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30e dimanche : L’amour comme loi



30e dimanche ordinaire A :
Matthieu 22, 34-40

Tout ce qu’il y a dans l’Écriture dépend de ces deux commandements.

Jésus est de nouveau mis à l’épreuve. Ce n’est plus en contexte politico-religieux, mais dans celui de la piété et de la rectitude de la foi. Un savant, spécialiste des règles de la religion, s’avance vers Jésus, au nom des pharisiens, amoureux de la Loi. Il s’agit de le tester, d’évaluer son rapport aux quelques centaines de commandements contenus dans l’Écriture et la Tradition. La réponse aurait sans doute été plus aisée si la question avait été au pluriel : les dix commandements, les dix paroles données à Moïse au Sinaï. Jésus est interrogé sur la fine pointe de la Loi, et donc sur sa raison d’être, son fondement.
Jésus invite au passage de la Loi à l’amour. Il donne le grand critère d’interprétation de toute la Loi ancienne, pour la lire, l’interpréter, la mettre en pratique. Il ouvre ainsi les portes de la Loi nouvelle : l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour, répandu dans le cœur de ceux qui croiront en lui. Aimer Dieu et ses frères est une feuille de route pour la vie morale, pour la manière de se comporter. C’en est une aussi pour la lecture de l’Écriture, la lectio divina : lire dans l’Écriture l’amour de Dieu et des autres, lire avec amour, laisser jaillir l’amour de la lecture et de la méditation du texte sacré.
Mais nous chrétiens, ne sommes-nous pas parfois comme les pharisiens ? Dans l’action comme dans la prière, nous préférons souvent les mesures humaines à la démesure divine. Cela nous paraît plus facile. Nous nous efforçons d’être en règle avec la loi de l’Église, et c’est juste. Nous scrutons le texte sacré avec notre intelligence, et c’est bien. Mais ne faudrait-il pas un peu plus lâcher prise dans l’amour ? C’est alors que Dieu parle, qu’il se manifeste, qu’il agit et nous fait agir.

Prière universelle :

PU 30e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

La première lecture donne une clé pour comprendre le lien entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain, laquelle ?

Comprendre sa foi :

L’amour peut-il être commandé ? La loi est-elle opposée à l’amour ?

Vivre avec Jésus :

Ai-je pour loi l’amour ?

15e dimanche : Qui mal sème mal récolte ?



15e dimanche ordinaire A :
Matthieu 13, 1-23

Voici que le semeur sortit pour semer.

Dans cette parabole, le Christ, Dieu, semble être un bien piètre semeur. Il n’est peut-être pas étonnant qu’il ait parfois de bien mauvaises récoltes… Il sème partout, sans distinction. Il disperse son grain en des lieux qui rendent sa germination improbable, ou mettent sa maturation en danger : pourquoi donc se fatiguer en vain ? Ne devrait-il pas faire plus attention ?
Peut-être Dieu est-il simplement trop généreux ? Il croit en la vie, et veut lui donner sa chance : peut-on le reporhcer au Créateur ? Dieu, en effet a créé la terre, il l’a faite bonne et féconde ; il a créé la lumière et la chaleur pour nous l’offrir, jour après jour ; il créé l’eau et la fait tomber sur les bons et les méchants, afin que la vie puisse grandir ; il a fait pousser la diversité des plantes, pour qu’elles s’entraident ; il sème le grain, enfin, en surabondance, partout. Et ce qui est vrai dans la nature est aussi vrai dans nos cœurs d’hommes. Dieu croit en l’homme, cette terre qu’il a créée pour qu’elle accueille sa Parole et puisse porter du fruit. Il offre pour cela toutes les grâces dont nous avons besoin. Et la première de toutes est notre liberté de dire « oui » à cette vie.
Dieu nous laisse libre de notre écoute et de notre accueil. Tout nous est donné pour travailler notre terre, mais ce travail est remis à notre liberté, à notre responsabilité. La porte de notre cœur ne peut être forcée, notre terre ne peut être violée par le grain, la Parole ne s’impose pas à qui ne l’écoute, à qui ne l’accueille. Le grain est divin, mais c’est à nous, sous la conduite de l’Esprit, de veiller à notre terre afin qu’elle ne soit ni pierreuse, ni brûlée, ni envahie. Alors la générosité de Dieu pourra porter en nous son fruit.

Prière universelle :

PU 15e dimanche ordinaire A

Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !

Accueillir l’Évangile :

Quel indice, au début de l’évangile, nous fait comprendre qui est le semeur ?

