Quelques nouvelles de la communauté suite au passage de la tempête Nils…
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Présentation du Seigneur, baptême, et vie consacrée
Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur, fête de la lumière, fête de la vie consacrée. Pour les lectures de la messe : cliquez ici !
Présentation du Seigneur, fête de la Lumière
La fête de la Présentation du Seigneur fait mémoire d’un moment important des débuts de la vie de Jésus, elle nous y rend présents. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent le rite de la consécration du premier né au Seigneur. Ils l’offrent au Seigneur, à travers le sacrifice de deux petites colombes, faute pour eux d’avoir les moyens d’offrir un mouton. C’est l’annonce du propre sacrifice de Jésus, lors de sa Pâque. Il s’offrira alors comme l’agneau de Dieu, pour redonner lumière au monde obscurci par le péché. C’est cette lumière que le vieillard Syméon célèbre déjà aujourd’hui. Et la petite chandelle – qui a donné son nom à la chandeleur – que nous tenons dans les mains en ce jour ne peut que nous projeter en imagination vers la grande nuit de Pâques. C’est bien la fête de la Lumière que nous célébrons.
De noël à Pâques
En nous faisant vivre le rite de la lumière, la liturgie nous donne en effet l’occasion d’un lien discret et concret entre Noël et Pâques, entre le mystère de l’incarnation et le mystère pascal. Le sens de ce lien nous est donné par la lecture de la lettre aux Hébreux, qui trace un résumé de l’histoire de notre Salut : « ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham. Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. » Il s’agit de notre Salut personnel, et du Salut de toute l’humanité, célébré par le vieillard Syméon : « mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples ». Le Fils de Dieu s’est rendu en tout semblable à ses frères pour nous mener au Père.
Il est notre lumière dans son Incarnation, car en le voyant, nous pouvons nous reconnaître, homme, femme, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Même si nous nous trouvons parfois si défigurés par le péché, son Incarnation annonce que Dieu n’a pas désespéré de nous. Le Fils de Dieu fait homme sera aussi notre lumière dans son mystère pascal, lumière que nous pourrons suivre pour traverser les ténèbres de la mort. Ce passage sera notre guérison totale et définitive.
Le mystère de notre baptême
C’est donc le mystère de notre baptême que nous rappelons aujourd’hui. Nous avons tous été consacrés au Seigneur lorsque nous avons été plongés dans l’eau, symbole de sa mort et de sa résurrection. En ce jour, nous avons reçu une lumière, celle du Christ, celle-même que nous rappelons aujourd’hui. Nous avons alors reçu cette Lumière comme un soutien et comme une mission. Un soutien, car elle nous réchauffe et guide nos pas. Une mission, car elle nous est donnée non seulement pour nous, mais aussi pour nos frères et sœurs, pour le monde. La lumière et la chaleur sont à offrir, à partager avec d’autres.
Le mystère de la consécration religieuse
C’est bien ce double signe de la lumière qui est aussi au cœur de notre consécration religieuse. La grâce de Dieu a mis les consacrés en route sur les chemins de la vie religieuse ou monastique avec St Benoît et tous les fondateurs. Chacun avec notre petite chandelle, nous nous soutenons, nous nous éclairons, nous nous réchauffons les uns les autres. Pour que cela soit efficace, nous devons non seulement prendre soin de notre chandelle, mais aussi rester bien proche de nos frères, et les garder proches de nous. Notre marche ensemble multiplie la lumière et la chaleur.
C’est important pour nous. Mais c’est important aussi pour le monde. Cette lumière du Christ doit éclairer toutes les nations. La vie consacrée devrait porter à la vue de tous la lumière du baptême. Le Seigneur la suscite pour rendre visible le Salut, la miséricorde du Seigneur.
