Archives de catégorie : Méditer

Christ Roi : Couronné d’épines



Christ Roi C :
Luc 23, 35-43

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »

Jésus en croix, c’est l’humanité prise en dérision, c’est la royauté de Dieu bafouée, rejetée, niée. Le roi s’est fait semblable à son peuple, humilié par le péché. Il a pris sur lui la condition de son peuple, jusqu’à l’extrême déréliction à laquelle le péché a réduit l’humanité. Pour parement royal, on ne lui a offert que la lacération des verges, pour couronne des épines, pour hommages des crachats et des insultes, pour trône une croix, et pour serment de fidélité un panneau où figure un dérisoire motif de condamnation.
Jésus reste silencieux. Il a refusé durant sa vie publique ce titre de roi. Ce n’est pas qu’il ne le soit pas. Mais il ne l’est pas comme nous autres hommes voudrions qu’il le soit. Il ne l’est pas de la manière où nous nous arrogeons la royauté. Pourtant il sort de son silence pour un acte royal, qui est un acte de miséricorde envers le brigand qui reconnaît sa faute et s’en repend. Jésus accorde souverainement son pardon à ce frère qu’il est venu chercher au fond de sa misère, afin de l’élever plus haut que les Cieux.
La royauté de Jésus sera-t-elle pour nous sujet de honte, nous qui avons été intégré au Peuple choisi ? Ne pourra-t-elle pas devenir sujet de fierté à cause de l’amour et de la vérité qui la porte ? Car là est la vraie autorité de Jésus, qui se manifeste dans la victoire de sa douceur sur nos violences, de sa vie sur la mort, de sa miséricorde sur le péché de l’humanité.

Prière universelle :

PU Christ Roi C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

La royauté de Jésus est bien différente de celle de David : comment la première lecture aide-t-elle à approfondir l’Évangile ?

Comprendre sa foi :

Que révèle du visage de Dieu la royauté si paradoxale de Jésus ?

Vivre avec Jésus :

Quelle est ma vision de la royauté de Dieu ? Comment dois-je convertir mon regard ?

33e semaine : Persévérer, sans peur



33e dimanche ordinaire C :
Luc 21, 5-19

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

Ce monde aura une fin. Tout notre être le sait, parce que le corps qui est le nôtre en cette vie est lui-même marqué par la mort. La matière dit que cette fin est destruction, ou au mieux transformation pour alimenter une autre forme de vie matérielle. L’Esprit dit que cette fin sera libération et accomplissement. Dans tous les cas il faut passer par une lutte, par des tensions, par un bouleversement. Cela arrivera à un niveau personnel, à l’approche de la mort, mais aussi dans des dimensions sociales, et cosmiques. Le monde entier est pris comme de tremblement, et le mystère de la vie humaine se trouve au cœur d’un enfantement.
C’est à vivre cela que Jésus veut nous préparer. Il veut nous aider à assumer cette condition qui est la nôtre par son discours apocalyptique. Les tremblements de terre, les épidémies, les tempêtes, les guerres, les famines, les persécutions : tout cela fait le quotidien de l’actualité mondiale. Nous entendons parler de certains de ces malheurs, beaucoup restent cachés dans le secret, mais nous savons qu’ils sont bien réels pour des populations pas si éloignées de nous. Parfois nous sommes touchés par la violence et le rejet, notamment en raison de notre foi et de notre espérance. Elles ne sont pas acceptées, parce qu’elles ont quelque chose de scandaleux face à tous ces malheurs.
Jésus ne nie pas ces catastrophes, il reconnaît tous ces malheurs qui arrivent. Il sait que cette vie, ce monde, auront une fin. Il ne se voile pas la face sur cette réalité. Pourtant ce n’est pas cette fin qu’il nous invite à considérer, mais la vie. Ce n’est pas le caractère effrayant des douleurs de l’enfantement qui doit retenir notre attention, mais la persévérance dans l’effort et le témoignage, la tension vers l’enfantement au monde nouveau. C’est ainsi que lui a vécu sa passion, par amour de l’Humanité. C’est ainsi que nous sommes appelés à le suivre, à entrer dans le Mystère qu’il nous a révélé, à y participer.

Prière universelle :

PU 33e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quelles sont les ressemblances et les différences entre la première lecture et l’évangile ?