Comprendre sa foi :

Pourquoi Jésus donne-t-il une explication supplémentaire aux disciples et non pas aux autres ?

Vivre avec Jésus :

Est-ce que je prends du temps pour travailler ma terre, méditer les paraboles ?

Propos intempestifs de la Bible sur la famille



Propos intempestifs de la Bible sur la famille

Philippe Lefebvre

Cerf, Collection Études bibliques, 192 pages – oct. 2016 – 15,00€
Pour contacter notre libraire fr Théophane : librairie[at]maylis.org

C’est tout à la fois une initiation à la Lectio Divina et une méditation sur la façon dont le Seigneur s’invite dans nos histoires familiales (même les plus compliquées !…) pour s’y révéler en y renouvelant la vie, là où l’orgueil ou la convoitise avaient semé la mort et conduit les protagonistes dans une impasse que nous lance le frère Philippe Lefebvre op., d’une plume alerte, dans cet essai au rythme enlevé digne de la charge des chevaux légers…

Le propos est vif, mordant mais jamais agressif, toujours bienveillant !
Loin des sentiers battus, des propos grégaires, des réflexes rassurés d’un troupeau confortablement rivé à son pré carré…

C’est un vibrant plaidoyer en faveur d’une lecture renouvelée de la Bible, un appel chaleureux et fraternel à nous laisser questionner par sa façon parfois très étrange de nous prendre à rebrousse poil, une invitation à nous mettre sans peur à son écoute même si elle nous déroute, soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses [de prime abord tout au moins…] dans ces « ateliers d’Écriture » que sont les groupes bibliques formellement organisés ou non et qu’il appelle de ses vœux !
La Bible n’est pas d’abord un réservoir de citations destinés à justifier nos propres conceptions de la famille mûries par ailleurs. Ce n’est pas non plus un centon de sourates, destinées à conférer à nos propos un vernis d’orthodoxie ! Encore moins les banderilles d’une logomachie de scènes destinées à nous tirer d’affaire à l’heure où nous serions acculés à descendre dans l’arène ! Souvent déroutante, elle a sa logique propre où l’on entre à mesure que nous la laissons nous questionner en vérité et nous parler au cœur…
Lorsque le péché défigure le visage de l’amour, lorsque nous sommes prisonniers de ses rets et de ses mensonges, découvrir combien Dieu nous rejoint au cœur de nos détresses, dans l’imbroglio des situations faussées par l’envie ou la défiance, les manigances secrétées par nos peurs, nos ambitions ou nos calculs égocentrés, pour déchirer nos horizons, nous ouvrir un chemin, nous relancer et plus encore avancer à pied sec au milieu des larmes, son irruption même déconcertante devient un baume pour le cœur et le terreau fertile d’une « invincible espérance »… s’il est vrai que celle-ci, insufflée par la grâce, se révèle être « une mémoire qui désire »…
Enfin, et ce qui ne gâte rien, c’est une excellente introduction, tant méthodologique que thématique, aux précédents livres de l’auteur : une façon pour nous de faire connaissance avec les talents pédagogiques et l’acribie de ce grand lecteur des Écritures qui sait nous en faire goûter un fruit gorgé de sève, qui dans le Fils, vivifié par l’Esprit, rend gloire au Père. Car bien avant d’être un sacrement dans le mariage, la rencontre de l’homme et de la femme, sous le regard de Dieu et bénie par Lui, est d’abord un lieu de révélation trinitaire qui nous laisse deviner les profondeurs insoupçonnées du mystère d’Alliance scellée en Jésus Christ !

  • Un homme, une femme et Dieu. Pour une théologie biblique de l’identité sexuée, Cerf 2007.
  • Joseph. L’éloquence d’un taciturne. Enquête sur l’époux de Marie à la lumière de l’Ancien Testament, Paris, Salvator, 2012.
  • Ce que dit la Bible sur… la famille, Paris, Nouvelle Cité, 2014.

