignité, sont là sur nos routes, dont parfois nous détournons les yeux comme ce prêtre et ce lévite, pour beaucoup de raisons.
Dieu, lui, n’a pas passé son chemin lorsque l’homme est tombé sous les coups du péché. Il ne nous laisse pas gisant sur le bord de la route, quand, encore et encore, nous tombons, victimes de nos bandits intérieurs, de nos propres désordres qui nous violentent. Non seulement le Christ n’a pas détourné les yeux de notre pauvreté, mais il n’a pas honte de venir sur nos chemins pour nous relever, nous soigner, nous amener à la maison du repos. Il est cet homme venu d’ailleurs, qui se laisse saisir de compassion, qui se penche sur les blessures humaines, qui prend soin de ceux qui peinent, qui les porte plus loin sur le chemin. Il est l’aubergiste, si discret dans nos vies, qui panse nos blessures, jour après jour.
En nous disant de faire de même, Jésus nous invite à participer à sa mission. C’est notre privilège de baptisés. C’est notre responsabilité, car nous avons reçu pour cela l’amour nécessaire. Dans l’Église, Dieu nous offre sa tendresse, onguent sur nos blessures intérieures. Il a été répandu dans nos cœurs, et il est proposé à quiconque veut bien ouvrir ses portes intérieures à la grâce pour se laisser guérir. C’est maintenant que commence la vie éternelle, dans cet amour reçu de Dieu et transmis aux hommes quand nous nous approchons d’eux avec tendresse, au moins pour leur dire qu’ils sont importants à nos yeux.

Prière universelle :

PU 15e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus utilise-t-il une parabole pour répondre à la question du maître de la loi ? Pourquoi ne lui donne-t-il pas plutôt un enseignement moral plus approfondi ?

Comprendre sa foi :

En quoi le Samaritain nous parle-t-il du Christ ? Quels sont les points de ressemblance ?

Vivre avec Jésus :

Quel est le prochain, au cœur de ma vie, sur lequel je devrais me pencher pour le consoler et l’aider à se relever ?

Pâques : Il faisait encore nuit…



Pâques C :
Jean 20, 1-9

Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Tout est déjà accompli quand les femmes arrivent au tombeau. Tout s’est accompli dans le secret de la nuit. Au cœur des ténèbres, la Lumière a déjà resplendi. Cette nuit et ces ténèbres sont les mêmes que celles qui recouvraient la terre lors de la mort de Jésus. La victoire était acquise, car la spirale de la violence et de la haine s’était brisée sur la douceur du Christ, sur son pardon, sur son amour pour tous les hommes. Dans la condamnation, la souffrance et la mort de Jésus, l’Innocent, le parfait innocent, est contenue déjà la victoire sur le mal. Dans la plus grande misère de l’homme, rayonne déjà la Miséricorde de Dieu qui va au-delà de toute limite humaine.
Il y a quelque chose de révoltant : pourquoi donc en être arrivé là ? Pourquoi donc passer par là ? La souffrance est révoltante car le mal n’a pas de sens, il est irrationnel. Toute souffrance, qu’elle soit pauvreté, violence, maladie, injustice, méchanceté ou haine, est un néant, un de ces vides dont la nature a horreur, car elle est faite pour la plénitude. Le péché de l’homme est irrationalité. Il n’y a pas de réponse rationnelle au « pourquoi ? » La réponse de Dieu, c’est qu’il est plus grand que ce non-sens, que contre son Amour se brise le mensonge du mal.
C’est pourquoi la lumière du Christ n’attend aucune lumière humaine pour resplendir. Elle est de toujours à toujours. Elle rayonne même au milieu des ténèbres du monde, sans que quiconque s’en aperçoive. Elle brille au sein de nos ténèbres, à notre insu, et les ténèbres ne font que la mettre en valeur.
La Résurrection est plus qu’une « happy end ». Elle beaucoup plus que la fin heureuse d’un conte merveilleux ou d’un film dramatique. Elle est la manifestation d’une puissance de vie qui précède et dépasse toute mort. Elle est une lumière sur laquelle nulles ténèbres n’ont de droit ni de pouvoir. Elle est un ordre qui informe toute la Création, la marque de Dieu que le péché de l’homme ne peut pas effacer, le signe que le Christ est Roi de tout l’univers créé en lui. Elle est victoire de la Vie, achèvement de l’acte créateur qui se révèle plus fécond que toute force de dissolution, même celle qui nous semble la plus irrémédiable de toutes.