Comprendre sa foi :

En quoi penser à la fin des temps peut nous aider à vivre humainement, chrétiennement ?

Vivre avec Jésus :

Quelle est mon attitude intérieure face à tous les malheurs qui frappent le monde, et devant ceux qui m’atteignent personnellement ?

Toussaint : La nostalgie du Ciel



Toussaint :
Matthieu 5, 1-12

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux !

Tout dans les lectures et les prières de la Toussaint veut éveiller en nos cœurs la nostalgie du Ciel. Dieu ne désire que notre vrai bonheur. Il veut nous faire habiter le Royaume de l’Amour, terre de douceur et de consolation. Il veut nous y rassasier de sa justice et de sa miséricorde. Il veut se montrer et se donner à nous pour nous combler de paix. Non content de nous le promettre pour plus tard, il nous propose d’en vivre dès cette vie. C’est pour cela que l’Évangile est annoncé. C’est pour cela que nous avons reçu le baptême dans la mort et la résurrection du Christ, que nous avons été confirmé dans l’Esprit Saint, que le Pain de Vie vient nous donner la force pour chaque jour.
Qui acceptera de passer avec foi par la grande épreuve de cette vie ? Qui choisira dans ce monde parfois si dur la simplicité de cœur, la douceur, le regret du mal, la justice, le pardon, la pureté d’intention, la paix ? Les Béatitudes nous invitent à aller chercher au-delà du voile ténu de cette existence ce qui est déjà notre bonheur pour toujours, notre plénitude d’êtres humains, notre sainteté.
Le prix de tout cela sera parfois la contradiction et la persécution, comme ce fut le cas pour le Christ. Il y aura toujours un combat intérieur, spirituel. Mais ne vaut-il pas la peine de se laisser purifier par Dieu à travers ces épreuves, afin de devenir semblables à lui ? Car tout est déjà donné…

Prière universelle :

PU Toussaint

30e dimanche : Prier en vérité



30e dimanche ordinaire C :
Luc 18, 9-14

Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’

Certaines paraboles de Jésus ont un message clair comme de l’eau de roche, et il n’est guère utile de les commenter. Celle-ci en fait partie. Au lieu de réellement prier, le pharisien se regarde lui-même, il se félicite des choses très bien qu’il réussit à faire, et il se compare à son voisin qu’il ne connaît pas. Le publicain quant à lui, se sait pécheur public, tout dans son attitude le montre, et c’est en tant que tel qu’il se tourne vers Dieu, humblement, sans se préoccuper d’autre chose que de sa pauvreté. Chacun se reconnaîtra plus dans l’une ou l’autre figure. Un bon chrétien n’échappe généralement pas à la tentation de faire comme le pharisien, reconnaissons-le.
Un pas important de la prière consiste à être en vérité avec soi-même et devant Dieu. Une des fonctions de la prière est d’ailleurs de nous faire entrer dans cette vérité sur soi en se mettant face à Dieu. Tant qu’on se compare aux autres, on trouve toujours quelqu’un que l’on peut juger apparemment plus pécheur que soi. Mais le jugement revient à Dieu, et les apparences sont trompeuses. Le seul jugement qui justifie est celui de Dieu, et Dieu regarde le cœur humilié. Voilà donc l’important : le cœur humilié. Cette attitude n’est pas si facile à acquérir ni à conserver. C’est une grâce à demander. Mais pour cela il est nécessaire de regarder sa vie en vérité dans le miroir de la sainteté de Dieu.
Le Christ a été le premier à donner l’exemple. Seul il pouvait prier en vérité comme le pharisien. Mais au lieu de cela il a pris la condition des pécheurs, pour implorer en notre nom à tous la Miséricorde de Dieu. Quand nous ne nous sentons pas coupables, faisons au moins comme lui, nous qui sommes son Corps. Plaçons-nous devant le Père en communion avec l’homme pécheur, pour implorer sa grâce, pour implorer sa justice, pour s’ouvrir à sa Miséricorde. Peut-être découvrirons-nous combien le péché est enraciné dans notre cœur, et ce sera une insigne faveur. Car alors nous n’aurons plus peur de nous présenter sans fard devant Dieu et devant les hommes.

Prière universelle :

PU 30e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus est-il dur avec ce pharisien qui fait tant d’effort pour éviter le mal et faire le bien ?

