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Fête-Dieu : Accueillir en soi la Vie



Fête-Dieu A :
Jean 6, 51-58

Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

Ce dimanche célèbre le mystère du St Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur. La plus importante fête de l’Eucharistie est le Jeudi Saint, au cœur de la célébration totale du mystère de Pâques. Le Christ offre le signe, le mémorial du don total de sa vie au Père, afin que nous agissions de même les uns envers les autres, et tous ensemble pour le monde, unis au Christ. La Fête-Dieu porte nos regards vers une autre dimension, car les circonstances liturgiques sont bien différentes.
Le cycle pascal s’est entièrement accompli avec la Pentecôte. Le temps dit « Ordinaire » est revenu. Dimanche dernier nous avons contemplé la Trinité. Sa vie interne avait été particulièrement manifestée durant le mystère pascal, mais il était bon de prendre plus de recul, de s’arrêter un peu comme pour regarder l’horizon de plus loin. C’est ce que nous faisons aussi ce dimanche avec l’Eucharistie. Liturgiquement éloignés maintenant du drame de Pâques, ayant médité la mort et la résurrection du Christ, puis son exaltation à la droite du Père et le don de l’Esprit, nous nous retournons un peu en arrière, et posément nous méditons de nouveau sur la dernière Cène, à laquelle nous renvoie chaque Eucharistie.
Avec l’enseignement de Jésus dans l’évangile selon St Jean, nous sommes invités à contempler et vivre l’Eucharistie comme le lieu de notre adhésion vitale au Christ. Le Christ est mort et ressuscité pour nous, et il nous a donné l’Esprit pour que nous puissions le choisir en toute liberté. Il nous a libérés de la servitude du péché et de la mort pour que nous adhérions à lui avec tout notre être. S’avancer vers l’Eucharistie, y reconnaitre la chair et le sang du Christ, la recevoir en ses mains et dire « amen » à sa venue en nous, manger ce Pain de vie et nous offrir au Ressuscité comme demeure : autant de gestes pour se donner à Dieu dans sa chair comme dans son cœur. Une vie nouvelle nous est offerte, une vie qui n’aura pas de fin. A nous de la nourrir pour l’entretenir et la faire grandir. A nous aussi de la transmettre en laissant le Ressuscité agir en nous et par nous.

Prière universelle :

PU Fête-Dieu A
PU Sacré Coeur A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quels liens peut-on faire entre la manne du désert et l’Eucharistie ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi la messe est-elle « source et sommet de la vie de l’Église » ?

Vivre avec Jésus :

L’Eucharistie est-elle un élément vital de ma vie spirituelle ?

Revêtu de blanc !



Une prise d’habit

Portrait de frère MarieCe 29 avril, jour de la fête de Ste Catherine de Sienne, notre postulant Vincent a reçu l’habit blanc des moines olivétains. Une prise d’habit, ou « vêture », est toujours une grande joie pour une communauté religieuse. C’est un signe de la Vie de Dieu, de la Grâce qui porte du fruit dans notre fraternité, et plus particulièrement dans ce jeune frère qui nous a rejoint en chemin. La famille monastique s’agrandit !
Pour ce passage, Vincent était entouré de sa famille : ses parents, ses deux frères et son neveu avaient fait le voyage pour l’occasion. Joie des retrouvailles !

La Vêture est une cérémonie très simple, car l’étape, bien que marquante, est elle-même très simple. Elle signe chez nous le passage du postulat au noviciat, c’est-à-dire l’entrée officielle dans la communauté. Aucun engagement dans le temps n’est pris à ce moment, ni par le novice envers la communauté, ni par la communauté envers le novice. Le temps du premier discernement continue, et un autre chemin peut être choisi à tout moment si l’on s’aperçoit que la vie monastique n’est pas le meilleur pour la personne. Mais c’est tout de même un pas en avant, et l’on passe à la vitesse supérieure dans la formation monastique.