Prière universelle :

PU jour de Pâques C
PU Vigile pascale C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Les hommes et les femmes de l’Évangile vivent différemment à l’annonce de la Résurrection : quelles sont les caractéristiques de chacun ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi les évangélistes insistent-ils à dire que les hommes sont lents à croire ?

Vivre avec Jésus :

Comment aurais-je réagi à leur place ?

4e semaine de Carême : Vers la maison du Père



4e dimanche de Carême C :
Luc 15, 1…32

Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché

La miséricorde de Dieu fait scandale. Les Pharisiens sont choqués. Le fils cadet n’y croit pas. Le fils ainé la refuse. La miséricorde n’est pas facile pour les pécheurs que nous sommes. Et pourtant ce n’est rien moins que cela que le Seigneur désire nous offrir, car il sait que là est notre plus grand besoin.
Qui ne se reconnaitrait dans la figure du fils cadet ? C’est notre histoire à tous. C’est l’histoire de l’homme. Nous sommes dans un pays étranger, lointain par rapport à l’intimité de la vie avec Dieu. Peut-être y vivons-nous dans l’insouciance, ou peut-être ressentons-nous déjà le manque d’une maison où il fasse bon vivre. Il ne s’agit pas seulement de la nostalgie de biens matériels suffisants, mais surtout de celle du respect, de l’affection, de l’acceptation de nos défauts, d’un sens à la vie, d’une fin des souffrances et inquiétudes de toutes sortes.
Qui ne se reconnaitrait dans la figure du fils ainé ? C’est aussi sans doute un peu notre histoire à tous. On se croit assez facilement plus juste que les autres et victime d’injustice, on se sent moins aimé et lésé, non reconnu, on réclame ses droits, on revendique et on se ferme au bonheur des autres. C’est comme s’il était plus spontané d’être malheureux à côté d’eux et fermé à eux, que de se réjouir pour eux et avec eux.
Dans l’un et l’autre cas, c’est le retour à la maison du Père qui nous est proposé, c’est-à-dire le retour à la communion avec lui. Saint Benoit parle de revenir par l’obéissance : ce mot n’a plus bonne presse aujourd’hui, mais peut-être est-ce parce qu’on n’en a jamais vraiment goûté le fruit.
Le Christ montre la vraie attitude. Il est le fils ainé resté auprès de son Père, prêt à accueillir avec lui ses frères qui reviendront. Il est aussi le fils cadet qui pars au loin, mais pour aller chercher les enfants de Dieu dispersés et pour les ramener vers la maison de Dieu. Puissions-nous l’imiter.

Prière universelle :

PU 4e dimanche de Carême C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

En quoi l’attitude du fils ainé ressemble-t-elle à celle de son frère cadet ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi le fils ainé est-il objet de la miséricorde du Père ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, en quoi suis-je comme le fils cadet ? En quoi suis-je comme le fils ainé ? En quoi suis-je fils comme le Christ ?

33e semaine : Quand la lune perdra sa clarté



33e dimanche ordinaire B :
Marc 13, 24-32

Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire.

La fin de l’année liturgique approche, et la Parole de Dieu que l’Église nous annonce tourne nos yeux vers la fin du temps, vers le retour définitif du Fils de l’Homme. Parler de la fin des temps et de la venue du Christ dans la gloire est un peu passé de mode. Sans doute ce discours fut-il trop sévère à certaines époques. On a insisté sur la peur du jugement plus que sur l’espérance de la gloire. Il s’agit pourtant d’abord de la Bonne Nouvelle du venue du Salut définitif pour ceux qui auront pris parti pour Dieu, pour la Lumière, pour l’Amour.
Il y a là une vérité essentielle de notre foi. Avoir la certitude de cette venue, vivre dans l’espérance de la fin prochaine est une libération : nous ne sommes pas enfermés dans ces temps marqués par la mort, nous allons vers la Vie. Tout le cosmos attend cette délivrance, nous dit St Paul, et gémit pour que se hâte la venue du Règne. La Création entière languit, tendue vers la fin de la dispersion du péché, le retour de l’éclatement provoqué par le mal, la remise en ordre suite aux dérèglements provoqués par le refus de Dieu. Car l’homme a été créé pour la communion avec Dieu. Et toute la Création a été offerte pour porter cette communion, pour lui servir d’écrin.
Le temps qui nous est octroyé est celui de la conversion, du retour à Dieu, de l’obéissance à sa Parole. Il est un cadeau de Dieu pour que se préparent et s’opèrent déjà les retrouvailles, la rencontre définitive. Il est préparation de la Fête, du Banquet dont nous recevons les arrhes quand nous célébrons l’Eucharistie.