Comprendre sa foi :

Que nous apprend cette parabole sur notre faiblesse humaine et sur la Bonne Nouvelle que Jésus nous apporte ?

Vivre avec Jésus :

Et si je priais comme le publicain ?

29e semaine : Prier sans se décourager



29e dimanche ordinaire C :
Luc 18, 1-8

Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice.

Jésus nous offre une parabole pour nous encourager dans la prière. Le découragement est une expérience finalement commune dans la vie de prière. Nous semblons avoir des raisons de baisser les bras, de nous fatiguer de demander, de nous lasser devant un apparent silence de Dieu. Nous avons l’impression, parfois, de nous tourner vers un Dieu sourd ou lointain. Mais peut-être le problème vient-il de nous ? En effet, ne nous tenons-nous pas loin de Dieu, hors d’atteinte, pour qu’il ne vienne pas nous déranger ? Et lorsque nous demandons, peut-être le faisons-nous à voix basse, comme en passant, sans conviction, par dépit ?
Jésus nous invite à prendre une pilule anti-découragement: la foi. Nous savons que Dieu est bonté. Et nous savons qu’il nous a créés pour être heureux. Nous savons aussi qu’il est miséricorde et que nos misères ne le laissent pas indifférent. Nous savons encore qu’il est justice, et qu’il veut nous rendre justice contre le mal. Nous savons bien qu’il est amour, et qu’il fera tout pour nous sortir de la panade. Et comme il est tout-puissant, nous savons qu’il peut le faire. Il a juste besoin que nous ayons besoin de lui, et que nous ouvrions nos cœurs à ses dons. Savoir des choses sur Dieu est une chose. Mettre sa foi en Dieu, appuyer toute son existence sur ce que nous savons de lui en est une autre. Cela requiert un engagement sans faille et l’ouverture du cœur à l’inattendu de son amour.
Alors n’hésitons pas: crions vers Dieu ! Disons et redisons nos fatigues et nos lassitudes ! Demandons justice! Faisons valoir notre cause! Dénonçons le mal qui sévit autour de nous! Au Ciel, le service des réclamations et contentieux est toujours ouvert: profitons-en ! Mais n’oublions pas que Dieu est une personne fort déroutante. Il agit souvent différemment de ce que l’on pense. Mettons en lui notre foi, et laissons-le agir comme bon lui semble. Souvent il ne répond pas quand on le souhaiterait, ni comme on l’attendrait. Il fait bien mieux.

Prière universelle :

PU 29e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus prend comme exemple un juge inique : est-ce que cela aurait quelque chose à voir avec le regard que nous portons parfois sur Dieu ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Dieu veut-il que nous persévérions dans la prière ? Pourquoi ne l’exauce-t-il pas toujours et tout de suite ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je laisse grandir ma foi en persévérant dans la prière ?

28e semaine : Rendons grâce à Dieu !



28e dimanche ordinaire C :
Luc 17, 11-19

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce.