Sous la protection de Ste Catherine

La Providence a voulu que nous vivions cette étape sous la protection de Ste Catherine de Sienne, grande figure de sainteté et amie de longue date de notre famille monastique qu’elle a bien connue. Elle a vécu en Italie, en Toscane, à la fin du XIVe siècle, une cinquantaine d’années environ après la fondation de notre famille monastique. Plusieurs jeunes qui l’ont suivie et qu’elle a aidés spirituellement sont devenus moines à l’Abbaye de Monte Oliveto, et nous avons conservé plusieurs lettres qu’elle leur a écrites. Sa vie spirituelle, son engagement au service de la paix, et la profondeur de ses écrits ont conduit l’Église à la proclamer Docteur de l’Église et Patronne de l’Europe. Mais elle a avant tout été une fervente amoureuse du Christ et une grande contemplative.

Le sens de la prise d’habit

C’est cet amour du Christ qui était mis en valeur par la lecture qui a été proclamée durant l’office de None : Il règne, le Seigneur notre Dieu, le Souverain de l’univers. Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! Car elles sont venues, les Noces de l’Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure (Ap 19, 6b-7).
Le père abbé, dans son homélie, a souligné que ce texte tombait fort bien pour la circonstance. Il a expliqué que nous revêtons l’habit blanc en signe de la vie de ressuscités que nous désirons mener. La Résurrection est en effet la finalité de notre vie, non pas les efforts et les renoncements pour y arriver. Le but poursuivi est la joie, l’amour, la louange. C’est cela que l’habit blanc veut exprimer.
Si nous voulons vivre ressuscités dès cette terre, que se passe-t-il au Ciel que nous devions imiter ? On se laisse aimer par Dieu tel que l’on est, et on s’expose à sa présence. On l’aime de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces, ne lui préférant rien, selon l’expression de Saint Benoît. On aime les autres en reconnaissant qu’ils sont porteurs de Dieu, donc on leur porte un regard positif, on ne les limite pas à leurs défauts, on leur pardonne à l’infini, on les accueille tels qu’ils sont. Beau programme de vie monastique.

Un nom nouveau

A la fin de la cérémonie de prise d’habit, celui qui avait reçu le nom de Vincent à son baptême a reçu un nouveau nom. Outre le fait que nous avons déjà un frère Vincent en communauté, recevoir un nouveau prénom manifeste la vie nouvelle que l’on est appelé à choisir, et le nouveau pas dans la vie chrétienne à accomplir. Vincent ayant été consacré à Notre Dame dès avant sa naissance, et celle-ci ne l’ayant jamais abandonné, surtout dans les moments de souffrance, c’est à elle qu’il a été plus particulièrement confié encore une fois. Vous pourrez donc l’appeler désormais : Frère Marie.
Ce nom féminin surprendra peut-être certains. Mais c’est une coutume dans la vie monastique de mettre ainsi certains frères directement sous le seul patronage de la Vierge Marie. Quel plus bel exemple de vie monastique, de la vie des ressuscités ?

Discerner concrètement sa vocation



Discerner concrètement sa vocation

Nathanaël Pujos, Emmanuelle Borchardt, Anthony Ariniello, Éditions des Béatitudes, 76 pages, 7 €.

Voici un petit livre très utile, à l’usage des jeunes chrétiens qui veulent se mettre à l’écoute du Seigneur pour orienter leur vie. Il a été écrit par trois membres de la communauté des Béatitudes en mission aux États Unis, à Denver (Colorado), qui ont manifestement l’habitude d’accompagner des jeunes dans leur discernement.
Ce petit volume pourra être un bon compagnon de route pour mettre en place les bases d’une ouverture à la Providence de Dieu, et pour apprendre à ouvrir l’oreille à ses appels. Cela ne remplace pas un accompagnement personnalisé avec une personne sage et expérimentée dans les voies de l’Esprit. Néanmoins ce livret prépare bien le terrain.
Les personnes qui accompagnent des jeunes pourront aussi y trouver un aide-mémoire pour donner de bons conseils, ou du moins pour éviter les mauvais. Ce n’est jamais inutile. Il pourront aussi en recommander la lecture qui s’adapte à beaucoup, dès l’adolescence et jusqu’à l’âge adulte.
Voici un petit aperçu de ses avantages, en 4 mots-clefs.