Prière universelle :

PU 33e dimanche ordinaire B

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Les signes de la fin des temps sont étranges : pourquoi un tel vocabulaire ?

Comprendre sa foi :

Jésus dit que « cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive », mais bien des générations sont passées : que voulait-il donc dire ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que l’attente de la venue du Christ m’habite ? Est-ce qu’elle a une importance dans ma vie spirituelle ?

Toussaint : Ils ont choisi d’aimer…



Toussaint :
Matthieu 5, 1-12

Heureux…

Les saints sont heureux parce qu’ils ont su aimer.
Pauvreté de cœur, douceur, larmes, faim et soif de justice, miséricorde, pureté de cœur, œuvre de paix : ce qui rend heureux, c’est la qualité du cœur. De surcroit, cette qualité de cœur du saint a souvent été vérifiée et purifiée au creuset de la souffrance, une souffrance propre à l’amour. Comme Jésus, avec Jésus, à un moment où l’autre de leur vie, ils ont enduré une persécution. Non seulement elle n’était le fruit d’aucun manque d’amour, mais elle était au contraire une réponse contradictoire à l’amour offert. Ils n’ont pourtant pas voulu renoncer pour autant à aimer.
Les saints ont choisi d’aimer, et puis c’est tout. Ils ont fait en sorte d’apprendre à aimer, de s’entrainer à aimer. Puis ils ont voulu et su aller plus loin dans l’amour, jusqu’à rendre pauvreté de cœur pour orgueil, douceur pour violence, larmes de repentir pour moqueries, miséricorde pour injure, pureté de cœur pour mensonge, paix pour haine.
Pourtant aucun n’était parfait dès le départ. Et aucun ne l’est devenu à l’arrivée (à ce propos voir : Sainteté et humanité). Personne n’est tout à fait « dans les clous » de l’Évangile. Ils sont tombés, tous, mais ils se sont relevés, sans cesse. Peut-être est-ce justement cela leur secret. Ils ont reconnu leur faiblesse, et ils ont su laisser le Seigneur lui-même leur apprendre à accueillir celle des autres, avec patience. Ils ont appris à croire dans les autres, parce que le Seigneur croyait en eux. Ils sont devenus des amoureux parce qu’ils se sont laissés aimer par Dieu.
Bienheureux sont-ils, maintenant qu’ils ont été jugés sur leur amour !

Prière universelle :

PU Toussaint B
PU 2 novembre – Fidèles défunts

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus ne parle-t-il pas clairement d’amour dans les Béatitudes ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi tant de souffrance présente dans les Béatitudes ?

Vivre avec Jésus :

Quelle Béatitude est-ce que je préfère ? Quelle est celle que je voudrais m’entrainer à vivre du mieux que je pourrai ?