Bonnes feuilles… pour donner le goût :

Des situations familiales, et Dieu au beau milieu

p. 146 : Il y a un paradoxe dans l’Église : on remarque volontiers la masse de données anthropologiques sur la famille qu’offre la Bible et d’autre part on lui accorde très peu d’importance dans la réflexion actuelle sur la famille.

p. 146-149 : Les principaux personnages de la Bible sont présentés dans leurs enracinements familiaux. Qu’ils s’éloignent de leur famille, qu’ils la retrouvent, qu’ils y souffrent, qu’ils s’y instruisent, ils en sont en tout cas marqués et leurs expériences fort diverses s’en ressentent. Beaucoup d’entre eux quittent leur famille pour longtemps ou pour toujours. Les prophètes exercent souvent leur activité en lien avec leur expérience familiale plus ou moins difficile : pour annoncer qu’un fils mystérieux doit naître, Isaïe engendre un fils de la prophétesse (Isaïe 7-11). Pour annoncer qu’il n’y a plus d’avenir, Jérémie reçoit l’ordre de Dieu de ne pas fonder de famille (Jérémie 16). Comme préfiguration de la destruction du temple, la femme d’Ézéchiel meurt (Ézéchiel 24). Osée doit reprendre son épouse prostituée, de même que Dieu renouvelle son alliance avec Israël (Osée 2-3). Au seuil de sa mission, Élie est envoyé chez une femme de Sarepta (1 Rois 17), son successeur Élisée rencontre une femme mariée à Shunem (2 Rois 4 et 8, 1-6). Dans ces deux cas, ces rencontres sont décisives et situent les prophètes concernés comme hommes devant chacune de ces femmes. Certaines femmes acquièrent au fil des textes une stature de mère qui déborde très largement leur maternité biologique : Déborah est ainsi une « mère en Israël » (Juges 5, 7) sans qu’on nous dise par ailleurs si elle a des « enfants biologiques ». Rachel, d’abord stérile, devient mère d’un fils Joseph.
À sa naissance, elle prophétise que le Seigneur lui en accordera un autre (Genèse 30, 22-24), ce qui fonde une des dynamiques les plus importantes de la Bible : un fils en amène un autre (voir Jean 19, 25-27). On retrouve Rachel en larmes en Jérémie 31, 15, pleurant les déportés d’Israël et interpellée par Dieu lui-même qui lui annonce qu’ils reviendront un jour. Ainsi la stérile devient-elle une mère pour tout le peuple, qui porte avec Dieu lui-même le souci de ses « enfants ». On pourrait multiplier les exemples, suivre d’innombrables pistes : les belles-familles, les cousins, les avatars de la paternité, les mariages impossibles…
Tout cela nous place résolument dans des expériences, des histoires de chair et de sang que Dieu vient visiter, où il vient donner la vie malgré d’innombrables empêchements. Il ne s’agit en rien de prendre toutes les formes familiales aperçues au fil de ces histoires comme autant de réalités que nous pourrions acclimater ingénument, bien entendu. Mais on peut constater que Dieu fait son chemin quelles que soient les situations rencontrées. On dit parfois, devant certaines configurations familiales bibliques (bigamie, polygamie, etc.), que Dieu prend les formes qu’il trouve pour y accomplir son œuvre. Abraham et Sarah sont ainsi demi-frère et demi-sœur, Abraham sur le conseil de sa femme prend Hagar la servante pour en avoir un premier fils, il n’hésite pas à faire passer Sarah publiquement pour sa sœur sans broncher à l’idée qu’elle sera ainsi disponible pour les harems royaux des pays où ils circulent. Pourtant Dieu s’est approché d’Abraham et de Sarah et s’est révélé à eux de manière intime et si décisive que les trois monothéismes se réclament encore aujourd’hui de ce couple fondateur. Or cet argument si souvent employé pour rendre compte des récits bibliques — Dieu assume les formes familiales qu’il trouve et se révèle pleinement à ceux qui y sont impliqués —, ne pourrait-on l’utiliser aujourd’hui dans la pastorale familiale et renouer ainsi avec un mouvement maintes fois illustré dans la Bible ? Dieu s’approche des familles recomposées de notre époque, des situations difficiles ou équivoques, des formes contestables permises par certaines législations et, en tout cela, il peut trouver des amis à qui il se révèle pleinement. Cela n’invalide aucunement qu’il faille cheminer, sortir de certaines configurations bancales, peccamineuses ; mais n’est-il pas tout aussi urgent, premièrement urgent, d’annoncer un Dieu qui désire se révéler ?

Pape François : Le Nom de Dieu est Miséricorde



Le Nom de Dieu est Miséricorde,
Pape François

Conversation avec Andrea Tornielli suivie de Misericordiae Vultus, Bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la Miséricorde.
Robert Laffont / Presses de la Renaissance 2016, 168 pages.