Le Samaritain n’est pas seulement purifié, guéri dans son corps. Plus fondamentalement que la guérison physique, il se convertit, il retourne sur ses pas en rendant gloire à Dieu. Il ne pense même plus à accomplir d’abord l’acte de la religion pour faire constater sa guérison officiellement. Avant de se montrer aux prêtres pour être réintégré dans la communauté des hommes, il revient au Seigneur pour rendre grâce et retrouver ainsi la communion avec Dieu. Il est vrai que le Samaritain est moins attaché peut-être au culte. En effet, par son origine il restera à l’écart du peuple des élus. Mais il a compris la réalité profonde du culte, et il ne restera pas à l’écart de son Dieu et Seigneur. « A pleine voix je te louerai, dit le psaume, au milieu de l’assemblée« . C’est donc par cette louange qu’il va être réintégré par Jésus dans la communauté des croyants.
De plus, par son attitude, le Samaritain reconnaît la divinité de Jésus. Dans un même mouvement, il glorifie Dieu et se prosterne aux pieds de Jésus en rendant grâce. C’est encore l’attitude fondamentale de l’orant des psaumes. En réponse à la miséricorde qu’il reçoit du Seigneur, il accomplit le sacrifice que Dieu aime : revenir à lui dans l’action de grâce. C’est là le culte fondamental du croyant, qui est alors un aimant Dieu. Il ne peut taire son amour pour celui en qui il a mis sa foi, car le Puissant a fait pour lui des merveilles.
Nous sommes tous des lépreux guéris. Par la foi dans le Salut apporté par le Christ, nous accueillons la guérison de la lèpre du péché. Beaucoup d’hommes n’ont peut-être guère conscience d’avoir été ainsi gratuitement lavé de leur péché par ce Dieu miséricorde qui veut que tous les hommes soient sauvés. Certains en ont conscience, mais se contentent des actes de la religion. Ces actes peut-être un peu formels et extérieurs les réintègrent dans le peuple des croyants, et font d’eux des bons chrétiens. D’autres en ont conscience, mais sont dans des situations qui, extérieurement, les excluent plus ou moins d’une communion visible avec le peuple des croyants.
Jésus enseigne, pour tous, la première communion à rechercher, celle qui sauve vraiment. Elle devrait être au cœur de nos cultes extérieurs. Rendre grâce pour sa guérison du péché est le premier devoir du chrétien. Car l’homme rétabli dans sa dignité peut paraître debout devant Dieu. Ce devrait être le sens de toutes nos Eucharisties, communautairement et personnellement : rendre grâce pour la foi qui nous est donnée, qui nous sauve.

Prière universelle :

PU 28e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Pourquoi Jésus insiste-t-il sur le fait que seul le Samaritain est revenu ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi rendre grâce à Dieu est-il si important dans la vie spirituelle ?

Vivre avec Jésus :

Et moi, est-ce que je remercie Dieu ?

27e semaine : Vivre et grandir dans la foi

27e dimanche ordinaire C :
Luc 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »

Cette demande des Apôtres n’est-elle pas une prière commune à tout chrétien ? Ne souffrons-nous pas souvent de notre manque de foi, et n’aimerions-nous pas que le Seigneur nous donne un petit coup de main pour l’acquérir ? Si, même toute petite, elle a tant de puissance, pourquoi le Seigneur ne l’augmente-t-il pas en nous afin qu’elle se propage ? Cela arrangerait beaucoup de nos problèmes existentiels, et faciliterait bien l’évangélisation ! Jésus, comme à son habitude semble répondre un peu à côté de la demande des disciples. Il les met devant leur et notre manque de foi, et puis apparemment c’est tout.
Dans la seconde partie de l’évangile, Jésus change de sujet et ne répond finalement pas à la demande des Apôtres. Ou bien peut-être Jésus nous présente-t-il une logique toute différente, une autre manière de voir les choses. Nous sommes des serviteurs quelconques, et à travers nous, Dieu fait son œuvre. L’appel qu’il nous adresse, la foi qu’il nous donne, sont des dons gratuits. Notre gloire n’est pas de déraciner les arbres et de les envoyer dans la mer. Elle est de servir humblement notre Seigneur.
Rester en tenue de service, accomplir ses tâches les unes après les autres, discrètement et avec persévérance, voilà la vie de foi. C’est ainsi que l’on reçoit sa nourriture au temps de Dieu. C’est ainsi que l’on voit l’œuvre de Dieu s’épanouir bien au-delà de ce que nous pouvons faire nous-mêmes. Sans doute est-ce au cœur de ce service que Dieu veut augmenter en nous la foi, par ce service, par ce devoir rempli avec amour et fidélité. Alors, au-delà du voile de cette vie, on entre par la foi dans le mystère de la vraie Vie.

Prière universelle :

PU 27e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Jésus répond-il vraiment à la demande des Apôtres ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi est-il important que notre vie de foi soit un service ?

Vivre avec Jésus :

Moi qui ai un peu de foi, suis-je serviteur de Dieu et de mes frères ?

26e semaine : Miséricorde pour la vie éternelle

26e dimanche ordinaire C :
Luc 16, 19-31

Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.