Court

La première qualité de l’ouvrage est d’être d’une taille très modeste. Il n’y a pas besoin d’être un grand lecteur pour lire 76 petites pages écrites assez gros. Sur le très vaste sujet de la vocation, les auteurs vont à l’essentiel sans rester superficiels. Ils font de bons choix sur ce qu’ils veulent dire à une génération souvent pressée, et le superflu est évité. La réflexion avance sans perdre de temps dans de longues explications. On voit là un certain pragmatisme américain qui ne s’oppose d’ailleurs pas au bon sens spirituel.

Concret

Le titre est juste : Discerner concrètement sa vocation. Cet aspect concret est très présent. Il y a des choses précises et pratiques à mettre en place dans sa vie. Il ne s’agit pas tant de réfléchir pour comprendre que d’agir pour avancer. Des exemples sont donnés, notamment grâce à des témoignages de jeunes ou des exemples de films. Le tout est donc très imagé, et ne manque d’ailleurs pas d’humour. On ne risque pas de se perdre, et la suite logique de la lecture est de se mettre à l’œuvre.

Clair

Il résulte de cela que tout est clair. Il n’y a pas de grands raisonnements abstraits et compliqués ; seules sont données les bases rationnelles indispensables. De même les témoignages rapportés sont synthétiques et vont à l’essentiel du point qu’ils illustrent sans se perdre dans les détails et les circonstances. La lecture est très rythmée, et le plan en 4 parties, très facile :

  1. Fonder les bases d’un bon discernement
  2. Poser le discernement lui-même, avec trois critères incontournables
  3. Protéger son discernement : les cinq pièges à éviter
  4. Incarner le discernement

Complet ?

Ce plan couvre bien la matière, du moins en son essentiel. On ne peut en effet pas tout dire. Traiter ce difficile sujet en 76 petites pages est un défi, mais il semble que cela suffise pour les grandes lignes que peut donner un livre. On ne peut bien sûr répondre par écrit à toutes les situations qui peuvent se présenter, car elles sont infinies, particulières à chaque personne. Ce livre donne une vue d’avion des principales artères d’un vaste domaine, ce qui permet de se diriger sans trop se tromper.

Un petit manque à notre avis : il ne dit peut-être pas assez que toute vocation est une histoire d’amour ! Peut-être un peu trop pragmatique et pas tout à fait assez romantique ?

Conclusion

Bref, ce livre est tout à fait recommandable. Il complétera bien les pages Vocations de notre site internet, que je vous invite aussi à consulter ! Vous le trouverez dans les bonnes librairies, et en particulier la nôtre.

Courrier 28, 2016



Voici une joie pour bien commencer l’année : votre Irrégulomadaire préféré !
Téléchargez-le pour pouvoir le déguster en cliquant ici :

Irrégulomadaire 28

En voici le menu :
  • Éditorial : Pour faire suite à l’Année de la miséricorde (P. Abbé)
  • Père Jean-Gabriel (1943-2016)
  • P. Jean-Gabriel, par P. Vincent
  • Les travaux
  • Chronique de décembre 2015 à décembre 2016
  • Selfies d’Adriana
  • Chapitre général 2016
  • Le billet du libraire

Bonne lecture !

Prière: le défi du temps



Le premier défi de la prière, c’est le temps. Prière et temps ne semblent pas bien coïncider. Deux sortes de temps se côtoient dans notre vie :

  • un « temps objectif », extérieur, qui s’impose à tous : emploi du temps, imprévus, échéances de la vie, etc.
  • un « temps subjectif », intérieur, qui est propre à chacun : on trouve le temps long ou court, on est prêt à affronter les échéances de la vie quand il faudrait ou on a besoin de plus de temps pour mûrir, etc.

Il y a ces deux dimensions dans la prière : le « temps objectif » à caser fidèlement dans l’emploi du temps ; et le temps intérieur qui est d’une part l’attention donnée au présent, la patience, la persévérance à offrir quand le temps dure ; et d’autre part l’évolution de notre maturité spirituelle.
Le temps est la première offrande que l’on apporte au Père : c’est la première manière de nous apporter nous-mêmes. Il appartiendra à Dieu de venir l’habiter.

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