« Tu T’es penché sur nos blessures et Tu nous as guéris,
en nous donnant un remède plus puissant que nos plaies,
une miséricorde plus grande que notre faute.
Ainsi en vertu de Ton amour invincible,
Même le péché a servi à nous élever à la vie divine »

Extrait d’une introduction à la prière eucharistique de la liturgie ambrosienne (rite assez proche du rite romain, en vigueur dans le diocèse de Milan et dans trois vallées du Tessin, en Suisse, Cité p. 56

En ce jubilé de la Miséricorde, inauguré le 8 décembre dernier à l’occasion du 50e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, le Pape François nous ouvre son cœur pour nous inviter, avec force et douceur, à demander et à recevoir cette grâce de la miséricorde pour en vivre à plein bord et en témoigner par une charité contagieuse, une charité incarnée capable non seulement de se laisser touchée par les personnes blessées, mais encore de témoigner de cet Amour sans mesure (p. 107) qui dévore le cœur de Dieu. Car aux maladies sociales qui frappent tant d’hommes et de femmes, au relativisme qui anesthésie le sens du péché, « s’ajoute aujourd’hui le fait dramatique de considérer […] notre péché comme incurable, comme quelque chose qui ne peut être ni guéri ni pardonné. Ce qui fait défaut c’est l’expérience concrète de la miséricorde. La fragilité des temps où nous vivions, c’est aussi cela : croire qu’il n’existe aucune possibilité de rachat, une main qui t’aide à te relever, une étreinte qui te sauve, te pardonne, te soulage, t’inonde d’un amour infini, patient, indulgent et te permet de reprendre la route. » (p. 37) Poursuivre la lecture

Entendre le Christ dans les Écritures



Il faut toute la montagne
pour entendre le criquet

Le poète Jean Mambrino a écrit ce distique : « Il faut toute la montagne/pour entendre le criquet » ! (dans : Le mot de passe)
En Chalosse il faudrait le traduire par : « Que cau tot lo pinhadar/enta entèner le grilhon » (il faut toute la forêt pour entendre le grillon).
Ces vers me semblent très évocateurs pour notre lecture/écoute des Écritures, de la Parole de Dieu. Trop souvent nous sommes bloqués dans notre compréhension des Écritures par l’arbre qui cache la forêt. Or ce qui nous permet de goûter la Parole de Dieu, c’est d’entendre le chant du grillon caché dans ses pages… Pour cela il faut une écoute/lecture large, stéréophonique… c’est à dire globale : entendre le motif répété dans tous les pupitres, donné par chaque instrument, comme un leit-motiv. Oui, il faut toute la Parole de Dieu, tout le pignada (la forêt landaise) pour goûter un chapitre, un verset, pour entendre le chant du grillon.
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Le Carême : joie du désir



La vision que l’on se fait du carême est souvent un peu sombre, triste, à cause des « efforts » et des « privations » auxquels on l’associe. Mais est-il vraiment un concours d’efforts et d’ascèse, de pénitence et d’abnégation ? Pas pour Saint Benoît. La joie du désir de Pâques est le cœur du Carême bénédictin, une joie suscitée par l’Esprit Saint. Le carême est préparation de LA fête, la grande fête de Pâques, et il est déjà tout pénétré de l’allégresse du salut.
Je vous invite donc à changer votre regard sur ce temps de grâce en lisant le chapitre que Saint Benoît lui consacre dans sa petite Règle. Poursuivre la lecture

Rencontre de Rébecca au puits, Sandrine Caneri



CANERI, Sandrine
La rencontre de Rébecca au puits, Exégèse rabbiniques et patristiques de Gn 24, 10-21, Cerf, Paris, 2014, 210 pages environ.