On n’aime guère parler de l’enfer aujourd’hui, ni faire craindre l’enfer. Célébrer la Miséricorde du Seigneur pourrait peut-être avoir tendance à nous faire oublier que si on la refuse, on se retrouve dans cet état infernal. Or ce texte parle explicitement d’un lieu de souffrance après cette vie.
Le riche sans nom ne se trouve pas dans cet état d’abord parce qu’il a connu le bonheur durant sa vie, mais à cause de la situation scandaleuse décrite au début de la parabole. Il a refusé de faire miséricorde au pauvre Lazare qui gisait à sa porte. Il n’a pas ouvert son cœur à son frère. Il est resté hermétique à la compassion, à l’amour. Dieu fait justice. Mais dans sa justice, ne fera-t-il pas miséricorde aussi au riche ? Il rend au riche selon son choix. En fait il lui avait déjà fait miséricorde en envoyant Moïse et les Prophètes. Mais il y a un temps pour choisir de les écouter, de croire, et d’aimer par des actes. Le riche était un fils d’Abraham, un croyant. Mais il n’avait pas écouté Celui en qui il croyait. Il était absorbé par ses festins, par ses richesses. S’il a cru, il n’a pas gardé le commandement du Seigneur, il ne l’a pas mis en pratique. Il a choisi un bonheur transitoire, et il a eu sa part.
Nous connaissons le nom de ce pauvre, sa dignité de personne. Dès sa vie terrestre, si misérable, il a une importance, il a un nom. Mais nous ne connaissons guère de lui que son malheur, sa vie dure à porter. Était-il croyant ? Mettait-il sa confiance en Dieu ? A-t-il fait de bonnes actions ? Peut-être aurait-il préféré être à la place du riche sans nom plutôt que d’être à la sienne. Pourquoi Dieu lui fait-il miséricorde et non pas au riche ? Il lui accorde la consolation que personne ne lui a accordé en cette vie. Dieu fait justice, et sa justice est miséricorde : heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Il y a beaucoup de types de richesses. L’argent n’est pas la seule, et pas la principale. La santé, la famille, les amis, la culture, les dons, la foi : autant de cadeaux de la vie. Or des tas de gens n’ont rien de tout cela et errent sans vrai but dans la vie. De l’autre côté du portail de notre existence, tant de personnes ont faim d’une nourriture que nous pourrions leur donner, cette nourriture dont nous nous rassasions nous-mêmes chaque jour. Les voyons-nous ou restons-nous dans un petit monde inaccessible ? Nous préoccupons-nous d’elles, ou laissons-les être la proie de chiens modernes ? Restons-nous bien installés dans notre luxe affectif, intellectuel ou spirituel, ou accordons-nous un peu d’attention à leur misère ? Le Christ nous a laissé le double commandement de l’amour. Il nous a donné l’exemple de l’amour qui s’oublie soi-même pour aller au bout du don dans la douceur, quoi qu’il en coûte. Il nous a fait miséricorde en ressuscitant d’entre les morts, pour attester que notre vraie vie est après cette vie. Écoutons-le, et faisons miséricorde.

Prière universelle :

PU 26e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment la dernière phrase de l’évangile éclaire-t-elle son sens pour nous chrétiens ?

Comprendre sa foi :

Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur ce qu’est ou n’est pas la Miséricorde de Dieu ?

Vivre avec Jésus :

Quelles sont les richesses que je devrais partager avec ceux qui autour de moi en sont pauvres ?

25e dimanche : De l’amour des biens au bien de l’amour

25e dimanche ordinaire C :
Luc 16, 1-13

Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent.