22e dimanche : À la suite du Christ



22e dimanche ordinaire A :
Matthieu 16, 21-27

Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

La réprobation, la condamnation, et la mort de Jésus, le juste, sont un scandale non seulement pour Pierre qui vient de le proclamer Messie, du fils du Dieu vivant, mais pour tout homme. La souffrance est intolérable, elle est inhumaine. On en refuse l’évidence, on la rejette, on la nie parfois, pour se protéger. De fait, l’homme n’a pas été fait pour souffrir, ni pour mourir. De tout son être, il a été créé pour la vie, l’abondance de vie. La violence est contraire à sa nature. Pourtant, dans l’état actuel où se trouve l’homme, elle est incontournable.
La pensée divine de Jésus nous manifeste la manière d’envisager cette situation. Le Christ réprouve vigoureusement la tentation que lui présente Pierre, selon notre pensée humaine, d’éviter la souffrance, de se boucher les yeux sur la réalité des conséquences du péché. Il s’agit pour lui de passer à travers, d’aller au-delà. La passion n’est pas annoncée sans la résurrection, la mort n’est pas envisagée sans la victoire de la vie, la condamnation injuste par les hommes, par le péché, n’est pas affrontée sans l’assurance de la justification par le Père.
Nous sommes invités à marcher à la suite du Christ. Il ne nous épargnera pas la souffrance, ni l’injustice, ni la mort. C’est le chemin qu’il a emprunté. C’est le chemin de tout homme ici-bas. Dieu n’a pas voulu l’éliminer, mais le transformer. Il assume ainsi la faiblesse de la liberté de l’homme, jusqu’en ces ultimes conséquences, pour que cette faiblesse même devienne une voie de vie. La vraie mesure de la vie apparait alors. Elle n’est pas à gagner au-dehors, mais à laisser fructifier au-dedans. Au-dehors, le feu détruit tout. Au-dedans, le feu de l’amour peut se révéler plus dévorant encore, mais pour apporter chaleur, lumière, énergie, vie, et conduire au-delà de tout obstacle, vers la gloire du Père.

Prière universelle :

PU 22e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment le prohpète Jérémie, dans la première lecture, est-il une image du Christ ?

Comprendre sa foi :

Selon l’évangile, comment comprendre Paul qui parle de s’offrir « en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu » ?

Vivre avec Jésus :

Peut-être pourrais-je prendre le temps de sentir en moi le feu de l’Esprit Saint ?

Transfiguration : L’Humanité en lumière



Transfiguration A :
Matthieu 17, 1-9

son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.

Voici que la fête de la Transfiguration débute le « Carême d’été », les 40 jours avant la fête de la Croix glorieuse. Tout le mystère du Christ est résumé dans cette scène : la grande humanité de Jésus, l’intimité de son amitié, son lien avec tout le mystère d’Israël, son identité de Fils du Dieu Unique égal au Père qui a mis en lui tout son amour, sa mort sa résurrection, et sa glorification. La liturgie nous invite à y revenir deux fois dans l’année, pour conforter notre foi et notre espérance, avec la croix en ligne de mire.
La Transfiguration de Jésus, la manifestation de sa divinité dans son humanité, dans son corps même, est toujours relative à sa Passion. La gloire est inséparable de la croix et la souffrance inséparable de la glorification. C’est ce qu’ont été invités à vivre les trois apôtres qui l’ont contemplé sur la montagne avant de le voir dans la déréliction de son agonie, au jardin des oliviers. Au cours de la montée de Jésus vers Jérusalem avec ses disciples, vers sa Passion, au cœur des annonces du drame qui est sur le point de se dérouler, Jésus prépare Pierre, Jaques et Jean. Il leur donne force pour affronter le scandale, et il les prépare à le reconnaître à son retour d’entre les morts. Ils les invite et leur apprend à le voir autrement.
Dans l’humanité transfigurée du Christ, c’est notre humanité qui est mise en lumière. La lumière rayonne de l’intérieur. De même que les Apôtres sont confortés par l’intérieur au moment où s’approche la fin tragique de la vie de Jésus, de même nous recevons réconfort dans les chemins chaotiques de nos vies. A l’extérieur, nous affrontons des situations parfois fort difficiles. C’est alors à l’intérieur qu’il s’agit de chercher et de trouver appui, force, lumière.

Prière universelle :

PU Transfiguration

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la seconde lecture met-elle en valeur l’évangile ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que les lectures nous manifestent de l’identité de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Et si je me laissais fasciner quelques instants par cette lumière ?

7e dimanche : Perfection ou sainteté ?