Si jamais la flamme de notre baptême faiblit, approchons-la donc de celle du Christ, et de celle de nos frères. Offrons-nous les uns aux autres la grâce qui nous a été donnée. Ouvrons-nous à celle qui anime nos frères. Et redisons ensemble notre choix d’offrir notre vie au Seigneur.
Veille, patience, espérance, avec les Pères du désert
Patienter et veiller. Attendre que se lève l’aurore. Guetter le Jour sans couchant, le Jour éternel. Espérer la venue définitive de la Lumière, et ne se préoccuper de rien d’autre. Chercher Dieu qui se manifeste au cœur de nos vies, puis se retire pour être désiré, et apparaît encore, discrètement, dans la prière, dans le combat spirituel, dans le frère, dans l’étranger. Ainsi se déroule la vie du moine. Il lui faut tenir dans le temps, et avec patience endurer sa longueur jusqu’à ce que l’éternité se dessine, qu’elle advienne dès cette vie.
Les Pères du désert, premiers moines chrétiens, ne voulaient pas attendre l’heure de la mort pour entrer dans l’éternité, et qu’advienne pour eux l’abolition du temps. Éloignés de la société, cachés au désert, ils se retiraient de l’extériorité pour vivre dans le lieu intérieur de l’intime relation avec Dieu. De même, par leur recul vis-à-vis des affaires des hommes, leur patience dans la solitude, et leur endurance dans la prière, ils conjuraient le temps, ils se retiraient déjà du temps. Ces hommes étaient impatients du Royaume éternel.
Allons rencontrer quelques-uns de ces « Abba » du IVe siècle qui ont fait de la radicalité l’ordinaire de leur vie. N’ayons pas peur de leur étrangeté. Ils étaient pétris de l’Évangile, et c’est leur désir ardent de Dieu qui les a poussés, parfois jusqu’à l’excès, vers les limites de la nature corporelle. Notre société, dans son mépris de Dieu, magnifie le corps, pourtant mortel, et cherche à retenir le temps pour oublier son issue. Ces frères ermites, eux, tendaient vers le corps de gloire, vers la vraie Vie, et méprisaient les choses de ce monde par amour du Christ. C’est pourquoi leurs actes et leurs paroles nous bousculent en proclamant l’urgence du Royaume et l’unique nécessaire : Dieu.
Rassemblés, structurés, orientés, pour célébrer
Aller à la messe…
Peut-être Jésus est-il né un dimanche, en annonce de sa nouvelle naissance, et de notre nouvelle naissance en lui ? Cela aurait été la première fois que, de tous les horizons, des gens – en l’occurrence les bergers – se seraient rassemblés pour venir entendre, voir, toucher le Verbe fait chair. Car c’est bien cela qui se passe chaque dimanche, chaque fois que nous allons à la messe. Qu’il est beau, le dimanche matin, et à chaque célébration eucharistique, de voir les fidèles du Christ accourir de tous les horizons pour célébrer ensemble sa mort, sa résurrection, et son ascension dans la gloire, en attendant son retour !
Poursuivre la lectureVous serez saints, car moi, je suis saint
« Le Seigneur […] veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. »
Pape François, Gaudete et Exultate 1
Et si nous allions voir dans la Bible ce que veut dire « saint » ? Qu’est-ce que la sainteté selon la Bible ?
Découvrir la Règle de St Benoît
Voulez-vous découvrir la Règle de Saint Benoît ?
Composée au VIe siècle pour une communauté monastique, elle suscite au XXIe siècle un intérêt qui dépasse largement les murs des cloîtres. Certains s’en inspirent pour leur vie personnelle d’autres y trouvent des clefs de management.
Voici un petit guide pratique qui veut vous en faciliter l’approche.
Au minimum, il vous permettra un survol rapide de son contenu. Pour qui désire aller plus loin, il indique des portes d’entrée dans le texte. Vous pourrez ainsi commencer à en découvrir par vous-mêmes les richesses, parfois cachées sous la patine des âges.