Jésus est radical, encore une fois. Il ne semble pas y avoir d’échappatoire possible. Mais on sait que ce qui est dit dans le livre d’Amos est toujours vrai aujourd’hui : tous les moyens et tous les temps sont bons, souvent, pour gagner de l’argent, toujours plus d’argent. Du commerce du grain avec des balances faussées aux magouilles financières, le fond du problème reste le même, en dépit de la différence d’échelle. L’homme est attiré, captivé, et souvent capturé par les biens matériels. C’est un des effets délétères du péché originel, qui fait bien des ravages, apportant pauvreté, division dans les familles, guerres entre les nations, corruption à tous les niveaux. On voit trop cela dans la presse quotidienne pour qu’il soit besoin de s’y attarder.
Quelle est la réponse de l’Évangile ? Une vérité : l’argent est trompeur, car il se fait passer pour dieu alors qu’il n’est rien. Une exigence qui en découle : c’est Dieu qu’il faut servir, et se servir de l’argent. Rompre avec le cercle vicieux de l’attrait pour les biens de ce monde est une conversion qui nous concerne tous, à divers degrés et dans une grande variété de circonstances. Nul n’est exempt de cette tentation, quitte à ce que l’on soit attaché à un crayon.
Cette conversion nécessaire, c’est un passage de l’amour des biens au bien de l’amour, de l’accaparement pour soi au don de soi, de la possessivité à la charité. C’est très concret, et il n’y a pas de petites victoires en ce domaine comme en tous les domaines de notre sortie de l’esclavage du péché. Pour sortir de la « fricomanie », il est certainement besoin de partager ses biens matériels, financiers, avec plus pauvre que soi. Mais on en sort aussi par le don de son énergie, de son temps ou de ses dons, par le service des plus pauvres que soi, par l’accueil inconditionnel des autres, par l’hospitalité et l’attention à celui qu’on oublie, au laissé pour compte parce qu’il ne « vaut » rien.
Mais surtout la société de notre temps a sans doute besoin d’une écologie des désirs. Les possibilités et propositions de choses à faire ou à avoir sont démultipliées, presque infinies, et finalement invasives, oppressantes. Elles ne nous laissent au fond plus de choix et entraînent nos désirs bien au-delà de ce que nous pouvons raisonnablement envisager de caser dans notre emploi du temps. N’est-il pas temps de faire un tri radical ? Les désirs de plaisirs passagers nous écartèlent. Le désir de jouir de Dieu et d’aimer nos frères unifie le cœur et nous ouvre aux autres. L’amour, lui, n’a pas de prix.

Prière universelle :

PU 25e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment faire le lien entre la parabole du début de l’évangile et l’enseignement de Jésus qui suit ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi l’argent est-il si fascinant ?

Vivre avec Jésus :

Lesquels de mes désirs m’entraînent-ils à attacher mon cœur aux biens au lieu de mettre les biens au service de l’amour ?

23e semaine : Tout laisser pour le Christ

23e dimanche ordinaire C :
Luc 14, 25-33

Si quelqu’un vient à moi sans me préférer […] à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.

Pourquoi donc le Seigneur est-il si exigeant ? Pourquoi sa bonne nouvelle se fait-elle parfois si tranchante, si absolue, si exclusive ? Comment donc peut-il s’adresser ainsi aux foules qui le suivent, péniblement ? C’est à la limite du supportable. Ne craint-il donc pas de décourager tout le monde ? Il n’est pas étonnant qu’il ait si peu d’amis. Tous ces gens voudraient se réclamer de lui. Et nous aussi le voudrions, nous aussi essayons de marcher à sa suite. Mais pourrons-nous vraiment répondre à ce qu’il demande ? Beaucoup désirent être disciple, ami du Seigneur, mais que de chemin il reste à parcourir pour chacun avant de le préférer à sa propre vie !
Porter sa croix, beaucoup essaient, beaucoup le font avec générosité. Mais elle est lourde. Parfois nous ne pensons qu’à elle. Elle nous obnubile. Notre croix, n’est-ce pas notre attachement à ce monde qui passe ? Il nous fait souffrir, mais nous ne pouvons nous en défaire. Notre ventre colle à la terre, et nous ne nous en détachons pas. Nous cherchons à faire notre vie ici-bas, sans penser, sans oser se tourner vers l’Éternité. Nous nous sentons bien incapable de nous orienter avec Jésus vers l’éternité. Nous traînons nos pieds à sa suite, et nous méritons bien des moqueries de la part des gens, car nous disons et faisons bien peu. S’ils se rendaient compte de la lenteur de nos cœurs à aimer Dieu, alors que nos lèvres confessent si ardemment son Nom, ils se riraient bien de nous !
Pourtant, pour le Seigneur nous luttons. Avec lui nous désirons donner au monde sa saveur. Dans sa miséricorde, il nous aidera à renoncer à tous nos biens. Dans sa miséricorde il nous permettra de mourir à nous-mêmes pour que nous puissions devenir en vérité ses disciples.

Prière universelle :

PU 23e dimanche ordinaire C

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Comment les deux petites paraboles éclairent-elles l’exigence de Jésus ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus est-il si radical ? Quel est l’enjeu de ce renoncement ?

Vivre avec Jésus :

Cette phrase s’adresse-t-elle seulement à certains chrétiens ou aussi à moi ?