7e dimanche ordinaire A :
Matthieu 5, 38-48

Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

L’Évangile est-il vraiment une « bonne nouvelle » ? N’est-il pas plutôt une insupportable exigence ? Personne ne peut prétendre à quelque perfection que ce soit, surtout la perfection divine. Ou bien ce serait se méprendre par un orgueil qui n’a rien d’évangélique. Nous sommes tous bancals, branlants, et nous menaçons de le devenir encore plus. Pourrions-nous donc prétendre à quelque perfection que ce soit ? Pourquoi Jésus nous met-il devant une telle perspective ?
Ces doutes légitimes nous invitent peut-être à changer de question, ou du moins à la faire évoluer. De quelle perfection Jésus parle-t-il ? Celle de l’amour. Celle de vouloir le bien de l’autre, quand bien même il ne semblerait nourrir que dédain, mépris ou haine envers les hommes, envers Dieu, envers la vie, et peut-être envers lui-même. La perfection dont il s’agit ici consiste à être le premier à mettre de l’amour là où il n’y en a pas.
Car la vie chrétienne est une histoire d’amour. Peut-être avons-nous tendance à l’oublier. Seul l’amour sanctifie. Seul l’amour rend parfait comme Dieu est parfait. En ce monde marqué par le mal, la douceur de l’amour a parfois un douloureux prix. Celui qui aime vraiment souffre. Le Christ a aimé vraiment, et notre vocation est celle du Christ : stopper par l’amour le cercle infernal de la violence et de la haine. Pour cela il nous faut aimer nos ennemis, ceux qui nous font du mal. Et il nous faut les aimer comme nous-mêmes…
Folie que cette sagesse ! Ayons pourtant confiance : le Christ est maître et Seigneur de toutes choses, et l’Esprit du Christ habite en nous. Aucun mal ne pourra nous détruire.

Prière universelle :

PU 7e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

La première lecture parle de sainteté, et l’évangile de perfection : qu’est-ce qui rapproche ces deux expressions ?

Comprendre sa foi :

Comment la sainteté est-elle une perfection ? Et comment ne l’est-elle pas ?

Vivre avec Jésus :

Quelle est la perfection à laquelle j’aspire ? Quelle est la sainteté que je cherche ?

33e dimanche : Persévérer, sans peur



33e dimanche ordinaire C :
Luc 21, 5-19

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

Ce monde aura une fin. Tout notre être le sait, parce que le corps qui est le nôtre en cette vie est lui-même marqué par la mort. La matière dit que cette fin est destruction, ou au mieux transformation pour alimenter une autre forme de vie matérielle. L’Esprit dit que cette fin sera libération et accomplissement. Dans tous les cas il faut passer par une lutte, par des tensions, par un bouleversement. Cela arrivera à un niveau personnel, à l’approche de la mort, mais aussi dans des dimensions sociales, et cosmiques. Le monde entier est pris comme de tremblement, et le mystère de la vie humaine se trouve au cœur d’un enfantement.
C’est à vivre cela que Jésus veut nous préparer. Il veut nous aider à assumer cette condition qui est la nôtre par son discours apocalyptique. Les tremblements de terre, les épidémies, les tempêtes, les guerres, les famines, les persécutions : tout cela fait le quotidien de l’actualité mondiale. Nous entendons parler de certains de ces malheurs, beaucoup restent cachés dans le secret, mais nous savons qu’ils sont bien réels pour des populations pas si éloignées de nous. Parfois nous sommes touchés par la violence et le rejet, notamment en raison de notre foi et de notre espérance. Elles ne sont pas acceptées, parce qu’elles ont quelque chose de scandaleux face à tous ces malheurs.
Jésus ne nie pas ces catastrophes, il reconnaît tous ces malheurs qui arrivent. Il sait que cette vie, ce monde, auront une fin. Il ne se voile pas la face sur cette réalité. Pourtant ce n’est pas cette fin qu’il nous invite à considérer, mais la vie. Ce n’est pas le caractère effrayant des douleurs de l’enfantement qui doit retenir notre attention, mais la persévérance dans l’effort et le témoignage, la tension vers l’enfantement au monde nouveau. C’est ainsi que lui a vécu sa passion, par amour de l’Humanité. C’est ainsi que nous sommes appelés à le suivre, à entrer dans le Mystère qu’il nous a révélé, à y participer.

Prière universelle :

PU 33e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles sont les ressemblances et les différences entre la première lecture et l’évangile ?

Comprendre sa foi :

En quoi penser à la fin des temps peut nous aider à vivre humainement, chrétiennement ?

Vivre avec Jésus :

Quelle est mon attitude intérieure face à tous les malheurs qui frappent le monde, et devant ceux qui m’atteignent personnellement ?