L’idéal est d’aller lire la Règle elle-même en suivant les indications de versets. Vous pouvez facilement trouver en ligne le texte de la Règle dans différentes traductions, et même quelques commentaires. Voyez un petit récapitulatif sur cette page de notre site : Règle bénédictine en ligne
Le texte que nous vous proposons ci-dessous est une version écrite et synthétique d’un cours d’introduction. Celui-ci vous est proposé en vidéo sur notre chaîne Youtube Monastic TV. Il sert aussi à découvrir la Règle de St Benoît, de manière plus approfondie. Vous pouvez le consulter sur ce site : Introduction à la Règle de St Benoît en 6 leçons.
Bonne lecture, et belles découvertes !
(Re)découvrir le Carême
Pourquoi (re)découvrir le Carême ?
Découvrir ou redécouvrir le Carême, c’est se donner la chance de mieux le comprendre pour mieux le vivre. La célébration liturgique vient accompagner, guider la vie spirituelle du chrétien. Elle le conduit à faire l’expérience de la foi, l’expérience de l’union au Christ.
Comme toute la célébration liturgique de la vie du chrétien, le Carême a une histoire. Cette histoire se développe à partir du cœur de la foi, le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. La célébration de ce mystère s’est progressivement enrichie.
Riche de toute une tradition, il ne nous reste plus qu’à nous approprier ce trésor pour tirer du neuf à partir de l’ancien. Le neuf, c’est le sens profond. L’ancien, c’est notre histoire, notre culture, nos racines familiales chrétiennes.
18-35 ans : Une pause au monastère durant l’Avent
Beaucoup de communautés monastiques de France vous invitent à venir faire une pause au monastère le temps d’un WE durant l’Avent. Pour trouver un monastère proche de chez vous : la carte qui va bien !
Pourquoi une pause au monastère ?
Prendre un moment pour s’arrêter, et voir la vie sous un autre angle. Dans un monastère le temps se ralentit, l’activité se calme, et on découvre une manière particulière d’être en relation avec le monde, avec les autres, avec soi-même, et bien sûr aussi avec Dieu.
Nous vous proposons donc de vivre – ou revivre – une expérience de prise de recul sur votre vie. Ce sera peut-être l’occasion surtout de rencontres, ou de réflexion sur sa vie et ses essentiels, ou encore tout simplement un moment spirituel fort.
Pour qui ?
À Maylis nous accueillerons les hommes de 18-35 ans. Nous invitons les femmes à aller dans des monastères de moniales. Cela permettra une plus grande proximité dans l’expérience de notre mode de vie.
Il n’y a aucun prérequis. Il suffit d’être désireux de vivre ces deux jours dans l’ouverture et le respect de ce que nous proposons.
Quand ?
Le WE du 14-15 décembre. Possibilité d’arriver le vendredi soir et/ou de repartir le lundi matin.
Pour se rendre à Maylis : voyez ici !
Quoi ?
Les deux jours seront rythmés par la vie des moines, en particulier les moments de prière.
Samedi matin : accueil et présentations. Découverte des lieux et de notre vie.
Samedi après-midi : service, travail probablement au jardin (à voir en fonction du nombre et de la météo)
Dimanche matin : temps de préparation de la messe
Dimanche après-midi : rencontre avec la communauté
Comment s’inscrire ?
Voici le formulaire qui va bien pour contacter frère Oliveto, responsable de l’hôtellerie :
31e dimanche : Deux pour le prix d’un
31e dimanche ordinaire B :
Marc 12, 28-34
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là.
On demande à Jésus un commandement, le plus grand commandement, et il en donne deux pour le prix d’un. On est habitué à ce que Jésus réponde à sa manière. Nous avons nos questions d’hommes. Il a la Révélation divine qu’il est venu nous offrir, en plénitude.