Onze petits versets qui esquissent en comparaison un périmètre bien étroit… Mais souvenons-nous « La vérité se creuse comme un puits. Le regard, quand il se disperse perd la vision de Dieu. »… (Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, Pléiade, 516). Et de fait si l’on se souvient de la scène, cela sera suffisant pour y dessiner la margelle du puits qui va désormais présider à bien d’autres rencontres tout au long de la Bible et jusqu’au puits de Sichem (Jn 4, 1-42) changeant la destinée de bien des esseulés promis par Dieu à des noces au-delà de toute attente !
On se souvient en effet dans cette figure, première du genre, que c’est à la façon dont Rébecca va exaucer la prière d’Eliézer et puiser l’eau avec profusion allant bien au-delà de sa demande jusqu’à abreuver les chameaux de sa caravane, que le serviteur d’Abraham spécialement missionné par son maître pour ramener de la terre de ses pères une épouse pour son fils, reconnaît l’élue du Seigneur !
Recensant tous les auteurs majeurs qui ont commenté ce passage Sandrine Caneri nous propose alors de scruter le texte, pour en dégager le jeu des relectures successives avec leurs accents propres et leurs mystérieuses harmoniques.
Après l’établissement du texte dans ses variantes (massorétique/Septante), une présentation des sources et des auteurs, pour chaque verset sont ensuite citées les différentes interprétations données au fil des générations, avant qu’une synthèse ne viennent les réunir en bouquet spirituel !
L’apparat critique est léger mais pour qui ne connaît guère les Pères de l’Église et encore moins le corpus juifs des commentaires scripturaires, ce peut être un excellent ouvrage d’initiation tant par ses index, ses rappels introductifs présentant les œuvres et les auteurs retenus dans leur contexte que par le choix des citations qui en sont extraites.
Un livre en somme tout aussi stimulant pour les priants que les étudiants, les commençants que les « approfondissants » !

Puisse alors le lecteur de ces lignes qui leur fera confiance vivre ainsi de l’encouragement d’Origène qui a beaucoup creusé ce thème du puits au désert tout au long de sa carrière de « didascale » pour y faire jaillir les préfigurations qui annoncent les sources d’eaux vives qui coulent maintenant du côté du Seigneur !
« Étant donné que du puits jaillissent des sources », « essayons de réaliser […] ce que recommande la Sagesse quand elle dit [cela]. Essaye donc, toi qui m’écoutes, d’avoir un puits à toi et une source à toi ; de la sorte, quand tu prendras le livre des Écritures, mets-toi à produire, même selon ta pensée propre, quelque interprétation, et d’après ce que tu as appris dans l’Église, essaye de boire, toi aussi à la source de ton esprit.
À l’intérieur de toi-même, il y a le principe de « l’eau vive » (cf. Gn 26,19) Il y a les canaux intarissables et les fleuves gonflés du sens raisonnable, pourvu qu’ils ne soient pas obstrués par la terre et les déblais. Mais empresse-toi de creuser et d’évacuer les ordures, c’est-à-dire, de chasser la paresse d’esprit et de secouer l’engourdissement du cœur. Écoutez en effet ce que dit l’Écriture : »Tourmente un œil, il donnera des larmes ; tourmente un cœur, il donne l’intelligence. » (Sir 22,19) ». (Origène Homélies sur la Genèse, X,5.)
« En réalité, les puits de notre âme ont besoin d’un puisatier qui les creuse ; il faut les nettoyer, il faut déblayer tout ce qui est terrestre pour que les nappes de pensées raisonnables que Dieu y a enfouies émettent des filets d’eau pure et sincère. » (Origène Homélies sur les Nombres, XII,1)
« Purifie donc, toi aussi, ton esprit, pour qu’un jour tu boives à tes sources et puises l’eau vive à tes puits. Car si tu as reçu en toi la parole de Dieu, si tu as reçu de Jésus l’Eau vive, si tu l’as reçu avec foi, elle deviendra en toi « source d’eau jaillissant pour la vie éternelle », par le même Jésus-Christ notre Seigneur à qui appartient la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen. » (Origène Homélies sur la Genèse, X, 5)

Avec Guigues : la pratique de la lectio divina



On sait très peu de choses sur la vie de Guigues II le Chartreux. Il devient le 9ème prieur de la Grande Chartreuse en 1173 ou 1174. Il meurt en 1188 en ayant laissé une œuvre essentielle sur la « lectio divina ».
Guigues, dans une magnifique « Lettre sur la vie contemplative » (1), explique à un disciple ce qu’il appelle l’Échelle des Moines, et qui correspond à la pratique monastique que l’on propose maintenant plus fréquemment dans l’Église sous le nom de « lectio divina ».
En voici quelques extraits à manger, ruminer, savourer, digérer… et mettre en pratique !
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Lectio Divina : Points de repère



Comment discerner la voix de Dieu parmi les mille voix que nous entendons chaque jour dans ce monde ? Dieu parle avec nous de différentes manières. Naturellement, il parle surtout dans sa Parole, dans la Sainte Écriture, lue dans la communion de l’Église et lue personnellement dans un dialogue avec Dieu. Elle est appelée traditionnellement Lectio Divina. Il importe d’encourager vivement surtout cette pratique de la lecture de la Bible qui remonte aux origines chrétiennes et qui a accompagné l’Église au long de son histoire.
Voici quelques conseils pour vous aider à la vivre.

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