La recherche du plus grand commandement était une question d’école parmi les scribes et les pharisiens. Ils avaient en effet un problème : leur perfection avait été codifiée, cadrée, régulée, dans plus de 600 commandements. Ils ne savaient pas toujours distinguer ce qui était vraiment important de ce qui l’était moins. Beaucoup de normes semblaient se valoir, et au fond on n’en comprenait plus le sens. Alors ils avaient une fâcheuse tendance à mettre en pratique la Loi juive non parce qu’elle les rapprochait de Dieu, mais parce que la Loi, c’est la Loi. Cela pouvait donc donner une foi étriquée, coincée, rigide, sans souffle. Et dans l’application des règles, ils se souciaient surtout de leur propre perfection.
Tous, cependant, n’étaient pas ainsi, notamment le scribe qui s’avance vers Jésus ce dimanche. Il perçoit combien la réponse de Jésus est ajustée. La première partie de sa réponse, qui cite le passage du livre du Deutéronome lu en première lecture, est classique. Jésus innove en ajoutant le second commandement, celui de l’amour du prochain. C’est le début de la révolution de l’amour. Le scribe comprend tout de suite l’implication de ce rapprochement qui lie le courant prophétique au courant sacerdotal de la Thora. La Thora, les premiers livres de la Bible (dont fait partie le Deutéronome), insiste beaucoup sur le culte. Les prophètes insistent souvent sur le vrai culte constitué par l’amour du prochain.
Vivre le Royaume, c’est tout remettre à sa place, tout remettre en place, c’est honorer Dieu en aimant son prochain, et aimer son prochain en honorant Dieu.
Prière universelle :
Une méditation en trois questions…
… pour les grands et les petits !
Accueillir l’Évangile :
Aimez-vous le jeu des différences ? Les trois évangélistes rapportent ce passage. Comparez Marc avec Mt 22, 34-40 et Lc 10, 25-28 !
Comprendre sa foi :
Que se passe-t-il si on sépare l’amour de Dieu et l’amour du prochain, ou le culte et la charité chrétienne, pour ne garder que l’un des deux ?
Vivre avec Jésus :
Ce premier commandement, double, est-il l’axe de ma vie ?
Pourquoi aller à la messe ? La saveur du rite.
Le rite : un lieu de fracture ?
Pratiquants ou non, extériorité et intériorité
Pour calculer le nombre de chrétiens en France on distingue habituellement les « pratiquants », les « non-pratiquants », les « pratiquants occasionnels », etc. Cette catégorie de la « pratique » des sacrements est-elle une bonne catégorie ? D’un côté c’est facile : ça se voit, c’est objectif, mesurable. D’un autre côté c’est une activité qui peut rester extérieure à la personne. Alors on tombe sous l’accusation des prophètes : on fait des sacrifices, et dans le quotidien on vit sans Dieu. Du coup on oppose ceux qui ne vont pas à la messe mais qui ont – ou auraient – une vie digne de la foi chrétienne, et pourraient tout à fait se passer des rites, qui n’en auraient pas besoin.
De manière comparable, en milieu chrétien cette fois-ci, on oppose parfois la prière vocale et le culte comme pratique de la prière officielle de l’Église, à l’oraison, la méditation, la louange spontanée, plus personnels. Il y aurait ce qui tient du devoir commun et ce qui vient – ou viendrait – plus du cœur. Cette distinction est arrivée à l’époque moderne en milieu clérical, mais en fait elle existait bien avant concernant la messe. Depuis le haut Moyen Âge, clercs et laïcs étaient séparés. Les clercs, lettrés, spécialistes de la prière officielle de l’Église, rendaient à Dieu au nom de tous la justice de la religion. Et les laïcs, souvent illettrés, étaient exclus du culte et avaient un lien dévotionnel à Dieu. La perte du sens communautaire et l’apparition de la personne individuelle à l’époque moderne a été un point de bascule. La personne a commencé à désirer prendre part personnellement au culte. Cela commence avec les plus dévots au XVIe, et va en s’amplifiant, selon différentes voies parallèles.